Représenter la comptabilité en partie double sous forme de graphe orienté
(matheusportela.com)Voici un résumé d’un article qui explique la comptabilité sous l’angle des graphes.
Introduction des concepts de base
- L’essentiel de la comptabilité (Accounting) consiste à suivre dans le temps des éléments que l’on peut compter. La comptabilité moderne s’intéresse principalement au suivi de l’argent.
- Un grand livre (Ledger) est un ensemble d’écritures (Entry).
- Une écriture enregistre une opération survenue dans un compte (Account).
- Le solde (Balance) d’un compte correspond au montant d’argent présent sur ce compte à un instant donné.
Comptabilité en partie simple (Single-Entry Bookkeeping)
- La comptabilité en partie simple est un système simple dans lequel on tient un livre distinct pour chaque compte et où l’on enregistre des opérations qui n’affectent qu’un seul compte à la fois.
- Dans la comptabilité en partie simple, comme seul le solde est mis à jour, il est difficile de suivre l’historique des variations du solde d’un compte.
Comptabilité en partie double (Double-Entry Bookkeeping)
- La comptabilité en partie double est un système comptable qui enregistre une opération sous la forme de plusieurs écritures.
- Les écritures se composent de débits (Debit) et de crédits (Credit).
- Le débit représente l’argent qui entre dans un compte.
- Le crédit représente l’argent qui sort d’un compte.
- Une transaction (Transaction) regroupe des écritures liées qui affectent plusieurs comptes.
- Le principe fondamental de la comptabilité en partie double est que, pour chaque transaction, la somme des débits et celle des crédits doivent être égales. Cela permet de maintenir constant le montant total du système après l’opération.
Comprendre la comptabilité en partie double avec un graphe
- La comptabilité en partie double peut être modélisée sous la forme d’un graphe orienté (Directed Graph).
- Les comptes sont les nœuds (Node) du graphe.
- Les écritures au crédit sont des arêtes sortantes (Outgoing Edge) partant de ces nœuds, accompagnées de leur montant.
- Les écritures au débit sont des arêtes entrantes (Incoming Edge) représentant des montants provenant d’autres nœuds.
- Une transaction applique une contrainte à un ensemble d’arêtes (somme des arêtes sortantes = somme des arêtes entrantes).
- Le solde d’un compte correspond à la somme des montants des arêtes entrantes moins celle des arêtes sortantes.
L’avis de GN⁺
- Comprendre la comptabilité en partie double du point de vue des graphes est une bonne approche pour rendre les concepts comptables plus intuitifs. On réalise alors que le bilan, le compte de résultat et le tableau des flux de trésorerie ne sont finalement que des visualisations de ce graphe.
- Des catégories comme les actifs, les passifs, les capitaux propres, les produits et les charges ne sont que des groupes de nœuds du graphe, ce qui aide à mieux comprendre quand un crédit ou un débit augmente un solde.
- Cette approche peut être une bonne manière de rendre la comptabilité moins intimidante et plus accessible pour les développeurs.
- Comme l’auteur de cet article, j’apprécie la pensée visuelle, donc cette explication m’a beaucoup parlé. En particulier, comprendre via un graphe les notions de crédit et de débit, souvent confuses lorsqu’on apprend la partie double, les rend bien plus claires.
- Il semble possible de mettre concrètement ces concepts en pratique avec des outils de plain text accounting comme Beancount ou hledger.
1 commentaires
Avis Hacker News
Résumé :
Dans la comptabilité en partie double, des explications comme « une ligne pour Alice, une ligne pour Bob » simplifient trop les choses et passent à côté de l’essentiel. Le point important est que deux écritures sont nécessaires pour chaque partie à une transaction.
La comptabilité est belle et a une grande influence. Avec seulement quelques formules et états financiers, il est possible de représenter la situation de toute organisation d’une manière comparable. Elle est aussi à l’origine des mathématiques et du langage écrit.
Si l’on abandonne les termes « débit (Debit) » et « crédit (Credit) », la comptabilité en partie double devient plus facile à comprendre. L’essentiel est que l’équation comptable (
actif = passif + capitaux propres) doit toujours être respectée.Il est plus simple de stocker l’historique des transactions et de calculer les comptes à partir de celui-ci. Il faut sortir d’une pensée centrée sur les comptes, familière à travers les relevés bancaires, pour raisonner en termes de flux de trésorerie.
David P. Ellerman a proposé une approche mathématique de la comptabilité fondée sur ce qu’il appelle le « groupe de Pacioli ».
Voir la comptabilité en partie double comme un graphe orienté est une perspective intéressante, mais son utilité réelle dans le travail quotidien reste discutable. Changer une terminologie utile depuis des siècles pourrait surtout ajouter de la confusion.