- Chat Control : proposition de la Commission européenne visant à réglementer les abus sexuels sur mineurs, en exigeant des fournisseurs de services qu’ils analysent automatiquement les messages des utilisateurs afin d’empêcher la diffusion de contenus d’abus sexuels sur mineurs (CSAM) sur les plateformes numériques, puis qu’ils signalent les cas détectés aux autorités.
- Cependant, Chat Control constitue une surveillance de masse, quelle que soit la technologie utilisée pour sa mise en œuvre, qu’il s’agisse d’analyse côté client, de modération des téléversements ou de détection par IA.
Problèmes de la surveillance de masse
- Incompatibilité avec la démocratie : la surveillance de masse est un outil des États totalitaires et n’est pas compatible avec la démocratie. La Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (article 7) reconnaît également la protection de la vie privée comme un droit humain fondamental.
- Inefficacité : les criminels utilisent d’autres moyens pour échapper à la surveillance, si bien que la surveillance de masse affecte principalement les citoyens respectueux de la loi.
- Affaiblissement de la sécurité des données : Chat Control exige l’installation de portes dérobées dans les services de communication, ce qui affaiblit la sécurité. Les portes dérobées offrent des vulnérabilités aux hackers.
Comment réagir
- Contacter les représentants gouvernementaux : si vous êtes citoyen de l’UE, il est nécessaire de contacter vos représentants gouvernementaux pour leur faire part de votre opposition à Chat Control.
- Sensibiliser en ligne : il est important d’informer sur les risques de Chat Control via les plateformes numériques et de renforcer la sensibilisation.
Impact sur les utilisateurs de Threema
- Threema Work exclu : d’après les informations actuellement disponibles, Threema Work est exclu du champ d’application de Chat Control.
- Protection de la vie privée : Threema ne surveille pas ses utilisateurs et, s’il devenait impossible de fournir au sein de l’Union européenne un service de communication sûr et anonyme, l’entreprise envisagerait des recours juridiques ou des contournements techniques.
L’avis de GN⁺
- Vie privée et démocratie : Chat Control porte atteinte à la vie privée des citoyens et viole les principes fondamentaux de la démocratie.
- Possibilité de contournement technique : les criminels peuvent échapper à la surveillance en utilisant d’autres moyens de communication ou en chiffrant leurs données.
- Failles de sécurité : les portes dérobées offrent des vulnérabilités aux hackers et affaiblissent la sécurité de l’ensemble du système.
- Nécessité d’une réponse juridique : il est permis de douter que Chat Control puisse conserver sa légalité devant les juridictions européennes, et une réponse juridique pourrait être nécessaire.
- Méthodes alternatives de protection : la protection des enfants doit viser à prévenir les abus réels, et Chat Control n’est pas une solution efficace.
2 commentaires
N’est-ce pas, en substance, annoncer ouvertement une surveillance des communications… ? Même la Corée du Sud n’en est pas à ce niveau…
Avis Hacker News
Premier avis : ce projet de loi a un fort potentiel d’abus et attrapera surtout davantage d’innocents, tandis que les vrais criminels trouveront des moyens de le contourner. Je me demande pourquoi l’UE pousse une telle loi, quels groupes politiques la soutiennent ou s’y opposent, et quel impact elle aura sur les pays hors UE.
Deuxième avis : il est assez inquiétant que ce type de loi n’ait pas d’effet politiquement fatal pour les responsables politiques.
Troisième avis : le problème, c’est que les professionnels de l’UE comme les avocats, journalistes et médecins ne pourront plus garder leurs secrets en ligne. Permettre au gouvernement d’accéder aux informations confidentielles de tout le monde pourrait devenir une catastrophe majeure en matière de sécurité.
Quatrième avis : le chiffrement PGP devrait être enseigné à l’école. La confidentialité des données a été piétinée au nom de la peur du « terrorisme », et désormais la vie privée est encore attaquée avec ce nouveau mot qu’est CSAM. Je m’attends à ce que l’IA collecte les informations de tout le monde.
Cinquième avis : quelqu’un en tire profit, et ce ne sont pas « les enfants ».
Sixième avis : dans sa formulation actuelle, le projet semble s’appliquer aux « fournisseurs de services d’hébergement et aux fournisseurs de services de communication interpersonnelle accessibles au public ». Si les FAI ne sont pas inclus, les services P2P décentralisés pourraient ne pas être concernés.
Septième avis : je me demande pourquoi les démocraties finissent, avec le temps, par basculer dans la surveillance de masse. Est-ce parce que les gens ressentent de l’angoisse, ou parce que les responsables de la sécurité considèrent que c’est la solution la plus simple ?
Huitième avis : je me demande comment on peut empêcher les crimes sans porter atteinte à la vie privée sur les plateformes de messagerie. Si l’État ne peut pas accéder au contenu des messages, les criminels ne seront pas suivis à la trace. Je me demande si notre obsession pour la vie privée ne nous nuit pas.
Neuvième avis : il est très probable que Chat Control ne reste pas limité au CSAM. Cette technologie pourrait être utilisée à d’autres fins. Je n’ai plus envie que mes conversations avec mes amis soient surveillées, donc je compte davantage communiquer par téléphone.
Dixième avis : j’ai essayé d’envoyer un e-mail en utilisant les informations disponibles sur le site de COREPER.