- Un samedi après-midi tranquille, on ouvre le terminal avec la ferme intention de consacrer quelques heures au code et de se plonger dans un projet
- Dans le répertoire du projet se trouvent des idées à moitié implémentées et des travaux en cours interrompus
- Quel que soit le projet choisi, on finit par affronter non seulement le problème initial, mais aussi de nouveaux défis
- On ouvre l’IDE, on récupère les derniers changements et on parcourt l’historique des commits
- On découvre un travail frontend inachevé, une intégration de bibliothèque bloquée par des limites inattendues, une architecture rendue complexe par du sur-ingénierie, etc.
- Pendant des heures, on refactorise du code, on débogue, on ajuste du CSS et plus encore pour montrer des progrès
- Le temps alloué passe en un instant et on se prépare à quitter son bureau
- On avait commencé avec optimisme, mais on repart frustré et avec un sentiment d’inadéquation
- La base de code est toujours remplie de commentaires TODO et de fonctionnalités à moitié implémentées
- Ce cycle de passion, de lutte et de déception devient terriblement familier
- L’effet hydre du projet : même quand on progresse, de nouveaux défis continuent d’apparaître
- Même si ce schéma semble impossible à briser, on décide de trouver un moyen de dompter ce monstre
- L’objectif est de trouver une stratégie pour sortir des débuts sans fin et des milieux de parcours insatisfaisants
- On veut apprendre l’art d’achever, vaincre l’hydre et ressentir la satisfaction d’un projet terminé
La tentation de l’hydre du projet
- Tant qu’un projet est en cours, il semble porteur de possibilités infinies
- Au moment où l’on le déclare « terminé », il s’expose aux critiques externes comme internes
- L’excitation d’une nouvelle idée et la peur de l’achèvement provoquent des retards dans le projet
- Un projet inachevé paraît plus intéressant parce qu’il conserve son potentiel
- Commencer un nouveau projet semble plus facile et plus productif que terminer l’existant
- Tant qu’on fait quelque chose, cela donne l’illusion d’être productif
- Les projets personnels n’ayant pas de deadline, il est facile de tomber dans le perfectionnisme
- La peur du succès existe aussi
Le prix de ne jamais finir
- La satisfaction que procure l’achèvement d’un projet est incomparable avec celle de son lancement
- Les projets inachevés créent une charge mentale
- Les leçons tirées du fait de terminer un projet sont différentes de celles qu’on apprend en le démarrant
- La véritable progression technique se produit dans la phase finale, lorsqu’on résout les problèmes les plus délicats pour mener le projet à terme
- Les projets jamais terminés peuvent miner la confiance en soi
- La fin d’un projet offre de précieuses expériences d’apprentissage, comme l’optimisation ou le refactoring
- Les projets inachevés occupent de l’espace mental et réduisent la créativité ainsi que la productivité
- Un projet terminé offre une occasion de recevoir des retours
- On se prive soi-même de la joie de mettre un projet abouti dans le monde
Stratégies pour dompter l’hydre du projet
- Définir « terminé » : avant de commencer un projet, définir clairement ce que signifie « terminé » et le documenter afin d’éviter l’élargissement du périmètre
- Accepter le MVP : ne pas viser la perfection, mais un état « suffisamment bon ». Lancer d’abord une version de base, puis l’améliorer ensuite
- Limiter le temps du projet : fixer une échéance au projet pour créer un sentiment d’urgence et empêcher l’ajout continu de fonctionnalités
- S’entraîner à finir de petites choses : terminer régulièrement de petits projets ou tâches pour développer le « muscle de l’achèvement »
- Séparer les idées de l’exécution : lorsqu’une nouvelle idée apparaît, ne pas la mettre en œuvre immédiatement, mais l’inscrire dans un journal d’idées
- Célébrer l’achèvement : célébrer chaque projet terminé afin d’obtenir un renforcement positif
- Assumer une responsabilité : trouver un partenaire ou s’engager publiquement afin de se responsabiliser quant à l’achèvement du projet
La suite du chemin
- Changer ses habitudes et sa manière de penser prend du temps et demande des efforts constants
- La tentation d’un nouveau projet ou la peur de l’imperfection peuvent toujours surgir
- Il est important de développer le « muscle de l’achèvement »
- Il faut faire face à l’hydre du projet, arrêter de seulement planifier et passer à l’exécution
L’avis de GN⁺
- Un texte qui traite très bien du problème des projets inachevés, auquel tout développeur peut s’identifier
- Il explique clairement pourquoi il est si difficile de terminer un projet et quels effets négatifs cela entraîne
- Il propose des stratégies de résolution pratiques et applicables, ce qui le rend utile
- Il met aussi en avant l’importance des aspects psychologiques et de la motivation dans le processus de développement
- La franchise avec laquelle il aborde des problèmes chroniques chez les développeurs, comme le perfectionnisme ou l’attrait de la nouveauté, est particulièrement marquante
- Il est également intéressant de voir des idées issues d’ouvrages de développement personnel comme Atomic Habits ou Deep Work appliquées au contexte du développement
- Un article recommandable pour les développeurs qui ont du mal à gérer leurs projets personnels
3 commentaires
Waouh... Ce sont des points que je considère habituellement comme très importants, et j’ai lu ça avec admiration tant c’était une succession d’idées auxquelles j’adhère complètement ! La formulation diffère, mais comme cela défend des concepts similaires, ça m’a fait très plaisir.
J’aime souvent utiliser l’expression « satisfaction à 60 % ». Je pense qu’en règle générale, plus une personne déborde d’ambition et de passion, plus elle doit essayer de terminer un projet avec ce niveau de satisfaction un peu ambigu qu’elle considère comme 60 %, afin de sortir d’un perfectionnisme destructeur.
Moi aussi, j’ai lu ça en me reconnaissant énormément, mais j’ai été encore plus surpris de voir dans les commentaires quelqu’un utiliser une expression très proche de la mienne !
Le chiffre de 60 % est remarquablement bien trouvé. Merci pour cet éclairage.