- Grâce à bootc et aux conteneurs amorçables, il devient possible de modifier les thèmes d’une manière plus sûre et plus facile à gérer
- Comme
/usrpeut être défini comme un conteneur et faire l’objet d’un rollback, on peut expérimenter le système puis revenir en arrière facilement - La commande
ostree admin unlockpermet aussi une personnalisation temporaire sans redémarrage - Des projets comme Blue95 reflètent une époque où la frontière entre distribution et conteneur devient floue
- Les conteneurs amorçables permettent de concrétiser une expression créative personnelle
Le plaisir de la personnalisation des thèmes Linux
- Depuis des décennies, je m’intéresse à différents environnements de bureau et réglages de thèmes
- J’ai installé Xfce, LXQt, Sway et d’autres, en personnalisant panneaux, lanceurs, sons, polices et thèmes
- Au départ, j’utilisais des scripts shell, puis j’ai évolué vers des playbooks Ansible
- Cela incluait aussi des modifications à l’échelle du système nécessitant de toucher au répertoire
/usr
- Mais avec le temps, à cause de problèmes comme des panneaux qui cassent ou disparaissent souvent, ou des lanceurs qui ne fonctionnent plus, j’ai fini par choisir de revenir aux réglages par défaut
- Les environnements de bureau modernes comme GNOME ou KDE sont déjà très bien conçus, au point que leur état par défaut est largement satisfaisant
- Malgré cela, l’envie de personnalisation n’a pas disparu, et c’est alors que j’ai découvert le concept de
bootc
Bootc, un terrain de jeu pour les créateurs de thèmes
- bootc est un système de conteneurs amorçables développé par Red Hat
- Il permet de définir et de distribuer un système d’exploitation sur une base conteneurisée
FROM quay.io/fedora/fedora-bootc:42 RUN dnf install -y my-custom-theme my-custom-fonts my-custom-panel - Avec les commandes
podmanetbootc, on peut construire une image puis basculer le système :sudo podman build -f Containerfile -t my-fedora sudo bootc switch --transport containers-storage localhost/my-fedora:latest /usrest en lecture seule, et il est facile de revenir à l’état précédent du conteneur- C’est une approche parfaitement adaptée pour expérimenter de nouvelles idées de thèmes
- En cas d’échec ou si le résultat ne plaît pas, on peut restaurer simplement l’état précédent
Development Mode (ostree admin unlock)
- Un mode qui permet de modifier temporairement
/usrsans redémarrer - En cas de succès, les changements peuvent être reportés dans le Containerfile ; en cas d’échec, un simple redémarrage suffit à les supprimer
- L’un des avantages est qu’il laisse très peu de résidus accumulés comme c’est souvent le cas dans un environnement Linux classique
Comparaison avec les autres approches
- Ansible ou scripts shell : limites en matière de reproductibilité et de restauration
systemd-sysext: permet d’utiliser des images d’overlay pour/usr, mais l’écosystème reste immature- Nix : coût d’apprentissage très élevé
En conclusion, bootc est l’approche la plus puissante en matière de sûreté, de flexibilité et d’outillage
Même en cas de modification erronée, le rollback est simple, ce qui évite de craindre de casser /usr
Qu’est-ce qu’une « distribution » ?
- Blue95 est une image OCI personnalisée basée sur Fedora Xfce
- Présenté sur Hacker News, le projet a soulevé la question : « S’il ne s’agit que d’un thème, faut-il vraiment une distribution ? »
La définition d’une distribution devient floue
- Autrefois, créer une distribution était une tâche très complexe et chronophage
- Désormais, on peut obtenir un résultat proche beaucoup plus facilement avec un Containerfile + un pipeline CI/CD
- Blue95 est construit automatiquement avec GitHub Actions puis distribué sur un registre OCI
- Le critère permettant de considérer un simple conteneur Fedora de base comme une distribution devient ambigu
Comparaison avec des cas existants
- Des projets basés sur bootc comme Bluefin ou Bazzite sont eux aussi souvent considérés comme des distributions
- L’expérience d’usage réelle est nettement différente de celle de Fedora classique
- Avec les définitions existantes, il devient difficile d’expliquer ce que signifie encore une distribution
- « On le reconnaît quand on le voit » pourrait bien être le seul critère qualitatif restant
Conclusion
- Créer une « distribution » uniquement pour un thème peut sembler inutile
- Mais le fait de pouvoir, grâce aux conteneurs amorçables, définir un design cohérent et une sélection d’applications,
- puis de les créer et de les utiliser soi-même procure une grande joie et un vrai sentiment d’accomplissement
Le système d’exploitation sur lequel j’écris ce texte en ce moment est un système démarré à partir d’un conteneur que j’ai créé
C’est le résultat d’une expression créative personnelle construite au-dessus du travail d’innombrables développeurs,
et cela me procure un immense plaisir
2 commentaires
Je ne comprends pas encore très bien les conteneurs bootables.
Avis sur Hacker News
Les conteneurs classiques sont très utiles pour tester des
dotfilesJ’aime l’idée de Linux immuable et des conteneurs amorçables
Je me demande pourquoi il n’y a pas plus d’enthousiasme pour les thèmes
Je ne connaissais pas du tout les conteneurs amorçables
bootcÇa me rappelle l’époque où je m’amusais avec Enlightenment
Les conteneurs amorçables m’intéressent
Le projet
bootcest actuellement l’une des choses les plus intéressantes sous LinuxL’image miniature résume parfaitement mon état général
Je m’attendais à ce que les OS modernes soient infiniment plus faciles à thématiser, mais ce n’est pas le cas