1 points par GN⁺ 2025-05-18 | 1 commentaires | Partager sur WhatsApp
  • Alors que la Suisse prépare une révision de sa loi sur la surveillance, les VPN, messageries et réseaux sociaux pourraient être soumis à des obligations d’identification des utilisateurs et de conservation des données ; Proton affirme qu’elle quittera la Suisse si la loi est adoptée
  • Le projet entend élargir les obligations actuelles, limitées aux réseaux mobiles et aux fournisseurs d’accès à Internet, aux fournisseurs de services dérivés, et ajouter trois nouveaux types d’informations ainsi que deux nouveaux types de surveillance
  • Andy Yen, CEO de Proton, critique ce texte comme une atteinte grave au droit à la vie privée, similaire à des pratiques jugées illégales dans l’UE et aux États-Unis, et affirme que la Russie est le seul pays d’Europe doté d’une loi comparable
  • Si la loi entre en vigueur, Proton Mail et Proton VPN pourraient devoir modifier leur mode de traitement du chiffrement et leur stricte politique de no-log ; NymVPN a également évoqué la possibilité de quitter la Suisse pour les mêmes raisons
  • La consultation publique s’est achevée le 6 mai 2025, et l’opposition des partis politiques et des entreprises suisses, ainsi que les arguments de certains cantons fondés sur le droit à l’intégrité numérique, restent des variables dans la décision du gouvernement

Les services visés par l’élargissement des obligations de surveillance

  • Le projet de révision de la loi suisse sur la surveillance suscite des inquiétudes, car il pourrait affaiblir l’anonymat en ligne et la sécurité du chiffrement
  • Tous les services VPN, applications de messagerie et réseaux sociaux pourraient être soumis à des obligations d’identification des utilisateurs et de conservation des données utilisateur
  • Aujourd’hui, ces obligations se limitent aux réseaux mobiles et aux fournisseurs d’accès à Internet
  • Proton affirme vouloir réagir afin de protéger la vie privée de plus de 100 millions d’utilisateurs
  • L’entreprise suisse NymVPN s’oppose elle aussi publiquement au projet du gouvernement

Pourquoi Proton estime qu’elle « n’aurait pas d’autre choix que de partir »

  • Andy Yen, CEO de Proton, a critiqué le 13 mai 2025, dans une interview à RTS, la révision proposée comme une atteinte grave au droit à la vie privée
  • Il estime que le projet pourrait aussi nuire à la réputation et à la compétitivité internationale de la Suisse
  • Yen affirme que cette révision tente de mettre en œuvre des pratiques jugées illégales dans l’UE et aux États-Unis, et que le seul pays européen disposant d’une loi à peu près équivalente est la Russie
  • Le projet de révision vise à étendre le champ des fournisseurs de services concernés à ce qu’il appelle les fournisseurs de services dérivés
    • Le nouvel article introduit trois nouveaux types d’informations et deux types de surveillance
  • Si ces changements sont adoptés, Proton Mail et Proton VPN pourraient devoir modifier leur mode de traitement du chiffrement et leur stricte politique de no-log
  • Yen explique que la loi deviendrait presque identique à celle actuellement en vigueur en Russie, et qu’il serait impossible, du point de vue du modèle économique, que Proton, basée en Suisse, devienne une entreprise moins confidentielle que Google, basée aux États-Unis

NymVPN subit la même pression

  • NymVPN, nouvel acteur du secteur des VPN, s’oppose depuis le début au projet du gouvernement suisse
  • Alexis Roussel, cofondateur et COO de Nym, a déclaré à TechRadar que Nym quitterait également la Suisse si les nouvelles règles de surveillance entraient en vigueur
  • Les deux entreprises estiment que les nouvelles règles iraient dans le sens d’un affaiblissement de leur infrastructure de confidentialité et de sécurité

Les enjeux après la consultation publique

  • La consultation publique s’est terminée le 6 mai 2025, et l’on attend désormais la décision du gouvernement suisse
  • Roussel indique qu’il y a eu une opposition importante de la part des partis politiques et des entreprises suisses
  • Certains cantons, dont Genève, ont invoqué le droit à l’intégrité numérique comme argument contre les nouvelles règles
  • Roussel était l’un des principaux initiateurs de l’initiative visant à introduire ce nouveau droit pour protéger la vie privée en ligne et les données des citoyens
    • Ce droit a été introduit à Genève en 2023 et à Neuchâtel en 2024
    • Dans les deux cas, il a recueilli plus de 90 % d’approbation

Les conditions pour que Proton reste en Suisse

  • Yen laisse aussi ouverte une possibilité plus optimiste, estimant que la nouvelle loi a besoin d’une approche plus équilibrée
  • Si Berne adopte des règles de bon sens permettant à des entreprises comme Proton de rivaliser depuis la Suisse et dans le monde entier, Proton affirme qu’elle restera en Suisse et continuera d’y investir

1 commentaires

 
ndrgrd 2025-05-19

On a l’impression que même en Europe, où la protection des données personnelles reste relativement bonne, ce genre de nouvelle sort chaque année.