2 points par GN⁺ 2025-09-04 | Aucun commentaire pour le moment. | Partager sur WhatsApp
  • Une étude du MIT montre que l’usage de LLM comme ChatGPT entraîne un affaiblissement de la connectivité cérébrale et une baisse de la mémoire, conduisant à un déclin cognitif à long terme
  • Les étudiants participants ont vu leur capacité d’intégration créative et leur autonomie diminuer à mesure qu’ils dépendaient davantage de l’IA
  • Des examens EEG ont confirmé une hypoactivation des réseaux d’attention et de traitement visuel dans le groupe LLM
  • Le groupe utilisant les moteurs de recherche a conservé de meilleures fonctions exécutives, une activation de la mémoire et des capacités de traitement visuel
  • Même après l’usage des LLM, un rétablissement complet des fonctions cérébrales s’est avéré difficile, et la dépendance à l’IA a mené à une tendance de « transfert de charge cognitive »

Principales conclusions de l’étude du MIT : usage des LLM et déclin cognitif

L’étude menée au MIT, intitulée "Your Brain on ChatGPT: Accumulation of Cognitive Debt when Using an AI Assistant for Essay Writing Task", révèle qu’une dépendance répétée à une IA comme ChatGPT peut provoquer des atteintes cognitives durables au niveau du cerveau.
Les étudiants participants ont constaté que plus ils rédigeaient des essais en s’appuyant sur l’IA, plus ils subissaient un affaiblissement des connexions neuronales, une baisse de la mémoire et une perte du sentiment d’appropriation de la tâche.
Les contenus générés par l’IA obtenaient parfois de bonnes évaluations en apparence, mais le cerveau montrait parallèlement une tendance progressive à passer dans un état de désactivation.

Baisse de la connectivité cérébrale et phénomène de dépendance à l’intelligence artificielle

  • Les mesures EEG ont montré que la connectivité cérébrale (systematic neural connectivity) diminuait progressivement à mesure que l’usage de l’IA augmentait
    • Groupe utilisant uniquement le cerveau : connectivité la plus forte et la plus étendue
    • Groupe moteur de recherche : niveau intermédiaire d’activation cérébrale
    • Groupe LLM : affaiblissement de la cohésion dans toutes les bandes d’ondes cérébrales (alpha, bêta, delta, thêta)
  • Dans le groupe LLM en particulier, les réseaux d’attention et de traitement visuel étaient nettement hypoactivés.
  • Lors de la session 4, quand ils ont tenté d’écrire sans l’aide de l’IA, les utilisateurs expérimentés des LLM ont montré une baisse de fonctionnement des réseaux centraux du cerveau.

Distorsion de la mémoire et des trajectoires d’apprentissage chez les utilisateurs de LLM

  • Après avoir dépendu des LLM, les étudiants ont constaté qu’ils se souvenaient mal de ce qu’ils venaient d’écrire
  • Des interférences nettes ont été observées dans les voies cérébrales liées à la mémoire à long terme et à l’apprentissage
  • Pendant l’usage de l’IA, l’intégration de l’information par le cerveau et l’approche auto-motivée se sont affaiblies
  • Les participants ont ressenti une distance psychologique vis-à-vis du résultat et un recul du sentiment de propriété

Les limites du passage de l’IA à l’usage du cerveau seul

  • Lors de la quatrième session, le groupe ayant d’abord utilisé un LLM puis écrit uniquement avec son propre cerveau a montré que l’activation cérébrale ne revenait pas au niveau de la session initiale (cerveau seul)
  • Plusieurs indicateurs, dont les ondes cérébrales, l’effort fourni et la conscience de soi, ont montré une tendance à rester en dessous du niveau de référence

Les utilisateurs de moteurs de recherche conservent une implication cérébrale plus saine

  • Le groupe utilisant les moteurs de recherche a maintenu un niveau élevé sur des indicateurs cognitifs majeurs comme les fonctions exécutives, l’activation de la mémoire et le rappel de citations
  • Les EEG ont mis en évidence un renforcement de l’activation des lobes occipitaux et pariétaux, étroitement lié au traitement visuel et à l’effort de travail

Le transfert de charge cognitive provoqué par la dépendance à l’IA

  • L’équipe de recherche a clairement observé que, lorsqu’il est exposé de façon répétée aux LLM, le cerveau tend à cesser par lui-même les efforts d’intégration de l’information et de mémorisation (neural efficiency adaptation)
  • Cela mène à une attitude de travail passive, une édition minimale et une baisse du niveau d’intégration conceptuelle

Efficacité à court terme, dette cognitive à long terme

  • Le groupe LLM a obtenu en apparence un certain niveau de score auprès des évaluateurs, mais a aussi montré des limites nettes :
    • manque d’intégration stratégique
    • réduction de la diversité des structures d’expression
    • caractère bref et mécanique des productions
  • Avec le temps, une tendance constante à la baisse de l’engagement cognitif, de la performance et de la satisfaction personnelle s’est maintenue

Conclusion et recommandations de l’étude

  • Plus une population nombreuse s’appuie sur l’intelligence artificielle pour accomplir des tâches complexes, plus le risque d’un déclin rapide des capacités cognitives fondamentales et créatives de l’être humain augmente.
  • L’étude souligne l’importance, lors de l’usage de l’IA, de faire des pauses régulières et de consacrer du temps à utiliser directement son propre cerveau
  • L’intelligence artificielle ne se contente pas de remplacer le travail humain : elle affecte le système de pensée humain et les fonctions mêmes du cerveau

Présentation de l’auteur

  • Nicolas Hulscher, MPH
    • Épidémiologiste et Foundation Administrator de la McCullough Foundation
    • D’autres contenus liés sont disponibles via les comptes de la McCullough Foundation et de l’auteur sur X (anciennement Twitter)

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