1 points par GN⁺ 2025-09-08 | Aucun commentaire pour le moment. | Partager sur WhatsApp
  • L’exposition à la pollution de l’air est directement associée à une hausse du risque de certaines démences, dont la démence à corps de Lewy
  • Une exposition prolongée aux particules fines PM2.5 accélère l’apparition de la maladie chez les personnes génétiquement prédisposées à la démence
  • L’analyse des données de 56,5 millions de personnes aux États-Unis montre que l’exposition aux PM2.5 augmente nettement le risque d’hospitalisation pour trois grandes maladies neurodégénératives
  • Dans des expériences sur des souris, l’exposition aux PM2.5 a provoqué une accumulation de la protéine αSyn dans le cerveau ainsi que des troubles de la mémoire
  • L’analyse de l’expression génique montre que les modifications génétiques du cerveau induites par les PM2.5 ressemblent à celles observées chez les patients atteints de démence

Aperçu de l’étude et principaux résultats

  • L’analyse de données démographiques à très grande échelle portant sur 56,5 millions de personnes montre qu’une exposition à la pollution de l’air (en particulier les PM2.5) augmente le risque de développer certaines formes de démence, dont la démence à corps de Lewy
  • L’étude a été publiée le 4 septembre dans la revue Science
  • Les PM2.5 sont des particules en suspension dans l’air d’une taille inférieure ou égale à 2,5 micromètres, issues notamment des gaz d’échappement automobiles, des feux de forêt et des émissions industrielles

Lien entre exposition aux PM2.5 et démence

  • La démence à corps de Lewy regroupe deux catégories : Parkinson’s disease with dementia et dementia with Lewy bodies
  • Dans les deux cas, la protéine α-synuclein (αSyn) s’agrège dans les neurones pour former des corps de Lewy, ce qui entraîne une perte de fonction puis la mort des cellules nerveuses
  • Des travaux antérieurs avaient déjà montré qu’une exposition prolongée à la pollution atmosphérique — liée notamment aux gaz d’échappement, aux feux de forêt et aux fumées industrielles — était associée à une hausse du risque de démence parkinsonienne

Données de population et analyse du risque

  • Les chercheurs ont analysé les dossiers d’hospitalisation de 56,5 millions de patients atteints de démence à corps de Lewy et de maladie de Parkinson aux États-Unis entre 2000 et 2014 afin d’évaluer l’impact de l’exposition aux PM2.5 sur le risque
  • En cas d’exposition prolongée aux PM2.5, le risque d’hospitalisation augmente pour les trois maladies neurodégénératives étudiées, avec une hausse de 12 % du risque dans le cas de la démence à corps de Lewy
  • Les habitants des zones les plus exposées aux PM2.5 présentent une incidence plus élevée de la démence à corps de Lewy que ceux vivant dans des zones moins exposées

Résultats des expériences chez la souris

  • Après une exposition de 10 mois aux PM2.5 par voie nasale chez la souris, des difficultés dans des comportements liés à la mémoire ont été observées, notamment dans l’exploration de labyrinthes et la reconnaissance de nouveaux objets
  • Au bout de 10 mois, une augmentation de l’accumulation anormale de la protéine αSyn a été observée dans le cerveau
  • L’exposition aux PM2.5 a entraîné une atrophie du lobe temporal et des troubles de la mémoire chez la souris, alors que ces changements n’ont pas été observés chez des souris génétiquement modifiées dépourvues de protéine αSyn
  • Des amas de protéine αSyn ont aussi été détectés dans l’intestin et les poumons des souris exposées, mais pas chez les souris normales ni modifiées non exposées
  • La protéine αSyn pourrait se propager comme une graine (seed) depuis certains organes du corps vers le cerveau, et finir par provoquer une démence
  • Les PM2.5 s’accumulent dans les poumons, provoquent une inflammation et peuvent traverser la barrière hémato-encéphalique via la circulation sanguine

Prédisposition génétique et effet des PM2.5

  • Les chercheurs ont analysé les modifications de l’expression génique chez des souris après exposition aux PM2.5, puis les ont comparées à celles observées chez des patients atteints de démence à corps de Lewy
  • Les résultats montrent que, dans le cortex cingulaire antérieur (anterior cingulate cortex), les changements génétiques sont étroitement liés aux troubles cognitifs
  • Les variations d’expression génique observées chez les souris exposées aux PM2.5 et chez les patients atteints de démence présentent une forte corrélation, alors que cette tendance n’apparaît pas chez les patients atteints de maladie de Parkinson sans démence

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