4 points par GN⁺ 2025-12-16 | Aucun commentaire pour le moment. | Partager sur WhatsApp
  • Les investissements des grandes entreprises technologiques dans l’intelligence artificielle et les licenciements massifs progressent en parallèle, relançant le débat sur l’opportunité de taxer l’automatisation
  • Alors que l’impôt sur le revenu du travail et les cotisations sociales constituent l’essentiel des finances publiques dans la plupart des pays, des inquiétudes émergent quant à une baisse des recettes fiscales due à l’automatisation
  • Certains économistes ont proposé une « taxe sur les robots », mais d’autres experts s’y opposent en raison du flou de sa définition et des risques de distorsion du marché
  • Le FMI et le monde universitaire recommandent, plutôt qu’une fiscalité spécifique sur l’IA, une hausse de l’imposition des revenus du capital, une taxe sur les surprofits et un réexamen des incitations à l’innovation
  • Le progrès technologique peut à la fois améliorer la productivité et aggraver les inégalités, d’où l’importance d’un rééquilibrage du système fiscal

Automatisation et baisse des recettes fiscales

  • Avec l’augmentation des investissements dans l’IA, des entreprises mondiales comme Amazon, Meta et UPS procèdent à des licenciements massifs, alimentant les craintes d’une contraction des recettes fiscales liée à la baisse du nombre de travailleurs
    • L’impôt sur les revenus du travail et les cotisations sociales sont les principales sources de recettes dans la plupart des pays
    • Si l’intelligence artificielle remplace les emplois humains, la question centrale devient de savoir qui devra supporter cette charge fiscale
  • En 2019, le prix Nobel Edmund Phelps a proposé une taxe sur les robots afin de préserver l’État-providence
    • Bill Gates a lui aussi déclaré qu’il faudrait appliquer aux robots la même charge fiscale qu’aux travailleurs qu’ils remplacent

Des avis d’experts divergents

  • Sanjay Patnaik, de la Brookings Institution, souligne le risque d’une baisse des recettes fiscales liée à l’IA et propose, plutôt qu’une taxe spécifique sur l’IA, d’augmenter l’impôt sur les plus-values
    • Environ 85 % des recettes fiscales fédérales américaines proviennent des revenus du travail
    • L’IA générative porte simultanément deux possibilités opposées : un gain de productivité et une réduction de l’emploi
  • Goldman Sachs estime que l’IA pourrait augmenter le PIB mondial de 7 % au cours des dix prochaines années, tandis que le FMI prévoit une contribution de 0,8 point de pourcentage par an à la croissance d’ici 2030
    • À l’inverse, l’OIT analyse qu’un quart des travailleurs dans le monde est exposé à l’IA, mais que la plupart des emplois seront transformés plutôt que supprimés

Politique fiscale et réponses institutionnelles

  • Daniel Waldenström s’oppose à l’introduction d’une taxe sur l’IA, en soulignant que « la définition de l’IA ou des robots reste floue »
    • Il défend le maintien du système actuel de taxation du travail, de la consommation et des revenus du capital
  • Un rapport du FMI avertit qu’une taxation de l’IA pourrait freiner la productivité, tout en proposant une hausse de la fiscalité du capital, l’instauration d’une taxe sur les surprofits et un réexamen des incitations à l’innovation
  • Carl Frey, de l’université d’Oxford, est opposé à une taxe sur l’IA, mais insiste sur la nécessité de corriger le déséquilibre dans lequel la fiscalité du travail a augmenté tandis que celle du capital a diminué

Cas d’entreprise et évolution des taux d’imposition

  • Amazon a annoncé, parallèlement à l’augmentation de ses investissements dans l’IA, une hausse de 38 % de ses bénéfices ainsi que le licenciement de 14 000 employés
    • Dans les pays de l’OCDE, le taux d’impôt sur les sociétés est passé de 33 % en 2000 à 25 % aujourd’hui, tandis que sur la même période, la charge fiscale sur le travail n’a que légèrement reculé, de 36,2 % à 34,9 %
  • Susanne Bieller, de la Fédération internationale de la robotique (IFR), s’oppose à la taxe sur les robots, qu’elle considère comme une réponse à un « problème inexistant »
    • Selon elle, l’automatisation améliore la productivité et favorise la création de nouveaux emplois
    • Elle avertit qu’imposer les outils de production pourrait avoir un effet négatif sur la compétitivité et l’emploi

Inégalités et impact social

  • L’explosion des investissements dans l’IA et la hausse des cours boursiers s’accompagnent de craintes de bulle et d’une augmentation de la consommation d’énergie
    • Une consommation énergétique élevée peut avoir un impact climatique susceptible de compenser les effets positifs sur la croissance économique
  • Patnaik souligne que l’IA peut créer de nouveaux emplois bien rémunérés, mais pointe le risque de déséquilibres dans la transition
    • Difficulté d’adaptation des travailleurs peu qualifiés, écarts entre pays, aggravation possible des inégalités entre secteurs
  • Daron Acemoğlu et Simon Johnson, du MIT, avertissent que, si l’automatisation a amélioré la productivité au cours des 40 dernières années, elle n’a pas conduit à une prospérité partagée
    • La technologie et l’IA ont des effets sociaux politiquement majeurs, et il faut se méfier du déterminisme technologique
    • L’article se conclut sur l’idée qu’« une discussion est nécessaire pour aller dans la direction que nous souhaitons »

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