Je suis plus heureux quand j’écris du code à la main
(abhinavomprakash.com)- Après avoir utilisé à plusieurs reprises des outils de génération de code basés sur les LLM, l’auteur a redécouvert le sentiment de flow et de plaisir ressenti lorsqu’il écrit lui-même son code
- Écrire du code n’est pas un simple acte de production, mais un processus de compréhension de l’espace du problème et d’affinement de la pensée, que la génération automatique vient perturber
- Il est difficile de vérifier l’exactitude d’un code qu’on n’a pas écrit soi-même, et seul le fait d’écrire directement permet d’intérioriser le contexte
- En utilisant les LLM de manière limitée, pour fournir manuellement le contexte et ne les employer que pour de petites modifications de code ou la génération de tests, on conserve la maîtrise de son raisonnement
- L’auteur insiste sur le fait qu’il faut privilégier la profondeur de la réflexion et le sentiment de bonheur plutôt que la seule productivité, et se méfier des outils qui entravent la pensée
Expérience d’utilisation de la génération de code par LLM et remise en question
- Il a utilisé claude-code à plusieurs reprises, mais a ressenti à chaque fois un sentiment de déprime et d’apathie, jusqu’à finir par le supprimer
- Le code généré automatiquement « paraît plausible », mais lui fait perdre le sens de ce qu’il est en train de faire
- Chaque fois qu’il cesse d’utiliser l’outil, il retrouve le plaisir de coder
- Coder n’est pas seulement implémenter, c’est aussi explorer l’espace du problème et apprendre par l’échec
- Pour vraiment comprendre une API, il faut l’utiliser soi-même ; lire la documentation ne suffit pas
- L’acte même d’écrire du code est un moyen de rendre la pensée concrète
Le lien entre pensée et exactitude
« Si vous ne faites que penser sans écrire, vous vous contentez de croire que vous pensez. » - Leslie Lamport
- Il est bien plus difficile de vérifier l’exactitude d’un code qu’on n’a pas écrit soi-même
- Le processus d’écriture directe permet d’intérioriser le contexte du problème, ce qui est essentiel pour comprendre la qualité du code
- Dépendre des LLM conduit à sauter cette étape et affaiblit la compréhension du domaine du problème
Le caractère addictif du « vibe coding » et ses effets secondaires
- La génération de code par LLM a un caractère addictif, car elle procure une récompense dopaminergique immédiate
- Elle nourrit l’illusion que « si je modifie encore un peu le prompt, ça finira par marcher »
- Cette manière de faire renforce l’inertie de la pensée, rend le cerveau passif et pousse à dépendre du LLM même pour des tâches simples
- Par exemple, confier au LLM un simple find-and-replace a même fini par faire perdre plus de temps
- Même si beaucoup de code est généré, la responsabilité de la relecture et de la compréhension reste finalement humaine, ce qui crée au contraire un goulot d’étranglement
La façon dont les outils façonnent la pensée
- Dans la perspective selon laquelle « les outils ne sont pas neutres », un outil qui entrave la pensée est un mauvais outil
- La compétence clé des travailleurs du savoir est la capacité à penser en profondeur, et il faut se méfier des technologies qui l’entravent
- Cela dit, l’auteur n’exclut pas totalement les LLM et les utilise de manière intentionnelle et limitée
- Il copie uniquement les fichiers nécessaires pour fournir le contexte, et ne les utilise que pour de petites modifications de code ou l’écriture de tests
- De cette façon, l’ampleur des changements générés reste réduite et il peut comprendre lui-même la structure globale de la codebase
- On passe ainsi d’une génération passive à une « génération réfléchie », ce qui permet de maintenir l’activité du cerveau et l’état de flow
L’équilibre entre bonheur et productivité
- La vie est courte, et il faut faire passer le bonheur en premier
- Générer automatiquement une fonctionnalité entière peut certes améliorer la productivité, mais si cela provoque une anxiété existentielle et un sentiment dépressif, cela devient contre-productif à long terme
- L’auteur reconnaît qu’on peut ou non se retrouver dans ce ressenti, mais conclut :
« N’ayez pas peur de choisir autrement »
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