L’annonce de la mort du code était largement exagérée
(stevekrouse.com)Les spécifications en anglais ne sont pas aussi précises qu’on le pense
- « On ne se rend pas compte à quel point tout est ambigu tant qu’on n’a pas essayé de le rendre précis » — Bertrand Russell
- Comme l’écriture, la programmation est une activité itérative qu’on affine au fil de la pratique
Les limites du vibe coding
- L’IA rend possible le « vibe coding » en convertissant l’anglais en code
- Le problème, c’est qu’il nous fait croire à tort qu’une impression vague (
vibe) équivaut à une abstraction précise - Quand les fonctionnalités se multiplient ou que l’échelle augmente, l’abstraction fuit (
leaky abstraction) et des bugs apparaissent - Cas réel : l’application de vibe coding de Dan Shipper est tombée en panne après être devenue virale → « la collaboration en temps réel est incroyablement difficile »
L’abstraction comme outil pour dompter la complexité
- Le cerveau humain ne peut gérer qu’environ 7 éléments (±2) à la fois → on ne peut surmonter la complexité qu’au moyen de l’abstraction
- « Le but de l’abstraction n’est pas d’être vague, mais de créer un nouveau niveau de sens où l’on peut être absolument précis » — Dijkstra
- Créer de bonnes abstractions est l’essence même de la programmation (ReactJS, TailwindCSS, etc.)
À l’ère de l’AGI, le code devient encore plus important
- Penser que « quand l’AGI arrivera, on pourra employer 100 génies, alors pourquoi se soucier des détails ? » est une illusion
- Il n’y a aucune raison d’utiliser cette intelligence pour produire en masse du slop (résultats de faible qualité)
- De la même manière que personne ne parle de « vibe writing », le code lui-même reste un livrable important
- Quand l’AGI arrivera, la première chose à faire sera d’utiliser l’IA pour résoudre des problèmes d’abstraction encore plus difficiles
- L’auteur lui-même a résolu en une seule tentative, avec Opus 4.6, un problème ardu de framework React full-stack pour Val Town
Conclusion
- Dire que « le code est mort », c’est comme dire que « le storytelling est mort » au moment de l’invention de l’imprimerie
- L’IA ne tue pas le coding ; c’est un outil qui permet d’écrire un meilleur code
- Le code ne fait que commencer
2 commentaires
« Le problème, c’est que cela nous fait prendre une vague impression (vibe) pour une abstraction précise » — je trouve ça très parlant. L’abstraction, justement, n’est possible que pour ceux qui ont compris le bas niveau dans une démarche bottom-up.
Quoi qu’il en soit, j’ai vraiment l’impression que c’est la dernière chance de réussir en ce moment.