2 points par GN⁺ 14 일 전 | Aucun commentaire pour le moment. | Partager sur WhatsApp
  • Les données du compte Google de l’étudiant étranger aux États-Unis Amandla Thomas-Johnson ont été transmises au gouvernement via une assignation administrative de l’ICE, en violation de la politique de notification préalable de Google
  • L’EFF a demandé aux procureurs généraux des États de vérifier si le fait, pour Google, d’avoir coopéré avec les forces de l’ordre sans en informer l’utilisateur constitue une pratique commerciale trompeuse
  • Les données transmises comprenaient des informations personnellement identifiables, comme l’adresse IP, l’adresse physique et la durée des sessions, à un niveau jugé suffisant pour établir un profil de surveillance
  • La notification de Google n’a été envoyée qu’après la transmission des données au département de la Sécurité intérieure, privant l’utilisateur de toute possibilité de contestation
  • L’affaire montre comment la combinaison du pouvoir étatique et des données détenues par les entreprises technologiques peut menacer la vie privée et la liberté d’expression

La promesse rompue de Google et l’accès de l’ICE aux données

  • En septembre 2024, Amandla Thomas-Johnson, alors étudiant aux États-Unis, a brièvement participé à une manifestation pro-palestinienne ; en avril 2025, l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) a adressé à Google une assignation administrative exigeant ses données
    • Le mois suivant, Google a transmis les données à l’ICE sans en informer l’utilisateur
    • Il s’agit d’un cas où Google a enfreint sa politique indiquant explicitement qu’il notifierait l’utilisateur avant de fournir les données
  • L’Electronic Frontier Foundation (EFF) a déposé une plainte officielle auprès des procureurs généraux de Californie et de New York, leur demandant d’enquêter sur les agissements de Google en tant que pratique commerciale trompeuse
    • Selon l’EFF, Google a rompu sa promesse de notifier l’utilisateur et a coopéré à une enquête ciblée du gouvernement

Conflit avec les autorités migratoires américaines

  • Thomas-Johnson pensait l’affaire terminée après son départ pour le Canada, mais il a réalisé par la suite qu’il n’échappait toujours pas à l’influence du gouvernement américain
    • Sous l’administration Trump, le durcissement de la répression des activités politiques des étudiants étrangers l’a contraint à vivre caché pendant trois mois
    • Des agents fédéraux ont perquisitionné son domicile, et l’un de ses proches a été interrogé à l’aéroport sur l’endroit où il se trouvait
  • Titulaire de la double nationalité britannique et trinidadienne-tobagienne, sans aucune accusation pénale, il est devenu une cible de surveillance uniquement pour avoir participé à une manifestation politique

L’e-mail de notification de Google

  • Alors qu’il séjournait à Genève, en Suisse, il a reçu de Google un e-mail l’informant que ses données avaient déjà été transmises au Department of Homeland Security (DHS)
    • Dans d’autres affaires par le passé, Google et Facebook avaient notifié l’utilisateur à l’avance, ce qui avait conduit les forces de l’ordre à retirer leur demande
    • Mais dans ce cas, l’e-mail constituait une notification finale indiquant que « Google avait déjà fourni les informations conformément à une demande des forces de l’ordre »
    • Il a ainsi confirmé que ses données avaient été remises sans qu’aucune possibilité de contestation ne lui soit offerte

La promesse rompue de Google

  • Dans sa politique officielle, Google indique qu’en cas de demande légale, y compris une assignation administrative, l’utilisateur sera prévenu à l’avance
    • Cette notification est censée garantir à l’utilisateur la possibilité d’engager des démarches juridiques
    • Mais dans le cas de Thomas-Johnson, cette procédure a été omise et les données ont été transmises
  • L’assignation obtenue par l’EFF incluait des informations d’abonné comme l’adresse IP, l’adresse physique et la durée des sessions
    • Une telle combinaison de données permet de constituer un profil de surveillance capable de suivre les déplacements et d’analyser les schémas d’activité
    • Même sans contenu de messages, cela suffit à reconstituer en détail la vie quotidienne d’une personne et son réseau relationnel

La combinaison du pouvoir étatique et des données privées

  • Cette affaire montre que les forces de l’ordre peuvent cibler n’importe qui, et que l’immensité des données détenues par les entreprises technologiques rend cela possible
    • Lorsque se combinent pouvoir d’État, données d’entreprise et inférence fondée sur des algorithmes, le périmètre de la surveillance s’étend de manière invisible
    • Une telle structure rend difficile pour les personnes surveillées de s’en rendre compte ou d’y répondre
  • Thomas-Johnson a quitté les États-Unis, mais dit avoir toujours le sentiment de rester dans le champ de surveillance du gouvernement américain
    • Il dit craindre d’avoir été « classé comme individu ciblé », que son activité journalistique soit surveillée, ou encore de ne pas pouvoir se déplacer en sécurité pour rendre visite à sa famille
    • Il souligne enfin qu’il n’est même pas clair de savoir qui peut être tenu pour responsable

Sujets liés

  • Vie privée (Privacy), liberté d’expression (Free Speech), anonymat (Anonymity)

    • L’affaire montre comment l’expression politique individuelle et la vie privée numérique peuvent être menacées par la structure de surveillance issue de la coopération entre l’État et les entreprises

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