1 points par GN⁺ 21 시간 전 | 1 commentaires | Partager sur WhatsApp
  • Emacs peut devenir bien plus qu’un simple éditeur ou IDE : une base numérique paisible qui s’ouvre sans notifications et rassemble agenda, tâches et traces de travail
  • Dans l’agenda quotidien, on peut voir ensemble les événements Google Calendar, les tâches du jour, les tâches inachevées, les notes et la boîte de réception GTD, puis poursuivre chaque élément via sa page dédiée avec suivi du temps
  • Les tâches complexes se développent depuis une page de travail où l’on organise exigences, liens, brainstorming, TODO et estimations, tout en utilisant dans le même flux le chat LLM, le terminal, magit et le gestionnaire de fichiers
  • Il est plus naturel de voir Emacs non comme un « système d’exploitation », mais comme une Fortress of Solitude, un refuge personnel dont la pérennité sur 50 ans et l’extensibilité créent une sensation de base d’attache
  • Org mode fonctionne moins comme une alternative à Markdown que comme une plateforme large reliant blog, configuration, système de productivité, notes, chat IA et programmation lettrée

Utiliser Emacs comme base numérique

  • Emacs peut s’imposer comme la base numérique que l’on ouvre en premier en allumant son ordinateur
    • Un écran vide violet foncé apparaît, avec une phrase de motivation aléatoire
    • Il n’y a ni notifications auxquelles réagir ni éléments qui détournent l’attention, ce qui en fait un espace de travail familier et apaisant
    • Le scratch buffer ouvert par défaut ressemble moins à un document vierge destiné à un nouveau fichier qu’à une toile libre à laquelle l’utilisateur donne lui-même son sens
  • Cette manière de l’utiliser diffère de l’image stéréotypée de « l’utilisateur fanatique d’Emacs »
    • Cela fait longtemps que je n’utilise plus vraiment le C, et aujourd’hui j’emploie surtout TypeScript avec un peu de Haskell
    • En tant que founder/CTO d’une startup, je passe davantage de temps au recrutement, au management, aux revues, aux e-mails, au marketing et à la stratégie qu’au code
    • Pour les e-mails et la navigation web, j’utilise Chrome ; j’utilise aussi Notion, G Suite, Discord et des LLM, et je n’ai jamais vraiment réussi à me faire à IRC

Gérer agenda, tâches et traces de travail au même endroit

  • Après avoir ouvert Emacs, on peut afficher immédiatement l’agenda quotidien avec <space> o d
    • Une checklist quotidienne s’affiche
    • Les événements du jour synchronisés avec Google Calendar apparaissent
    • Les tâches prévues pour aujourd’hui et celles non terminées des jours précédents sont affichées ensemble
    • Des notes générales et une boîte de réception de tâches de type GTD y sont incluses
  • En appuyant sur e sur une tâche ou un événement, on ouvre la page correspondante
    • On peut y laisser des notes et faire avancer le travail
    • On peut « clock in » sur la tâche en cours pour suivre le temps passé
    • Ce suivi du temps m’a aidé à rester concentré et permet ensuite de produire des rapports de temps
  • En fin de journée, j’écris dans le journal avec <space> o c w j
    • Je l’utilise pour noter quelques phrases de recul sur ma journée de travail

Un environnement pour déployer les tâches complexes

  • Les tâches complexes commencent par l’ouverture et l’organisation d’une page de travail dans Emacs
    • Cela sert pour des tâches de code, une stratégie de recrutement, la révision du contenu d’une landing page, la planification du sprint suivant, ou encore la rédaction d’un long e-mail ou message Discord
    • J’y écris ce que je sais déjà, je définis les exigences et je rassemble les liens utiles
    • Brainstorming, sous-tâches, états TODO et estimations de temps se gèrent au même endroit
  • Dans Emacs, plusieurs outils s’enchaînent dans un même flux
    • <space> i c ouvre un chat avec le modèle LLM choisi, avec accès au buffer ouvert et aux outils définis par l’utilisateur
    • <space> ' ouvre un terminal, dans lequel on peut aussi lancer des outils comme Claude Code ou OpenCode
    • <space> d d ouvre le gestionnaire de fichiers, et <space> g g ouvre magit, l’interface Emacs pour le travail Git, dans le contexte du projet ou du buffer courant
    • <space> a w bascule vers un état proche d’un Zen mode, en ne laissant qu’une seule fenêtre et en centrant le texte à l’écran pour mieux se concentrer sur l’écriture
  • Déplacements, édition de texte, recherche et manipulation des fenêtres suivent le même système de raccourcis clavier et de commandes, ce qui relie en douceur plusieurs workflows dans un environnement unifié

Une « forteresse de solitude » plutôt qu’un « système d’exploitation »

  • Qualifier Emacs de « système d’exploitation » peut le faire paraître inutilement complexe et excessif
    • Puisqu’Emacs tourne déjà sur un système d’exploitation, on peut se demander pourquoi il en faudrait un autre
    • Même l’expression « environnement informatique » reste difficile à saisir pour un nouvel utilisateur avant un usage approfondi d’Emacs
  • On peut plutôt voir Emacs comme la Fortress of Solitude de Superman
    • La métaphore fonctionne bien : un lieu où l’on récupère, où l’on guérit, où l’on rassemble ses idées et où l’on prépare la suite
    • C’est un espace personnel et un refuge, avec ses équipements, ses souvenirs et son laboratoire configurés à sa manière — en cela, il ressemble à Emacs
  • Si Emacs fonctionne comme une base d’attache, c’est grâce à sa flexibilité et à sa longévité
    • Il est extrêmement flexible et extensible, au point de devenir un espace personnel et unique
    • C’est une technologie indépendante et durable, présente depuis 50 ans, relativement peu soumise aux modes ou à la domination d’une seule entreprise
    • Il offre un espace pour rassembler ses pensées, planifier, écrire, construire une base de connaissances et créer
    • On peut y construire soi-même des outils et des workflows adaptés à ses besoins
  • Le point essentiel est que l’utilisateur peut lui donner lui-même sa forme et son sens
    • La liberté de faire ce que l’on veut et l’idée qu’il ne disparaîtra pas créent cette sensation de base d’attache
    • Quand l’inspiration vient, j’écris ou je code dans Emacs ; quand je me sens perdu ou dépassé, j’y remets de l’ordre et je planifie
    • J’affine ma configuration Emacs comme activité plaisante et reposante, puis je consigne mes rétrospectives dans le journal pour les relire plus tard

Le changement de perspective

  • Quand j’ai commencé à utiliser Emacs, je le voyais surtout comme un excellent éditeur de code et un défi stimulant
    • J’ai commencé à l’utiliser à l’université, un peu comme un contre-choix face à mon frère qui avait choisi Vim
    • Pendant plusieurs années, je ne m’en suis servi presque que comme éditeur de code, sans en percevoir les possibilités au-delà
  • Ce qui m’a amené à l’utiliser plus largement, c’est la baisse du temps de code et la hausse du travail de management
    • En codant moins et en gérant davantage, j’ai cherché aussi dans les tâches non techniques la fluidité d’une UX centrée sur le clavier
    • Ce processus m’a amené à mieux apprendre Emacs et Org mode, et à m’impliquer davantage dans la communauté
    • J’ai alors commencé à voir plus largement le potentiel offert par Emacs

Org mode

  • Org mode est l’un des major modes emblématiques d’Emacs et mérite qu’on s’y plonge si l’on veut essayer d’utiliser Emacs comme base d’attache
    • Au début, il peut ressembler à une alternative à Markdown avec quelques fonctionnalités supplémentaires
    • En réalité, il se rapproche davantage d’une plateforme vers laquelle la communauté Emacs a convergé, et qui sert de base à une grande variété de workflows et d’outils grâce à l’extensibilité d’Emacs
  • Org mode sert de fondation à l’écriture et à la configuration
    • Cet article de blog a été écrit en Org mode
    • L’ensemble du blog est implémenté en Emacs Lisp et repose sur Org mode
    • Toute la configuration Emacs est également écrite en Org mode
  • L’éventail des usages possibles avec Org mode est vaste
    • On peut créer des présentations
    • On peut l’utiliser pour de la programmation lettrée qui rappelle Jupyter Notebook
    • Il peut servir de système de productivité proche de GTD
    • Il se connecte à des systèmes de notes comme org-roam et denote
    • Il peut servir d’interface de chat IA via gptel
    • Il peut aussi faire office de tableur et de système de base de données à la Notion

Emacs à l’ère de l’IA

  • Même si certains affirment qu’avec l’IA agentique les éditeurs appartiennent au passé et qu’un simple CLI suffit, le rôle d’Emacs ne se limite pas à celui d’un éditeur
    • Emacs n’est pas un éditeur : il sert de base d’attache et de centre de commande
  • L’essor de l’IA générative me donne au contraire encore plus envie d’utiliser Emacs
    • Sous la pression de technologies qui évoluent vite et de la nécessité de suivre les outils les plus récents pour ne pas décrocher, Emacs ressemble à une base stable
    • C’est un lieu où l’on peut entendre ses propres pensées et sentir que ce que l’on a déjà suffit
    • Grâce à l’IA, il est aussi devenu plus simple de configurer Emacs exactement comme on le souhaite

1 commentaires

 
Avis sur Lobste.rs
  • « L’utilisateur Emacs typiquement fou », c’est vraiment un gros cliché. Moi, je n’ai même pas de sous-sol

    • Un sous-sol, avec la situation économique actuelle ?
  • J’aimerais que mes derniers mots soient C-x C-c

    • M-x close-coffin-and-bury
  • Quand j’allume l’ordinateur, ce n’est pas que j’ouvre d’abord Emacs : c’est seulement quand Emacs est ouvert qu’on peut considérer que l’ordinateur est vraiment allumé

  • Je me demande si, de nos jours, il est inévitable de tomber sur rms quand on suit la communauté Emacs

    • Pas forcément, sauf si on lit la mailing list ou qu’on va le chercher exprès. Je suivais surtout /r/emacs, et avant j’utilisais la fonction de découverte de GitHub, où rms n’apparaissait pas.
      Ces jours-ci, le tag emacs sur Lobsters est aussi un bon endroit
    • Si tu te contentes de suivre, probablement pas. Mais si tu contribues à des paquets, tu peux tomber sur lui. Dans mon cas, c’était ici : https://lists.gnu.org/archive/html/emacs-devel/2023-05/msg00295.html
      Le fil complet est ici : https://lists.gnu.org/archive/html/…
    • Au moins sur reddit ou mastodon, je n’ai jamais vu rms. En revanche, sur la liste emacs-devel, je vois parfois des messages de sa part
  • J’ai passé une semaine sans Internet, et c’est à ce moment-là que j’ai commencé à apprendre Emacs. Lire le manuel et expérimenter à droite à gauche avait quelque chose d’assez magique