Comment réagir à une mise en demeure reçue d’une Big Tech
(12challenges.substack.com)Comment réagir lorsqu’on reçoit une mise en demeure d’une Big Tech
- Recevoir une mise en demeure (
cease-and-desist letter) d’une Big Tech peut être surprenant, mais dans la plupart des cas, la situation peut se régler correctement sans problème juridique. - Une mise en demeure ne signifie pas le début d’une action en justice ; dans la plupart des cas, c’est une stratégie destinée à intimider pour obtenir le comportement souhaité par l’entreprise.
- Une mise en demeure peut contenir des affirmations ou des exigences exagérées et juridiquement inapplicables, souvent utilisées comme tactique d’intimidation.
Anticiper le risque avant de recevoir une mise en demeure
- Si vous travaillez sur un logiciel ou une recherche en conflit avec une Big Tech, vous devez être conscient que vous pouvez recevoir une mise en demeure à tout moment.
- Presque toute activité interagissant avec une plateforme de Big Tech en dehors d’une API ou d’un service officiel comporte un risque de recevoir une mise en demeure.
- Les moyens de réduire ce risque sont de travailler au sein d’une grande organisation, ou de mener un projet ayant un objectif clair d’intérêt public.
Réaction initiale lorsqu’on reçoit une mise en demeure
- Après réception d’une mise en demeure, il est préférable d’interrompre immédiatement le logiciel ou le service, et de ne pas se précipiter pour répondre avant d’avoir obtenu un conseil juridique.
- La mise en demeure peut fixer un délai de réponse, mais il est plus important de demander un avis juridique que de forcer une réponse dans les temps.
Prendre conscience de la faiblesse de ses options
- Dans la plupart des systèmes juridiques, ce qui compte n’est pas tant le juste ou l’injuste, mais l’argent, le temps et la volonté nécessaires pour aller au tribunal.
- Même si vous êtes convaincu d’avoir juridiquement raison, un procès contre une Big Tech représente une charge financière et mentale si lourde qu’il est en pratique difficile d’y faire face.
Décider de sa réaction
- Face à une mise en demeure, il existe trois options : l’ignorer, s’y conformer, ou se défendre.
- L’ignorer complètement tout en continuant à fournir le service est risqué, et s’y conformer est la meilleure façon de résoudre le problème et de revenir à une vie normale.
Aller devant le tribunal de l’opinion publique
- Se battre devant le tribunal de l’opinion publique est le moyen le plus réaliste d’exprimer son mécontentement envers une Big Tech et d’exercer une influence.
- Parlez publiquement de la mise en demeure, contactez des journalistes pour qu’ils couvrent la situation, et demandez aux utilisateurs de l’application ou aux soutiens de la partager largement.
Se préparer aux suites
- Après réception d’une mise en demeure, vous pouvez faire l’objet d’un suivi continu de la part de l’entreprise, ce qui peut provoquer un stress important.
- L’entreprise peut évoquer la possibilité de rétablir le compte, mais cela reste très incertain, et si le langage juridique est ambigu, il est avisé de l’ignorer.
Accepter et avancer
- Dans la plupart des cas, il n’est pas possible de récupérer son compte, ni de continuer le logiciel ou la recherche à l’origine de la mise en demeure, et il n’y a pas les moyens d’aller au tribunal.
- En soulevant le problème devant le tribunal de l’opinion publique et en l’ajoutant à la liste des récits de terreur juridique causés par les Big Tech, on peut influencer les responsables politiques dans la mise en place d’une régulation.
Refuser d’accepter
- Si vous ne voulez pas accepter la situation, continuez à soulever le problème, faites pression sur les responsables politiques, construisez des organisations et des liens au sein de la communauté tech, et faites preuve de solidarité avec d’autres personnes injustement ciblées afin d’œuvrer ensemble au changement.
GN⁺ Avis :
- Cet article fournit des conseils sur la manière de réagir lorsqu’on reçoit une mise en demeure d’une Big Tech, ce qui en fait une ressource très utile pour les développeurs et les chercheurs.
- Il aide en particulier les développeurs logiciels à identifier à l’avance si leur projet peut entrer en conflit avec les intérêts d’une Big Tech, et à réfléchir aux moyens de minimiser les risques.
- Il souligne que la stratégie consistant à utiliser le tribunal de l’opinion publique est un moyen efficace d’accroître la prise de conscience sociale des comportements monopolistiques des Big Tech et, à long terme, de favoriser des changements de politique publique.
1 commentaires
Avis Hacker News
C’est un excellent texte.
Le postulat de cet article est qu’il faut absolument répondre à une C&D, ce qui est absurde.
J’ai autrefois reçu régulièrement des e-mails de C&D d’avocats de Facebook à propos d’un logiciel inoffensif.
En tant qu’avocat ayant de l’expérience dans les échanges avec l’« équipe anti-scraping » de Meta, il peut exister, selon les cas, des solutions plus amiables qu’on ne l’imagine.
Vu la manière dont les grandes entreprises tech peuvent harceler via des C&D ou avancer de fausses allégations, même quand elles sont inapplicables, je suis déçu que « Arkell v. Pressdram » n’ait pas été mentionné.
Après avoir lu cet article, j’ai l’impression que les options sont les suivantes :
J’ai reçu plusieurs C&D pour avoir publié des informations publiques à partir d’un énorme fichier CSV fourni directement par le gouvernement américain (données sur les prêts PPP obtenues via le FOIA), et pour avoir proposé une interface web facilitant la recherche des bénéficiaires des fonds de secours COVID et l’analyse de leur répartition.
C’est un très bon texte sur la facilité avec laquelle les grandes entreprises peuvent écraser les petites, mais c’est aussi déprimant.
Sujet et article intéressants. Lire ce genre d’informations et les garder en tête peut être utile le jour où l’on se retrouve dans une situation stressante de ce type.
Il y a longtemps, j’ai reçu de Google une notification désagréable pour atteinte à une marque.