8 points par GN⁺ 2024-06-07 | 1 commentaires | Partager sur WhatsApp
  • Microsoft a récemment détecté que des hackers soutenus par des États utilisaient ses outils d’IA générative pour mener des attaques. Dans la communauté de la sécurité, des questions ont été soulevées sur la manière dont Microsoft l’a découvert.
  • Certains se sont opposés à la qualification d’"espionnage" pour décrire les agissements de Microsoft. Selon eux, il est normal qu’un fournisseur de services cloud surveille l’activité de ses utilisateurs, et il n’est pas juste d’appeler cela de l’espionnage.
  • On peut y voir un exemple de l’évolution de nos attentes collectives en matière de vie privée. Pour le comprendre, il y a quelque chose à apprendre de la pêche.
  • Au milieu du XXe siècle, les populations de poissons marins ont commencé à chuter brutalement à cause de la surpêche. Une tendance similaire est apparue dans l’industrie de la chasse à la baleine.
  • Daniel Pauly a compris que les chercheurs commettaient une erreur majeure lorsqu’ils déterminaient les niveaux de capture acceptables. Le problème était qu’ils ne percevaient pas la gravité du déclin des populations de poissons.
  • Pauly a souligné que chaque génération de chercheurs utilisait un point de référence (baseline) différent pour comparer les statistiques actuelles, et que ce point de référence était plus bas à chaque génération que dans la précédente. Il a appelé cela le "syndrome du point de référence glissant" (shifting baseline syndrome).
  • La surveillance sur Internet et l’atteinte à la vie privée qui en découle suivent la même trajectoire. La nature omniprésente des technologies modernes rend la surveillance plus facile que jamais, et chaque génération s’habitue à l’état de la vie privée qu’elle a connu dans sa jeunesse.
  • Les chatbots d’IA constituent le cas le plus récent de ce phénomène. Ils produisent une réponse à partir des saisies de l’utilisateur, mais derrière cette interface se cache un système complexe fondé sur le cloud qui suit ces entrées.
  • Le déplacement du point de référence est au cœur de notre perte collective de vie privée. La Cour suprême des États-Unis juge depuis longtemps que nos droits en matière de vie privée dépendent d’une attente raisonnable de confidentialité. Mais les attentes sont malléables et subissent l’effet de ce déplacement du point de référence.
  • Que faire désormais ? Les spécialistes des sciences halieutiques regardent maintenant la situation dans son ensemble. Ils ne s’appuient plus sur des mesures purement relatives, comme la comparaison avec la décennie précédente. À la place, ils adoptent une vision d’ensemble de ce à quoi devraient ressembler un écosystème marin sain et des niveaux de capture durables.
  • Le même type d’approche est nécessaire dans les domaines de la vie privée et de la sécurité. Au lieu de nous comparer à un point de référence en glissement constant, nous devrions prendre du recul et examiner à quoi ressemblerait un écosystème technologique sain.

1 commentaires

 
GN⁺ 2024-06-07
Avis Hacker News

Résumé des commentaires Hacker News

  • Comprendre le comportement des consommateurs en matière de confidentialité : les consommateurs font leurs choix à partir d’hypothèses simplifiées dans un monde complexe. Dans l’économie numérique, le problème ne vient pas des critères des consommateurs, mais de l’évolution des normes réglementaires.
  • Échec de l’instinct de confidentialité : les gens ne réagissent avec sensibilité qu’aux atteintes à la vie privée impliquant des personnes qu’ils connaissent personnellement. Ils restent indifférents lorsque des organisations anonymes collectent des données.
  • Google et la confidentialité : Google collecte depuis longtemps nos e-mails, notre historique de recherche et bien d’autres données. La plupart des gens estiment qu’il est rationnel de renoncer à une part de leur vie privée pour utiliser des outils pratiques.
  • Big Tech et confidentialité : les géants de la tech, comme les fabricants de tabac, cherchent à convaincre les gens qu’ils leur sont bénéfiques. Nous devrions faire passer l’humain et la vie privée avant tout.
  • Snowden et Big Tech : Snowden a révélé que les géants de la tech fournissaient des données à la NSA. Les services d’IA comme OpenAI ne font pas exception.
  • La difficulté de protéger la confidentialité : il est très difficile d’amener les gens à s’intéresser aux questions de vie privée. Cela nécessite de l’éducation et du soutien.
  • La transparence de Microsoft : Microsoft indique publiquement que ses services d’IA sont surveillés. Dans l’UE, la conservation des journaux est obligatoire d’un point de vue légal.
  • Apple et l’espionnage d’entreprise : certains affirment qu’Apple inspecte illégalement les appareils. Cela soulève la question des activités d’espionnage menées par les entreprises.
  • Les problèmes de Windows : Windows devient de plus en plus problématique, et des alternatives existent.
  • Confidentialité et coût : certaines personnes préfèrent renoncer à leur vie privée en échange d’un coût plus bas ou de fonctionnalités supplémentaires. Des produits axés sur la protection de la vie privée peuvent aussi trouver leur place sur le marché.