Le Raspberry Pi 5 devancé par les PC tiny-mini-micro
(louwrentius.com)- Les PC tinyminimicro 1L d’occasion peuvent constituer une alternative plus convaincante au Raspberry Pi 5 pour un serveur domestique, en termes de performances CPU, de SSD/NVME, d’évolutivité de la RAM et de prix
- Les modèles comparés, les HP Elitedesk Mini G3 800 et G4 705, sont basés respectivement sur un Intel i5-6500 et un AMD Ryzen 3 PRO 2200GE, et ont tous deux été achetés avec 16 Go de RAM et un SSD
- Le Raspberry Pi 5 8GB coûte environ 91 €, mais en ajoutant l’alimentation, le boîtier, le stockage et éventuellement un HAT NVME, une configuration complète approche les 160 €
- Dans Geekbench 6, les mini PC Intel et AMD sont 42 à 62 % plus rapides en mono-cœur que le Pi 5, et obtiennent aussi de meilleurs scores en multi-cœur, avec 3702 et 3343 contre 1861 pour le Pi 5
- L’Elitedesk 800 G3 basé sur Intel, sous Debian 12 avec
powertop --auto-tuneet sans moniteur branché, peut descendre à 3,5 W au repos, offrant plus de marge que le Pi 5 pour une consommation similaire
Pourquoi les PC 1L d’occasion s’imposent comme alternative pour un serveur domestique
- Le Raspberry Pi a longtemps séduit comme ordinateur de serveur domestique petit, sobre en énergie et abordable, mais jusqu’au Pi 4 ses performances étaient limitées, et le Pi 5 reste contraint par les performances des cartes SD
- Le Pi 5 peut utiliser un SSD NVME, mais ce n’est pas intégré d’origine et nécessite un HAT séparé
- Les difficultés d’approvisionnement du Raspberry Pi ont poussé à chercher des alternatives, et la tendance tinyminimicro popularisée par servethehome.com dans le home lab a mis en avant les PC de bureau professionnels 1L comme les Dell Micro, Lenovo Tiny et HP Mini
- Ces mini PC sont chers neufs, mais les entreprises mettent régulièrement leurs anciens modèles sur le marché de l’occasion, où ils deviennent accessibles avec de fortes remises
- Même vieux de quelques années, ces modèles restent plus rapides qu’un Pi 5 et peuvent embarquer davantage de RAM, ce qui change nettement l’expérience dans une configuration de serveur domestique
Matériel comparé
- Les deux modèles utilisés pour l’évaluation appartiennent à la gamme HP Elitedesk Mini
- Elitedesk Mini G3 800 : Intel i5-6500, 16 Go de RAM, SSD SATA de 250 Go, Intel 1GbE, gestion à distance prise en charge, consommation au repos de 4 W, prix 160 €
- Elitedesk Mini G4 705 : AMD Ryzen 3 PRO 2200GE, 16 Go de RAM, NVME de 250 Go, Realtek 1GbE, pas de gestion à distance, consommation au repos de 10 W, prix 115 €
- Le modèle basé sur AMD est moins cher, mais sa consommation au repos est plus élevée
- Le modèle Intel peut rivaliser directement avec le Raspberry Pi 5 sur le plan de la consommation au repos
- Les deux modèles disposent de deux sorties DisplayPort fixes et d’un port configurable, qui peut être en DisplayPort, VGA ou HDMI
- Les deux modèles semblent utiliser un CPU sur socket ; les options restent limitées dans ce format, mais une mise à niveau reste possible
Le coût réel d’une configuration Raspberry Pi 5
- Le Raspberry Pi 5 8GB coûte environ 91 €, soit presque le prix de base du mini PC AMD
- Pour un usage réel, il faut ajouter d’autres éléments
- Alimentation : 13 €
- Boîtier : 11 €
- Carte SD ou SSD NVME : 10 à 45 €
- HAT NVME : 15 €, optionnel mais utile pour une comparaison plus équitable
- Quand une configuration complète de Pi 5 approche les 160 € taxes et livraison incluses, le PC 1L basé sur AMD devient une option moins chère et plus puissante
- La comparaison oppose un Raspberry Pi neuf à des mini PC d’occasion : la volonté d’acheter du matériel de seconde main devient donc un critère décisif
- Le prix de base du mini PC AMD inclut l’alimentation externe et 256 Go de stockage NVME
Comparaison des performances
- Dans les résultats Geekbench 6, les deux mini PC obtiennent de meilleurs scores que le Raspberry Pi 5
- AMD Ryzen 3 PRO 2200GE : mono-cœur 1148, multi-cœur 3343
- Intel i5-6500 : mono-cœur 1307, multi-cœur 3702
- Raspberry Pi 5 : mono-cœur 806, multi-cœur 1861
- Le CPU Intel i5-6500T est 13 % plus rapide que l’AMD Ryzen 3 PRO en mono-cœur
- Les processeurs Intel et AMD sont 42 à 62 % plus rapides que le Raspberry Pi 5 en performances mono-cœur
- Ces mini PC restent loin de matériel récent comme un Apple M2 ou un Intel i9-13900K
- Pour un serveur domestique, les meilleures performances CPU et la capacité RAM supérieure au Pi 5 offrent une marge bien plus confortable
Stockage et E/S
- L’une des plus grosses limites du Raspberry Pi reste le stockage sur carte SD
- Même en achetant une carte SD certifiée A1/A2, on peut obtenir pour un prix comparable un SSD SATA ou NVME de plus grande capacité avec de meilleures performances en E/S aléatoires
- Sur le Pi 5, le SSD NVME n’est pas natif et requiert un HAT séparé, ce qui laisse l’absence de support NVME embarqué comme un inconvénient
- Le mini PC Intel utilisait un SSD SATA monté sur un support spécifique, qui intégrait aussi un petit ventilateur pour refroidir le stockage NVME placé en dessous
- Le mini PC AMD était équipé d’un SSD NVME, mais sans support de montage pour SSD
- Les deux systèmes prennent en charge un SSD SATA, un SSD NVME de 80 mm et un emplacement 2230 pour carte Wi‑Fi
- Il existe aussi des adaptateurs pour convertir l’emplacement Wi‑Fi en emplacement NVME supplémentaire, ce qui peut être une option sur le 800 G3
Bruit et consommation au repos
- Les deux systèmes sont presque inaudibles au repos, même si les personnes sensibles au bruit peuvent encore les remarquer
- Le système AMD semble devenir assez bruyant à pleine charge ; le système Intel devient lui aussi plus bruyant en charge maximale, mais son comportement se rapproche davantage d’un Mac Mini et reste plus supportable
- L’Elitedesk 800 G3 basé sur Intel a pu descendre à 3,5 W au repos
- En installant Debian 12 à la place de Windows 10, la consommation au repos est passée d’environ 10 à 11 W à environ 7 W
- Après
apt install powertop, l’exécution depowertop --auto-tunea permis d’économiser environ 2 W - Débrancher le moniteur et faire tourner la machine en mode headless a encore réduit la consommation d’environ 1 W
- Il faut ajouter
powertop --auto-tunedans/etc/rc.localet lui donner les droits d’exécution
- L’Elitedesk 705 basé sur AMD a pu être ramené à 10 à 11 W au repos, mais le processus a été plus compliqué
- Avec Windows 11 préinstallé et un moniteur branché, la consommation était d’environ 11 W
- Après installation de Debian 12, la consommation au repos est montée à 18 W
- La cause venait du GPU intégré Radeon Vega
- Il a fallu configurer le BIOS pour n’utiliser que l’UEFI, réinstaller Debian 12 en mode UEFI, puis faire
apt install firmware-amd-graphics - Si la machine démarre en mode BIOS hérité, le firmware AMD Radeon n’est pas chargé
- Le système AMD aussi peut atteindre environ 10 W au repos après
powertop --auto-tuneet déconnexion du moniteur - Une consommation au repos de 10 à 11 W reste tout à fait correcte pour un serveur domestique ; si l’objectif est avant tout le coût minimal, le système AMD reste un bon candidat
Virtualisation, démarrage et gestion à distance
- Plusieurs machines virtuelles ont été créées avec le KVM par défaut de Debian 12, avec des performances jugées largement suffisantes
- Le temps de démarrage a été mesuré entre l’appui sur le bouton d’alimentation et la possibilité de se connecter en SSH
- Elitedesk 800 : 17 secondes
- Elitedesk 705 : 33 secondes
- Les deux temps incluent le délai GRUB par défaut de 5 secondes sous Debian 12
- Intel AMT/ME est une technologie de gestion à distance hors bande présente sur les PC de bureau professionnels
- En home lab, cela peut être une fonction intéressante, mais si elle n’est pas nécessaire, mieux vaut désactiver AMT/ME
- AMT/ME a déjà connu des vulnérabilités de sécurité ; dans un réseau domestique de confiance ce n’est pas forcément un problème majeur, mais cela demande de la prudence
- Le modèle AMD Elitedesk 705 ne semble pas disposer d’une fonction de gestion à distance équivalente
Alternatives et configuration physique
- Les modèles traités ici sont des générations anciennes choisies pour une gamme de prix donnée
- Des modèles plus récents chez Lenovo, HP ou Dell embarquent des processeurs plus rapides et davantage de cœurs, mais coûtent généralement bien plus cher
- Pour un petit PC basse consommation plus puissant ou plus personnalisable, on peut aussi envisager des PC d’occasion au format NUC
- L’Elitedesk 705 G4 basé sur AMD a un dessus fermé, ce qui permet d’empiler d’autres mini PC dessus
- L’Elitedesk 800 G3 basé sur Intel a un dessus perforé ; poser un autre mini PC dessus peut bloquer l’admission d’air du ventilateur CPU
- Les pieds inférieurs font aussi office de support VESA et comportent quatre trous de vis, ce qui permet d’y mettre des vis pour créer des entretoises et laisser respirer l’équipement placé en dessous
Évaluation finale
- Les PC tinyminimicro 1L d’occasion conviennent mieux que le Raspberry Pi 5 pour jouer le rôle de serveur domestique ou de serveur de home lab
- Les éléments décisifs sont les gains de performances CPU, la prise en charge native du SSD/NVME, l’extension RAM au-delà de 8 Go et les prix du marché de l’occasion
- Le Raspberry Pi conserve malgré tout des atouts en matière de faible consommation et de disponibilité des broches GPIO
- D’ailleurs, le blog lui-même est hébergé sur un Pi 4, notamment pour piloter un affichage d’état solaire via les broches GPIO
- Tant que le Raspberry Pi ne deviendra pas nettement moins cher et plus puissant, son attrait comme serveur domestique restera inférieur à celui des PC 1L d’occasion
1 commentaires
Avis sur Hacker News
Raspberry Pi n’est plus vraiment un ordinateur jetable bon marché pour l’éducation et le hobby, mais se rapproche davantage d’un kit de développement destiné aux fabricants qui doivent intégrer dans leurs produits un Linux mainline bien pris en charge
Si son prix ne monte pas au-delà de 500 $, c’est parce que la fondation a besoin que le marché des hobbyistes contribue à écrire et maintenir un BSP open source. Sans ce support, le RPi serait probablement devenu une carte de plus, mal prise en charge, dans un marché déjà saturé, et vu la qualité du support Linux mainline du Pi, les ingénieurs électroniciens auraient sans doute accepté de payer plus cher
On trouvait des cartes avec un support Linux correct et des prix raisonnables, souvent directement soutenues par les fabricants de processeurs qui y voyaient un canal de vente pour leurs puces
Broadcom ne s’intéressait pas à ce marché, faute de volumes suffisants, mais disposait de nombreux stocks de CPU adaptés, et des ingénieurs de Broadcom ont créé Raspberry Pi pour écouler ce surplus. Comme ils obtenaient en pratique gratuitement le composant le plus coûteux, les premiers RPi ont écrasé les autres ordinateurs monocartes en rapport qualité-prix, ont poussé de nombreux fabricants hors du marché, et ont aussi fortement agrandi ce marché grâce à l’arrivée des hobbyistes
L’accord préférentiel avec Broadcom a disparu il y a 5 à 10 ans, et désormais Raspberry Pi doit lui aussi acheter ses SoC Broadcom en concurrence avec d’autres acteurs. Lors de la pénurie de semi-conducteurs de 2020, le pouvoir de négociation de Broadcom était énorme, et aujourd’hui les prix de Raspberry Pi n’ont plus rien d’exceptionnel, même si la marque et la communauté tiennent toujours. Cette base reposait aussi sur des pratiques qu’on peut considérer comme potentiellement anticoncurrentielles
Si on considère le Raspberry Pi Zero 2W comme le successeur du Model 1B, il coûte 15 $, donc moins cher que l’original
Le modèle de base du Raspberry Pi 5 commence à 60 $, mais les spécifications sont tellement différentes qu’une comparaison directe a peu de sens
En revanche, je ne savais pas que le modèle 4B 1GB avait été abandonné, donc le prix d’entrée actuel du 4B doit plutôt être considéré comme 45 $ pour la version 2GB
Le Raspberry Pi Zero 2 W s’achète 15 $ avec un CPU quadricœur 64 bits à 1 GHz et 512 MB de RAM
Donc il semble qu’on puisse encore aujourd’hui acheter un ordinateur monocarte Raspberry Pi identique ou meilleur que le modèle d’origine sur tous les points, pour moins cher. Je me demande si je rate quelque chose
Même en parcourant quelques pages de commits sur https://github.com/raspberrypi/linux, j’ai eu du mal à voir des commits venant de l’extérieur de l’organisation Raspberry Pi, et il n’y avait apparemment que quelques PR fusionnées. On dirait simplement qu’ils prennent très bien en charge leurs propres produits
Le véritable support mainline des anciens modèles venait de contributeurs tiers, pas de la fondation RPi, qui semble surtout intéressée par son propre fork du noyau
Pour utiliser toutes les fonctionnalités, il faut encore passer par le noyau de la fondation, comme pour beaucoup de modules aujourd’hui
Et 500 $, c’est extrêmement exagéré. Il existe beaucoup de modules et de petites cartes bien moins chers, avec un bon support, y compris des produits équipés de CPU x86-64 complets
Plutôt que de dire que les cartes Raspberry Pi sont en réalité des produits premium à 500 $ vendus à prix cassé pour une raison obscure, il est plus juste de dire que leur prix se rapproche du point d’équilibre par rapport aux autres cartes et modules. Presque personne n’achèterait un Raspberry Pi à 250 $, et encore moins à 500 $
Le Pi dispose de nombreuses broches exposées et de fonctions matérielles associées, et cela faisait partie intégrante de sa conception
C’est d’ailleurs ce qui m’a redonné envie de m’intéresser à l’électronique. Toute comparaison devrait inclure les GPIO et les interfaces matérielles, car le Pi n’a jamais été conçu pour être seulement un ordinateur ordinaire
L’utiliser comme un ordinateur classique paraît idiot. Malheureusement, à chaque génération, on a l’impression que le Pi se déplace davantage du côté du boîtier d’ordinateur que du côté du monde réel
Certaines personnes achètent un Pi juste pour faire tourner Home Assistant ou d’autres charges de calcul
En particulier, il pilote via les broches GPIO un écran LCD affichant les statistiques solaires ainsi qu’un relais qui allume et éteint l’onduleur
Ces alternatives sont excellentes là où un Pi n’est pas nécessaire
Pendant des années, j’ai vu bien trop de cas du type « il fallait un microcontrôleur mais ils ne savaient pas ce que c’était, alors ils ont utilisé un Pi » ou « une image Docker suffisait, mais ils ne le savaient pas, alors ils ont utilisé un Pi »
Le Pi est vraiment utile quand on a besoin d’une combinaison des deux. Sinon, cela ne fait qu’augmenter le prix pour les gens qui en ont réellement besoin, et parmi eux certains n’ont pas pu en acheter malgré de bons usages
Le Pico et le Pi Zero semblent avoir leur utilité, mais les performances des grands Pi sont trop faibles, ce qui les rend assez bancals aussi bien comme ordinateur embarqué avec écran que comme ordinateur polyvalent
95 % des projets auraient tenu dans un petit programme en C et un microcontrôleur, mais à la place ils utilisaient un OS complet et Python. C’était vraiment frustrant
Bon récapitulatif, et les thin clients méritent aussi qu’on s’y intéresse
Des modèles comme le Fujitsu Futro s740 sont fanless, ne consomment que 3 à 4 W au repos, prennent en charge l’encodage matériel HEVC et supportent jusqu’à 16 Go de mémoire ainsi qu’un disque NVMe. Il y a une bonne vue d’ensemble ici : https://github.com/R3NE07/Futro-S740/blob/main/README_EN.md
Parmi les alternatives similaires, il y a aussi le Dell Wyse 5070, qui prend en charge 32 Go de mémoire et le dual channel : https://github.com/pflavio/Dell-Wyse-5070-Home-Server/wiki
On peut trouver ce genre de machines d’occasion sur eBay pour environ 60 à 80 €. Pour environ 150 €, on peut aussi acheter sur AliExpress un mini-PC Intel N100 neuf, avec une consommation au repos tout aussi basse mais des performances maximales bien supérieures
Leur encombrement physique est plus petit qu’un Raspberry Pi avec boîtier, et les performances sont plus de deux fois supérieures à celles d’un RPi5. Ils offrent aussi une compatibilité logicielle x86 complète, et leur consommation au repos mesurée à la prise est d’environ 4 à 5 W
Cela dépend entièrement de l’usage
Si l’objectif est d’avoir de bonnes performances de calcul et une bonne connectivité, un mini-PC d’occasion ou un N100 neuf est clairement le bon choix
Si on a besoin du GPIO, le Pi est clairement le bon choix
Au final, on se retrouve à utiliser plusieurs systèmes N100 et un Raspberry Pi
Il y a un double NIC utilisable comme pare-feu, jusqu’à 48 Go de DDR5, plusieurs ports SATA, un port M.2, etc., le tout dans un silence total avec une consommation très basse. Selon le modèle, on trouve du neuf autour de 125 à 175 $
J’ai utilisé trois anciennes machines de la série H2 et je les ai vraiment adorées
1.https://ameridroid.com/products/odroid-h4-h4-h4-ultra
Cela permet de conserver les fonctions de microcontrôleur à moindre coût, tout en évitant d’avoir à gérer deux OS sur deux architectures différentes
Il existe énormément de modules USB GPIO, et si on grille un GPIO USB, c’est bien plus simple à remplacer
La consommation électrique et la chaleur me semblent être des variables importantes
L’un des atouts du Pi face aux PC 1L, c’était la consommation électrique, mais le N100 a changé la donne
J’ai du mal à voir l’intérêt d’utiliser ces mini-PC
Rien que le fait de devoir utiliser une vieille alimentation d’occasion me rebute
Le Pi a beaucoup d’avantages. Si l’alimentation tombe en panne, on peut en commander une nouvelle en quelques secondes, et en attendant utiliser un chargeur de laptop ou une autre alimentation de secours
Les pénuries d’approvisionnement ont été pénibles, mais c’est désormais réglé
La dernière image que j’ai créée fonctionnait très bien même sur un Raspberry Pi 1. Ce genre de polyvalence est difficile à égaler : on peut tester l’image chez soi puis la faire installer par quelqu’un à l’autre bout du monde
Pour moi, l’intérêt central du Pi, c’est qu’on peut le mettre là où on en a besoin. À côté de la TV ou ailleurs, il suffit de le fixer
Pour un serveur domestique, je recommanderais du matériel plus puissant, et un vieux desktop peut être meilleur que n’importe quel mini-PC ou Pi, mais il sera plus gros et consommera probablement plus
Un Pi5 avec NVMe fonctionne aussi, et pour un home server de loisir, c’est correct. De mon point de vue, la niche des mini-PC est presque inexistante
Cela dit, l’objectif n’est pas forcément l’utilité maximale, et comme c’est un hobby, autant faire ce qui procure du plaisir. Le simple fait de bricoler avec des PC basse consommation peut être une raison suffisante
Malgré tout, j’ai l’impression que ce type de comparaison avec le Pi n’a pas vraiment de sens
À mon avis, Raspberry Pi s’est raté là-dessus. À ce niveau de prix, ils devraient utiliser un connecteur barrel jack ou bien prendre correctement en charge l’USB-PD. Ce dernier permettrait en plus de fonctionner sur une large plage de tensions, ce qui serait utile dans de nombreux cas ; je ne comprends pas pourquoi une carte Raspberry Pi assez chère ne peut pas faire ce que même de petites cartes ESP bon marché savent faire
N’importe quelle alimentation de laptop fonctionne avec cet appareil HP, et c’est aussi facile à trouver que n’importe quelle autre alimentation
Le pire sur le Pi, c’est la carte SD. C’est vraiment la pire interface possible pour démarrer, et c’est extrêmement peu fiable. À cause de bugs du noyau, laisser le système sur la carte SD peut même le rendre très instable. Cela dit, c’est moins un problème du Pi que de Linux lui-même
J’ai récemment ajouté un NVMe HAT à un RPi 5, et j’ai eu beaucoup de « plaisir » à chercher un disque qui fonctionne réellement, ce qui m’a coûté plus de temps et d’argent. Une fois que j’ai enfin réussi à le faire marcher, il est mort de façon aléatoire quelques jours plus tard. Avec ce temps et cet argent, j’aurais probablement mieux fait d’acheter un mini-PC N100
Pour faire un peu d’électronique, Pico ou STM32 me semblent plus raisonnables. Le GPIO du RPi est trop limité pour des tâches qui exploiteraient réellement sa puissance de calcul. Je ne sais même pas s’il existe une distribution capable de supporter sur ces broches des opérations temps réel, du DMA ou des protocoles personnalisés à 1-100 MHz
Surtout si on tient compte du modèle 8 Go, du boîtier, etc., avec 150 à 200 $ on peut acheter un PC Intel d’entrée de gamme qui prend en charge le SATA et les SSD M.2, des solutions de stockage qui sont plus compliquées à ajouter sur un Pi
Si vous vivez dans un petit appartement ou êtes sensible au bruit, un Pi ou un nouveau système N100 sans ventilateur reste à considérer
J’ai acheté sur eBay un petit système Lenovo i5-6500, et le rapport performances/prix est excellent, mais quand le bruit ambiant baisse, on entend un léger sifflement aigu
Ce n’est pas si surprenant pour un produit optimisé pour la taille et le coût, où la sortie acoustique n’est probablement pas une considération majeure
Vu que le pseudo est aussi similaire, ça se tient
Le ventilateur tourne en permanence et, dans une pièce calme, on l’entend clairement. Le BIOS n’a aucune option pour désactiver ou réduire les RPM, les capteurs logiciels ne voient pas non plus le ventilateur, et si on enlève le ventilateur ou essaie de le faire tourner en sous-voltage, la carte mère panique et refuse de démarrer. J’ai fini par le revendre
À part ça, c’est une bonne machine. Ce serait bien que quelqu’un hacke le BIOS pour supprimer cette protection du ventilateur
Il est temps de faire une mise à niveau et je vais probablement passer à un mini-ITX sans ventilateur basé sur N100. Même sans se soucier du ventilateur, ce genre de système est une excellente alternative au Raspberry Pi ou à un PC de bureau recyclé
Si vous comptez utiliser un PC aussi ancien, mieux vaut désactiver les atténuations Spectre et Meltdown
En plus, il faut supprimer le microcode CPU dans le BIOS/UEFI et empêcher son chargement par logiciel
Si c’est bien fait, le gain de performances est important, et un homelab n’a pas besoin de ces atténuations
J’ai un mélange de Raspberry Pi et de mini PC HP EliteDesk / NUC sur mon bureau et dans un placard
J’ai aussi exactement le même HP EliteDesk que celui montré en photo dans l’article, mot pour mot, et j’ai acheté trois EliteDesk réformés d’une base de l’OTAN voisine. Ils avaient été réinitialisés d’usine et n’avaient pas de disque dur
L’avantage des EliteDesk, c’est qu’ils ne sont pas sur ARM. C’est utile quand il faut exécuter quelque chose qui n’est pas compilé pour ARM et n’est distribué que sous forme d’image. Il y a peut-être d’autres solutions, mais dans ce cas je le lance simplement sur l’EliteDesk
L’avantage très évident du Raspberry Pi, c’est l’absence de ventilateur. Pour moi, c’est vraiment énorme. Mon PC principal est tellement silencieux que, quand j’allume l’EliteDesk, j’entends le bruit du ventilateur. En général, je fais tourner le serveur Plex sur l’EliteDesk, mais je ne l’allume que pour le streaming et le laisse éteint le reste du temps
Le Pi fait tourner des serveurs qui ne demandent pas beaucoup de CPU, par exemple un serveur DNS unbound
Les deux ne sont pas mutuellement exclusifs et peuvent être complémentaires. Si je devais n’en choisir qu’un, je prendrais probablement quand même le Pi
À moins de trouver un boîtier spécial qui permette de le faire tourner sans ventilateur ; le Pi4 qui héberge ce blog fonctionne sans ventilateur et marche encore très bien en ce moment
La différence entre matériel neuf et d’occasion est mentionnée, mais elle est assez centrale dans cette comparaison
Il est évident qu’une carte à 60 $ est moins capable qu’un PC à 300 $. L’écart de coût vient principalement d’éléments de comparaison comme un meilleur CPU, de meilleures E/S ou plus de mémoire : on en a pour son argent. Sur le marché de l’occasion, on peut aussi tomber sur de très bonnes affaires
Le Pi est excellent pour son écosystème, sa conception sans ventilateur et son prix en tant qu’appareil neuf
J’ajouterais que les ESP32/ESP8266 ont récupéré une grande partie du segment hobbyiste qui a besoin de connectivité et de GPIO. C’est une carte de développement à 3 $ suffisamment rapide pour la plupart des scénarios à usage unique
J’ai abandonné le Pi parce qu’il n’est plus facile à trouver là où j’habite. Et je suis d’accord pour dire qu’une carte ESP32 est parfaite pour une simple connexion GPIO + Wi-Fi