Il y a 50 ans, l’industrie du sucre a payé des scientifiques pour rejeter la faute sur les graisses
- Dans les années 1960, l’industrie du sucre a financé des recherches visant à minimiser les dangers du sucre et à souligner ceux des graisses. Ces travaux ont été menés par des scientifiques de Harvard et publiés en 1967 dans le New England Journal of Medicine sans que le financement de l’industrie du sucre soit révélé.
Choc autour du sucre ? D’autres industries alimentaires financent aussi de nombreuses recherches
- Le projet financé par l’industrie du sucre consistait en une revue de littérature examinant plusieurs études et expériences. Cette revue suggérait qu’il y avait des problèmes dans les recherches impliquant le sucre et concluait que réduire les graisses dans l’alimentation américaine était la meilleure façon de lutter contre les maladies coronariennes.
Une industrie alimentaire qui manipule le goût avec le « sel, sucre, gras »
- Les chercheurs ont trouvé dans les documents des éléments montrant que l’industrie du sucre cherchait à influencer l’enquête scientifique et le débat. En 1954, le président de la SRF a déclaré que si l’on pouvait convaincre les Américains d’adopter un régime pauvre en graisses pour des raisons de santé, la consommation de sucre augmenterait.
Dans la « politique du soda », les grands fabricants de soda à l’intersection entre profits et santé publique
- Dans les années 1960, la SRF avait pris conscience de la multiplication des rapports affirmant que le sucre constituait une source de calories moins souhaitable que d’autres glucides. La SRF a cherché à réfuter ces affirmations en finançant ses propres recherches.
Un « double standard » appliqué aux autres recherches
- Beaucoup des articles examinés par la SRF avaient été sélectionnés par l’industrie du sucre, avec l’attente qu’ils évaluent de manière critique les études liées au sucre. Les chercheurs ont minimisé l’importance des travaux suggérant que le sucre pourrait être lié aux maladies coronariennes.
Lobby du sucre : « Les normes de transparence n’étaient pas celles d’aujourd’hui »
- La Sugar Association a reconnu qu’elle aurait dû faire preuve d’une plus grande transparence dans ses activités de recherche à l’époque. Elle a toutefois soutenu que les normes de divulgation des financements et de transparence n’étaient alors pas les mêmes qu’aujourd’hui.
Le récapitulatif de GN⁺
- Cet article met en lumière la manière dont l’industrie du sucre a, par le passé, tenté d’influencer le débat scientifique. C’est un élément important pour comprendre l’influence de l’industrie alimentaire sur la recherche.
- Le débat sur les risques relatifs du sucre et des graisses reste toujours d’actualité et soulève des questions sur la fiabilité des recherches financées par l’industrie.
- Parmi les projets similaires dans le secteur, on trouve des efforts visant à accroître la transparence du financement de la recherche par l’industrie alimentaire.
1 commentaires
Avis Hacker News
Dans mon enfance, j’ai lu dans la World Book Encyclopedia, publiée à la fin des années 1950, que le sucre était bon pour la santé. Plus tard, j’ai découvert que de nombreux articles avaient été rédigés par des acteurs de l’industrie.
Les industries du sucre, du tabac et du pétrole ont déformé la réalité, et je me demande quelles autres industries seront mises au jour à l’avenir.
Le petit-déjeuner était considéré comme important, et tant qu’elles étaient pauvres en matières grasses, même des céréales très sucrées étaient jugées acceptables.
La plupart des conseils alimentaires sont évidents.
En tant que chercheur en nutrition, je mets en garde contre le fait que la combinaison d’acides gras libres et de sucres libres a des effets néfastes sur le métabolisme.
L’industrie du sucre a minimisé les risques du sucre à travers des articles de recherche, et ce n’est que récemment que le lien entre le sucre et la santé cardiaque est réexaminé.
Le sucre est mauvais pour la santé et contient beaucoup de calories.