Un ordinateur ne peut jamais être tenu pour responsable.
(simonwillison.net)- Une page légendaire issue d’une formation interne d’IBM en 1979, particulièrement pertinente à l’ère de l’IA
A COMPUTER CAN NEVER BE HELD ACCOUNTABLE
Un ordinateur ne peut jamais être tenu pour responsable.
THEREFORE A COMPUTER MUST NEVER MAKE A MANAGEMENT DECISION
Par conséquent, un ordinateur ne doit jamais prendre une décision de gestion. - Des informations sur la source d’origine ont été demandées sur Twitter, et Jonty Wareing a répondu :
- Quelqu’un l’a trouvé dans les documents de travail de son père, puis ils ont été détruits lors d’une inondation
- Impossible de le retrouver dans la correspondance avec les archives d’IBM. Il était courant que les filiales produisent des documents non archivés.
- Réponse reçue par Jonty de la part d’IBM
- La première mise en ligne de l’image remonte à un tweet de @bumblebike en février 2017
- IBM a confirmé qu’elle provenait d’un support de formation interne de 1979
- Un autre tweet de @bumblebike en décembre 2021 : le document a été détruit avec la plupart de ses affaires lors des inondations de 2019
- Une demande a été faite lors d’une réunion Zoom du club des retraités, mais il y avait très peu de personnes de la bonne tranche d’âge
2 commentaires
"Quiconque ne peut pas assumer la responsabilité d’une décision ne doit jamais devenir gestionnaire."
Avis Hacker News
Souligne que l’usage des ordinateurs sert à éviter d’assumer la responsabilité. Cela est expliqué à travers une citation du livre <i>Technopoly</i> de Neil Postman : les ordinateurs donnent l’impression d’être une véritable source d’autorité, ce qui favorise l’évitement de la responsabilité
Soulève des doutes au sujet des voitures autonomes. La responsabilité passerait du conducteur au constructeur, et l’on peut se demander si les constructeurs veulent réellement assumer cette responsabilité
Affirme que l’introduction des cartes à puce visait à transférer la responsabilité des banques vers les utilisateurs. La sécurité s’est renforcée, mais l’objectif réel serait surtout de faire porter aux utilisateurs la responsabilité de la fraude à la carte bancaire
Insiste sur le fait que l’usurpation d’identité est elle aussi une fraude bancaire. En l’appelant usurpation d’identité, le problème cesse d’être celui des banques pour devenir celui des particuliers
Mentionne que les entreprises détestent la responsabilité, comme tout le monde d’ailleurs
Dans certaines entreprises, il existe des politiques où les managers évitent de prendre des décisions parce qu’ils pourraient en être tenus responsables
Souligne que le mot « responsabilité » est désormais devenu un langage thérapeutique vidé de son sens. Les CEO disent assumer leurs responsabilités, mais en pratique aucune conséquence ne suit
Explique, à l’aide d’une citation du livre <i>God & Golem Inc.</i> de Norbert Wiener, que ce que les gens attendent des calculateurs automatiques n’est pas tant un calcul plus précis qu’une boîte à laquelle ils peuvent déléguer la responsabilité
Soutient qu’en droit, c’est l’opérateur qui devrait être tenu responsable. Sinon, ce serait comme interdire les allumettes pour prévenir les incendies volontaires
Mentionne que ce phénomène existait déjà avant l’actuelle vague autour de l’IA liée aux « algorithmes »
Explique qu’un principe utilisé en informatique légale s’applique ici à l’envers. Devant un tribunal, un enquêteur en informatique légale peut témoigner de ce qui a été fait sur un appareil, mais pas de l’identité de la personne qui l’a fait
Lorsque des experts expliquent que les ordinateurs paraissent très déterministes mais qu’en réalité l’incertitude existe, le grand public en est choqué
Évoque le cas socialement normalisé des alarmes de sécurité dans les magasins : lorsqu’elles se déclenchent, on dit que l’ordinateur a causé le problème, alors qu’en réalité ce n’est pas le cas