2 points par GN⁺ 2025-02-06 | 1 commentaires | Partager sur WhatsApp
  • Les manifestations de rue et les actions militantes peuvent entraîner harcèlement, arrestation et doxxing ; les activistes doivent donc intégrer la sécurité numérique et le contrôle des informations sensibles à leur préparation quotidienne
  • Le choix des outils doit viser à réduire la collecte d’informations, le stockage externe et l’exposition publique ; Signal, BitWarden, DuckDuckGo, Firefox, Jitsi, ProtonMail, ProtonVPN, entre autres, sont recommandés
  • Google Maps, Telegram, WhatsApp et Discord sont inadaptés comme outils pour activistes en raison du suivi de localisation, des limites de protection des messages de groupe et de la possibilité de transmission aux forces de l’ordre
  • Avant et après une manifestation, une sécurité opérationnelle est nécessaire : mises à jour de l’OS et des apps, préparation de Signal, plan avec un binôme, ne pas indiquer sa présence sur Facebook, ne pas publier de photos, supprimer les groupes Signal temporaires, etc.
  • Les smartphones laissent des traces de localisation et d’identification via GPS, Bluetooth, WiFi, UWB et réseaux mobiles ; sur le terrain, il est donc important de couper les fonctions sans fil, de désactiver l’authentification biométrique, de régler un verrouillage automatique court et d’activer le chiffrement complet du disque

Le périmètre de la sécurité numérique nécessaire aux activistes

  • La tradition militante aux États-Unis est ancienne, et les manifestations de rue sont un moyen important de sensibiliser et de faire pression pour des changements institutionnels
  • Les actions qui remettent en cause les structures de pouvoir existantes s’accompagnent de risques d’exposition, pouvant mener au harcèlement, à l’arrestation et au doxxing
  • Les informations personnelles sont devenues bien plus faciles d’accès qu’auparavant, et des groupes hostiles peuvent les utiliser contre les activistes
  • Ce document se concentre sur la sécurité de l’information adaptée aux besoins et risques spécifiques des activistes, plutôt que sur la sécurité générale en manifestation ou la sécurité numérique du quotidien
  • Les forces de l’ordre peuvent collaborer avec des entreprises technologiques pour accéder à des données que les utilisateurs pensent privées, et les fuites de données peuvent exposer des informations personnelles comme le nom, avec des conséquences dans la vie quotidienne

Outils recommandés que l’on peut adopter rapidement

  • Les outils recommandés sont choisis selon des critères de sécurité, de confidentialité, de coût et d’accessibilité pour les débutants
  • Services vers lesquels basculer rapidement :
    • BitWarden : gestionnaire de mots de passe pour stocker des mots de passe forts et uniques, gratuit ou avec fonctions supplémentaires à 1 $/mois
    • DuckDuckGo : moteur de recherche remplaçant Google Search, gratuit
    • DuckDuckGo Maps : cartes et itinéraires remplaçant Google Maps, gratuit
    • Firefox : navigateur remplaçant Chrome, Safari, Internet Explorer et Edge, gratuit
    • Jitsi : visioconférence remplaçant Zoom, Google Meet et WebEx, gratuit
    • ProtonMail : e-mail remplaçant Gmail, Yahoo et les messageries professionnelles, gratuit ou avec fonctions supplémentaires à 5 $/mois
    • ProtonVPN : VPN empêchant les fournisseurs câble et mobile de partager votre activité, gratuit ou avec fonctions supplémentaires à 5 $/10 $ par mois
    • Signal : remplaçant des SMS, de Facebook Messenger et des messageries non sécurisées, gratuit
  • Le principe de base est d’éviter les outils qui collectent des informations, les stockent dans des lieux que l’utilisateur ne contrôle pas, ou les exposent publiquement
  • S’il existe un outil auquel il est difficile de renoncer, il faut vérifier soi-même la politique de confidentialité du service et ses méthodes de protection des données

Outils à éviter et pourquoi

  • Google Maps est à éviter pendant une manifestation
    • Google Maps suit les utilisateurs, et Google conserve des données détaillées de suivi de localisation
    • Ces données peuvent être fournies aux forces de l’ordre et permettre d’établir, à la minute et à quelques pieds près, qu’une personne se trouvait sur le site d’une manifestation précise, dans une zone précise du site ou à proximité d’une infraction
    • Les alternatives sont Apple Maps et DuckDuckGo Maps ; elles ne suivent pas les utilisateurs de la même manière et cherchent à anonymiser les données collectées par le fournisseur de cartes
  • Telegram n’est pas recommandé en raison de son historique de problèmes de sécurité et des limites de protection des messages de groupe
    • Les messages entre deux personnes prennent en charge le chiffrement de bout en bout, mais celui-ci ne s’applique pas aux messages de groupe
    • Les messages de groupe peuvent être signalés comme « spam » ou « abuse », et l’intégralité de leur contenu peut être examinée par des employés et sous-traitants de Telegram
    • Ces données peuvent être fournies aux forces de l’ordre, et le chiffrement complet n’est pas activé par défaut pour toutes les conversations
  • WhatsApp présente des problèmes similaires et n’est pas recommandé ; Signal, conçu dès le départ pour la sécurité personnelle, constitue l’alternative
  • Discord gagne en popularité dans les communautés militantes, mais son usage par des activistes présente des risques importants
    • Les messages et images publiés sur un serveur Discord peuvent être visibles en dehors du serveur ou même en dehors de Discord
    • Discord fournit des données aux forces de l’ordre sur demande ; il dispose d’une politique de notification des utilisateurs, mais la notification peut être omise lorsque la loi l’exige
    • Selon sa politique de confidentialité, Discord peut collecter messages, images, comportements, informations sur l’appareil et même certaines activités effectuées hors de Discord
    • Même avec un pseudonyme, les données d’appareil et de comportement peuvent suffire à réidentifier une personne lorsqu’elles sont croisées avec d’autres données
    • Même si la politique de conservation des données est relativement favorable aux consommateurs, la combinaison des conditions de collecte, de conservation et de transmission crée un risque difficilement acceptable pour des activistes

Sécurité opérationnelle avant, pendant et après une manifestation

  • Avant une manifestation, il faut réduire les traces d’exposition et préparer ses communications
    • Ne pas se marquer comme « Going » sur Facebook, et enregistrer les détails sur un appareil personnel ou sur papier
    • S’entraîner à saisir le code du téléphone, activer et pratiquer Emergency SOS sur iOS et le Lockdown mode sur Android
    • Pour les recherches Internet liées à la manifestation, utiliser DuckDuckGo et une session de navigation privée
    • Mettre à jour l’OS et les apps des appareils vers les dernières versions afin d’appliquer les correctifs de sécurité
    • Créer un compte Signal ; si vous ne souhaitez pas utiliser votre numéro personnel, vous pouvez inscrire Signal avec un numéro Google Voice
    • Trouver un ami avec qui y aller et discuter du plan via Signal
  • Pendant la manifestation, il faut conserver un plan avec binôme
    • Se déplacer avec son compagnon de manifestation
    • Confirmer le plan de rendez-vous avant le départ et, une fois ensemble, définir un lieu de repli en cas de séparation
    • Pour les itinéraires, utiliser Apple Maps ou DuckDuckGo Maps
    • Si possible, imprimer l’itinéraire avant la manifestation
    • Apple Maps ne dispose pas de mode hors ligne et ne peut pas être utilisé sans connexion Internet
  • Après la manifestation, il faut réduire les traces de communications temporaires
    • Quitter et supprimer le groupe Signal créé pour cette manifestation
    • Ne pas publier de photos de la manifestation sur les réseaux sociaux

Traces de localisation et d’identification laissées par les smartphones

  • Le smartphone est un outil pratique, mais il peut aussi devenir un puissant dispositif de suivi pour les forces de l’ordre et d’autres acteurs
  • Le téléphone enregistre et partage des informations de localisation et d’activité avec plusieurs services ; lors d’une manifestation, ces fonctions laissent des traces comme des miettes de pain numériques
  • Si le téléphone est perdu ou saisi par les forces de l’ordre, les informations qu’il contient peuvent être exposées à la police
  • Fonctions sans fil à gérer en commun sur les smartphones iOS et Android :
    • GPS : utilisé par les cartes et les apps basées sur la localisation ; des mises à jour de position peuvent être envoyées à Google, Apple ou aux éditeurs d’apps, il est donc recommandé de désactiver les services de localisation
    • Bluetooth, WiFi, UWB : diffusent des informations pouvant identifier le téléphone de manière unique afin de communiquer avec les appareils à proximité ; des balises et dispositifs de scan de magasins, d’administrations ou de la police peuvent les observer
    • Réseau mobile : même sans appeler, envoyer de SMS ou naviguer, le téléphone reste connecté aux antennes-relais ; la position peut être déterminée à l’échelle d’un pâté de maisons, et l’opérateur peut l’enregistrer
    • Les simulateurs d’antennes-relais comme Stingray, ou IMSI catchers, se comportent comme des antennes mobiles et peuvent fournir à la police des données temps réel plus précises
  • Le mode avion coupe rapidement la radio cellulaire et une partie ou la totalité des radios sans fil, mais son comportement varie selon les appareils
  • La méthode la plus sûre consiste à activer le mode avion puis à vérifier manuellement, dans l’app Réglages/Paramètres, que Bluetooth et WiFi sont effectivement désactivés

Défense contre les intrusions en cas de saisie ou de perte

  • Pendant une manifestation, la police peut saisir un téléphone et tenter d’en extraire les informations après l’avoir physiquement récupéré
  • L’écran de verrouillage est la première ligne de défense, mais en contexte de manifestation, l’authentification biométrique peut devenir risquée
    • La reconnaissance d’empreinte digitale et la reconnaissance faciale sont pratiques au quotidien, mais les forces de l’ordre peuvent forcer l’utilisateur à présenter son doigt ou son visage à l’appareil
    • Pendant une manifestation, il faut éviter le déverrouillage biométrique
  • Le balayage, les schémas et les codes courts peuvent être devinés à partir des traces de gras laissées par les doigts sur l’écran ; saisir un code long est donc l’option la plus sûre
  • Le délai de verrouillage automatique doit être réglé aussi court que possible, et le bouton d’alimentation doit verrouiller immédiatement l’appareil
  • Le chiffrement complet du disque stocke toutes les informations du téléphone sous forme chiffrée ; même si la puce de stockage est retirée, le contenu ne peut pas être lu sans l’appareil et le code de déverrouillage
    • Sur iPhone, le chiffrement complet du disque est disponible dès lors qu’un code d’écran de verrouillage est défini
    • Sur Android, on peut vérifier ou activer le chiffrement dans Settings → Security → Encrypt Phone
    • L’activation du chiffrement Android peut prendre plusieurs heures et l’appareil doit être branché au chargeur
    • Les appareils sortis avec Android 6 ou une version antérieure peuvent ne pas prendre en charge cette fonction

Réglages iPhone et Android

  • Sur iPhone, il faut ajuster AirDrop, les services de localisation, les fonctions sans fil et les paramètres de verrouillage
    • Régler AirDrop sur Receiving Off dans Settings → General → AirDrop
    • Désactiver Location Services dans Settings → Privacy → Location Services
    • Sur iOS, le récepteur GPS reste actif en mode avion si Location Services n’est pas désactivé
    • Couper le WiFi et le cellulaire avec le mode avion, et désactiver séparément Bluetooth dans Settings → Bluetooth
    • Désactiver Face ID ou Touch ID, et régler Auto-Lock sur 30 secondes ou au maximum 1 minute
    • Régler Require Passcode sur Immediately
    • S’entraîner à utiliser Emergency SOS, mais désactiver la fonction d’appel d’urgence automatique
    • En maintenant le bouton d’alimentation et l’un des boutons de volume, l’écran de verrouillage Emergency SOS apparaît ; ensuite, la connexion biométrique est désactivée jusqu’à la prochaine saisie du code
  • Sur Android, il faut ajuster les services de localisation, le mode avion et le verrouillage de l’écran
    • Désactiver « Use location » depuis le panneau de notifications ou Settings → Location
    • Activer Airplane mode depuis le panneau de notifications ou Settings → Network & internet
    • Si nécessaire, les données mobiles peuvent être réactivées en mode avion
    • Il faut vérifier que Bluetooth est réellement désactivé ; si un appareil Bluetooth est connecté, Android peut le laisser activé
    • Choisir PIN ou Password dans Settings → Security → Screen Lock
    • Pour les notifications sur l’écran de verrouillage, « Don’t show any notifications at all » est l’option la plus sûre ; si elle est trop contraignante, choisir « Hide sensitive notification content »
    • Régler « Lock after screen timeout » sur Immediately, et activer « Power button instantly locks »
    • Désactiver Smart Lock, qui peut laisser le téléphone déverrouillé de manière inattendue
    • Régler Settings → Display → Advanced → Screen timeout sur la durée la plus courte possible

Risques distincts liés aux sauvegardes et à AirDrop

  • Si AirDrop est activé, des informations personnelles identifiantes comme le numéro de téléphone et l’adresse e-mail peuvent être divulguées aux appareils à proximité
  • Sur le lieu d’une manifestation ou à proximité, AirDrop doit toujours être désactivé ; au quotidien, il est recommandé de ne l’activer que pour partager des fichiers
  • Les sauvegardes cloud par défaut d’iOS et d’Android peuvent poser problème aux activistes
  • Les sauvegardes iCloud sont chiffrées d’une manière accessible aux employés d’Apple, et photos, contacts, messages non chiffrés, etc. peuvent être fournis aux forces de l’ordre
  • Les sauvegardes iCloud contiennent aussi la clé de déverrouillage du chiffrement complet du disque du téléphone ; les forces de l’ordre peuvent donc demander les données de sauvegarde à Apple et utiliser cette clé pour déverrouiller l’ensemble du téléphone
  • Pour les activistes, le risque que la clé de déverrouillage devienne accessible aux forces de l’ordre peut dépasser le bénéfice de commodité ; les sauvegardes iCloud ne sont donc pas recommandées
  • Android utilise Google Drive pour les sauvegardes et n’inclut généralement pas la clé de déverrouillage, mais ajoute automatiquement les données d’apps, les données d’appels, les contacts, les événements de calendrier, les vidéos et les photos
  • Depuis Android 9 « Pie », des sauvegardes chiffrées de bout en bout, que même Google ne peut pas ouvrir sans le mot de passe utilisateur, sont proposées ; elles s’activent automatiquement lorsque l’écran de verrouillage est protégé par un PIN, un schéma ou un mot de passe
  • Les sauvegardes cloud Android antérieures à Android 9 ne doivent pas être utilisées

Chiffrement, réunions et gestion des mots de passe pour la sécurité quotidienne

  • Pour chiffrer les messages personnels, il faut du chiffrement de bout en bout (E2EE)
    • Beaucoup d’apps parlent de « chiffrement », mais seules certaines chiffrent réellement les messages de bout en bout entre le téléphone de l’utilisateur et celui du destinataire
    • Sans cette propriété de bout en bout, une copie des messages transite par des serveurs centraux et y est stockée, et l’entreprise qui fournit le service peut y accéder
  • Pour les réunions en ligne, Zoom, Google Meet et Microsoft Teams n’offrent pas la confidentialité dont les activistes ont besoin ; Jitsi est recommandé
    • Jitsi n’enregistre ni ne conserve le contenu des réunions
    • Le nom saisi à l’entrée, les messages de chat et les autres données fournies pendant la réunion sont supprimés à la fin de celle-ci
    • La plupart des participants n’ont pas besoin de compte
    • La création d’un espace de réunion nécessite un compte, et il est possible de se connecter avec un compte Google, GitHub ou Facebook
    • Pour une réunion nécessitant de la confidentialité, il est recommandé au créateur de créer un compte GitHub avec une adresse e-mail jetable pour se connecter à Jitsi
    • Les réunions peuvent être lancées sur meet.jit.si
  • La sécurité des mots de passe repose sur trois bases
    • Activer la 2FA partout où elle est proposée
    • Utiliser des mots de passe longs, forts et difficiles à deviner
    • Utiliser un gestionnaire de mots de passe pour stocker un mot de passe unique par service
  • La 2FA ajoute une vérification supplémentaire lors de la connexion ; une app d’authentification, un e-mail ou un SMS peut servir de deuxième facteur
    • Toute 2FA est bien meilleure que l’absence de 2FA, mais le niveau de sécurité varie selon la méthode
    • Google Authenticator offre un bon équilibre entre facilité d’usage et sécurité
    • Pour une option plus robuste, on peut utiliser une clé de sécurité physique comme Yubikey
    • Les codes à usage unique par e-mail ou SMS sont moins sûrs que les méthodes précédentes, mais restent préférables à l’absence de 2FA
  • Les mots de passe longs sont plus difficiles à casser, quels que soient les types de caractères utilisés
    • Un mot de passe de 8 caractères peut être testé immédiatement par force brute avec des outils d’attaque modernes, tandis que 10 caractères peuvent prendre plusieurs heures
    • Il est recommandé d’utiliser une longue phrase de passe composée de plusieurs mots et facile à mémoriser
    • Diceware permet de créer des phrases de passe aléatoires mais mémorisables
    • Générateur Diceware : https://diceware.dmuth.org/
  • Un gestionnaire de mots de passe fonctionne comme un coffre personnel, qui ne s’ouvre qu’avec le mot de passe maître
    • Il permet d’utiliser un mot de passe totalement unique et aléatoire pour chaque service
    • Si un service est compromis, cela évite que le même mot de passe réutilisé ailleurs ne pose problème
    • L’outil recommandé est le gestionnaire de mots de passe open source BitWarden
  • Pour les questions de sécurité, il vaut mieux utiliser des phrases de code plutôt que les vraies réponses
    • Par exemple, pour une question comme « école fréquentée en sixième », répondre par le nom d’un personnage de dessin animé que l’on aimait à l’époque plutôt que par le vrai nom de l’école, afin qu’une connaissance ne puisse pas le deviner

Photos, réseaux sociaux et ressources pour aller plus loin

  • Il faut réfléchir soigneusement aux personnes avec qui partager sa participation à une action
  • Ne pas utiliser l’e-mail pour les conversations liées à une manifestation
  • Rechercher de temps en temps son nom complet sur Google pour voir quelles informations apparaissent
  • Ne pas faire de « check in » sur Facebook ou d’autres services sur un lieu de manifestation
  • La police obtient fréquemment des informations utilisateur auprès de Facebook et d’autres entreprises de réseaux sociaux par assignation
  • Ne pas photographier d’autres personnes sans leur autorisation
  • Si des photos ont été prises, ne pas les publier sur les réseaux sociaux
    • Les images contiennent des informations cachées comme l’heure et le lieu de prise de vue
    • S’il faut envoyer des photos ou des vidéos, ne le faire qu’à une personne de confiance, par un moyen sûr, suffisamment longtemps après la fin de la manifestation et une fois éloigné du lieu
  • Avoir un compagnon de manifestation et communiquer via Signal
  • Dans Signal, activer « Disappearing Messages » pour les conversations sensibles
  • Ressources pour approfondir :

1 commentaires

 
GN⁺ 2025-02-06
Avis de Hacker News
  • Proton me laisse hésitant à le recommander, parce qu’ils n’ont pas réussi à éviter de se mêler de politique. Mullvad ne semble pas avoir commis d’erreur comparable : https://theintercept.com/2025/01/28/proton-mail-andy-yen-tru...

    • Comme indiqué plus haut, Proton route tout le trafic via Cloudflare. Ils ont aussi affirmé ne pas conserver de logs, mais se sont déjà fait prendre à enregistrer l’adresse IP d’un militant.
      Désormais, ils utilisent des formulations trompeuses comme « privacy by default » ; ce que Proton veut dire, c’est qu’ils n’enregistrent pas par défaut, mais qu’ils peuvent être « contraints » d’enregistrer un utilisateur précis sur demande des autorités.
      Source : https://therecord.media/protonmail-forced-to-collect-an-acti...
      https://x.com/andyyen/status/1884907496705339544
    • Proton reste tout à fait recommandable, et on peut ignorer le bruit autour. L’article cité en lien a été réfuté dans ce billet, qui présente des éléments écrasants montrant que l’organisation est d’orientation libérale : https://www.reddit.com/r/Anarchism/comments/1id5v21/does_pro...
      De toute façon, je pars du principe que tout le monde ici comprend le fonctionnement du chiffrement, donc ce n’est pas si important.
    • Proton souffre d’une pathologie similaire à celle de LavaBit. Je pense qu’il vaut mieux utiliser un autre service mail qui ne s’obstine pas à vouloir stocker les clés GPG sur ses serveurs, et utiliser quelque chose comme Mega.
    • Proton s’est conformé à une injonction judiciaire et a déjà implémenté du JavaScript pour cibler un utilisateur précis. Mullvad, lui, est correct.
    • Je suis d’accord pour dire que Proton devrait rester « neutre », mais c’est un article de dénigrement ridiculement désespéré, qui passe sous silence les critiques valables.
      De la part des médias grand public, c’est prévisible ; personnellement, je pense que cela a fait une bonne publicité à Proton.
  • Ressources supplémentaires sur ce sujet :
    Activist or Protester? de l’EFF Surveillance Self Defense https://ssd.eff.org/playlist/activist-or-protester
    The Protester's Guide to Smartphone Security de Privacy Guides https://www.privacyguides.org/articles/2025/01/23/activists-...

  • Étape 1 : définir son modèle de menace.
    Étape 2 : se rendre compte que, dans l’environnement actuel, ces mesures ne suffisent pas pour ce modèle de menace. Cela vaut pour presque tous les modèles de menace.
    Étape 3 : se rendre compte toutefois que certaines de ces mesures peuvent au contraire attirer l’attention sur soi.

    • Dire que « certaines de ces mesures attirent au contraire l’attention sur soi » est une bonne raison de les utiliser en permanence, même en temps normal.
      Si vous êtes dans une position relativement sûre, vous pouvez normaliser les pratiques de confidentialité afin d’offrir une couverture à celles et ceux qui en ont besoin maintenant, et cela pourra aussi vous aider le jour où vous en aurez besoin vous-même.
    • Il faudrait arrêter avec le nihilisme sécuritaire : https://news.ycombinator.com/item?id=27897975
      À noter qu’il existe aussi https://qubes-os.org. C’est mon système d’exploitation au quotidien.
    • Je ne vois pas ce que cela veut dire.
      Je ne comprends pas en quoi désactiver l’authentification biométrique attirerait l’attention sur soi, et j’aimerais aussi savoir pourquoi cette mesure ne suffirait pas en matière de sécurité.
  • Certaines personnes ici connaissent sans doute déjà les problèmes de ce type de recommandations, alors passons au niveau supérieur.
    https://www.notrace.how/ / http://i4pd4zpyhrojnyx5l3d2siauy4almteocqow4bp2lqxyocrfy6pry...
    https://www.anarsec.guide/

  • L’un des premiers signaux qu’on peut repérer dans ce genre de liste, c’est de voir si elle recommande Firefox plutôt que Chrome. C’est un très bon shibboleth.
    Sur le plan rhétorique, Firefox ressemble beaucoup plus que Chrome à un code favorable aux militants et à la vie privée, mais Chrome dispose de protections à l’exécution bien plus sophistiquées et bien éprouvées.
    Firefox peut sembler être une meilleure recommandation, mais pas si l’objectif est d’éviter d’être ciblé facilement — autrement dit à bas coût — par un exploit.

    • La plupart des militants ne seront pas ciblés par un 0-day. Ils ne seront probablement même pas ciblés intentionnellement et directement.
      Il est plutôt plus probable que leurs données soient fournies ou vendues au gouvernement dans le cadre d’un grand ensemble, comme un géorepérage. En tenant compte de cela, je ne recommanderais pas de produits Google.
      Si un militant est réellement ciblé spécifiquement, il devrait déjà avoir dépassé le niveau débutant en sécurité informatique, et il vaut mieux qu’il n’utilise aucun de ces deux navigateurs sans protections et considérations supplémentaires importantes.
    • Ce n’est pas un jugement très avisé. Il est tout à fait plausible que Chrome soit meilleur en matière de défense contre les exploits, mais c’est une menace bien moindre que celle de la surveillance généralisée que Google pratique fréquemment.
      Respect aux héros en interne, mais c’était quoi, déjà, cette histoire de promesse de retirer l’IA ?
    • Je me demande si la même chose vaut pour Chromium, ou si seul Chrome a de meilleures protections à l’exécution que Chromium. Je me demande aussi pourquoi Chromium n’est pas mentionné.
    • Étant donné les énormes ressources de Google, même quelqu’un sans bagage en sécurité peut déduire qu’il est probable que Chrome soit plus sûr.
      Dans ce contexte, je me demande aussi si la navigation sécurisée de Chrome améliore sensiblement la sécurité des utilisateurs.
      Puisque cela consiste à envoyer les données personnelles de l’utilisateur à Google pour analyse, il faut que le compromis en vaille la peine.
    • Le point essentiel n’est pas que Firefox soit moins exploitable, mais qu’il pratique moins de suivi explicite que des alternatives comme Chrome.
      Pour un militant, les exploits font peur, certes, mais je pense que la menace la plus directe est le suivi que nous subissons tous les jours, que nous en ayons conscience ou non.
  • Dès que j’ai vu, dans le premier tableau, qu’il recommandait un VPN plutôt que Tor, je suis devenu méfiant.
    https://gist.github.com/joepie91/5a9909939e6ce7d09e29

    • Je me demande pourquoi. Personnellement, j’ai vu davantage d’articles sur la désanonymisation d’utilisateurs de Tor que d’utilisateurs de VPN.
      Je sais que c’est purement anecdotique, mais le point est que Tor n’est clairement pas infaillible non plus. Je me demande donc si recommander l’un plutôt que l’autre suffit vraiment à rendre tout l’article suspect.
  • Personnellement, je ne crois pas que les mesures de base proposées dans l’article, comme désactiver les services de localisation, fassent une différence face à un adversaire sophistiqué comme un acteur étatique.
    Les téléphones modernes sont remplis de firmwares propriétaires truffés de failles de sécurité, et on sait que des exploits d’exécution de code à distance 0-day sont possibles [1]. Les systèmes d’exploitation sont meilleurs, mais ils ont eux aussi déjà été la cible d’exploits d’exécution de code à distance [2].
    Même éteindre son téléphone ne garantit pas qu’il devienne silencieux. Le réseau Find My d’Apple fonctionne même sur des appareils éteints. Bien sûr, on peut désactiver cette fonction, mais dès lors que la capacité de suivre un appareil éteint existe, il faut supposer qu’un acteur étatique dispose d’exploits ou de portes dérobées pour contourner un simple interrupteur logiciel.
    Si vous êtes sur une liste de surveillance, partez du principe que tout ce que vous faites sur votre téléphone finit dans une base de données des forces de l’ordre ou des services de renseignement.
    [1] https://googleprojectzero.blogspot.com/2023/03/multiple-inte...
    [2] https://en.m.wikipedia.org/wiki/Pegasus_(spyware)

    • La plupart des militants ne sont pas des cibles qui valent un tel effort ou un tel coût. Et s’ils le sont, ce genre de guide ne les rendra pas suffisamment solides, donc cela ne change pas grand-chose.
      Pour une vraie sécurité, il faut au minimum deux appareils. L’un servant uniquement de hotspot, par exemple.
    • L’« adversaire sophistiqué » est-il dans cette pièce en ce moment ?
      La plupart des commentaires de ce fil passent complètement à côté du sujet.
      Il est absurde d’ignorer le fait qu’on a bien plus de chances d’être arrêté par le policier ordinaire Jim Bob que par un acteur étatique ultrasecret.
    • D’accord. Si l’on peut prendre le contrôle du baseband, c’est pratiquement terminé.
      Modification : mes connaissances sont clairement dépassées.
  • Cette page indique avoir été mise à jour pour la dernière fois il y a quelques semaines, mais la recommandation contre les sauvegardes iCloud semble contenir des erreurs et omissions notables.
    « La clé qui déverrouille le chiffrement complet du disque du téléphone est également stockée dans la sauvegarde iCloud. En raison de cette structure, les forces de l’ordre peuvent demander les données de sauvegarde à Apple et utiliser cette clé pour déverrouiller tout le téléphone. Cela offre aussi la commodité de permettre à Apple de récupérer l’appareil lorsque l’utilisateur a oublié son code de verrouillage. »
    Ce n’est pas vrai. Et même si ça l’était, il faudrait de toute façon conseiller aux militants d’activer Advanced Data Protection. Cela chiffre de bout en bout presque tout, y compris les sauvegardes iCloud du téléphone, à l’exception d’iCloud Mail, Contacts et Calendrier.
    Quand Advanced Data Protection est activé, Apple ne peut pas accéder aux données et ne peut aider à aucune récupération. Il revient à l’utilisateur de configurer des contacts de récupération et une clé de récupération, puis de les conserver en sécurité.

  • Je me demande s’il est exact que les sauvegardes iCloud permettent aux autorités d’aller jusqu’au déverrouillage physique de l’appareil. Cela ne correspond pas à ma compréhension de l’implémentation du cercle de confiance d’Apple.
    Je comprends que la sauvegarde puisse potentiellement être compromise, et qu’avec une sauvegarde on possède en pratique la plupart des données présentes sur le téléphone. Mais j’aimerais en savoir plus sur la façon dont une copie de sauvegarde pourrait compromettre l’appareil physique via iCloud.

  • Combien vaut aujourd’hui, sur le marché gris, un 0-day Firefox par rapport à un 0-day Chrome incluant une sortie de sandbox ?

    • Je ne sais pas à quel point cette information est fiable [1], mais cela semble être environ 200 000 dollars contre 500 000 dollars. Une autre organisation [2] parle de 350 000 dollars contre 1,5 million de dollars, mais cela inclut une élévation de privilèges locale
      [1] https://opzero.ru/en/prices/
      [2] https://www.crowdfense.com/exploit-acquisition-program/
    • Si l’on vise tous les utilisateurs, le déséquilibre devient bien plus important si l’on divise par la base d’utilisateurs pour calculer le coût de ciblage par utilisateur. Et c’est précisément ce que veulent la plupart des acteurs malveillants
    • Beaucoup moins