1 points par GN⁺ 2025-06-25 | 1 commentaires | Partager sur WhatsApp
  • Présentation de la découverte fortuite d’un easter egg original lors de l’analyse de la ROM du Power Mac G3
  • On savait déjà qu’une photo de développeurs était cachée dans une ressource nommée HPOE, mais la méthode pour l’afficher était restée mystérieuse jusqu’ici
  • Le texte "secret ROM image" apparaît dans le code du gestionnaire SCSI et fournit un indice décisif
  • En formatant un disque RAM avec un nom précis, un fichier "The Team" est créé, ce qui révèle l’image cachée
  • Cette méthode fonctionne jusqu’à Mac OS 9.0.4, et cette découverte semble constituer la première divulgation publique de cet easter egg

Contexte de la découverte de l’easter egg dans la ROM du Power Mac G3

  • Lors d’une analyse récente de la ROM du Power Macintosh G3, un easter egg jusque-là jamais documenté officiellement a été découvert
  • L’analyse a été réalisée avec Hex Fiend et ROM Fiend, le modèle de ROM Mac conçu par Eric Harmon
  • Il s’agit de la ROM utilisée entre 1997 et 1999 sur les modèles G3 beige desktop, minitour et all-in-one
  • L’auteur lui-même s’émerveille du fait que le G3 ait désormais plus de 27 ans

Résumé des découvertes intéressantes dans la ROM

  • Le premier élément marquant a été une image JPEG présente dans une ressource de type HPOE, vraisemblablement une photo de groupe des personnes ayant participé au développement de ce modèle à l’époque
  • Cette image avait déjà été mentionnée auparavant, mais personne n’avait encore expliqué comment l’afficher réellement
  • Ensuite, dans la ressource nitt ID 43 (Native 4.3), une chaîne Pascal intrigante a été repérée : ".Edisk", "secret ROM image", "The Team"
  • L’expression "secret ROM image" a d’abord fait penser à l’easter egg du DOS Macintosh, mais la méthode connue ne fonctionne pas sur le G3

Analyse du code et déduction de la méthode

  • Il a alors été décidé de désassembler le code et d’analyser l’intégralité du fichier nitt43 avec Ghidra
  • Même si le code assembleur PowerPC n’était pas familier, le décompilateur de Ghidra a permis de le transformer en un code bien plus lisible
  • Il est apparu qu’une fonction clé interagissait avec le pilote .EDisk (disque RAM)
  • Lorsqu’un volume nommé "secret ROM image" — autrement dit le disque RAM — est détecté, les données JPEG de la ressource HPOE ID 1 sont écrites dans un fichier nommé "The Team"

Méthode réelle pour déclencher l’easter egg

  • L’analyse montre qu’il suffit de formater le disque RAM avec le nom "secret ROM image" pour déclencher l’easter egg
  • Cette méthode peut être vérifiée dans des émulateurs en ligne comme le projet Infinite Mac
  • Procédure détaillée :
    • activer le disque RAM dans le panneau de contrôle Mémoire
    • choisir Restart dans le menu Special
    • une fois revenu sur le bureau, sélectionner l’icône du disque RAM
    • choisir Erase Disk dans le menu Special
    • saisir exactement "secret ROM image" comme nom, puis cliquer sur Erase
    • ouvrir ensuite le disque RAM formaté pour voir apparaître le fichier "The Team"
  • Le fichier peut être ouvert avec SimpleText ou un outil similaire pour afficher l’image qu’il contient

Importance de l’easter egg et conclusion

  • Des tests ont confirmé que cette méthode fonctionne correctement jusqu’à la version Mac OS 9.0.4
  • Jusqu’à présent, on savait que cette image était présente dans la ROM, mais la méthode d’activation réelle n’avait jamais été entièrement révélée
  • Il pourrait s’agir de l’un des derniers easter eggs laissés avant leur interdiction officielle après le retour de Steve Jobs chez Apple en 1997
  • Grâce à plusieurs tests et indices, cette fonction cachée a finalement été mise au jour, ce qui lui donne une grande valeur du point de vue de l’analyse du matériel et des logiciels Old Mac ainsi que de l’archéologie technologique historique

Conclusion

  • Ce cas montre qu’un simple reformatage du disque RAM avec un nom précis a permis de faire réapparaître, après 27 ans, une image souvenir officieuse de l’équipe de développement
  • C’est un exemple particulièrement intéressant pour les lecteurs curieux des easter eggs, de la culture de développement chez Apple et des traces laissées par les développeurs de l’époque

1 commentaires

 
GN⁺ 2025-06-25
Commentaires Hacker News
  • Je trouve que ce genre d’easter eggs évoque très fortement l’esprit de l’époque des premiers PC de bureau, et qu’ils rendent plus tangible le fait que le logiciel a bien été fabriqué par de vraies personnes ; ça rappelle aussi le temps où beaucoup de produits étaient l’œuvre de petites équipes de développeurs passionnés. Aujourd’hui, j’ai parfois l’impression qu’il y a des Product People qui veulent contrôler entièrement l’image du produit, au point de le rendre intentionnellement presque inhumain et inquiétant. J’imagine que ce serait amusant si mon iPhone contenait un easter egg affichant aléatoirement, à chaque activation, la photo ou le nom de certaines personnes ayant participé au développement. Mais ça ne correspondrait probablement pas aux critères des Product People.
    • Je me demande si ce genre d’easter eggs n’était pas plus fréquent avant l’adoption d’Agile. Avec un développement rythmé par des deadlines, il arrivait souvent qu’une partie de l’équipe n’ait plus qu’à attendre, et comme le backlog avait ses limites, cela créait parfois une petite « motivation » et une « opportunité » pour glisser des choses comme des easter eggs.
    • La critique des Product People me paraît un peu excessive. À l’époque, quelques personnes suffisaient pour créer un produit ; aujourd’hui, des milliers de personnes sont impliquées dans un même projet. Dans un gros logiciel, un easter egg ne montrant que les noms de quelques développeurs perd alors tout son sens.
  • J’ai autrefois travaillé avec un collègue qui faisait de la conception d’ASIC et de cartes chez Apple. Il regrettait qu’après s’être acharné sur le développement et le débogage du matériel système, l’équipe logicielle gaspille de l’espace ROM pour y mettre une image de présentation à sa propre gloire, tandis que l’équipe hardware était complètement ignorée.
  • Je trouve formidable de montrer qu’il y a de vraies personnes derrière les entreprises. Les très riches aiment souvent s’attribuer le mérite en disant « c’est moi qui ai fait ça », mais les gens ordinaires qui ont réellement fait le travail laissent, eux, une petite trace dans l’histoire comme pour dire « notre âme est fondue là-dedans ». Bien sûr, Steve Jobs aurait peut-être interdit ce genre d’easter eggs.
    • Je ne suis pas particulièrement fan de Jobs, mais je trouve injuste d’en faire un simple méchant. Historiquement, sur ce point, il a même plutôt joué un rôle moteur : voir par exemple la Signing Party d’Apple. Et Microsoft, de son côté, appliquait déjà une politique « no easter eggs » dès le début des années 2000. Ce n’était donc pas quelque chose de propre à Jobs.
    • Quand Jobs est revenu chez Apple en pleine crise, il ne pouvait probablement pas savoir qu’il existait quelque part une obscure image cachée dans une ROM. J’imagine plutôt un ingénieur ordinaire tombant dessus lors d’un nettoyage et la supprimant. Jobs, au contraire, faisait souvent l’éloge des grandes équipes d’Apple et de leur créativité, et il a plusieurs fois parlé de l’importance de bien construire une équipe.
    • J’ai aussi la conviction que le profit consiste au fond à voler du travail qui n’a pas été rémunéré sous forme de salaire, mais à propos des salaires de niveau Meta, je repense à cette réplique célèbre de Mad Men quand quelqu’un réclame une reconnaissance personnelle : « C’est justement pour ça qu’on vous paie. »
  • Ça me rappelle le célèbre message laissé par l’équipe de l’Amiga : « We made the Amiga, they f----d it up! » lien connexe
  • Les petites équipes de l’époque de l’informatique d’autrefois m’ont toujours semblé fascinantes. J’aimerais qu’on puisse un jour revenir à quelque chose comme ça.
  • Dans les années 90, je lisais MacWorld à la bibliothèque, et je me souviens y avoir découvert une astuce permettant, avec quelques clics et une saisie au clavier, de débloquer quelque chose lié au processeur. Je ne me rappelle plus exactement de quoi il s’agissait, mais c’était en rapport avec le processeur 33 mhz de l’Apple IIci.
    • Personnellement, mon meilleur souvenir reste celui de System 7.5 : si on faisait glisser sur le bureau un clipping texte nommé « secret about box », ça ouvrait un jeu de casse-briques où les noms des membres de l’équipe de développement apparaissaient sous forme de « briques ». C’était vraiment une époque formidable.
  • J’ai déjà trouvé un easter egg qui chargeait le logo suivant depuis la ROM en écrivant juste un peu de code dans l’app Playground sur iPad. J’avais essayé à l’époque, mais je n’ai plus retrouvé la moindre référence à ce sujet depuis. C’était il y a environ six ans.
  • Les easter eggs me manquent énormément. J’aimerais vraiment qu’ils reviennent.
    • D’accord. Aujourd’hui, on en trouve encore un peu dans de petits projets, mais j’aimerais qu’ils reviennent aussi dans les grands. Quand j’étais enfant, le simple fait d’entendre dire qu’un produit contenait un easter egg me donnait envie de l’utiliser plus longtemps. Aujourd’hui, même ceux d’Android sont devenus fades, et même en les déverrouillant à grand-peine via le mode développeur, l’effet n’est plus vraiment là.
    • Dans le projet de notre équipe, on a un petit easter egg dans FILE_ID.DIZ lien
  • Je trouve impressionnant que ce mécanisme d’easter egg soit resté si longtemps sans être découvert par qui que ce soit. Ça rappelle à quel point le reverse engineering est réellement difficile. Si quelqu’un a des conseils pour débuter — tutoriels en ligne ou livres recommandés — je suis preneur.
    • Je recommande les jeux vidéo, surtout les vieilles consoles comme la NES, comme bon point d’entrée. Quand on essaie, on voit tout de suite les résultats, ce qui rend la chose motivante, et il existe beaucoup d’outils. Par exemple, on peut lancer un jeu NES dans Mesen avec les outils de débogage, puis aller voir nesdev.org. Et pour un jeu déjà reverse-engineeré, on peut aussi chercher des informations supplémentaires sur Data Crystal. Les logiciels modernes sont plus difficiles, mais j’avais écrit autrefois au sujet du hack de jeux Gamecube : Super Monkey Ball hacking part 1 part 2, decompilation with ghidra voir aussi la discussion HN
  • Ça aurait été un sujet parfait pour Stump the Experts (le quiz Apple), dommage qu’ils ne l’aient pas eu.