- La taille moyenne du cabillaud de la Baltique orientale a fortement diminué au cours des 30 dernières années
- Selon une nouvelle étude, la surpêche a modifié les gènes de ce poisson
- La réduction de la taille du cabillaud n’est pas un simple changement environnemental, mais le résultat d’un processus évolutif provoqué par l’activité humaine
- La perte de diversité génétique du cabillaud pourrait rendre son adaptation aux changements environnementaux plus difficile
- Cette étude constitue un exemple marquant montrant que les activités humaines peuvent accélérer l’évolution
Nouvelle étude : le mystère de la diminution de la taille du cabillaud de la Baltique élucidé
Vue d’ensemble
- La taille du cabillaud de la Baltique orientale a diminué de plus de moitié par rapport à il y a 30 ans
- La surpêche persistante est désignée comme la cause principale
- Une étude récemment publiée montre que la surpêche n’a pas seulement réduit le nombre de grands individus, mais a aussi modifié la composition génétique, entraînant une diminution de la taille de l’ensemble de la population
Contexte de l’étude et observations
- Vers 1987, les cabillauds pouvaient dépasser 1 mètre, mais en 2019, ils n’atteignaient plus que la taille d’une paume
- Des décennies de pêche intensive au filet ont accru les chances de survie des plus petits cabillauds
- Il était difficile de distinguer les simples facteurs environnementaux (pollution, changement de température de l’eau, etc.) des changements évolutifs
- Une interdiction de pêche a été instaurée en 2019 pour protéger le cabillaud, mais aucun signe de rétablissement de sa taille n’est apparu
Méthode de recherche
- L’équipe de recherche a analysé 152 otolithes (structures de l’oreille interne) prélevés sur des cabillauds pêchés entre 1996 et 2019
- Les otolithes jouent le rôle d’horloges biologiques enregistrant la croissance année après année, ce qui permet de mesurer objectivement les changements de croissance
- Les chercheurs ont analysé le séquençage du génome de chaque individu et recherché des variations génétiques liées à une croissance rapide
- Ils ont constaté qu’au fil du temps, les variantes associées à une grande taille corporelle sont devenues de plus en plus rares
- Ces changements suggèrent qu’une pression extérieure a orienté l’évolution de la population
Évolution et conséquences futures
- Il est confirmé que les activités humaines exercent l’une des pressions de sélection les plus fortes dans la nature
- Des facteurs environnementaux comme le réchauffement ont aussi une certaine influence, mais les changements dus à la surpêche sont déterminants
- Les gènes favorisant une croissance rapide ont peut-être déjà disparu, ce qui entraîne une réduction de la diversité génétique
- Cette baisse de diversité peut provoquer une diminution de la capacité d’adaptation face aux futurs changements environnementaux
- Comme les changements évolutifs se produisent sur plusieurs générations, le rétablissement pourrait demander beaucoup plus de temps, voire être impossible
Évaluation de l’étude et implications
- Des chercheurs extérieurs considèrent ce résultat comme une étape importante montrant que les activités humaines peuvent accélérer l’évolution
- L’étude souligne l’importance non seulement de suivre les effectifs, mais aussi de surveiller le pool génétique
- Le cas du cabillaud montre qu’en matière de gestion des ressources biologiques et de restauration des écosystèmes, il est nécessaire de prendre en compte les changements évolutifs
1 commentaires
Avis Hacker News
La leçon que j’en tire, c’est qu’en relâchant les petits poissons avec l’idée qu’ils grandiront plus tard, on relâche en réalité aussi des individus nains déjà adultes, ce qui dégrade le pool génétique. Je me demande si ce type de résultats influencera les règles de conservation dans la pêche de loisir ou la pêche commerciale qui protègent les jeunes poissons
Dans la Baltique, pendant des décennies après la révolution agricole, les engrais et pesticides s’y sont déversés, au point que les poissons sont chargés en métaux lourds et substances toxiques. Le gouvernement suédois recommande de ne pas en consommer plus d’une fois par mois, et déconseille totalement leur consommation aux femmes enceintes et aux personnes ayant des problèmes de santé. La pollution agricole a aussi créé de nombreuses zones où le fond marin est complètement mort
J’ai déjà entendu dire que les pêcheurs maoris laissaient les plus gros poissons et ne capturaient que les petits et moyens. Je suppose qu’il y a derrière cela l’idée logique que les grands individus sont avantagés pour la reproduction
Le problème de la morue de la Baltique vient aussi du fait que la salinité n’est pas suffisante. Au moment de la ponte, les œufs doivent atteindre une certaine profondeur correspondant à une salinité donnée pour que la reproduction soit possible, et aujourd’hui ces conditions ne sont plus réunies. Article connexe de la presse lettone : article de nra.lv
À cause de la longueur du titre de l’article, je l’ai raccourci pour respecter la limite de 80 caractères. Il s’agit bien de la morue de la Baltique orientale
C’est pour ça que j’ai peur des moustiques. À force de les attaquer, j’ai peur qu’ils finissent par devenir des « super-moustiques » résistants à tout. S’ils finissent par trouver une nouvelle maladie capable de menacer l’humanité, nous serons totalement démunis. À mon avis, les moustiques sont une menace plus grave que les catastrophes environnementales comme le changement climatique
Je n’aime pas la façon dont l’article donne l’impression que la morue a réduit sa taille toute seule. En réalité, c’est un cas typique de darwinisme, de « sélection naturelle ». Ici, la petite taille est devenue « optimale pour la survie » parce qu’elle permet d’échapper aux filets, de survivre, puis de se reproduire. Une fois que le pool génétique change de cette façon, il faut des milliers d’années pour retrouver la diversité initiale. Cela vaut pour toute forme de vie
Cela me fait penser à l’histoire des éléphants sans défenses. Article connexe : National Geographic - Tuskless Elephants
Cela me rappelle aussi un passage cité par Philip Glass dans sa Symphonie n° 5 : « C’est pourquoi le pays est dans le deuil, et tous ceux qui y habitent dépérissent, les bêtes des champs, les oiseaux, et même les poissons de la mer disparaissent »
Il existe un excellent livre sur la pêche à la morue, l’histoire humaine et la manière dont la surpêche a affecté les stocks de morue : Cod: A Biography of the Fish That Changed the World. C’est un livre que je recommande