- À l’échelle mondiale, le temps d’usage du smartphone a explosé et occupe désormais l’essentiel du quotidien et des loisirs
- Le smartphone agit comme un facteur de dispersion de l’attention et d’entrave à la concentration, devenant un obstacle majeur aux relations et à l’introspection
- En limitant volontairement ses usages et en supprimant les médias recommandés ou les comptes de réseaux sociaux, il devient possible de développer de meilleures habitudes d’utilisation
- En appliquant des méthodes concrètes comme la désactivation de l’historique de visionnage et des recommandations YouTube, on peut réduire efficacement la consommation irréfléchie de contenus
- Ces changements permettent de retrouver des expériences hors ligne plus riches et une meilleure immersion, et d’aller vers une vie plus pleine de sens
La réalité du temps passé sur smartphone
- Selon des statistiques récentes, en moyenne dans le monde, 4 h 37 par jour sont consacrées à l’usage du smartphone
- Certains pays affichent des chiffres bien plus élevés ; l’Afrique du Sud se classe au 4e rang avec une moyenne de 5 h 11 par jour
- En comptant 8 heures de sommeil et 8 heures de travail, plus de la moitié du temps libre quotidien se retrouve capturée par l’écran du smartphone
L’impact du smartphone sur la vie quotidienne
- Le smartphone empêche de se concentrer sur le moment présent et provoque une succession de stimulations immédiates et de distractions
- L’auteur a tenté à plusieurs reprises de revenir à un téléphone basique, mais a continué à utiliser un smartphone pour des raisons pratiques du quotidien
- Les nombreux outils utiles du smartphone sont nécessaires, mais des fonctions conçues pour retenir l’attention, comme les flux recommandés et les notifications, morcellent la vie de tous les jours
Stratégies de gestion de la consommation numérique
- L’auteur a lui-même conçu sa manière de consommer le numérique, en désactivant volontairement les notifications et en arrêtant les réseaux sociaux
- Comme dans la métaphore du « cookie dans le sac », lorsqu’une tentation est immédiatement accessible, il devient difficile d’en limiter l’usage
- L’être humain cherche à éviter l’ennui et à rechercher sans cesse de nouvelles stimulations, ce qui réduit le temps consacré à l’introspection et à la pensée créative
Méthodes concrètes pour mieux contrôler l’usage du smartphone
- D’après le Screen Time de l’iPhone de l’auteur, l’usage quotidien est limité à 30 minutes, principalement pour des applications utilitaires comme la finance ou la messagerie
- Ce résultat ne vient pas d’une force de volonté exceptionnelle, mais du fait d’avoir activement conçu son environnement numérique
- Les applications de limitation du temps d’écran vendues sur le marché ont des limites lorsqu’il s’agit de contrôler les habitudes réelles d’un utilisateur adulte
- l’utilisateur peut les contourner à tout moment s’il le souhaite
- les limites de temps ne changent pas fondamentalement les habitudes ou l’addiction
- les entreprises de médias fondés sur la recommandation disposent de capitaux et de ressources humaines écrasants pour mettre au point des stratégies capables de capter l’attention des utilisateurs
Supprimer les médias recommandés et agir concrètement
- Il recommande de supprimer complètement ses comptes sur les médias de recommandation comme Instagram et TikTok, ou de n’y accéder que sur un appareil dédié
- Dans le cas de YouTube, il désactive à la fois l’historique de visionnage (Watch History) et l’algorithme de recommandation
- si l’historique de visionnage YouTube est désactivé, aucun contenu recommandé n’est proposé en dehors des chaînes déjà suivies, ce qui permet de ne regarder que ce que l’on choisit vraiment
- il utilise aussi la suppression automatique de l’historique d’activité Google et des bloqueurs de publicité comme AdGuard pour masquer Shorts et les contenus recommandés
- des sélecteurs de blocage précis sont également partagés
Les effets de petits changements dans les habitudes de consommation numérique
- En consommant seulement de petites quantités d’information de manière sélective, via des flux RSS par exemple, l’envie compulsive de vérifier son téléphone diminue progressivement
- Dans les temps morts du quotidien, comme en attendant un café, le réflexe habituel de saisir son smartphone s’atténue, ce qui permet de se concentrer davantage sur le réel
Conclusion et invitation à essayer
- Au-delà du problème de dégradation de l’attention causé par les médias de recommandation, le gaspillage massif de temps à l’échelle mondiale constitue un enjeu encore plus grave
- Cette démarche peut sembler excessive, mais elle a apporté à l’auteur immersion, optimisme et expériences hors ligne plus sereines
- Il a désormais plus de temps à consacrer à la nature, à ses loisirs et à ses amis, et n’a plus envie de revenir à un petit écran
- C’est un changement qui mérite d’être essayé par chacun au moins une fois
1 commentaires
Commentaires sur Hacker News
J’ai toujours eu l’impression de passer trop de temps devant un ordinateur, mais au moins il y avait des possibilités créatives comme coder ou écrire sur un blog, donc ça me semblait avoir un certain sens.
Quand les smartphones sont apparus, j’ai décidé dès le départ de ne pas les utiliser de façon à ce que mon empreinte Internet ne suive pas toute ma vie.
Je l’ai configuré avec une adresse e-mail temporaire, j’ai désactivé presque toutes les notifications et je n’ai ajouté que ma famille et mes amis dans la vraie vie.
Cette façon de faire m’a très bien convenu pendant presque 20 ans.
Ce que je fais sur mon téléphone, c’est surtout des cartes, des photos et entre 2 et 5 messages par jour.
En réalité, je n’ai jamais eu une seule fois l’impression de vouloir absolument lire mes e-mails tout de suite.
Mais depuis cinq ans, les éditeurs d’apps ont commencé à me pousser pour que je ne puisse plus profiter de cette situation.
Quand un ami m’envoie un lien web, le site détecte que je suis sur mobile et me bombarde de pop-ups pour m’obliger à installer l’app, et c’est devenu de plus en plus difficile à ignorer.
Du coup, pour voir une URL, il fallait qu’on me l’envoie par e-mail pour que je l’ouvre sur un desktop.
Si vous travaillez dans un endroit qui applique ce genre de politique, je vous souhaite de vous cogner les orteils contre votre bureau tous les matins.
J’aimerais que les fabricants de téléphones prennent en charge une fonction qui empêche les sites web de savoir qu’on est sur mobile.
On pourra toujours le deviner via la résolution, etc., mais j’aimerais qu’on puisse au moins se faire passer pour un desktop dans les réglages.
Tous les sites ne seront pas gérés par des gens bien intentionnés, donc j’aimerais au moins pouvoir choisir d’acheter mon téléphone chez une entreprise qui pense à ses clients.
Je sais très bien que les apps et les téléphones sont des outils bien mieux adaptés à la surveillance.
La plupart des utilisateurs s’en fichent et installent toutes sortes d’apps en leur donnant les permissions.
Comme l’écran est petit, il y a moins d’informations visibles à la fois, ce qui permet de suivre les comportements d’usage de manière encore plus fine.
Il y a des gens qui essaient d’imposer ce paradigme aussi sur desktop, avec des apps qu’il faut installer depuis un app store ou un web desktop simplifié pour la surveillance et la collecte, et ça me sidère.
À toutes les nombreuses personnes qui contribuent à cette réalité, je souhaite aussi de se cogner les orteils chaque matin.
Ce problème de liens, tout le monde le rencontre.
J’ai moi aussi envoyé un lien TikTok à un ami non technophile, il n’a pas pu le voir parce qu’il n’avait pas de compte, donc j’ai fini par lui envoyer directement la vidéo via un outil de téléchargement.
Maintenant, tous les grands réseaux sociaux vont de plus en plus dans le sens de bloquer les utilisateurs qui ne sont pas connectés à l’app.
Du coup, je transmets les contenus via des captures d’écran ou des outils de téléchargement.
On peut perdre beaucoup de temps devant un ordinateur, mais au moins on peut s’en servir pour produire ou créer, et ça, ça a du sens.
À l’inverse, le smartphone est presque un pur appareil de consommation.
Tu as bien tenu tes limites et tu l’as utilisé de manière intentionnelle, mais au final Internet a quand même fini par s’infiltrer petit à petit, comme une fuite.
Je pense que la première chose à faire, c’est de ne pas utiliser les médias recommandés (Instagram, TikTok, etc.).
La raison pour laquelle il faut supprimer complètement son compte, c’est qu’il est trop facile de réinstaller l’app sur un coup de tête ou d’y retourner via le navigateur.
Le fait que la web app de TikTok soit presque inutilisable m’a en réalité énormément aidé.
Quand quelqu’un m’envoie un lien, je le regarde une seule fois, puis une vérification captcha du type « trouver le bateau » ou une modale « installer l’app » apparaît immédiatement.
Et si j’essaie de contourner ça, le site se casse de partout comme un vieux tombeau qui s’effondre.
L’intention du design semble être de pousser les gens à se dire « bon, j’installe l’app », mais c’est aussi tellement pénible.
Du coup, ça donne une expérience des réseaux sociaux très directe : « quelqu’un m’envoie un média, je le regarde une seule fois, puis je pars avant que le site ne s’effondre en morceaux ».
J’aime bien Reddit, donc je l’utilise confortablement sur iOS avec une app payante.
En dehors de ça, l’expérience du web mobile n’est pas terrible.
Les réseaux sociaux ne sont plus amusants.
Avant, c’était vraiment bien, parce qu’on pouvait découvrir un Internet « organique » où de vrais utilisateurs partageaient des informations précises.
Maintenant, il ne reste plus que la machine marketing.
C’est la première fois que je vois l’expérience web de TikTok décrite de manière aussi poétique.
Les notifications web d’Instagram sont cassées depuis plus d’un mois.
Quand on clique sur une notification, il ne se passe rien ; au début je pensais à une erreur, mais après un mois je ne suis plus sûr.
Et même si on veut le signaler, il n’existe absolument aucun moyen de faire lire ça par un humain.
Moi aussi, pour presque exactement les mêmes raisons, je n’utilise TikTok et Facebook que dans le navigateur.
Instagram est à peine meilleur, mais c’est presque la même chose.
Au fond, ce genre d’expérience a aussi pour effet qu’on l’utilise moins.
Je pense que la combinaison vidéos courtes + scroll infini met très facilement le cerveau en pilote automatique.
Avec l’effet de suspense, le cerveau veut absolument voir la fin, donc il est difficile de décrocher.
Une fois que le cerveau est accroché à l’écran, il faut une énergie considérable pour détourner volontairement le regard.
L’app OpenAI Sora suit elle aussi ce format, alors que la majorité des vidéos sont les pires déchets numériques de 8 secondes qu’on puisse trouver sur Internet.
Je pense que ce format devrait être interdit.
La big tech connaît trop bien cet effet, et des équipes de doctorants rendent les apps addictives avec toutes les techniques possibles.
Les réseaux sociaux comme l’e-commerce fonctionnent tous comme des machines à sous.
À chaque scroll, on tire le levier en se demandant : « est-ce que le dieu de l’algorithme va me donner un bon contenu ou une bonne affaire cette fois ? »
J’aimerais recommander le livre Supernormal Stimuli de Barret.
Il traite très bien de la psychologie de cette « fascination ».
La malbouffe, le divertissement, les liens sociaux, le sexe et d’autres stimuli artificiels qui ciblent les instincts humains produisent une addictivité que l’évolution n’avait jamais imaginée.
Le format vidéo courte est un exemple particulièrement facile à exploiter.
Supernormal Stimuli - harvard.com
Ce qui est remarquable, c’est que ce n’est pas un accident.
C’est le principe de la boucle de rétroaction dopaminergique.
Dans le cas du scroll vidéo, l’intervalle entre les récompenses est tellement court que c’est un mécanisme extrêmement puissant, capable de vous happer pendant des heures pour ne vous laisser qu’un mauvais sentiment à la fin.
Je fais deux heures de métro par jour pour aller travailler.
Si je suis le conseil « concentre-toi sur le moment présent », je vais juste fixer le sol dans le vide.
Bien sûr, je peux aussi lire un livre, mais je ne sais pas si c’est vraiment plus « être dans le réel ».
Et ça me va très bien comme ça.
Je ne sais pas pourquoi, mais mon cerveau rejette totalement les contenus short-form.
Quand je vois à quel point c’est un vrai problème grave pour beaucoup de gens, je m’estime très chanceux.
C’est un domaine qui m’échappe, un peu comme l’addiction à l’héroïne.
Dans ma tête, il y a en permanence un signal qui dit « arrête ça ! », donc je n’ai tout simplement pas le temps de m’y enfoncer davantage.
Cela dit, toi aussi tu es sur Hacker News.
J’ai l’impression que la question de savoir comment te piéger est résolue depuis longtemps… même si c’est peut-être une projection de ma part.
Moi aussi, TikTok ou Reels n’ont pas beaucoup de prise sur moi, mais je peux facilement perdre une heure sur des fils de forum du type drama de la communauté NixOS ou polémiques sur la modération.
Autrement dit, l’industrie n’avait pas besoin d’une nouvelle innovation pour m’aspirer.
Ça fait déjà 20 ans que je perds du temps à lire des dramas de forums web.
Chez moi, le texte est simplement mon canal d’injection de dopamine.
Je suis quelqu’un que le texte satisfait plus que la vidéo.
Quand quelqu’un à la maison ou autour de moi lance des vidéos courtes type TikTok avec le son, c’est bien plus perturbant qu’une vidéo longue ou la télé.
La télé peut devenir un simple bruit de fond qu’on finit par accorder ou non, mais les vidéos courtes changent sans cesse, et à chaque changement mon cerveau se tend en se demandant : « est-ce qu’un nouveau truc vient de commencer ? »
J’ai l’impression que le cynisme qu’on attrape sur HN a un goût encore plus mauvais que le divertissement short-form.
Comme on parlait de retoucher YouTube avec du CSS personnalisé, voici ce que je fais :
je masque complètement l’onglet des recommandations
je mets toutes les miniatures en noir et blanc pour réduire la tentation visuelle
je mets tous les titres de vidéos en minuscules pour atténuer l’effet des titres tape-à-l’œil
Ces petits changements ont eu un effet énorme.
Sur ces plateformes, il y a d’énormes incitations à optimiser chaque élément qui crée de l’addiction.
J’ai aussi modifié l’app Instagram sur iOS avec FLEXtool et Sideloadly pour supprimer complètement Reels.
Grâce à ça, je peux suivre les nouvelles de mes amis sans tomber dans le piège.
Si vous êtes développeur, je vous encourage à neutraliser autant que possible ces mécanismes de manipulation, car vous pouvez viser précisément les éléments qui posent problème.
J’utilise activement la fonctionnalité Focus Mode d’Android pour réduire les distractions.
Au début, j’utilisais les minuteurs d’apps, mais comme je relevais sans cesse la limite, ça n’avait aucun effet.
Dès qu’une app devient trop bruyante en notifications, je l’ajoute immédiatement à la liste des apps distrayantes.
J’active automatiquement le minuteur du mode concentration entre l’aller et le retour du travail, et je l’active aussi manuellement quand je veux me concentrer sur autre chose.
Le fait que chaque demande de pause soit comptée par tranches de 5/15/30 minutes me fait prendre conscience du temps que je suis en train de gaspiller.
J’ai aussi activé le mode flip-to-shh, donc si je pose le téléphone face contre table, les notifications sont complètement coupées.
Ça peut sembler extrême, mais cette combinaison me convient bien.
Android_focus_mode - blog Google
J’aimerais créer une app de remplacement pour Android App Timer.
App Timer fonctionne sur un cycle de 24 heures : au-delà de X minutes, l’usage de l’app est bloqué pour le reste de la journée, puis tout se réinitialise à minuit.
Ce que je voudrais, c’est un App Timeout du genre « 20 minutes sur cette app, puis blocage pendant 2 heures ».
Ça éviterait les longues sessions d’un seul coup, tout en permettant d’y revenir après un certain temps, donc avec moins l’impression d’une coupure totale.
Je ne sais pas encore si c’est possible sur Android, j’imagine que bloquer d’autres apps depuis une app n’est pas simple.
J’aimerais développer mes habitudes d’usage de cette manière.
D’accord pour le focus mode.
Sur les Samsung Android, on peut l’automatiser avec des plannings réguliers, ce qui bloque les notifications et l’accès à certaines apps à certaines heures.
Et il y a aussi (je ne sais pas si c’est spécifique à Samsung) un suivi quotidien du temps d’écran, ce qui permet de voir clairement combien de temps on a passé aujourd’hui sur quelles apps.
Il n’y a pas de pénalité quand on dépasse une limite de notifications, mais comme le chiffre est là et irréversible, l’effet de prise de conscience est fort.
Il y a aussi une option pour exclure du décompte les apps de notes, Waze, les liseuses, etc.
Ça permet donc de laisser des choses comme la lecture librement autorisées tout en limitant uniquement les mauvaises habitudes.
C’est pareil sur iPhone.
J’utilise quasiment toujours le focus mode pour masquer presque toutes les notifications, et c’est bien plus agréable.
30 minutes d’utilisation par jour sur iPhone, c’est vraiment impressionnant.
D’après les stats de mon téléphone, je suis à 2,5 heures, dont seulement 50 % sont vraiment nécessaires, le reste étant du temps inutile sur Twitter et autres.
Je trouve étonnant que personne ne souligne ce point.
En 2025, ce genre de chiffres est vraiment exceptionnel.
Maintenir seulement 30 minutes, c’est vraiment remarquable.
Lire quelques articles sur le web, jeter un œil aux réseaux sociaux à midi, regarder une ou deux vidéos YouTube, écouter de la musique, faire un peu de banque en ligne, et on atteint très vite une ou deux heures.
Rester sous les 30 minutes demande une intentionnalité énorme.
Je reconnais aussi le point de vue inverse.
L’une des grandes raisons pour lesquelles un smartphone est nécessaire, c’est que la structure professionnelle de la société moderne conduit beaucoup de gens à vivre loin de leur famille.
Même dans les années 90, la situation n’était pas meilleure qu’aujourd’hui ; à part les appels longue distance et la télévision, on finissait quand même seul.
Dans ma famille, quelqu’un a même fait une tentative de suicide très jeune à cause de la solitude.
Cela dit, les produits Meta et TikTok restent un poison mental, donc en dehors de chez soi, le plus sage est sans doute de simplement les éteindre.
Je suis d’âge mûr, et je suis pratiquement la seule personne que je connaisse à ne pas utiliser de smartphone ni même d’e-mail.
Mais je voudrais aussi souligner que les tentatives de suicide chez les jeunes femmes sont aujourd’hui bien plus nombreuses qu’avant.
On peut à peu près deviner à quel point les causes ont changé.
Je suis d’accord sur le fait qu’un smartphone est nécessaire.
J’ai l’impression que les techno-minimalistes oublient parfois la réalité : tout le monde ne vit pas dans une petite communauté de montagne.
L’article parle de « se concentrer sur le présent », « être attentif », « prendre soin de ses relations », etc.
Mais moi, c’est l’inverse.
Dans 99,99 % des cas, je préférerais ne pas être ici, mais n’importe où ailleurs.
Quand je regarde mon téléphone, j’imagine de belles choses, des gens formidables, toutes sortes de scénarios où mes souhaits se réalisent, et pendant ce moment au moins, j’oublie la réalité d’un monde nul.
Je ne vois même pas ce qu’il y aurait à apprécier.
Moi aussi, j’empêche le screen time gaspillé avec des méthodes simples.
Je n’ai jamais eu ce genre d’apps sur mon téléphone, et dans le navigateur j’utilise Leech-Block et Un-Hook (YouTube) pour tout bloquer.
Je n’autorise comme exceptions que mes abonnements YT, HN et LinkedIn.
Le plus gros risque, c’est quand je suis malade.
Quand on est malade, c’est difficile de juste rester allongé sans rien faire, et on n’a pas forcément l’énergie pour lire ou voir du monde.
On retombe alors dans la consommation d’écrans, et dans les pires cas ça redevient complètement incontrôlé.
Il faut ensuite plusieurs jours, voire plusieurs semaines, pour revenir à un état normal, et le même schéma se répète dès qu’autre chose que la maladie dérègle brièvement mon quotidien.
Je cherche encore une solution intermédiaire pour les pires cas.
J’ai mis longtemps à trouver une méthode optimale, donc je pense que je finirai aussi par résoudre ça.
J’utilise un vieux téléphone.
Les développeurs d’apps abandonnent vite la compatibilité avec les anciens modèles, donc la plupart des apps ne s’installent même plus ou ne se lancent plus.
On peut tirer parti de ça pour réduire la consommation.
Moi aussi, quand je suis malade, je cherche volontairement des contenus drôles à lire, je joue à de vieux jeux (Warcraft, etc.) ou je regarde parfois YouTube.
Comme je regarde très peu YouTube dans la vie courante, ça ne devient pas addictif.
Quand je suis malade, le fait de me forcer à lire au lit m’a plutôt bien convenu.
Si on réussit à s’imposer cette habitude, ça en vaut la peine.
Mais j’aimais déjà énormément les livres à la base, donc ça n’aura peut-être pas le même effet pour tout le monde.