1 points par GN⁺ 2025-10-21 | 1 commentaires | Partager sur WhatsApp
  • L’amour de soi constitue le fondement de l’amitié avec les autres
  • Sans harmonie intérieure avec soi-même, il est difficile de construire des relations saines
  • La manière dont on vit l’amitié dépend aussi de l’environnement et de l’influence reçue des autres
  • La véritable amitié exige réciprocité, reconnaissance et acceptation du changement
  • Identifier son attitude autocritique et entrer dans un processus de guérison aide à restaurer l’amitié

Introduction

  • Une citation de Carl Jung souligne à quel point l’amour de soi est une tâche difficile
  • Aimer les autres est relativement plus facile, mais s’aimer soi-même est difficile et s’accompagne d’une douleur intérieure
  • En fin de compte, l’épreuve de la vie se résume à cette question : peut-on s’aimer soi-même ?

1. Une amitié qui commence par soi

  • La capacité à aimer les autres repose sur le degré d’amour que l’on se porte à soi-même
  • Aristotle évoquait lui aussi qu’il faut être un bon ami pour soi-même pour nouer une amitié véritable
  • Une personne traversée par des conflits ou une confusion intérieure a du mal à aimer pleinement soi-même ou les autres
  • Dans les faits, de nombreux conflits dans l’amitié ou les relations amoureuses naissent de problèmes intérieurs

2. Influence réciproque et environnement

  • L’amitié est à la fois le reflet de ce que l’on est, et quelque chose qui change selon l’attitude des autres que l’on a rencontrés
  • Par exemple, grandir auprès d’un parent éducateur critique ou rejetant influence la personnalité et les schémas d’attachement
  • Plato et Aristotle insistaient sur l’importance de l’harmonie intérieure et extérieure pour des relations saines chez l’individu comme dans la société
  • Depuis Freud, la psychologie a elle aussi progressé autour de la cohérence psychique interne et des influences de l’environnement
  • Des modèles thérapeutiques contemporains comme Internal Family Systems (IFS) s’intéressent au lien entre les rôles sociaux extérieurs et les parts intérieures, en expliquant qu’aucun élément intérieur n’est une « mauvaise part », mais plutôt « une bonne part placée dans un mauvais rôle »

3. L’utilité de l’amitié et la croissance personnelle

  • L’amitié est un modèle de relation idéale, à la fois avec soi-même et avec les autres
  • L’amitié est dynamique, orientée vers la croissance, et offre en continu réflexion et feedback sur son état et celui de la relation
  • Une personne introvertie a besoin d’élargir ses relations, tandis qu’une personne extravertie a besoin de se rapprocher d’elle-même par l’introspection
  • En thérapie, on cherche selon les tendances introverties ou extraverties une voie vers l’intégration intérieure, c’est-à-dire vers l’harmonie et l’amitié
  • La véritable amitié avec soi n’est ni un processus doux ni facile ; elle implique parfois la douleur de se confronter à soi-même

Reconnaître le changement et la réciprocité

  • Si l’on veut changer, il est important d’accepter qu’il faut changer soi-même
  • Les problèmes dans l’amitié ne relèvent pas uniquement de sa propre responsabilité ou de celle de l’autre, mais du résultat de corrélations et d’interactions
  • L’autocritique et les attitudes négatives prennent elles aussi souvent racine dans des relations d’attachement passées ou dans l’environnement
  • On peut prendre conscience que les reproches répétés envers soi-même et les comportements négatifs servent de mécanisme de défense visant à se protéger
  • Grâce à cette prise de conscience, même la part intérieure critique peut être réorientée vers un nouveau rôle positif

Le cycle de l’amitié et de la croissance

  • L’ami idéal nous aime de la manière dont nous espérons apprendre à nous aimer nous-mêmes
  • Un bon thérapeute offre à la fois de la chaleur et un feedback honnête, afin d’aider le patient à établir finalement une telle relation avec lui-même
  • La véritable amitié fait coexister chaleur, équité, reconnaissance et croissance personnelle
  • Dans les dialogues de Plato, Socrates recommande aux jeunes une attitude dialogique et exploratoire de l’amitié
  • La douleur de se confronter à soi-même est le chemin vers un amour authentique et des relations intérieures et extérieures plus profondes

Conclusion et cas concret

  • Reconnaître son attitude critique et travailler à la résoudre est essentiel pour restaurer l’amitié avec soi-même et avec les autres
  • Un exemple concret est présenté : en s’excusant auprès de son fils pour sa propre attitude critique, une personne a retrouvé une intimité plus sincère et de l’espoir
  • Quand une amitié qui se perdait est restaurée, regret et espoir apparaissent en même temps
  • L’essence de l’amitié porte en elle de la chaleur et une orientation vers le changement, aussi bien envers son monde intérieur qu’envers les autres

1 commentaires

 
GN⁺ 2025-10-21
Avis Hacker News
  • J’ai longtemps été très dur envers moi-même, alors j’ai commencé à toujours garder avec moi une photo de moi enfant, un petit garçon timide assis contre un mur à côté d’une colonne du capitole, les yeux fermés. Chaque fois que ça va mal et que je me parle durement, je pense à l’enfant sur cette photo, et je me rappelle que je ne suis pas différent de ce petit garçon qui essayait déjà de comprendre le monde. À chaque fois, ça m’aide à être un peu plus bienveillant envers moi-même. J’ai maintenant 47 ans.
    • On peut parfois prendre de la distance avec les autres, mais on ne peut jamais échapper à soi-même, donc il n’est pas facile de se traiter avec indulgence. Les erreurs et les faiblesses reviennent sans cesse à l’esprit. Ce que vous faites avec cette photo est une forme de mise à distance de soi, une manière de regarder son intériorité depuis l’extérieur. Cela permet d’éprouver plus facilement de la compassion à la fois pour l’enfant qu’on était et pour la personne qu’on est devenue. J’ai aussi 47 ans.
    • En écrivant un commentaire dans ce fil, je viens de me rendre compte qu’à 47 ans, ma voix intérieure est en réalité très proche du mensonge. Elle ressemble à un animateur radio tapageur ou à un titre putaclic, un gros titre sans substance.
    • L’homme dans le miroir peut être vraiment difficile, mais une fois que vous gagnez sa confiance, la vie devient beaucoup plus simple. Je travaille avec de jeunes gens qui commencent leur mariage, leur famille ou leur vie d’adulte, et le conseil que je leur donne est d’avoir envers eux-mêmes autant d’amour et de patience qu’envers leur partenaire ou leur entourage. Même si vous n’y arrivez pas parfaitement, pardonnez-vous, apprenez, puis faites mieux. J’ai 49 ans.
    • Voici un lien vers le guide et les ressources audio de l’OMS sur la manière de se détacher des pensées et émotions difficiles : guide de l’OMS. Cela peut aider dans ce genre de situation.
    • Je me demande si d’autres ont une expérience de réussite pour surmonter un dialogue intérieur accablant et négatif. Une expérience directe, ou même une histoire d’aide apportée à un proche, à un membre de la famille ou à un enfant, m’intéresse. Je pose la question par curiosité. Cela me fait aussi penser à toute l’industrie des livres de développement personnel et du coaching qui vit de ce genre de problèmes.
  • L’essai était bien écrit, mais son argumentation était faible. Dès le début, il s’appuyait sur l’autorité avec un « Jung dit que », puis avançait à coups de références à des figures célèbres. Il manque une définition claire de « l’amitié avec soi-même » ainsi qu’une explication du mécanisme par lequel cela fonctionnerait. Des exemples ou des citations ne constituent pas des preuves ; cela devient évident si on retire les noms propres ou si on cherche des contre-exemples. En réalité, il y a aussi autour de nous beaucoup de gens très durs envers eux-mêmes tout en étant profondément aimants envers les autres. C’est un bon essai, mais il vaut mieux le considérer comme une idée à mettre à l’épreuve plutôt que comme une vérité déjà démontrée.
    • Pour ma part, je considère ce genre de « fragment de pensée » comme un stimulant intellectuel. Il est difficile d’énoncer des choses définitives sur la vie ou la manière de penser de tout le monde, mais cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas y réfléchir soi-même. Nous vivons en pensant, et le fait de chercher à devenir meilleurs est aussi naturel.
    • Au moins, cela semble contenir un minimum de pensée humaine. À l’inverse, on ne voit pas ce genre de chose dans un texte écrit avec GPT.
  • Je pense que l’introspection et la conscience de soi sont des conditions indispensables pour s’aimer soi-même, ou au moins pour devenir quelqu’un que l’on puisse aimer. S’aimer soi-même, c’est reconnaître ses faiblesses, et cette expérience aide à comprendre et à ressentir de l’empathie pour les faiblesses des autres. Quand on comprend que les autres ne sont pas si différents de soi, le monde devient beaucoup plus apaisant.
    • J’ai du mal à être d’accord avec cette idée. Cela ressemble à ce vieux discours selon lequel la valeur personnelle ne viendrait que de ses propres efforts. Bien sûr, le développement personnel peut être utile, mais c’est une affirmation beaucoup trop simplifiée. En réalité, la plupart des gens n’ont pas besoin d’une grande introspection pour avoir un minimum d’amour de soi : ils grandissent dans une famille normale où ils sont aimés, et cela leur donne une base. En revanche, ceux qui n’ont pas reçu d’amour dans l’enfance, ou qui ont au contraire appris à se haïr, doivent consacrer beaucoup plus de temps à l’acceptation de soi. C’est précisément dans ces cas-là que l’introspection devient urgente.
    • Le fait de reconnaître mes faiblesses ne m’a pas fait m’aimer davantage. Au contraire, le fait de continuer à voir mes insuffisances a rendu les choses plus difficiles.
    • Devenir ami avec soi-même, c’est être capable de rire de soi même quand personne d’autre n’a fait de blague.
    • À l’inverse, je pense que l’amour de soi peut venir en premier et rendre ensuite l’introspection ou la conscience de soi plus faciles. Si on s’aime soi-même, on s’intéresse à soi, on cherche à comprendre pourquoi on agit ainsi et ce qu’on veut réellement. Si on se sent inutile ou abîmé, explorer son monde intérieur peut sembler être une perte de temps, voire une manière d’ajouter encore des blessures.
    • En anglais, le mot « amour » a une nuance beaucoup trop large, et je pense qu’il est mal employé dans ce type de sujet. Ici, l’expression la plus appropriée serait plutôt « acceptation de soi », car « amour de soi » peut facilement inclure aussi le narcissisme.
  • Avertissement : contenu sur l’automutilation et le suicide. J’ai fait énormément d’efforts sur moi-même pour survivre, et j’ai beaucoup lu et réfléchi à partir de ressources en psychologie. Trois ans de traitement médicamenteux, près de vingt ans de souffrance et plusieurs facteurs liés à mon parcours de vie m’ont même conduit à des pensées extrêmes. Je voudrais partager quelques conseils qui m’ont aidé à construire une relation plus saine avec moi-même.<br>Premièrement, il faut trouver avec soin un thérapeute qui vous corresponde. Comme pour choisir des vêtements, il faut parfois en essayer plusieurs ; un bon thérapeute, c’est quelqu’un avec qui le courant passe. Cela dépendra de vos difficultés — dépression, panique, anxiété, mariage, santé, etc. — mais un thérapeute « suffisamment bon » est une personne avec qui vous pouvez parler à l’aise et qui sait bien vous guider intérieurement. Il n’a pas besoin d’être parfait, et le fait de proposer de petits exercices compte aussi. Il faut construire la confiance ensemble, comme une équipe.<br>Deuxièmement, prendre soin de son corps est tout aussi important. Le corps et l’esprit sont intimement liés, donc si vous investissez de l’affection dans votre corps au quotidien — yoga, pleine conscience, distance avec le téléphone et les réseaux sociaux, exercice, alimentation — cela vous reviendra forcément.<br>Troisièmement, lire des livres de psychologie. En lisant, on obtient beaucoup de sens et de compréhension sur sa propre vie. Il faut toutefois y aller lentement, car cela peut réveiller des émotions fortes, notamment liées aux traumatismes. Des auteurs comme Peter Levine, Gabor Mate, Bessel van Der Kolk, Gottman, Richard Shwartz, David Burns ou Brené Brown peuvent aider sur le plan cognitif. Certains auteurs défendent toutefois des théories extrêmes, donc il faut n’appliquer que ce qui vous convient.<br>Je n’ai jamais accordé le moindre crédit à la phrase « change tes pensées et ta vie changera ». Je ne pense toujours pas que ce soit toute l’histoire, mais je considère que c’est malgré tout une étape nécessaire si l’on veut se transformer soi-même. Mes relations avec les autres ne sont pas encore parfaites, mais ces derniers temps j’ai l’impression d’avoir noué une assez bonne relation avec moi-même. Ma dépression a aussi un peu diminué et ma vie s’est améliorée. Ce sont des méthodes qui ont réellement fonctionné pour moi pendant deux ans.
    • Le mot « suicide » était partiellement censuré, mais mon cerveau a justement reconstitué le mot tel quel. Cela n’a eu presque aucun effet, et au contraire ça a attiré encore plus mon attention.
  • Je pense aussi que l’amitié ou l’amour envers les autres est difficile à faire durer si l’on ne possède pas déjà cela en soi. C’est possible pendant un temps, mais pour des relations profondes et durables, cette base envers soi-même est importante. Ce n’est pas simple pour beaucoup de gens. Il faut d’abord un diagnostic juste, comme le ferait un médecin. J’ai en tête des concepts comme le shadow work jungien.
    • En réalité, on peut objecter que même si on ne possède pas soi-même quelque chose, on peut quand même le transmettre aux autres par « médiation ». Les parents qui élèvent des enfants, par exemple, peuvent parfois aimer et prendre soin d’eux alors même qu’ils sont dans un état d’autodépréciation très fort. Le conseil de se traiter comme on traiterait les autres n’est pas si simple à appliquer dans la pratique.
    • Moi aussi, c’est justement ce « pendant un certain temps, oui » qui me fait rejeter l’adage selon lequel on ne peut aimer les autres qu’à hauteur de l’amour qu’on se porte à soi-même. On peut se soucier profondément des autres tout en ne prenant pas soin de soi. Mais dans les relations interpersonnelles, il faut aussi reconnaître les forces qu’on possède, pour ne pas être tourmenté par la peur d’être un fardeau ou d’échouer. En réalité, cette « auto-efficacité sociale » s’apprend à travers des relations humaines réussies. Elle peut être installée naturellement pendant la croissance, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Il arrive aussi que l’amour que les autres nous portent précède l’amour qu’on se porte à soi-même.
    • J’aime bien l’expression « on ne peut donner que ce qu’on possède », alors je l’ai ajoutée à mes maximes de vie. J’utilise aussi souvent une formule proche : « on ne peut rien verser d’une tasse vide ».
  • Tout le monde dit ce qu’il faudrait faire, mais personne n’explique vraiment comment le faire. D’après ma longue expérience de guérison, les citations et maximes qui circulent sur internet ne m’ont presque pas aidé. Il est important de lire des livres ou de consulter des professionnels. La colère, la tristesse et la souffrance ne disparaissent pas simplement parce qu’on décide de les endurer. Un changement d’état d’esprit, de connaissances et d’auto-persuasion doit absolument aller de pair.
  • Je me demande si vous avez déjà fait attention au service de cookies utilisé par ce site. Même si l’on refuse l’usage des cookies, l’option « intérêt légitime » reste activée par défaut. Le terme « intérêt légitime » ne semble pas problématique, mais en réalité il l’est. Voir les explications de l’UK-ICO. Si vous faites défiler la boîte de dialogue vers le bas, il y a un lien « vendor preferences » ; en cliquant dessus, on voit des dizaines d’entreprises toutes cochées sous « intérêt légitime ». Je trouve cette méthode très trompeuse. Quand il y a quelque chose que je veux lire, je décoche les cases une par une, mais le plus souvent je finis simplement par fermer la page.
  • « La rencontre de deux personnalités est comme le contact de deux substances chimiques : s’il se produit une réaction, les deux en sont transformées » — Carl Jung
  • Au fond, la question est celle-ci : si l’on en vient à s’accepter tel qu’on est — puisque c’est en réalité ce que signifie l’amour ici —, est-ce que la croissance s’arrête à ce moment-là ?
    • Pas du tout. La croissance dont on parle ici a un sens positif, mais cela ne veut pas dire que seule la croissance donne de la valeur à une personne. S’accepter tel qu’on est, c’est reconnaître que sa valeur est innée, dans ce qu’on est, dans ses expériences, dans ses rêves et dans son existence même. Même sans croissance, ou même en déclinant, cette valeur ne disparaît pas. Comme la croissance est elle-même l’un des plaisirs de la vie, il n’y a aucune raison de se priver de cette joie. Se lancer dans une démarche de croissance à partir de l’acceptation de soi, ce n’est pas partir du principe qu’« on sera aimé quand on sera meilleur », mais adopter l’attitude de « j’explore l’expérience de cette vie ». On peut tenter des choses même si l’on échoue. Si l’on ne s’aime pas soi-même, alors la croissance ne peut être qu’une entreprise risquée.
    • Non. On peut s’accepter et être heureux tout en poursuivant de nouvelles compétences, de nouveaux loisirs et de nouveaux apprentissages.
    • À mon avis, c’est même exactement l’inverse, mais cela dépend des personnes.
    • On continue à grandir après l’acceptation, mais on peut choisir soi-même la direction et la motivation de cette croissance.
    • La définition « s’accepter = aimer » ne me paraît pas particulièrement bonne. En contre-exemple, la plupart des parents aiment leurs enfants, mais ne se contentent pas d’accepter leur état actuel : ils les élèvent justement pour les faire évoluer dans une meilleure direction. On peut aussi s’aimer soi-même de cette manière.
  • C’était un bon texte. Il m’a fallu presque 40 ans pour comprendre cela, mais je suis quand même heureux de l’avoir compris, même tardivement.