1 points par GN⁺ 2025-11-16 | Aucun commentaire pour le moment. | Partager sur WhatsApp
  • La révélation du fait qu’Archive.today fait l’objet d’une enquête pénale du FBI aux États-Unis met en lumière une intensification des pressions sur l’exploitant du site et les services d’infrastructure qui le soutiennent
  • L’organisation française Web Abuse Association Defense (WAAD) a demandé à AdGuard DNS de bloquer le domaine d’Archive.today, en invoquant la non-suppression de contenus illicites
  • Après avis juridique, AdGuard a confirmé que l’article 6-I-7 de la LCEN en France pouvait exiger des mesures de blocage, tout en soulignant les problèmes d’un système qui force des entreprises privées à trancher l’illégalité
  • L’enquête a montré que WAAD est une organisation nouvellement créée, enregistrée début 2025, dont la réalité est floue, avec des indices d’usage de fausses identités et d’usurpation de personnes
  • AdGuard prépare une plainte officielle auprès de la police française en s’appuyant sur la possibilité de signalements mensongers, tandis que la coïncidence temporelle avec l’enquête du FBI attire l’attention

Archive.today et l’enquête du FBI

  • Le FBI mène une enquête pénale fédérale sur Archive.is (Archive.today) et a demandé au bureau d’enregistrement du domaine de transmettre les informations sur l’exploitant du site
    • La raison de l’enquête n’est pas clairement établie, mais l’hypothèse d’une affaire liée à la violation du droit d’auteur ou à des contenus d’exploitation sexuelle d’enfants (CSAM) est évoquée
  • Archive.is a été lancé en 2012 sous le nom de Denis Petrov et propose une fonction d’archivage de captures instantanées de pages web
    • Le service est utile pour conserver des articles de presse ou du contenu web, mais il peut aussi servir à contourner les paywalls, ce qui en fait depuis longtemps une cible de critiques de la part des médias

Comment AdGuard DNS s’est retrouvé impliqué

  • Il y a quelques semaines, l’organisation française Web Abuse Association Defense (WAAD) a demandé à AdGuard de bloquer le domaine archive.today
    • Elle affirmait que l’administrateur du site refusait de supprimer des contenus illicites depuis 2023
  • AdGuard a jugé cette demande inhabituelle, car il s’agit d’un service DNS et non d’un hébergeur
    • L’entreprise a ensuite reçu à plusieurs reprises de la part de WAAD des messages à caractère directement menaçant
  • L’examen juridique a conclu que l’article 6-I-7 de la LCEN pouvait imposer une obligation de blocage pour les seuls utilisateurs situés en France
    • AdGuard a toutefois affirmé sa position : « C’est au tribunal de juger l’illégalité, et cela ne doit pas être imposé à des entreprises privées »

Réponse et vérifications du côté d’Archive.today

  • AdGuard a contacté directement Archive.today pour poser deux questions
    • la possibilité de supprimer les contenus illicites présents aux URL concernées
    • l’existence éventuelle de signalements similaires reçus par le passé
  • Archive.today a supprimé les contenus illicites en quelques heures et a répondu n’avoir jamais reçu auparavant le moindre signalement de ce type
  • Le service a aussi indiqué faire l’objet d’une campagne continue de faux signalements provenant d’organisations françaises, et a partagé des liens vers des exemples de faux signalements similaires à ceux reçus par AdGuard

Enquête sur la réalité de WAAD

  • Le site de WAAD mentionne des organismes tels qu’Europol, l’OFAC et la NCA, mais sans aucune preuve de coopération ni détail
  • L’organisation a été enregistrée vers février-mars 2025, ce qui correspond à la période de création de son site web
    • En France, il est possible d’enregistrer une association en ligne sans vérification d’identité
  • L’adresse enregistrée est une adresse utilisée pour l’immatriculation en masse de sociétés, et le compte Twitter n’a été créé qu’en août 2025, avec seulement quatre abonnés
  • La plupart des « constats d’huissier » avancés par WAAD ont été émis en ligne en août 2025 via le service Qualijuris, ce qui contredit l’affirmation selon laquelle ils dateraient de 2023
    • Les deux documents réellement datés de 2023 ont été commandés non pas par WAAD, mais au nom d’une autre personne
    • Cette personne porte le même nom qu’un avocat réel mentionné par l’administrateur d’Archive.today en 2024, mais des éléments indiquent que des e-mails ont été envoyés depuis un faux domaine enregistré sous ce nom
    • Ces e-mails exigeaient eux aussi un blocage en s’appuyant sur la LCEN

Conclusion et situation actuelle

  • Après notification par AdGuard, Archive.today a immédiatement supprimé les contenus illicites
  • Le signalement de WAAD a de fortes chances d’être mensonger et semble relever d’une action organisée visant à dissimuler l’identité de ses auteurs
  • Dans les exemples partagés par Archive.today, on retrouve également des indices d’usurpation de l’identité de personnes réelles
  • Dans les deux cas, la pression s’est exercée au nom de dispositions de la LCEN, dont l’article 6-I-4 prévoit un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende en cas de faux signalement
  • AdGuard prévoit de déposer une plainte officielle auprès de la police française en raison de la possible qualification pénale des faits
  • L’affaire coïncide dans le temps avec l’enquête du FBI sur Archive.today et, même si aucun lien direct n’a été établi, cette simultanéité apparaît suspecte

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