Les États-Unis suspendent tous les chantiers d’éolien offshore… pour une raison classée « confidentielle »
(arstechnica.com)- Le Department of the Interior des États-Unis a annoncé la suspension totale des baux et des travaux de construction de cinq parcs éoliens offshore actuellement en cours
- Le ministère affirme qu’il existe un « risque pour la sécurité nationale », sur la base d’un rapport d’analyse classifié du Department of Defense
- Parmi les projets visés figurent Empire Wind, Revolution Wind, Sunrise Wind, Vineyard Wind 1 et Coastal Virginia Offshore Wind
- Certains projets sont déjà à un stade proche de l’achèvement, et les États concernés ainsi que les entreprises envisagent des recours juridiques
- Cette mesure est critiquée comme une tentative de contourner un précédent décret déjà invalidé par la justice, ce qui renforce l’incertitude autour de la politique américaine en matière d’énergies renouvelables
Annonce d’un arrêt total des chantiers d’éolien offshore
- Le Department of the Interior des États-Unis a annoncé la suspension temporaire des baux et autorisations de cinq parcs éoliens offshore actuellement en construction
- Ces projets ont déjà une part importante de leurs installations en mer et à terre mise en place, et certains approchent de la finalisation
- Le ministère justifie cette décision par un rapport classifié du Department of Defense, sans en divulguer le contenu précis
- Le Department of the Interior indique que le rapport signale un « risque pour la sécurité nationale », ce qui, selon certains observateurs, ressemble à une mesure destinée à échapper à l’examen judiciaire
L’hostilité de l’administration Trump envers l’éolien offshore
- Le second mandat de l’administration Trump a affiché une position hostile à l’éolien offshore dès son premier jour, avec un décret suspendant temporairement l’autorisation de nouveaux projets
- Mais début décembre, un tribunal a annulé ce décret, estimant que le gouvernement n’avait pas mené la procédure de réévaluation qu’il avait promise
- Malgré cela, l’administration a continué à interrompre de façon irrégulière même des projets déjà autorisés
Les cinq projets visés par la suspension
- Coastal Virginia Offshore Wind : projet de 2,6 GW au large de la Virginie, avec les installations terrestres et les fondations en mer déjà achevées
- Empire Wind : projet de 810 MW au large de New York et du New Jersey, au stade initial des travaux
- Revolution Wind : projet de 700 MW au large du Connecticut et du Rhode Island, réalisé à 80 % et proche de l’achèvement
- Sunrise Wind : projet de 925 MW près de Long Island, avec des travaux en cours sur les raccordements électriques à terre
- Vineyard Wind 1 : projet de 800 MW au sud du Massachusetts, dont l’achèvement est prévu cette année
Des facteurs de risque classés « confidentiels »
- Le Department of the Interior a évoqué le fait que les éoliennes pourraient interférer avec la détection radar, un point déjà connu
- Le secrétaire à l’Intérieur Doug Burgum a mentionné « l’évolution rapide des technologies des pays adverses », mais l’analyse du Department of Defense est classifiée et ne peut pas être rendue publique
- Cela pourrait compliquer d’éventuels recours juridiques, puisqu’il est impossible de vérifier concrètement quels risques existent réellement
La riposte des États et des entreprises
- William Tong, procureur général du Connecticut, a dénoncé cette décision comme « une répétition illégale et arbitraire d’un ordre d’arrêt des travaux »
- Selon lui, la justice avait déjà bloqué l’ordre précédent, et cette nouvelle mesure vise à contourner cette décision
- L’État examine actuellement les options de recours judiciaire
- Les entreprises qui portent ces projets ont déjà engagé l’essentiel des financements, en comptant sur la mise en service des installations pour récupérer leur investissement
Manque de cohérence de l’administration et incertitude politique
- Lors de deux précédents contentieux, le gouvernement a perdu à chaque fois, sans parvenir à démontrer un fondement concret à ses changements de politique
- D’après les documents judiciaires, le processus de décision de l’administration ne repose sur aucune justification claire au-delà de l’aversion personnelle du président
- Il reste impossible de savoir si cette nouvelle évaluation classifiée diffère réellement des précédentes, sinon qu’elle rend simplement l’accès à l’information plus difficile
1 commentaires
Avis Hacker News
Par curiosité, j’ai creusé un peu. Le prétexte affiché de « sécurité nationale » est que l’efficacité de la surveillance radar près du littoral chuterait fortement à cause des éoliennes.
Cela affecterait notamment la détection des intrusions à basse altitude ou des drones.
Mais des pays comme le Royaume-Uni ont déjà mis en place des solutions, par exemple en installant des radars supplémentaires dans les parcs d’éoliennes.
Au final, cela ressemble surtout à une mesure politiquement motivée, qui prend un problème soluble comme prétexte
Cette administration a aussi forcé des réductions d’effectifs à la BPA et maintenu en activité des centrales à charbon dans la région.
Il y a aussi cet article sur l’ordre du DOE de faire tourner une centrale à charbon dans l’État de Washington.
En fin de compte, ce raisonnement n’est qu’une justification a posteriori, et l’objectif est de saborder les énergies renouvelables
Même si ce genre d’affaire allait jusqu’à la Cour suprême, j’ai l’impression que cela finirait validé au nom du pouvoir discrétionnaire du président.
Alors qu’il suffirait de réparer les radars côtiers avec une fraction du budget militaire de 1 000 milliards de dollars.
J’ai entendu dire que le Massachusetts avait récemment gagné en justice, mais il faudra peut-être retourner au tribunal
Tout le monde suppose que cela gêne les radars ou la collecte de renseignement d’origine électromagnétique.
Déplacer l’équipement ou ajouter du matériel compensatoire ne résout pas complètement le problème, et c’est encore plus sensible quand il faut préserver le secret autour de matériels d’écoute
Pour compenser cela, il faudrait installer en mer des radars haute performance supplémentaires, ce qui coûterait extrêmement cher.
Les démocrates aussi ont déjà bloqué par le passé des projets comme Vineyard Wind, donc l’opposition est bipartisane
L’éolien offshore est très dépendant des subventions et suscite beaucoup de polémiques politiques.
Sans subventions, il n’est pas économiquement viable, donc le problème relève moins de la « sécurité nationale » que des circuits de financement politique
On dirait qu’on est passé au stade où l’on cherche délibérément à faire du tort.
Ils avaient déjà menacé de droits de douane pour bloquer une taxe carbone sur le transport maritime.
Pendant ce temps, la Chine prend de l’avance en monopolisant les technologies d’énergie propre comme le solaire, l’éolien et les batteries.
Et nous nous accrochons à la défense de moins de 200 000 emplois dans les énergies fossiles
Article lié : Yoga teachers vs coal miners
C’est pour cela qu’il cherche à freiner la transition énergétique de l’Europe et menace le Venezuela lorsqu’il vend son pétrole dans une autre devise.
Reste à savoir si cette stratégie géopolitique de richesse vaut vraiment l’échange avec un risque d’extinction
Je me suis toujours demandé pourquoi, lorsque l’exécutif émet un ordre sans base légale, tout le monde finit simplement par obéir.
Ce cas semble relever du même phénomène.
Que se passerait-il si le Massachusetts, le Rhode Island, le Connecticut, New York, le New Jersey ou la Virginie disaient : « continuez les travaux » ?
Le gouvernement fédéral enverrait-il le FBI ou l’armée pour les arrêter ? Aujourd’hui, l’effondrement de l’État de droit est tel qu’il devient difficile de prévoir l’issue
Ils pourraient aussi exercer des représailles en coupant illégalement des financements fédéraux (routes, éducation, santé, etc.).
Il serait facile aussi de fabriquer un prétexte à une intervention militaire.
Même lorsque la justice bloque une mesure, l’exécutif recommence sous une forme légèrement différente.
Au final, le seul garde-fou serait la destitution par le Congrès, mais cela paraît très lointain en pratique
Voir l’article de CNBC et le papier de Reuters.
Mais ensuite, ils ont de nouveau été suspendus. Voir le communiqué d’Orsted.
En somme, on est dans une situation où le mépris de l’État de droit se répète
La forte hausse des prix de l’énergie de ces dernières années ressemble à une route vers « le servage » ou vers « la France de 1789 ».
En théorie, les prix du solaire + batteries et de l’éolien devraient évincer les énergies fossiles, mais la réalité est exactement inverse
Graphique lié : données FRED
Il faut les ajuster avec le CPI, comme l’explique ce billet du blog FRED
L’éolien offshore est un exemple typique de renouvelable moins efficace en coût que le solaire
Le fond du problème, c’est qu’une décision impulsive d’un seul président peut stopper un grand projet.
Dans une telle structure, les grands projets d’infrastructure deviennent impossibles tant que l’ordre constitutionnel ne change pas
Il est vrai que les pales d’éoliennes créent du clutter sur les radars, mais c’est un problème techniquement résolu depuis les années 1990.
La Chine, le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Danemark exploitent tous plusieurs gigawatts d’éolien offshore à proximité de radars militaires
On m’avait posé une question de ce type lors d’un entretien dans un laboratoire national.
« Si les extrémités des pales d’une éolienne apparaissent au radar comme un avion à réaction, comment réduire les faux positifs ? »
C’était en 2011-2012, donc il est difficile de croire que cela ne soit toujours pas résolu aujourd’hui
Par ailleurs, la pénurie de turbines pour centrales thermiques dure depuis plusieurs années.
Les hausses de prix de l’électricité devraient donc se poursuivre
Certains affirment que tout cela relève d’une stratégie de déstabilisation du réseau électrique au profit des intérêts des donateurs d’un certain responsable politique.
Selon eux, l’industrie tech a soutenu ce programme et il est maintenant en train d’être appliqué
La prochaine étape sera sans doute une invasion du Venezuela suivie d’une production pétrolière maximale
L’explication d’une guerre simplement destinée à obtenir plus de pétrole colle mal à la réalité