- L’étude de cohorte Trial23 au Danemark a suivi et analysé des échantillons de cellules cervicales de femmes vaccinées en 2008 à l’âge de 14 ans avec le vaccin HPV quadrivalent, sur la période 2017-2024
- Le taux d’infection par les types HPV16/18 inclus dans le vaccin est tombé brutalement de 15-17 % avant la vaccination à moins de 1 % en 2021
- En revanche, l’infection par les types HPV à haut risque non couverts par le vaccin est restée autour de 30 % chez l’ensemble des femmes, et l’incidence de nouvelles infections dans le groupe vacciné s’est révélée plus élevée que dans le groupe non vacciné
- Le taux d’infection persistante par HPV16/18 chez les femmes vaccinées a été mesuré à 40 %, contre 53 % pour les types non couverts par le vaccin, tandis que le risque de nouvelle infection par HPV16/18 dans le groupe vacciné représentait moins de 10 % de celui du groupe non vacciné
- L’étude démontre un effet protecteur à long terme contre HPV16/18 et estime qu’un allègement de l’intensité du dépistage est raisonnable jusqu’à ce que la génération vaccinée avec le vaccin nonavalent atteigne l’âge du dépistage
Aperçu de l’étude
- L’étude repose sur les données de la cohorte Trial23 menées dans le cadre du programme national danois de dépistage du cancer du col de l’utérus
- Analyse de jusqu’à trois échantillons de cellules cervicales entre 2017 et 2024 chez 23 202 femmes nées en 1994
- Parmi les participantes, 90 % avaient reçu le vaccin quadrivalent (Gardasil) autour de l’âge de 14 ans
- L’objectif était d’évaluer à long terme la prévalence, la persistance et l’incidence des infections par HPV
- L’analyse a utilisé les systèmes Roche Cobas 4800/6800 pour détecter HPV16, HPV18 et 12 types HPV à haut risque non couverts par le vaccin (31, 33, 35, 39, 45, 51, 52, 56, 58, 59, 66, 68)
Principaux résultats
- Sur 8 659 femmes au total, le taux d’infection par HPV à haut risque au premier échantillon était de 32 %, puis 28 % au deuxième et 31 % au troisième, soit une stabilité globale
- Le taux d’infection par HPV16/18 est resté très faible : 1,0 % au premier échantillon, 0,6 % au deuxième et 0,6 % au troisième
- Dans le groupe vacciné (7 800 femmes), le taux d’infection par HPV16/18 était respectivement de 0,4 %, 0,3 % et 0,2 %, contre 6 %, 5 % et 6 % dans le groupe non vacciné (859 femmes)
- Le risque relatif ajusté (aRR) était de 0,06 au premier échantillon, 0,05 au deuxième et 0,04 au troisième, ce qui montre un effet vaccinal statistiquement significatif
- Pour les HPV à haut risque non couverts par le vaccin, le taux d’infection était d’environ 30 % dans le groupe vacciné et de 27-29 % dans le groupe non vacciné, sans différence significative
Infections persistantes et nouvelles infections
- Le taux d’infection persistante par HPV16/18 était de 45-50 % pour l’ensemble des femmes, de 40 % dans le groupe vacciné et de 49 % dans le groupe non vacciné
- Le taux de nouvelles infections par HPV16/18 était de 0,1 % dans le groupe vacciné contre 1,5 % dans le groupe non vacciné, avec un aRR de 0,08
- Le taux d’infection persistante par les HPV à haut risque non couverts par le vaccin était de 53-59 %, et le taux de nouvelles infections de 10-13 %
- Les nouvelles infections par des types non couverts par le vaccin étaient plus fréquentes dans le groupe vacciné (aRR 1,66)
Implications en santé publique
- Les infections par HPV16/18 incluses dans le vaccin ont quasiment été éliminées, confirmant un effet de prévention sur plus de 70 % des cancers du col de l’utérus
- Toutefois, les infections par HPV à haut risque non couverts par le vaccin restent autour de 30 %, ce qui rend inapproprié un arrêt complet du dépistage
- Les chercheurs soulignent qu’un espacement du dépistage est envisageable, mais qu’une surveillance continue reste nécessaire
- Quand la génération vaccinée avec le vaccin nonavalent atteindra l’âge du dépistage (23 ans), une réévaluation de la stratégie de dépistage sera nécessaire
Limites de l’étude et gestion
- Seuls 4 services de pathologie danois ont participé, ce qui limite la représentativité de l’ensemble de la population
- Les variables de confusion comme les facteurs socio-économiques ou la vie sexuelle n’ont pas été contrôlées
- HPV6/11, considérés comme des types non à haut risque, ont été exclus de l’analyse
- L’étude fournit une preuve empirique de l’efficacité vaccinale à partir de données cliniques réelles issues d’un suivi à long terme
Conclusion
- Chez les femmes vaccinées avec le vaccin HPV quadrivalent, le taux d’infection par HPV16/18 est tombé sous 1 %
- Les infections par des HPV à haut risque non couverts par le vaccin nécessitent une gestion continue
- Le Danemark devra à l’avenir ajuster l’intensité du dépistage et réexaminer le calendrier d’introduction de la génération vaccinée avec le vaccin nonavalent
- L’étude est considérée comme un exemple représentatif démontrant l’effet de santé publique à long terme du vaccin HPV
Aucun commentaire pour le moment.