- Contrairement à l’espoir que les technologies de génération vidéo par IA feraient tomber les barrières de la création, les résultats réels ne produisent que des images superficielles et convenues
- Divers modèles comme Sora, Runway ML et Veo génèrent des vidéos techniquement abouties, mais il reste difficile de créer des œuvres porteuses d’intention et de narration
- Ces vidéos possèdent une esthétique artificielle propre aux « vidéos IA », qui suscite chez les spectateurs malaise et méfiance
- En particulier, des vidéos de désinformation et de fake news se diffusent rapidement, surtout auprès des personnes âgées, brouillant la frontière entre réalité et fiction
- En conséquence, les vidéos IA causent à la fois des préjudices directs et indirects et accélèrent la désintégration de la confiance envers l’ensemble des médias visuels
Attentes et réalité en tant qu’outil créatif
- Lors du lancement de Sora par OpenAI, beaucoup pensaient pouvoir créer des courts-métrages en entrant leurs croquis et leurs scripts
- En réalité, les vidéos générées produisaient de façon répétée des résultats qui ne correspondaient pas aux scènes souhaitées, loin des démos
- D’autres modèles comme Runway ML et Veo ont également été testés, mais tous généraient des vidéos apparemment convaincantes, mais dépourvues de cohérence narrative
- Ces résultats ne relèvent pas seulement de limites techniques : ils présentent des caractéristiques suffisamment marquées pour constituer une catégorie esthétique autonome, celle de la « vidéo IA »
Une nouvelle uncanny valley
- Les vidéos IA ont une texture visuelle distinctive immédiatement reconnaissable, qui donne une impression subtilement « fausse »
- Même sans pouvoir l’expliquer clairement, les spectateurs détectent instinctivement ce caractère artificiel
- L’auteur dit ressentir une forte répulsion face à ces vidéos, une réaction également observée chez son entourage
- Selon un reportage de la BBC, YouTube modifie des vidéos à l’aide de l’IA sans l’accord des créateurs, au point de rendre artificielles même de vraies images
- Les visages deviennent parfois excessivement lisses ou trop nets
- Au final, la frontière entre vraies vidéos et vidéos IA devient floue
Cas de détournement et extension des dommages
- Le principal public des vidéos IA est composé d’utilisateurs cherchant à faire du spam, de l’arnaque ou de la propagande
- Ils utilisent les outils d’IA pour produire en masse de la désinformation et des contenus manipulés
- Les personnes âgées sont particulièrement touchées : dans les conversations de groupe avec la famille ou des proches, des vidéos de fausses déclarations de célébrités ou de fausses informations de santé circulent rapidement
- Exemples : une vidéo de conseils de Denzel Washington, des propos d’Obama sur la religion, ou un revirement supposé de Trump
- L’auteur explique à répétition les signes révélateurs d’une vidéo IA (par ex. le watermark Sora) ainsi que les méthodes de fact-checking, mais n’arrive pas à suivre la vitesse de propagation de l’information
- Dans les commentaires YouTube aussi, on trouve de nombreux vrais utilisateurs qui discutent sérieusement avec de faux personnages
L’effondrement de la confiance
- La technologie de vidéo IA est plus efficace pour la manipulation et l’exploitation que pour aider les créateurs
- Des usages positifs possibles ont été envisagés — éducation, accessibilité, art — mais, en pratique, toutes les vidéos IA finissent par produire des effets nuisibles
- Préjudices directs : désinformation, usurpation d’identité, manipulation des publics vulnérables
- Préjudices indirects : perte de confiance envers l’ensemble des médias visuels
- L’auteur en arrive à la conclusion que « même une vidéo IA inoffensive accélère l’effondrement de la confiance »
Conclusion : de la barrière de la création à la barrière de la confiance
- Les vidéos IA se sont imposées comme une technologie particulièrement efficace à des fins malveillantes
- La barrière technique que les créateurs espéraient surmonter existe toujours,
mais un problème encore plus grand est apparu : la « barrière de la confiance »
- Cet effondrement de la confiance reste un problème bien plus difficile à réparer
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