2 points par GN⁺ 2026-01-27 | Aucun commentaire pour le moment. | Partager sur WhatsApp
  • Le gouvernement iranien met en place un système de « double Internet » dans lequel seule une petite élite ayant passé des contrôles de sécurité peut accéder au Web mondial
  • Les 90 millions de citoyens ordinaires seraient confinés à un réseau intranet national, tandis que seuls les responsables du régime dotés d’une « carte SIM blanche » bénéficieraient d’un accès illimité
  • Ce système, appelé Barracks Internet, est conçu non comme une coupure temporaire, mais comme une structure de contrôle permanente
  • Les pertes économiques peuvent atteindre 37 millions de dollars par jour, avec un impact direct sur les moyens de subsistance de plus de 10 millions de personnes
  • L’effondrement de la coopération internationale et l’impossibilité technique de maintenir durablement ce système sont pointés du doigt, tandis que les organisations de défense des droits numériques insistent sur la nécessité de « garantir aux Iraniens une voix qui ne puisse pas être brisée »

L’expérience iranienne du « double Internet »

  • L’Iran utilise son blackout total des communications, qui dure depuis 16 jours, comme un « test en conditions réelles » pour mettre en place un système où seules les personnes ayant passé un contrôle de sécurité sont autorisées à accéder au Web
    • La porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, a confirmé que l’accès international ne serait pas rétabli au moins avant la fin mars
    • L’organisme de surveillance Filterwatch, citant des sources gouvernementales, affirme que « l’accès ne reviendra pas à sa forme précédente »
  • Selon des documents internes, ce dispositif porte le nom de Barracks Internet et repose sur une architecture de contrôle d’accès fondé sur une liste blanche de sécurité
  • Les responsables du régime conservent un accès illimité grâce à des « cartes SIM blanches », un privilège dont bénéficieraient environ 16 000 personnes

En quoi cela diffère des coupures précédentes

  • Par le passé, les coupures étaient temporaires, mais cette fois-ci, l’ampleur et la permanence sont différentes
  • Contrairement au Kwangmyong nord-coréen ou au Grand Firewall chinois, il s’agit ici d’une tentative de déconnecter à court terme une économie déjà reliée au réseau mondial
  • Le fait de tenter une coupure totale à brève échéance sans services nationaux de remplacement constitue l’une des caractéristiques majeures de cette approche

Les dégâts économiques

  • Le vice-ministre iranien des Télécommunications estime les pertes quotidiennes à 4,3 millions de dollars, tandis que NetBlocks les évalue en réalité à plus de 37 millions de dollars
  • Environ 10 millions de personnes dépendent des plateformes numériques pour vivre, et l’entreprise logistique Tipax est passée de 320 000 opérations par jour à seulement quelques centaines
  • Le CEO d’Irancell, Alireza Rafiei, a été limogé pour ne pas avoir appliqué l’ordre de coupure
    • Irancell est le deuxième opérateur mobile du pays avec 66 millions d’abonnés, et le groupe sud-africain MTN Group en détient une partie du capital

Rupture de la coopération internationale et limites techniques

  • Les partenaires étrangers dans les télécommunications se sont retirés, et la future construction d’infrastructures pourrait être reprise par la branche construction des Gardiens de la révolution ou par une coopération limitée avec Huawei
  • Le Georgia Tech Internet Intelligence Lab a qualifié cette coupure de « niveau le plus sophistiqué et le plus grave de l’histoire de l’Iran »
    • Environ 3 % de la connectivité seulement est actuellement maintenue, principalement pour les agences gouvernementales et les services publics
  • Kaveh Ranjbar, ancien CTO du RIPE NCC, décrit ce système comme un « sas numérique » et souligne qu’il est impossible de verrouiller totalement une économie moderne

Réseau satellite et résistance citoyenne

  • Depuis 2022, environ 50 000 terminaux Starlink ont été introduits clandestinement, et SpaceX les fournit gratuitement aux utilisateurs iraniens
  • Le gouvernement affirme avoir bloqué 40 000 unités et brouillé une partie des terminaux, mais certains continuent de fonctionner en contournant les restrictions grâce à des mises à jour de firmware
  • Les communications satellitaires restent toutefois vulnérables au brouillage, ce qui laisse au gouvernement le contrôle final
  • La chercheuse en droits numériques Mahsa Alimardani insiste sur le fait qu’« il faut garantir aux Iraniens une voix qui ne puisse pas être brisée et dépasser les limites de la souveraineté Internet »

Conclusion

  • Le Barracks Internet iranien constitue une structure de monopole de l’information centrée sur les élites du régime, avec des effets graves sur l’ensemble de l’économie et de la société
  • Les experts techniques doutent de sa viabilité à long terme, tandis que la communauté internationale s’inquiète d’un isolement numérique prolongé

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