12 points par GN⁺ 2026-02-21 | Aucun commentaire pour le moment. | Partager sur WhatsApp
  • Les claviers split (séparés), qui divisent les deux moitiés gauche et droite pour réduire la cassure des poignets et la tension des épaules imposées par les claviers traditionnels, attirent l’attention comme alternative ergonomique, avec des produits disponibles dans des formes et gammes de prix variées
  • Des splits à disposition en rangées pour les utilisateurs qui veulent conserver leur mémoire musculaire existante sans courbe d’apprentissage, jusqu’aux claviers à disposition en colonnes pour ceux qui recherchent une ergonomie plus poussée
  • La combinaison de format et de fonctionnalités est extrêmement variée : nombre de touches, splay, sculpt 3D, tenting, intégration d’un trackball/pavé tactile, choix filaire ou sans fil, etc.
  • La personnalisation du keymap basée sur les firmwares QMK/ZMK est centrale, et des fonctions avancées comme Mod-Tap, les combos ou les home row mods permettent de tout saisir même avec peu de touches
  • Il existe des options pour tous les budgets, des produits premium à l’open source DIY, et des modèles comme le Corne 42 touches ou les Silakka54/Lily58/Sofle sont des claviers d’entrée courants

Pourquoi utiliser un clavier split

  • En séparant les touches gauche et droite, les mains se placent dans une position plus naturelle, ce qui réduit la flexion externe du poignet imposée par les claviers classiques (ulnar deviation) ainsi que la tension dans les épaules
  • Il ne s’agit pas de corriger magiquement la posture, mais de supprimer les contraintes physiques imposées par un clavier standard afin d’encourager une position plus confortable lors des longues sessions de travail

Trois types de claviers

  • Disposition en rangées (Row-staggered) : même alignement des rangées qu’un clavier classique, donc familier pour les utilisateurs existants
  • Disposition en colonnes (Column-staggered) : alignement par colonnes, mieux adapté à l’anatomie des doigts, et le plus courant sur les claviers split ergonomiques
  • Disposition ortholinéaire (Ortholinear) : grille uniforme visuellement propre, mais relativement moins populaire dans les claviers split ergonomiques
  • La plupart des utilisateurs passent d’une disposition en rangées à une disposition en colonnes, et même en alternant avec un clavier classique, le cerveau distingue bien la mémoire musculaire ; une fois l’adaptation faite, le passage de l’un à l’autre ne pose pas de problème

Courbe d’apprentissage : la réalité de l’investissement en temps

  • Le réentraînement d’une mémoire musculaire de frappe construite sur plusieurs années, voire décennies, est inévitable, et demande au minimum 1 à 2 semaines de pratique intensive
  • Pour un métier très centré sur la frappe comme le développement logiciel, il faut environ un mois d’usage intensif pour retrouver un niveau de productivité suffisant au travail
  • Taper des mots en minuscules ne représente que la moitié du chemin ; l’adaptation complète inclut aussi la maîtrise des chiffres, de la ponctuation, des symboles, de la sélection et manipulation de texte (flèches + Shift), ainsi que des raccourcis propres à chaque application (navigateur, Excel, etc.)
  • Tous les utilisateurs n’ont pas forcément à affronter une courbe d’apprentissage abrupte : selon le parcours choisi, on peut conserver ses habitudes tout en profitant des avantages d’un clavier split

Parcours de choix selon le temps d’apprentissage disponible

  • Parcours 1 : « Vous voulez un split, mais vous n’avez pas le temps d’apprendre »

    • Un clavier qui conserve une disposition Row-staggered tout en séparant les deux côtés permet de réutiliser sa mémoire musculaire existante telle quelle, tout en obtenant les bénéfices ergonomiques de la séparation des mains
    • Cela inclut des produits légèrement séparés comme le Logitech ERGO K860 (similaire à l’ancien Microsoft Sculpt) ou le Keychron Q10(Alice Layout)
    • Des modèles totalement séparés comme le Kinesis Freestyle 2 ou le UHK 60/80 offrent un positionnement plus flexible, par exemple à largeur d’épaules ou avec tenting
    • Ce n’est pas parfait pour les « power users », mais c’est largement suffisant pour la majorité des utilisateurs ; si vous avez besoin de fonctions avancées comme les layers ou les combos, vous pouvez les ajouter via des logiciels comme Karabiner Elements (macOS), keyd (Linux) ou Kanata (cross-platform)
  • Parcours 2 : « Vous êtes prêt à apprendre pour une meilleure ergonomie »

    • Le stagger en colonnes et les multiples touches de pouce (qui remplacent la barre d’espace unique) sont les principaux éléments à réapprendre
    • Les touches de pouce confient aux pouces les actions les plus fréquentes, ce qui réduit la surcharge des auriculaires, mais il existe aussi un risque de blessures liées à la surutilisation du pouce : le pouce peut lui aussi subir des lésions de surutilisation

Points à considérer sur les fonctionnalités

  • Nombre de touches (Number of Keys)

    • Un clavier US standard compte 104 touches (105 hors US), mais les claviers split existent dans des formats très variés, allant jusqu’à moins de la moitié
    • La réduction du nombre de touches vise à garder les doigts aussi près que possible de la rangée de repos afin de minimiser les déplacements des mains, avec comme contrepartie une complexité accrue puisqu’il faut appuyer sur plusieurs touches pour une seule entrée
    • Exemples de produits concrets :
      • Kinesis Advantage360 : split « maximaliste » de 76 touches, sans rangée de touches F mais avec un cluster de 6 touches pour les pouces de chaque côté
      • Lily58 : clavier « complet » de 58 touches avec rangée numérique, colonne externe et 4 touches pour les pouces
      • Corne : 42 touches (6x3+3), sans rangée numérique, le plus populaire des petits claviers split
      • Chocofi : 36 touches (5x3+3), sans rangée numérique ni colonne externe, ce qui rend Shift, Tab, les guillemets, etc. inaccessibles par une touche unique sur la couche principale
      • Sweep : 34 touches (5x3+2), un minimum qui conserve toutes les touches alphabétiques sur la couche principale avec seulement 2 touches de pouce
    • Il existe des claviers encore plus petits, et certains layouts comme le Hummingbird (30 touches) traitent Z/X/Q/J comme des combos afin de libérer de l’espace pour d’autres touches
    • Pour débuter, il est préférable d’avoir davantage de touches, et il est aussi possible d’expérimenter de petits layouts sur un grand clavier
  • Considérations géométriques (Geometric Considerations)

    • Au-delà du degré de décalage en colonnes, on peut aussi choisir le splay — une disposition où les colonnes forment des angles au lieu d’être parallèles
      • Des claviers comme le Hillside 52 appliquent un splay sur les 3 colonnes externes
    • Il existe aussi des formes 3D sculptées comme le Glove80 ou le Charybdis ; leur complexité de fabrication les rend plus chers, mais il est possible de réduire les coûts en les câblant soi-même à la main
      • La série Dactyl permet de concevoir son propre clavier sculpté
    • Des keycaps sculptés comme les KLP Lamé sont apparus récemment et apportent les avantages d’une forme sculptée sans nécessiter de clavier spécialisé
    • Les claviers unibody/monobloc utilisent un layout split, mais restent reliés dans un seul châssis, ce qui garantit une position gauche/droite toujours fixe et facilite le transport (pratique sur un canapé, une tablette d’avion, etc.)
      • Le Reviung41 en est un exemple représentatif
    • À l’extrême de l’ergonomie, il existe aussi des dispositifs d’entrée non conventionnels, presque non-clavier, comme le Svalboard (des palettes ultra-légères pour chaque doigt, inspirées du DataHand) ou le Charachorder (des switches de type joystick pour chaque doigt, avec une philosophie proche de la sténographie)
  • Tenting

    • Cela consiste à relever légèrement le centre du clavier pour garder une pronation plus neutre du poignet
    • L’angle de tenting idéal varie selon l’utilisateur et le clavier, et même à angle identique, la sensation diffère entre un grand clavier large et un petit clavier
    • Angle faible : les pieds/rehausses d’un support pliable pour ordinateur portable suffisent
    • Angle intermédiaire : un anneau Magsafe adhésif + support de téléphone apporte de la réglabilité, et il existe aussi des options 3D imprimées peu coûteuses
    • Angle extrême : on peut fixer une rotule de serrage pour appareil photo sur un bureau ou une chaise
  • Dispositifs de pointage et encodeurs

    • Un clavier custom peut intégrer un touchpad, une trackball, un trackpoint, etc., afin de minimiser ou supprimer les mouvements de la main nécessaires à l’usage d’une souris
    • Des encodeurs permettent de contrôler dans le firmware le volume, le scroll, etc.
    • La fonctionnalité Mouse Keys permet aussi d’émuler le déplacement de la souris depuis le clavier, mais cela reste fonctionnellement limité
  • Filaire vs sans fil

    • Historiquement, les claviers split n’étaient possibles qu’en filaire à cause des limitations techniques et de licence de QMK, mais l’alternative Bluetooth-first ZMK, dont le développement a commencé en 2020, permet aujourd’hui à de nombreux claviers d’offrir à la fois le filaire et le sans-fil
    • Particularité de gestion de batterie sur un split totalement sans fil : le côté central doit communiquer à la fois avec l’ordinateur hôte et avec le côté périphérique, ce qui vide nettement plus vite sa batterie
      • Avec un nice!nano + batterie de 110 mAh, on estime environ 2 semaines pour le côté central, contre environ 3 mois pour le côté périphérique
    • Avec le dongle ZMK, les deux côtés peuvent fonctionner comme périphériques, ce qui maximise l’autonomie, avec toutefois certaines limitations
    • Des entreprises comme ZSA continuent de préférer le filaire, et pour un usage fixe sur bureau, le filaire reste un choix rationnel
  • Switches high profile vs low profile

    • Les switches mécaniques low profile sont relativement récents et réduisent la hauteur du clavier, diminuant ainsi le besoin d’un repose-poignets ou d’un repose-paumes
    • À l’heure actuelle, les switches high profile (MX) offrent davantage d’options et procurent généralement de meilleures sensations et un meilleur son
    • Les keycaps low profile, en particulier pour les Choc v2, sont difficiles à trouver, même si la situation devrait s’améliorer à mesure que leur diffusion augmente
    • Grâce aux sockets hot-swap, il est possible de remplacer les switches sans soudure, tandis que certaines cartes comme la cheapino proposent une option de soudure directe pour réduire les coûts
    • L’usage des couches et des touches multifonctions réduit l’utilité des légendes, ce qui rend les keycaps vierges courants

Personnalisation du keymap

  • Le point clé d’un clavier split est de personnaliser le keymap selon ses besoins, avec une édition possible en GUI via VIA/Vial pour QMK ou ZMK Studio pour ZMK
  • Fonctions de programmation de base :
    • Mod-Tap : une touche au tap, une autre en appui long (ex. : CAPSLOCK → ESC au tap, CTRL en maintien)
    • Combos : produire une autre touche en appuyant sur deux touches simultanément (ex. : J+K → ESC)
  • Fonctions avancées :
    • One Shot Keys : permet de combiner une touche modificatrice avec la touche suivante sans la maintenir
    • Home Row Mods : attribue aussi des fonctions de modificateur (SHIFT, CTRL, ALT, GUI) aux touches de la rangée de repos (ASDF + JKL;)
    • Callum Style Mods : combine les home row mods et les one shot keys pour supprimer la dépendance au timing
  • Comme ressource de référence pour concevoir un keymap, il existe KeymapDB ; pour les claviers 36 touches, le keymap Miryoku constitue un bon point de départ

Dispositions non QWERTY

  • Les dispositions alternatives comme Dvorak ou Colemak sont une option partant du principe que le QWERTY n’a pas été pensé pour l’ergonomie, mais elles demandent un temps d’apprentissage supplémentaire conséquent
  • Dans la plupart des cas, les avantages du column stagger et du clavier split suffisent largement
  • Pour choisir une disposition, on peut comparer différents indicateurs comme les SFBs (same-finger bigrams), LSBs (lateral stretch bigrams), scissors, redirects, rolls, etc. ; layouts.wiki et r/KeyboardLayouts sont des ressources utiles

Comment choisir son clavier

  • Première question : déterminer le nombre de touches nécessaires en tenant compte de la rangée numérique, des flèches, de Home/End, etc. → plus il y a de touches, plus la courbe d’apprentissage est douce
  • Une fois ce nombre fixé, il faut choisir le format, et des outils web peuvent compléter les tests et reviews YouTube
    • YAL Tools : collection consultable de claviers ergonomiques
    • SplitKB Compare : appli web qui compare la taille physique des principaux claviers
  • L’ampleur du column stagger fait rarement une grande différence (hors colonne de l’auriculaire), mais le thumb cluster devient nettement inconfortable s’il force trop le pouce à se replier ou à s’étendre
  • Il est possible de tester un format avec du prototypage basse fidélité : impression papier pour vérifier la position des mains, ou découpe d’un gabarit en carton pour monter des switchs ; on peut même aller jusqu’à un prototype réellement utilisable en handwiring

Achat vs DIY

  • Options d’achat

    • Si le budget est confortable : Kinesis, ZSA, Dygma proposent des produits premium spécialisés, closed source, avec support, et il existe aussi des options boutique comme MoErgo ou Bastard Keyboards
      • Ils se programment via leur propre logiciel custom, généralement plus simple à utiliser que les versions open source
    • Budget intermédiaire : de nombreux vendeurs comme beekeeb, holykeebs, splitkb proposent des claviers assemblés ou des kits à souder à des prix plus raisonnables
      • La plupart sont basés sur des designs open source ou en sont des variantes
    • Petit budget : on trouve des options bon marché sur Amazon ou Aliexpress ; la finition est souvent moins soignée, par exemple avec des boîtiers imprimés en 3D, mais elles restent fonctionnelles
      • Les claviers low cost comportent des risques de sécurité ; si possible, mieux vaut reflasher le firmware pour éliminer tout risque de comportement malveillant
  • Options DIY

    • De nombreux designs de clavier sont publiés en open source, ce qui permet de faire fabriquer des fichiers Gerber chez PCBWay ou JLCPCB
    • Côté coût, une fois additionnés le PCB, les switchs, les diodes, le microcontrôleur, la visserie et le matériel de soudure, acheter sur Amazon ou Aliexpress revient souvent moins cher
    • Si vous avez déjà l’équipement de soudure, un boîtier imprimé en 3D + handwiring est l’option la moins chère et la plus flexible ; si la soudure est solide, il n’y a pas de différence fonctionnelle avec un PCB

Liste de claviers populaires (en février 2026)

Modèle Budget Nombre de touches Open source
Kinesis Advantage2/360 $$$ 80 / 76 no
ZSA Moonlander / Voyager $$$ 76 / 52 no
Dygma Defy $$$ 70 no
Glove80 / Go60 $$$ 80 / 60 no
Dactyl / Charybdis $$$ 58 / 42 / 36 yes
Keyball $$$ 61 / 44 / 39 yes
Elora / Kyria $$ 62 / 50 no
Sofle / Lily58 $$ 58 yes
Totem $$ 38 yes
Silakka54 $ 54 yes
Corne $ 36 / 42 yes
Sweep $ 34 yes
  • Les produits open source peuvent être fabriqués soi-même à partir des fichiers de design, et après avoir acheté l’une des nombreuses variantes sur Aliexpress ou ailleurs, on peut monter en gamme chez d’autres vendeurs si l’on veut des fonctions premium comme le sans-fil, le low profile ou un boîtier plus robuste
  • Recommandations d’entrée de gamme : si vous préférez peu de touches, Corne 42 touches ; si vous en voulez davantage, Silakka54/Lily58/Sofle → ensuite, selon vos préférences de workflow, vous pourrez passer à un autre clavier ou le conserver comme daily driver

Concevoir le sien

  • Si aucun produit existant ne vous convient, vous pouvez concevoir une disposition avec des outils comme Ergogen ou kle-ng, puis finaliser le PCB avec Kicad
  • Pour une personnalisation totale à la forme de la main, on peut générer un clavier sculpté avec Cosmos puis le réaliser en handwiring
  • Pouvoir réutiliser ou modifier les fichiers de design existants sur GitHub est l’un des avantages de l’open source

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