- 38 organisations de la société civile, associations à but non lucratif et entreprises technologiques du monde entier ont exprimé leur opposition à la politique de Google rendant obligatoire l’enregistrement des développeurs pour la distribution externe d’applications Android
- Elles soulignent qu’Android dispose déjà de diverses protections telles que la sécurité au niveau du système d’exploitation, la signature des applications et Play Protect
- Elles critiquent le fait qu’un système d’enregistrement centralisé menace l’innovation, la concurrence, la vie privée et la liberté des utilisateurs, et crée une structure permettant à Google de contrôler toute distribution d’applications
- Elles avertissent également que cette politique augmente les barrières à l’entrée pour les petits développeurs, les projets open source, les développeurs vivant dans des pays sous sanctions et les défenseurs des droits humains
- Les organisations signataires demandent à Google de retirer cette politique, de rétablir l’ouverture et la neutralité, et de mener une concertation transparente avec la communauté
Contexte de l’opposition à la politique
- Google prévoit désormais de rendre obligatoire un enregistrement centralisé pour tous les développeurs souhaitant distribuer des applications en dehors du Play Store
- La procédure comprend la soumission d’une pièce d’identité, l’acceptation de conditions d’utilisation et le paiement de frais
- Les signataires estiment que cette mesure étend le pouvoir de gatekeeping de Google à des domaines sans lien avec ses services
- Ils avertissent que Google obtiendrait ainsi le pouvoir de désactiver arbitrairement des applications dans le monde entier
Barrières à l’entrée et frein à l’innovation
- L’obligation d’enregistrement pénalise les développeurs individuels, les petites équipes et les projets open source
- De nombreux cas rendent l’enregistrement difficile, en raison d’un manque de ressources, d’un accès limité à l’infrastructure ou de la résidence dans des pays sous sanctions
- Les développeurs centrés sur la protection de la vie privée, les défenseurs des droits humains et les organisations de réponse d’urgence sont eux aussi exposés à des risques
- Cette charge administrative pourrait entraîner une réduction de la diversité logicielle et une concentration accrue autour des grandes entreprises
Inquiétudes sur les données personnelles et la surveillance
- Le système d’enregistrement de Google constituerait une base de données de renseignements personnels sur l’ensemble des développeurs Android
- Des inquiétudes sont soulevées quant à la conservation, l’utilisation de ces données et la manière de répondre aux demandes des autorités
- Pour ceux qui développent des applications protégeant la vie privée ou politiquement sensibles, cela crée un risque de surveillance inutile
Risques d’application arbitraire et de suspension de comptes
- Le système actuel de revue des applications de Google est déjà critiqué pour ses décisions opaques et des procédures de recours limitées
- Sont notamment pointés du doigt les jugements automatisés, les suspensions sans motif clair et la possibilité d’une influence de facteurs politiques ou concurrentiels
- Une structure où une seule entreprise contrôle tous les droits de distribution va à l’encontre d’un écosystème concurrentiel sain
Restrictions de concurrence et questions réglementaires
- Grâce à l’enregistrement, Google pourrait suivre toutes les tendances du développement d’applications et les stratégies de ses concurrents
- Cela risque de créer une asymétrie d’information sur le marché et d’accroître le risque de blocage préventif ou de copie de produits concurrents
- Des régulateurs de l’Union européenne, des États-Unis et d’ailleurs enquêtent déjà sur les monopoles de plateforme et les pratiques d’auto-préférence,
et les signataires insistent sur le fait que Google doit préserver l’ouverture et l’interopérabilité
Caractère suffisant du dispositif de sécurité existant
- Android dispose déjà de fonctions de sécurité comme le sandboxing, le système d’autorisations, la vérification par signature et les avertissements sur le sideloading
- Depuis 17 ans, ces mécanismes assurent la protection des utilisateurs,
et si Google se préoccupe réellement de sécurité, il devrait se concentrer sur le renforcement des mécanismes existants
Revendications communes
- Retrait immédiat de l’obligation d’enregistrement des développeurs pour la distribution par des tiers
- Mise en place d’une concertation transparente avec la société civile, les développeurs et les régulateurs
- Garantie de la neutralité de la plateforme afin de séparer les intérêts commerciaux de Google de l’exploitation de la plateforme
- Appel à restaurer l’ouverture d’Android et à protéger le logiciel libre et la souveraineté numérique
Organisations signataires
- EFF, FSF, FSFE, F-Droid, Nextcloud, Proton, Vivaldi, Tor Project et 38 organisations au total participent à cette initiative
- Elles demandent à Google de mettre fin au programme de vérification des développeurs et
affirment qu’il faut chercher collectivement un équilibre entre sécurité et ouverture
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