2 points par GN⁺ 2026-03-15 | Aucun commentaire pour le moment. | Partager sur WhatsApp
  • Le MacBook Neo récemment lancé par Apple, équipé de la même puce A18 Pro que l’iPhone 16 Pro, confirme une nouvelle fois qu’un smartphone est un ordinateur à part entière capable d’exécuter un OS de bureau
  • Sur le MacBook Neo, il est possible d’installer librement des logiciels, d’exécuter du code et d’installer un OS alternatif, alors que tout cela est limité sur l’iPhone pourtant doté de la même puce
  • Apple présente ces restrictions comme relevant de la « sécurité des utilisateurs », mais elles sont critiquées comme un contrôle artificiel visant en réalité à protéger le modèle de revenus de l’App Store
  • Les appareils mobiles sont des ordinateurs généralistes au format compact, et les restrictions sur le chargement de logiciels servent les intérêts des entreprises ainsi que le maintien du pouvoir de contrôle des États
  • Le droit d’accès root (right to root access), c’est-à-dire la possibilité d’installer librement le logiciel de son choix sur un appareil que l’on possède, devrait s’étendre en parallèle du débat sur le droit à la réparation

La même puce dans le MacBook Neo et l’iPhone

  • Le MacBook Neo annoncé par Apple il y a une semaine est un nouveau modèle de la gamme d’ordinateurs portables Mac, vendu 599 $ (499 $ avec remise éducation)
  • Le point central soulevé est que cet appareil embarque la même puce A18 Pro que l’iPhone 16 Pro
  • Avec le même SoC, jusque dans les cœurs CPU, les cœurs GPU et la quantité de RAM, Apple affirme pourtant que les deux appareils sont fondamentalement « différents »

MacBook vs iPhone : l’écart de liberté logicielle

  • Ce qu’il est possible de faire sur le MacBook Neo :
    • cliquer sur un lien depuis n’importe quel navigateur pour télécharger et installer librement le logiciel de son choix
    • écrire du code et compiler des logiciels sans restriction
    • installer un OS alternatif comme Asahi Linux à la place de macOS (tant qu’Apple autorise le démarrage de noyaux personnalisés sur les Mac de série M)
  • Ce qui est limité sur l’iPhone :
    • pour les utilisateurs américains, l’installation de logiciels tiers n’est possible qu’au moyen de l’App Store approuvé par Apple
    • l’exécution de code est fortement sandboxée, et il n’existe pas d’accès à l’ensemble du système de fichiers via un shell accessible à l’utilisateur
    • seul iOS peut être utilisé, le bootloader étant verrouillé pour empêcher le jailbreak

Des restrictions artificielles au nom de la « sécurité des utilisateurs »

  • Apple affirme que l’iPhone doit rester verrouillé pour des raisons de « sécurité des utilisateurs », mais prétendre que cliquer sur un lien est « dangereux » revient à insulter l’intelligence du grand public
  • Malgré la différence de format, les deux appareils sont essentiellement le même appareil
  • Les restrictions imposées à l’iPhone et à l’iPad sur le téléchargement direct de logiciels depuis Internet ne relèvent pas de la « sécurité », mais d’une forte motivation financière pour Apple
  • Un MacBook peut exécuter iOS, iPadOS, macOS ou d’autres OS, et l’annonce de ce nouveau produit démontre au-delà de tout doute raisonnable qu’un iPhone récent peut lui aussi exécuter macOS
  • « L’iPhone est un MacBook, un iPad et un iPhone » — mais Apple les a artificiellement séparés par un contrôle strict au niveau matériel

Liberté de choix et droit d’accès root

  • Dans un précédent billet, « right to root access », l’auteur soutenait déjà que le droit de choisir quels logiciels charger sur un appareil que l’on possède doit être défendu en même temps que le droit à la réparation (right to repair)
  • En près de vingt ans depuis la première présentation de l’iPhone, les puces développées par Apple ont suffisamment progressé pour que même celles destinées à l’iPhone puissent exécuter macOS
  • Dans le même temps, les mécanismes qui ont limité le chargement de logiciels sur les appareils mobiles sont devenus inacceptables, et ces restrictions servent le pouvoir des entreprises et des gouvernements qui cherchent à contrôler l’usage que les utilisateurs font de leurs appareils informatiques
  • Les appareils mobiles n’ont rien d’exceptionnel : ce sont des ordinateurs généralistes au format portable, et les restrictions sur le chargement de logiciels leur sont imposées artificiellement pour préserver les intérêts des entreprises et le contrôle des États
  • Il faut créer un précédent selon lequel on doit pouvoir charger le logiciel de son choix sur tous les appareils que l’on possède

Possibilités d’usage personnel

  • Maintenant que l’on sait qu’un iPhone peut exécuter macOS, l’auteur exprime clairement son envie de l’utiliser ainsi
  • Il envisage aussi de passer à un téléphone moins intrusif et de réutiliser l’iPhone comme serveur web
  • Puisqu’il s’agit d’un appareil déjà payé et d’un ordinateur à part entière, il devrait être possible de le modifier comme on le souhaite
  • Le droit d’accès root pourrait rendre tout cela possible

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