John Deere verse 99 millions de dollars dans un accord sur le « droit à la réparation »
(thedrive.com)- Le constructeur américain de matériel agricole John Deere a accepté de verser 99 millions de dollars pour régler son litige avec des agriculteurs au sujet du droit à la réparation (right-to-repair) de ses équipements
- Sont concernés les clients ayant fait réparer de gros équipements chez des concessionnaires agréés depuis 2018, qui pourront être remboursés jusqu’à 53 % des surcoûts facturés
- L’accord inclut l’obligation de fournir pendant les 10 prochaines années des outils numériques de maintenance et de diagnostic pour des équipements comme les tracteurs et les moissonneuses-batteuses
- La politique de restriction des réparations a eu des effets sur l’ensemble du marché, notamment une forte hausse des prix du matériel agricole d’occasion
- Cet accord constitue un précédent important pour la garantie du droit des consommateurs à réparer, avec des répercussions attendues dans d’autres secteurs industriels
Accord de 99 millions de dollars de John Deere sur le « droit à la réparation »
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Un long conflit entre le fabricant de matériel agricole et les agriculteurs
- John Deere et des agriculteurs américains s’opposent depuis des années sur la question du droit à la réparation (right-to-repair) des équipements
- Les agriculteurs dénonçaient le fait que l’accès au logiciel de leurs machines était restreint, ce qui rendait les réparations possibles uniquement via des concessionnaires agréés
- Cet accord est considéré comme un tournant majeur dans ce conflit
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Montant de l’accord et structure des indemnisations
- John Deere versera 99 millions de dollars dans un fonds destiné aux exploitations agricoles et aux plaignants individuels
- Sont éligibles les clients ayant fait réparer de gros équipements chez des concessionnaires agréés depuis janvier 2018
- Selon les documents judiciaires, les plaignants seront remboursés de 26 à 53 % des surcoûts facturés, bien au-dessus du niveau habituel de 5 à 15 %
- L’entreprise précise que cette mesure ne constitue pas une reconnaissance de faute
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Obligation de fournir des outils numériques de réparation
- L’accord prévoit la fourniture pendant 10 ans des outils numériques nécessaires à la maintenance, au diagnostic et à la réparation d’équipements comme les tracteurs et les moissonneuses-batteuses
- Par le passé, certains agriculteurs ont dû tenter de pirater eux-mêmes leurs équipements pour les réparer
- En 2023, John Deere avait conclu un protocole d’accord pour fournir à des tiers des technologies de diagnostic et de réparation sous réserve de la protection de la propriété intellectuelle
- Ce nouvel accord est considéré comme une mesure juridiquement plus contraignante
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Effets sur le marché
- La politique de restriction des réparations a entraîné une forte hausse des prix du matériel agricole d’occasion
- Le prix de certains tracteurs vieux de 40 ans est monté jusqu’à environ 60 000 dollars, la possibilité de les réparer facilement et un temps d’immobilisation réduit étant cités comme facteurs majeurs
- Cela montre que la politique de service de John Deere a eu un impact sur l’ensemble du marché du matériel agricole
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Prochaines étapes et portée pour l’industrie
- L’accord doit encore recevoir l’approbation du tribunal pour entrer en vigueur, et cette approbation est jugée probable
- John Deere reste confronté à une procédure distincte engagée par la Federal Trade Commission (FTC) des États-Unis
- La FTC affirme que Deere a exercé un contrôle injustifié sur les procédures de réparation
- Cette affaire pourrait avoir des répercussions au-delà de l’agriculture, notamment dans l’automobile, l’électroménager et d’autres secteurs manufacturiers
- Dans un contexte où les fabricants renforcent leur contrôle sur les produits après la vente, cet accord est observé comme un précédent important pour la garantie du droit des consommateurs à réparer
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