1 points par GN⁺ 14 일 전 | Aucun commentaire pour le moment. | Partager sur WhatsApp
  • La proposition de loi A.B. 2047 imposerait l’installation d’un logiciel de censure sur toutes les imprimantes 3D, et ferait de son contournement ou de l’usage d’alternatives open source des actes passibles de sanctions pénales
  • Le texte est présenté au nom du problème des « ghost guns », mais ces pratiques sont déjà illégales, et il aboutit surtout à porter atteinte au contrôle légitime des utilisateurs
  • Il risque de renforcer une structure favorable aux grands fabricants et d’institutionnaliser l’interdiction de modifier le code, l’obsolescence programmée et l’enfermement propriétaire
  • Le Department of Justice de Californie serait chargé de la certification des algorithmes de blocage et de la gestion d’une base de données, et les imprimantes non approuvées seraient interdites à la vente
  • Cette infrastructure de censure pourrait être étendue à la censure du droit d’auteur ou de l’expression politique, et menace l’innovation et la liberté de créer

Les dangers de la proposition de loi californienne A.B. 2047 sur la censure de l’impression 3D

  • La proposition de loi A.B. 2047 imposerait l’installation d’un logiciel de censure (censorware) sur toutes les imprimantes 3D, et qualifierait de délit pénal le fait de le contourner ou d’utiliser des alternatives open source
    • Cette loi reproduit l’échec des technologies de gestion des droits numériques (DRM), prive les utilisateurs du contrôle de leurs appareils et freine l’innovation
    • Elle risque en pratique d’entraîner surveillance, enfermement propriétaire et préjudice pour les consommateurs
  • Bien que l’impression 3D soit utilisée pour de nombreux usages légitimes — accessoires de cinéma, prototypage, recherche médicale, pièces de réparation — certains législateurs veulent soumettre toutes les imprimantes 3D à une régulation au nom du problème des « ghost guns »
    • Alors même que l’impression 3D d’armes est déjà interdite par le droit existant, le texte criminalise le simple fait, pour les utilisateurs, de contrôler leur propre équipement
  • Cette proposition de loi profiterait aux grands fabricants et pourrait, comme le modèle des imprimantes 2D de HP, institutionnaliser l’interdiction de modifier le code, la dépendance à un écosystème fermé et l’obsolescence programmée
    • Le blocage algorithmique de l’impression (print blocking) ne permet pas techniquement d’atteindre l’objectif visé, tout en portant atteinte au choix du consommateur, à la liberté d’expression et à la vie privée

Principaux éléments de la proposition californienne

  • A.B. 2047 va plus loin que des textes similaires à Washington et New York, et entraînerait l’interdiction de l’open source, une réduction du choix des consommateurs et une hausse de la charge bureaucratique
  • Criminalisation de l’open source et du contrôle utilisateur

    • Le texte qualifie de misdemeanor le fait, pour un utilisateur, de désactiver ou contourner l’algorithme de blocage de son imprimante
    • Cela revient de fait à rendre illégal l’usage de firmwares open source, en institutionnalisant une structure hostile aux consommateurs comparable au DRM
    • Les fabricants pourraient enfermer les utilisateurs dans leurs pièces, consommables et stores, et leur imposer une taxe de plateforme
    • Ils pourraient encourager l’obsolescence programmée en mettant fin aux mises à jour et rendre illégale la revente d’équipements non conformes
    • Cette structure reproduit les problèmes déjà causés par le DRM, notamment les restrictions de réparation, l’augmentation des déchets électroniques et le recul de la recherche en sécurité
  • Réduction du choix des consommateurs

    • Le texte protège les grands fabricants historiques et désavantage les nouveaux entrants et les consommateurs
    • Les petits et moyens fabricants devraient supporter une lourde charge liée à la mise en œuvre d’une technologie de blocage inefficace, aux procédures d’approbation de l’État et aux coûts de licence
    • Les grands fabricants, eux, peuvent absorber ces coûts, ce qui relève les barrières à l’entrée du marché
    • Le marché de l’occasion serait particulièrement touché, la revente étant exposée à un risque de poursuites pénales
    • Le texte exigerait aussi l’interdiction des logiciels tiers, limitant ainsi de nombreux usages légitimes
  • Charge bureaucratique

    • La section 21.1 §3723.633–637 du texte créerait une bureaucratie du blocage d’impression centrée sur le Department of Justice (DOJ) de Californie
    • Le DOJ devrait définir les normes techniques de détection et de blocage des pièces d’armes, et tenir à jour une liste d’algorithmes et d’imprimantes certifiés
    • Les imprimantes et logiciels non approuvés seraient interdits à la vente
    • Le DOJ devrait créer et mettre à jour une base de données des plans à bloquer, et les fabricants devraient eux aussi assurer des mises à jour continues en conséquence
    • Mais ces efforts risquent d’être facilement contournés par des évolutions techniques rapides destinées à échapper au droit existant sur les armes

Un impact au-delà de la Californie

  • L’infrastructure de censure mise en place par cette loi serait difficile à démanteler ensuite, et pourrait être étendue à la censure liée au droit d’auteur ou à l’expression politique
    • Même les données de scan temporaires pourraient faire l’objet de surveillance et de collecte
    • Ces mécanismes de contrôle pourraient aussi dépasser les frontières de l’État
  • Le système de blocage de l’impression porté par la Californie pourrait aussi avoir des effets sur le marché mondial
    • Les fabricants pourraient déployer dans le monde entier des outils anticoncurrentiels et attentatoires à la vie privée
    • Maintenir deux versions de logiciels ou deux réseaux de distribution est en effet coûteux et inefficace
    • Une fois créée, cette infrastructure de censure peut donc facilement être réaffectée à d’autres objectifs
  • En imposant une solution techniquement irréalisable à un comportement déjà illégal, cette loi menace l’innovation et la liberté de créer
    • Avec un scan basé sur le cloud ou l’obligation de connexion aux serveurs du fabricant, tous les utilisateurs seraient exposés à un risque de surveillance
    • Cela aurait au final un impact négatif sur l’ensemble des communautés créatives et de l’écosystème d’innovation ouverte
  • La Californie devrait rejeter immédiatement cette proposition de loi, et les citoyens d’autres États devraient eux aussi rester vigilants face à des initiatives similaires
    • Le texte se conclut sur cet avertissement : « Ce qui se passe en Californie ne reste pas en Californie »

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