2 points par geesecross 4 시간 전 | Aucun commentaire pour le moment. | Partager sur WhatsApp
  • Lisp est une « brillante défaite » : techniquement remarquable, mais jamais devenu dominant.
  • L’auteur en cherche la raison moins dans le langage lui-même que dans le tempérament des personnes attirées par Lisp.
  • Elles possèdent une intelligence et une originalité exceptionnelles, mais tendent à ne pas supporter les finitions ennuyeuses, la collaboration, le compromis et la continuité.
  • Lisp a amplifié leur créativité, mais a aussi étendu leurs faiblesses à tout son écosystème.

Comment naissent les brillants ratés

  • Pour un enseignant de longue date, les élèves dont on se souvient le plus sont ceux qui étaient soit excellents, soit très mauvais.
  • Mais certains élèves appartiennent aux deux catégories à la fois.
  • En général, jusqu’au lycée, ils :
    • obtiennent les meilleures notes avec peu d’efforts,
    • réussissent même en s’y mettant au dernier moment,
    • méprisent les règles et les formes imposées par l’école.
  • Comme beaucoup de règles sont effectivement formelles, leur cynisme n’est pas entièrement infondé.
  • Le problème est qu’habitués à réussir facilement, ils n’apprennent ni la constance ni l’art de terminer.

Alternance d’immersion et d’apathie

  • Quand quelque chose les intéresse, ils s’y plongent avec une intensité étonnante pendant une courte période.
  • Mais ils s’ennuient vite et abandonnent avant d’avoir terminé.
  • À une phase d’activité frénétique succèdent l’apathie et le retrait.
  • L’auteur appelle cette disposition BBM (brilliant bipolar mind).
  • Ici, « bipolaire » n’est pas tant un diagnostic strict qu’une métaphore désignant une alternance d’exaltation et de creux.

Pourquoi ils s’effondrent à l’université

  • L’université apporte à la fois plus de liberté et un niveau de difficulté plus élevé.
  • Ils croient pouvoir tenir avec leur seul talent, comme au lycée, mais à partir d’un certain moment il devient impossible de maintenir ses résultats sans effort régulier.
  • Leurs notes chutent et, tout en se sentant en échec, ils n’arrivent pas à changer leurs habitudes.
  • Ils peuvent aussi délaisser le cursus officiel pour des chemins de traverse plus intéressants.
  • En revanche, lorsqu’on leur donne la liberté de mener un projet sur leur propre sujet, ils peuvent soudain reprendre vie et produire des résultats originaux.
  • Le problème est que cette originalité risque de ne pas être correctement reconnue, à cause de leurs notes et de leur réputation habituelles.

Pourquoi Lisp attire ce type de personnes

  • Lisp est un outil qui amplifie fortement les capacités intellectuelles individuelles.
  • Il permet à une seule personne de concrétiser rapidement des idées d’une ampleur difficile à gérer dans d’autres langages.
  • Il attire donc fortement les personnes qui ont une grande vision, qui détestent l’absurdité des méthodes établies et qui veulent pouvoir créer beaucoup de choses seules.
  • Le fait que la communauté Lisp ait été pionnière dans des domaines comme le ramasse-miettes, le traitement de listes, l’informatique personnelle ou le fenêtrage est lié à cette disposition.

Les faiblesses de la communauté Lisp

  • Lisp rend les idées trop faciles à implémenter.
  • Il en résulte facilement les attitudes suivantes.
    • « Ça marche dans mon environnement. »
    • « Je le comprends, donc cela suffit. »
    • « La documentation et le rangement, ce sera pour plus tard. »
  • Dans les faits, l’écosystème Lisp comptait beaucoup d’outils similaires, mais il était courant qu’ils :
    • manquent de documentation,
    • comportent beaucoup de bugs,
    • ne soient plus maintenus.
  • Chacun créait sa propre solution, mais la communauté était moins forte pour en faire une base commune stable.

Contraste avec le camp C/C++

  • En C/C++, il est difficile de construire seul un grand système.
  • Il devient donc naturellement nécessaire de recourir à :
    • la collaboration,
    • la division du travail,
    • la documentation,
    • la maintenance.
  • Paradoxalement, l’inconfort du langage favorise la coopération organisée.
  • Du point de vue d’un employeur, plusieurs développeurs ordinaires capables de communiquer et de transmettre leur travail sont plus sûrs qu’un seul génie instable.

Le choc entre idéalisme et réalité

  • Les BBM repèrent rapidement la fausseté, l’irrationalité et les compromis des institutions et du marché.
  • Le problème est qu’ils ne sont pas préparés à les supporter ni à s’en servir.
  • Les machines Lisp ont tenté de créer ce qui était techniquement « juste », mais ont ignoré la réalité du marché et des plateformes.
  • Leur pureté technique a ainsi conduit à un isolement de l’écosystème.
  • L’auteur y voit un exemple central de l’échec de Lisp.

Dépression et auto-négation

  • Dans la communauté Lisp coexistent une grande fierté et un fort pessimisme.
  • Elle est convaincue de l’excellence de Lisp, tout en désespérant que, dans la réalité, des technologies plus simples et inférieures finissent par l’emporter.
  • « Lisp: Good News, Bad News, How to Win Big » de Richard Gabriel et “Worse is Better” illustrent bien cette dualité.
  • Même quand les problèmes sont résolubles, une fois dans une phase de creux, tout semble terminé.

Conclusion

  • Le problème de Lisp tient moins à Lisp lui-même qu’à l’état d’esprit et à la culture qui l’entourent.
  • Une vision remarquable et de l’originalité ne suffisent pas pour réussir.
  • Pour les transformer en résultats concrets, il faut :
    • finir le travail,
    • documenter,
    • collaborer,
    • maintenir,
    • composer avec la réalité.
  • Au fond, Lisp n’est pas tant un langage qui a échoué à cause de ses défauts qu’un exemple de personnes brillantes qui n’ont pas su organiser leurs forces sous une forme durable.
  • La réponse finale de l’auteur est donc paradoxale : Lisp n’a aucun problème. Le problème est ce que les gens en font.

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