1 points par GN⁺ 5 일 전 | 1 commentaires | Partager sur WhatsApp
  • Quand, dans une interaction ambiguë ou désagréable, on fige l’autre comme un être irrationnel, hostile, ignorant ou immoral, les relations sociales deviennent rapidement isolantes
  • Plus on se fie uniquement à son intuition et à ses émotions sans examiner la possibilité que sa propre interprétation soit erronée, plus la conversation penche vers la défense et le renforcement des certitudes plutôt que vers la vérification des faits
  • Lorsqu’un élément de preuve peu familier apparaît, on détourne la conversation, on évite les situations où son manque de connaissances pourrait être exposé en les considérant comme une faiblesse, et même les questions se figent en présupposant la position de départ
  • Au sein d’un réseau proche, on ne partage sélectivement que certaines parties des interactions pour créer un ralliement du même camp, et l’on n’accorde plus de tolérance aux personnes d’un autre point de vue sans même examiner leurs antécédents ou leurs qualifications
  • Au bout du compte, la tentative même de comprendre ceux qui se trouvent en dehors du cercle des personnes déjà comprises s’arrête, et vient s’y ajouter une structure où les notes de chaque point renvoient encore au deuxième point, renforçant ainsi le cycle de l’auto-certitude

Comment devenir antisocial

  • Dans une situation ambiguë ou désagréable, on décrète que la raison du comportement de l’autre est irrationnelle, puis on fige cette interprétation, au gré de ses propres peurs, comme hostile, ignorante ou immorale
  • Sans examiner la possibilité que ses propres hypothèses soient fausses ni l’influence qu’elles exercent sur son jugement, on accorde une confiance totale à son intuition et à ses émotions
  • Si l’autre conteste ces hypothèses ou avance des éléments dont on n’est pas familier, on détourne la conversation, et l’on évite les situations où son manque de connaissances pourrait apparaître, en les considérant comme une faiblesse
  • Même lorsqu’il faudrait poser des questions, on les formule d’une manière qui présuppose la position initiale, et l’on ne recule pas même face à une opposition forte
  • En s’appuyant sur un réseau proche, on transmet de façon sélective seulement certaines parties des interactions à des personnes qui partagent déjà son point de vue, afin de les souder autour d’un récit censé écraser ce qui reste de menace
  • Si l’interlocuteur ne partage pas sa position, on ne regarde ni son parcours, ni son discernement, ni ses qualifications, et l’on n’accorde aucune tolérance même aux erreurs de personnes qu’on n’a jamais rencontrées ni avec lesquelles on n’a jamais parlé directement
  • Lorsqu’il devient difficile de poursuivre la conversation, on se replie sur soi-même et l’on cesse même de tenter de comprendre les autres en dehors du cercle des personnes déjà comprises
  • Chaque point est accompagné de note 1, et cette note se contente d’indiquer see bullet 2, renvoyant ainsi de nouveau au deuxième point

1 commentaires

 
GN⁺ 5 일 전
Avis sur Hacker News
  • Je vois à peu près si l’auteur critique les personnes antisociales au sens de la culture populaire, ou s’il repense à son ancien moi pour conclure que l’antisocialité n’est pas la solution
    Ça ne correspond pas très bien à mes motivations intérieures, donc si je le traduis dans mes propres schémas de comportement, ça donne plutôt ceci : si quelqu’un me laisse confus ou mal à l’aise, je considère que c’est de ma faute ; j’interprète le comportement des autres à travers le prisme de mon anxiété ; je pars du principe que mes hypothèses sont fausses et je préfère ne même pas essayer ; même quand un sujet que je maîtrise bien arrive, je fais exprès de jouer l’idiot au cas où ce serait un piège ; quand je devrais poser une question, je me pousse au contraire à me débrouiller seul ; je parle le moins possible et j’essaie de mettre fin à la conversation au plus vite ; j’évite de construire des relations ou un récit ; je refuse de reconnaître les compétences ou la légitimité de qui que ce soit ; je n’accorde aucune indulgence à ceux qui se trompent ; quand la conversation se bloque, je fais semblant d’être du côté de l’autre pour pouvoir y mettre fin ; je n’essaie même plus de comprendre qui que ce soit

    • Le point ne pose pas de questions, débrouille-toi seul m’a vraiment frappé
      J’ai choisi exprès un nouveau poste plus exigeant pour progresser, mais au début, un senior de l’équipe m’a dit qu’il valait mieux passer 3 jours à chercher plutôt que poser une question à laquelle on pouvait répondre en 30 secondes. J’avais déjà peur de paraître anxieux et incompétent dans l’équipe, et cette remarque m’a paradoxalement encore plus dissuadé de demander du contexte ou des indications ; je suis entré dans un cercle vicieux où mon efficacité et mes compétences se sont encore dégradées. J’essaie d’en sortir, mais ce n’est pas facile
    • Mon fonctionnement intérieur est plus proche de ça aussi ; ça ressemble moins à antisocial qu’à avoidant
    • Ça ressemble davantage à un comportement d’évitement qu’à un comportement antisocial
      L’article Wikipedia sur l’attachement adulte https://en.wikipedia.org/wiki/Attachment_in_adults vaut aussi le détour. Les profils Dismissive-Avoidant et Fearful-Avoidant peuvent tous deux être perçus de l’extérieur comme antisociaux, surtout le premier
    • Les comportements antisociaux sont eux aussi assez variés
      Ce texte ne vous décrit peut-être pas, mais il décrit clairement quelqu’un. Il existe bel et bien des personnes difficiles à vivre, égocentrées, sujettes à la colère, et isolées non parce qu’elles évitent les autres, mais parce qu’il est désagréable d’être avec elles
    • On dirait que asocial et anti-social sont employés comme des synonymes
      En général, anti-social renvoie au fait de ne pas se soucier des sentiments, des droits ou des normes sociales d’autrui, tandis que asocial désigne plutôt le fait de ne pas vouloir d’interactions sociales. Ce qui est décrit ici ressemble plutôt à un mélange de complexe d’infériorité et d’anxiété sociale
  • Franchement, l’ancienne idée de la réaction de sidération me paraît plus naturelle et plus explicative
    On prend une expression de terreur comme si on vous braquait un couteau, le cerveau se vide, et on n’attend plus qu’une chose : s’en sortir au plus vite. Quand on vous pose une question, vous bafouillez et répondez n’importe comment, puis le souvenir se rejoue tout seul plus tard, ce qui fait que la fois suivante se passe encore pire. Rien que recroiser plus tard les personnes présentes ce jour-là donne envie de se cacher le visage et de fuir

    • Ça me rappelle un entretien tech du début de ma carrière
      Après deux entretiens téléphoniques et un exercice, j’ai passé un dernier entretien Zoom avec trois personnes de l’équipe IT. Le début s’est bien passé, puis j’ai commencé à paniquer de plus en plus. Je crois avoir répondu globalement correctement aux questions, mais mon corps était devenu glacé et je bégayais comme un enfant terrifié convoqué dans le bureau du directeur. Je voyais bien moi-même l’image que je renvoyais, mais j’étais incapable d’interrompre ça ; au final, le CTO a coupé court avec un « ça ne va pas le faire », puis l’appel s’est arrêté. À cette période, mon imposter syndrome était très fort, et ça a sans doute joué énormément. Rien que d’y penser aujourd’hui, j’en ai encore très honte
    • Si une seule interaction vous fait vous effondrer à ce point, aller voir quelqu’un pourrait être une bonne idée
      J’aimerais que tout le monde puisse traverser la vie sociale avec un peu plus d’aisance et de souplesse. Pour le dire plus directement : je ne suis pas quelqu’un d’assez exceptionnel pour que le simple fait d’être moi-même devant des inconnus provoque une telle panique. Même si l’autre me déteste immédiatement, il faut pouvoir laisser passer ça jusqu’à un certain point
    • Je comprends tellement bien ça que c’en est encore plus effrayant
      Ça m’a fait penser à un épisode de Star Trek où un souvenir vous est refait vivre éternellement toutes les quelques minutes, et je n’avais jamais fait le lien entre les deux avant que ça ne me frappe d’un coup aussi fort
    • Il suffit que quelqu’un me pose une question pour que je panique immédiatement, et je me mets alors à dire des choses complètement incohérentes, comme si je n’avais plus du tout le contrôle de ma pensée
    • Je connais trop bien ces replays automatiques de souvenirs cringe
      Mon cerveau aussi ressort sans arrêt ce genre de souvenirs, et je déteste ça. S’il existait un moyen de les effacer, je le choisirais immédiatement
  • Ça ressemble moins à une liste sur l’art de s’isoler qu’à une liste sur l’art de faire du flamewar
    Si vous voulez vraiment vous fabriquer des expériences sociales décousues et isolées, il suffit de passer l’essentiel de votre temps en ligne, de trop réfléchir à toute approche sociale jusqu’à finalement n’en tenter aucune, d’ouvrir une content platform comme reddit/HN/youtube dès que votre humeur baisse un peu, de regarder du porn quand vous vous sentez seul, et d’analyser en permanence la manière dont les autres vous perçoivent. À partir de là, vos compétences sociales et vos liens vont peu à peu s’asphyxier, être avec de vraies personnes deviendra extrêmement inconfortable, vous ne lancerez plus que des références de niche vues en ligne que personne ne comprend, et interagir avec des gens réels vous fera peur

    • Analyser en permanence la manière dont les autres me voient est vraiment un piège dont il est très difficile de sortir
    • Étonnamment, c’est très juste, et bien meilleur que la liste amusante du texte original
      Cela dit, si on creuse la philosophie, on peut finir par pencher vers l’idée qu’il vaut mieux être sain d’esprit seul que devenir fou avec la foule
      What does Albert Camus mean by "Beginning to think is beginning to be undermined" in Myth of Sisyphus? - https://www.reddit.com/r/askphilosophy/comments/c1ohej/what_does_albert_camus_mean_by_beginning_to_think/
    • Oui. Dans la vraie vie, il y a très peu de gens qui se comportent à ce point-là, et même dans un nerd meetup, ça doit représenter moins de 5 %
    • Même les personnes qui correspondent à cette liste n’ont souvent pas toujours été ainsi
      D’après mon expérience, c’est souvent l’accumulation de très mauvaises expériences sociales qui finit par les pousser à s’isoler. Ça ne les excuse pas pour autant, mais surtout à l’âge adulte, je pense qu’à partir d’un certain moment la responsabilité de surmonter ses propres blocages nous revient. Ce n’est pas facile, mais c’est nécessaire. Cela dit, dire à quelqu’un de seul si tu es seul, c’est de ta faute n’a jamais aidé qui que ce soit
  • L’auteur a lui-même écrit ceci dans les commentaires de Leaflet
    Comme ce texte s’est retrouvé sur Hacker News à cause d’un concours de circonstances, et que beaucoup se sont mis à spéculer sur la personne qu’il visait, il a voulu clarifier que cette liste avait été écrite en quelques minutes comme un coup de gueule contre une certaine interprétation sévère et absence de miséricorde qu’il observait à deux endroits
    Dans sa famille, il y avait une situation où, pour des raisons minimes, deux personnes avaient cessé de se parler, chacune attendant que l’autre cède d’abord et reconnaisse être l’agresseur ; et sur Bluesky, il avait vu une ambiance où l’on imputait tous les handicaps à la vibe coding. Il ajoutait que si quelqu’un y avait lu davantage de sens, il en était désolé ou le félicitait

    • Ça correspond globalement à l’interprétation que j’en attendais
      J’ai réellement vu ce genre de comportement, dans la vie comme en ligne, et il n’est même pas nécessaire de cocher toute la liste à la fois pour provoquer à soi-même et à son entourage beaucoup de souffrance inutile. Surtout quand quelqu’un doté de mécanismes d’adaptation auto-destructeurs liés au trauma se retrouve à un poste du type moderator dans une communauté en ligne, ça tourne facilement au pire. J’ai souvent vu des gens rechercher ce genre de position pour tenter de contrôler leur peur
    • L’histoire de Bluesky m’a fait éclater de rire
      Que les utilisateurs de Bluesky, réseau social réputé pour l’isolement, l’intolérance et le refus d’écouter le point de vue d’autrui, manifestent exactement les mêmes défauts de caractère, ça n’a rien de très surprenant
  • Pour moi, l’idée la plus précieuse ici est ne supposez pas immédiatement que les gens sont mauvais
    J’aimerais simplement que les autres points suivent eux aussi ce principe de façon plus cohérente. Presque toute personne qui défend un point de vue très différent de celui du groupe finit par rencontrer des frictions, et savoir gérer ces frictions avec élégance n’a rien de naturel pour la plupart des gens. On peut se retrouver enfermé dans des schémas maladroits pour traiter ces tensions, mais si le sujet compte vraiment, le groupe dans son ensemble peut aussi avoir l’occasion de désamorcer la situation avec générosité et compréhension

    • Je pense plutôt bien gérer ce genre de situation et, aussi profond soit le désaccord, il existe toujours au moins un terrain d’entente
      Si l’on reste dans un affrontement permanent, mieux vaut élargir le cadre et remonter à un niveau plus général sur lequel les deux parties peuvent s’accorder
    • Mais si l’objectif prioritaire est de gagner, alors c’est différent
      Dans ce cas, il faut d’abord faire de l’autre un ennemi, puis construire un dossier contre lui pour orienter la conversation dans la direction voulue. C’est une méthode assez courante, et il suffit de regarder les réseaux sociaux pour voir qu’elle est partout
  • Je me considère moi-même comme quelqu’un d’antisocial et misanthrope, et cette liste me semble encore destinée aux débutants
    Ces conseils supposent toujours qu’on entretient malgré tout une forme de relation avec les autres, mais ce n’est pas nécessaire. On peut vivre en ermite et apprécier la solitude. Je n’écris même pas ce commentaire pour converser ou échanger, seulement pour tester mes idées face à la sagesse de la foule. Je veux voir si quelqu’un peut montrer où j’ai tort, pas si je désire réellement la société. Le simple fait d’écrire ceci m’irrite déjà, mais cela ne le rend pas moins vrai

    • Nous ne pouvons voir le monde qu’à travers nos propres biais
      Y compris les conditions physiques aussi basiques que le fait d’avoir deux bras ou de voir la lumière visible. Beaucoup de biais sont communs à l’espèce humaine, et c’est ce qui permet aux humains d’échanger des idées. Le contact avec d’autres personnes réelles permet de découvrir que certains de ces biais sont valides, tandis que d’autres ne sont que des choses ramassées au fil de la vie et qui ne sont plus productives aujourd’hui. Comme on ne voit l’existence qu’avec ses propres yeux, on ne peut pas vraiment se vérifier soi-même dans un état d’isolement complet, ni comprendre clairement l’effet qu’on a sur soi-même. Pour ma part, les échanges avec les autres m’ont le plus souvent été utiles, même quand je n’en voulais pas et que cela me semblait répugnant
    • Asocial paraît plus juste que antisocial
    • Alors je me demande pourquoi vous écrivez ici
      N’est-ce pas le signe que vous avez besoin d’une forme ou d’une autre d’interaction sociale ? On peut se demander si le fait de débattre sur HN répond à ce besoin, ou si vous évitez simplement d’autres options parce qu’elles sont trop effrayantes et trop aliénantes. De manière générale, je me méfie des définitions de soi du type je suis quelqu’un de ______. Nous exagérons souvent ce qui relève d’un trait inné et ce qui relève d’une habitude. J’ai vu beaucoup de personnes à tendance misanthrope retrouver une forme d’équilibre, et beaucoup d’autres s’enfoncer davantage encore
    • Vous pourriez essayer une approche à double mode
      Continuer d’apprendre à apprécier le temps seul, et se libérer de la pression de devoir vivre comme tout le monde, c’est sain. Mais en même temps, garder ouverte la possibilité qu’il existe quelque chose dehors que vous n’avez pas encore trouvé peut être utile. Il n’est pas nécessaire de vous forcer à devenir sociable, mais si une activité vous attire, je vous conseillerais de l’essayer peu à peu. Il n’est pas nécessaire de choisir l’un ou l’autre. Continuez à apprécier la solitude, mais consacrez une petite part de votre énergie à l’exploration, au cas où elle réserverait une surprise
    • Si vous tenez à l’isolement tout en regardant dehors pour obtenir des informations, il y a là une certaine contradiction
      Lire des livres, même si c’est une relation asymétrique, revient déjà à reconnaître qu’il y a de la valeur à faire l’expérience du point de vue d’autrui. Je ne pense pas que vivre en retrait soit un échec moral, ni que participer à la société soit une obligation envers elle. Mais une vie recluse consiste à choisir des expériences prévisibles et limitées en renonçant à des possibilités imprévues et sans frontières. C’est pourquoi l’argument contre l’isolement revient, au fond, à ceci : le choix le plus sûr n’est pas forcément le meilleur
  • Je ne suis pas très doué pour ce genre de choses, et ce n’est pas que je n’aie pas envie de m’améliorer
    C’est particulièrement pire dans les conversations avec les femmes. Aux happy hours du travail, je finis simplement assis en silence, et j’ai du mal à trouver des points communs avec les gens qui parlent de leur maison ou de leurs enfants. Je sais que la bonne manière de converser, c’est de poser des questions, mais j’y arrive mal
    Il y a aussi une raison pour laquelle j’ai l’impression qu’être seul n’est pas bon pour moi. Un jour, après un accident de voiture, des amis sont venus sur place et m’ont raccompagné chez moi

    • J’espère que ce ne sera pas perçu comme un conseil non sollicité, mais d’après mon expérience
      Il m’a fallu longtemps pour comprendre que je n’étais pas antisocial, mais simplement mal adapté aux soirées et à la sociabilité de bureau. Dans d’autres espaces, surtout dans des communautés de hobby, je m’épanouis au contraire beaucoup mieux
    • J’espère que ce ne sera pas mal pris, mais la dernière phrase fait un peu trop transition sortie de nulle part, et je crois comprendre une partie de la raison pour laquelle vos conversations déraillent
      En la reformulant, j’imagine que vous vouliez peut-être dire quelque chose comme quand une conversation tournait à l’accident de voiture, des amis venaient me sauver
  • Même face à une opposition écrasante, je veux conserver l’idée qu’il faut parfois tenir bon jusqu’au bout
    Qu’on appelle cela antisocial ou non, il arrive que cette opposition écrasante soit le signe que je suis un libre-penseur solitaire dans une chambre d’écho. Je pense aussi qu’il y a de la valeur à jouer celui qui donne des coups de bâton dans la ruche. Bien sûr, on se fait parfois piquer

    • La question la plus importante n’est pas ai-je raison ?, mais est-il nécessaire de prouver maintenant que j’ai raison ?
      Il se peut réellement que vous compreniez mieux les choses que tout le monde, mais c’est une autre question que de savoir pourquoi vous devez absolument le démontrer aux autres. Vous pouvez aussi présenter calmement votre argument, puis vous arrêter là. Ce sera leur perte, et plus tard les gens se souviendront peut-être que vous aviez raison. Même dans un contexte professionnel où une décision importante est en jeu, si le fait d’avoir raison vous conduit à agacer tout le monde, plus personne ne vous écoutera ensuite. Vous gagnez la bataille et perdez la guerre. Ce n’est pas ainsi que les gens devraient être, mais c’est ainsi qu’ils sont en réalité
    • Parfois, il ne s’agit pas d’être un libre-penseur, mais simplement d’un désir d’appartenance
      Si l’environnement permet une opposition écrasante, il est plus sage de s’arrêter un instant pour se demander quel est le but poursuivi en continuant de pousser une idée. Quand beaucoup de gens y réagissent instinctivement avec rejet, les chances que cette idée soit correctement examinée puis acceptée sont de toute façon très faibles
    • Dans ce cas, il faut vraiment avoir raison
      Si vous avez tort, il se peut que plus personne ne vous demande jamais votre avis
    • En réalité, n’est-ce pas presque exactement le comportement décrit ici ?
    • Le point essentiel, c’est le cela peut may
      Si vous vous heurtez à une opposition écrasante, le mieux est d’abord de prendre du recul et de réévaluer votre position. Vous avez peut-être raison, mais il est aussi possible que vous passiez à côté de quelque chose que les autres voient
      Faire cela de manière délibérée s’appelle la tenth man rule. C’est le principe selon lequel, quand neuf personnes sont d’accord, la dixième doit obligatoirement chercher un chemin opposé ; j’ai découvert cela dans ce commentaire https://news.ycombinator.com/item?id=47777175, et je trouve que c’est une explication excellente
  • Il y a quelques jours, quelqu’un s’est présenté en se qualifiant d’empath, et j’ai trouvé ça assez étrange
    Dans le contexte de cette conversation, cela sonnait presque comme une façon d’invalider ma propre perception, ce qui est ironique puisqu’il n’avait justement pas su anticiper comment j’allais le recevoir. Il existe des gens qui ont une certitude absolue dans leurs jugements sociaux, mais la véritable empathie me semble plus proche d’une méta-empathie qui imagine jusqu’à la possibilité de comprendre un autre monde

    • Parmi les gens que j’ai rencontrés, ceux qui se décrivent eux-mêmes comme des empath étaient, à mon avis, le plus souvent assez peu empathiques
      Une explication possible est que, comme ils vivent l’empathie plus rarement, cette expérience leur paraît plus saillante, parfois même écrasante, ce qui les conduit à croire qu’ils ressentent plus souvent ou plus intensément l’empathie que les autres. En réalité, les autres y sont peut-être simplement plus habitués et l’intègrent naturellement à leur quotidien. Une autre lecture est que se présenter ainsi de façon flatteuse suppose un certain degré de narcissisme ou d’égocentrisme. Au fond, le proverbe espagnol dime de que presumes y te diré de que careces s’applique souvent assez bien. En général, je pense qu’il y a un peu de tous ces éléments à la fois
    • À strictement parler, ce n’est pas de l’empathie empathy
      Aujourd’hui, empathy est souvent employé à tort pour désigner la capacité à comprendre le point de vue d’autrui, alors qu’à l’origine il s’agit plutôt de ressentir les émotions de l’autre avec lui. Moi-même, quand une personne proche traverse une émotion forte, il m’arrive de vivre directement une réponse émotionnelle proche ; c’est quelque chose de très différent de l’effort conscient consistant à comprendre les émotions d’autrui avec le cortex préfrontal
    • Tellement typique
      Je ne sais pas pourquoi les gens qui se disent empath sont toujours comme ça, et je ne pense pas que je le comprendrai un jour complètement. Il faut croire que je n’ai pas assez d’empathie pour démêler ça
    • Il n’existe pas de trait de personnalité absolument fixe
      Même quelqu’un qui correspond bien à une certaine caractéristique n’est pas exempt de défauts, et peut parfois parler sans réfléchir. Une personne introvertie, empathique et réfléchie peut très bien laisser échapper par maladresse une remarque qui, vue de l’extérieur, semble ignorer les émotions d’autrui. Ce n’est pas une réfutation de l’idée précédente, simplement une invitation à considérer aussi les défauts généraux de tous les êtres humains
  • Ce texte semble donner d’antisocial une interprétation très particulière et très hostile
    Je suis moi-même plutôt antisocial, et je le considère comme un défaut de caractère, mais cela ne veut pas dire que je suppose toujours le pire des autres ni que je manque d’introspection. Le fait de ne pas être naturellement sociable n’est pas la même chose que mépriser autrui

    • Ce serait probablement plus proche de asocial
      asocial, c’est quelqu’un qui évite les gens, reste discret, rate les signaux sociaux et n’attire pas facilement les autres ; antisocial, c’est quelqu’un de cruel, grossier, sans retenue, qui repousse activement les gens
    • J’ai lu ce texte comme une blague du type voilà ce qu’il ne faut pas faire