La Poste a tenté d’étouffer le lanceur d’alerte sur Horizon par des menaces et des mensonges envers la BBC
- La Poste a menacé la BBC et menti pour tenter d’étouffer des preuves cruciales, dans le scandale Horizon, qui disculpaient les sous-maîtres de poste.
- Des dirigeants ont cherché à discréditer des sous-maîtres de poste avant la diffusion, en 2015 dans Panorama, d’une interview d’un lanceur d’alerte de Fujitsu.
- Le lanceur d’alerte Richard Roll a révélé que des comptes pouvaient être modifiés en secret dans le système informatique Horizon.
- La Poste a refusé de commenter pendant que l’enquête publique est en cours.
- Roll a joué un rôle important dans l’affaire portée devant la Haute Cour en 2019, en révélant que des bugs du système pouvaient provoquer des erreurs.
- Entre 1999 et 2015, 700 sous-maîtres de poste ont été poursuivis pour vol, fraude, faux en comptabilité et autres chefs d’accusation ; certains ont été emprisonnés ou se sont suicidés.
Menaces et mensonges reçus par la BBC avant la diffusion
- Des avocats de La Poste ont envoyé aux experts interrogés par la BBC des lettres de menace au sujet de leur participation à l’émission.
- Des hauts responsables de La Poste ont affirmé à la BBC que ni ses employés ni Fujitsu ne pouvaient accéder à distance aux comptes des sous-maîtres de poste, alors que c’était en réalité possible.
- Les avocats de La Poste ont envoyé des lettres menaçant Panorama d’engager des poursuites.
- Les fausses affirmations de La Poste n’ont pas empêché la diffusion de l’émission, mais en ont retardé la publication.
- Des documents soumis à l’enquête publique révèlent que la haute direction de La Poste a célébré cette petite victoire.
Le témoignage crucial du lanceur d’alerte
- Richard Roll, qui a travaillé chez Fujitsu sur le système informatique Horizon, a témoigné que des employés de Fujitsu pouvaient accéder à distance aux comptes et les modifier.
- Ce témoignage constituait une preuve explosive susceptible de remettre en cause les condamnations de plus de 700 sous-maîtres de poste.
- La Poste s’est battue avec vigueur pour empêcher que l’affaire ne soit révélée.
« Immense regret »
- Des journalistes de Panorama ont reçu au siège de La Poste un briefing officiel sur le système Horizon.
- Des responsables de La Poste ont affirmé qu’il était impossible de modifier les comptes des sous-maîtres de poste, ce qui était faux.
- La Poste a dû reconnaître que des employés de Fujitsu pouvaient accéder à distance aux comptes et les modifier.
- Un rapport de consultant de 2011 avertissait que les employés de Fujitsu disposaient d’un « accès sans restriction » aux comptes des sous-maîtres de poste.
Accusations et fausses affirmations
- Pour entraver l’enquête de Panorama, les avocats et hauts responsables de La Poste ont envoyé des lettres de menace.
- La Poste a aussi tenté de discréditer les sous-maîtres de poste qui allaient apparaître dans l’émission via un autre briefing officieux.
- La Poste n’a pas réussi à empêcher la diffusion, mais a tenté d’en réduire l’impact.
L’avis de GN⁺
- Cet article traite de la tentative de La Poste de museler la presse pour dissimuler les erreurs de son système et maintenir des condamnations injustifiées. Il soulève des questions majeures de transparence et de responsabilité des institutions publiques.
- En montrant que le témoignage courageux d’un lanceur d’alerte et la ténacité des journalistes ont joué un rôle décisif pour faire émerger la vérité, l’article souligne l’importance du rôle de la presse.
- L’affaire relance aussi le débat sur la manière dont des défaillances techniques peuvent influer sur des conséquences judiciaires et sur les mesures nécessaires pour prévenir de tels drames.
1 commentaires
Avis Hacker News
Dans le cadre du scandale de la Poste britannique, un développeur de Fujitsu a confirmé l’existence d’une fonction secrète d’édition de comptes dans le logiciel Horizon, que la Poste niait. Environ 700 directeurs de bureau de poste ont été tenus pour responsables de la disparition d’espèces et poursuivis pour fraude et vol.
Il est recommandé de lire le rapport spécial de Private Eye, « Justice Lost In The Post ».
Les professionnels de l’IT ont des leçons à tirer sur l’impact que le logiciel peut avoir sur la vie des gens.
Supposer qu’un système complexe a toujours raison peut être encore plus problématique lorsque cela est déterminant dans une affaire pénale.
Les entreprises publiques américaines évitent que ce genre de chose se produise grâce aux exigences de conformité SOX.
Des inquiétudes existent quant au nombre de scandales au Royaume-Uni qui ne sont jamais révélés.
La page Wikipédia sur le scandale de la Poste indique que les problèmes ont commencé dans les années 1990, n’ont jamais été correctement résolus, et que certaines personnes se sont suicidées en conséquence.
Ce système n’arrivait pas à faire correspondre les comptes, ce qui est évident pour quiconque suit cette affaire au Royaume-Uni.
Cela faisait des décennies que Private Eye écrivait sur cette affaire, sans qu’il ne se passe rien, et il a suffi d’une série télévisée pour provoquer des avancées immédiates.
Si des procès ne parviennent pas à établir la vérité dans une affaire aussi simple, cela amène à s’interroger sur l’état du système judiciaire.