- J’ai commencé à écrire et à publier des logiciels open source il y a environ 15 ans, et à l’époque je n’utilisais que des licences permissives comme MIT ou BSD.
- Je considérais comme un honneur que des entreprises de premier plan utilisent mes bibliothèques open source comme Nodemailer, au point d’avoir même refusé une proposition de don du fondateur d’un grand service d’e-mail.
- Mais lorsqu’une startup utilisant Nodemailer a été rachetée pour 500 millions de dollars, j’ai commencé à me demander ce que j’y avais gagné.
- En lançant EmailEngine, j’ai essayé de me protéger autant que possible, en utilisant la licence LGPL et en mettant en place un processus de CLA (Contributor License Agreement).
- Beaucoup de gens n’aiment pas les CLA, mais comme j’ai écrit moi-même 98,1 % du code de Nodemailer et 99,8 % de celui d’EmailEngine, le fait que des PR (pull requests) ne soient pas fusionnées n’était pas un gros problème.
- Pour générer des revenus avec ce nouveau projet, j’ai publié le projet sous licence LGPL, tandis que la version MIT n’était accessible qu’avec un abonnement, facturé 250 euros par an.
- Mais ce modèle économique a échoué, et au bout d’un an et demi, les revenus totaux n’étaient que de 750 euros.
- J’ai fait refaire l’interface de l’application par un professionnel et mis en place un système de clés de licence : pour utiliser EmailEngine, il fallait une clé de licence réservée aux abonnés payants.
- Je suis passé de la LGPL à une licence commerciale ; le code source reste public sur GitHub, mais le projet n’est plus open source, il est désormais en mode « source available ».
- Je continue de publier de petits outils sous licence MIT, mais plus mes projets principaux.
- Par exemple, j’ai extrait la fonctionnalité de client IMAP d’EmailEngine pour en faire une bibliothèque générique de client IMAP pour Node.js, publiée sous licence MIT, et ce module offre des performances bien supérieures aux alternatives existantes.
- Au début, il n’y avait pas d’option d’essai : si aucune clé de licence valide n’était fournie dans les 15 minutes suivant le démarrage de l’application, celle-ci cessait de fonctionner.
- J’ai gardé le même prix, et dès le premier mois, j’ai vendu pour 1 750 euros d’abonnements, ce qui a décidé du destin du projet.
- J’ai ensuite augmenté progressivement le prix, sans que cela ne réduise le nombre de clients ; pour les entreprises, une somme inférieure à 1 000 dollars ne semble pas représenter une charge majeure.
- Aujourd’hui, le revenu mensuel récurrent (MRR) d’EmailEngine atteint 6 100 euros, ce qui me permet, en Estonie, de me verser un salaire correct et de me consacrer pleinement au projet.
L’avis de GN⁺
- Cet article partage le processus de transformation d’un projet open source en activité commerciale et montre aux développeurs open source qu’il existe des possibilités de monétisation.
- Il souligne que la mise à disposition gratuite d’un logiciel open source peut, à long terme, desservir le développeur, et montre qu’un passage à une licence commerciale peut apporter des revenus stables.
- L’article apporte aussi un éclairage sur l’importance des CLA dans la communauté open source et sur l’impact du choix de licence sur le modèle économique.
- Il faut prendre en compte les différents types de licences ainsi que leurs implications juridiques et financières, et il est important d’anticiper la réaction de la communauté et le niveau de contribution lors de la commercialisation d’un projet open source.
- L’avantage de cette approche est d’offrir des revenus stables et un cadre permettant de se concentrer sur le développement d’un produit professionnel, mais elle a pour inconvénient possible de faire perdre le soutien et les contributions de la communauté open source.
1 commentaires
Avis Hacker News
L’idée centrale de l’histoire est que l’auteur a commencé à obtenir des abonnés lorsqu’il a fait en sorte que le logiciel cesse de fonctionner sans licence.
Selon l’expérience de l’auteur avec les logiciels open source, les entreprises paient rarement, même lorsqu’elles en perçoivent la valeur, tant que c’est gratuit. En revanche, un petit montant comme 1 000 USD par an peut être acheté par un développeur dans la plupart des entreprises sans trop de paperasse.
Lorsque la startup utilisant Nodemailer a été rachetée pour 500 millions de dollars, l’auteur a commencé à se demander ce qu’il en retirait lui-même.
Pour ceux qui s’interrogent sur la licence, il est expliqué que la signature standard utilise une clé EC (sect239k1).
Lorsqu’il a commencé à augmenter ses prix, l’auteur a été surpris de constater que le nombre de clients ne baissait pas.
Les développeurs open source s’identifient aux utilisateurs, mais les entreprises qui recherchent un retour sur investissement (ROI) ne sont pas des consommateurs.
Personne ne travaille gratuitement : on travaille pour l’argent, le statut ou le plaisir.
Le titre est trompeur. L’auteur n’a pas transformé un projet open source en activité, mais l’a converti en produit commercial à code source visible. Il s’agit d’un changement de licence, pas d’une entreprise construite autour d’un projet open source comme le suggère le titre.
Le seul regret de l’auteur est de ne pas avoir commencé plus tôt à vendre le logiciel, au lieu de publier uniquement du logiciel open source gratuit.
Un commentaire se demande si l’auteur a déjà demandé du sponsoring pour Nodemailer.