La FCC américaine ouvre l’ensemble de la bande 6 GHz aux appareils à très faible puissance
(docs.fcc.gov)- Le 11 décembre 2024, la FCC a adopté de nouvelles règles étendant l’exploitation des appareils non licenciés à très faible puissance (VLP) à l’ensemble des 1 200 MHz de la bande 6 GHz
- Après les bandes U-NII-5 et U-NII-7 déjà autorisées, 350 MHz supplémentaires des bandes U-NII-6 (6,425~6,525 GHz) et U-NII-8 (6,875~7,125 GHz) sont également ouverts avec le même niveau de puissance et les mêmes conditions de protection
- Les appareils VLP peuvent être utilisés sans contrôle AFC ni restriction de localisation, mais doivent appliquer des protocoles fondés sur la contention ainsi qu’un contrôle de la puissance d’émission
- Les usages visés incluent les AR/VR, la connectivité embarquée dans les véhicules, les wearables, le monitoring médical, les hotspots mobiles de courte portée, etc.
- Ce document est une annonce informelle de l’action de la Commission, la publication du texte intégral de l’ordonnance constituant l’action officielle de la FCC
L’exploitation VLP étendue à toute la bande 6 GHz
- La FCC élargit les règles d’usage sans licence afin de permettre aux appareils à très faible puissance (VLP) d’opérer sur l’ensemble des 1 200 MHz de la bande 6 GHz
- La bande concernée couvre les segments déjà approuvés U-NII-5 (5,925~6,425 GHz) et U-NII-7 (6,525~6,875 GHz), auxquels s’ajoutent U-NII-6 (6,425~6,525 GHz) et U-NII-8 (6,875~7,125 GHz)
- La largeur des nouvelles bandes ouvertes U-NII-6 et U-NII-8 est de 350 MHz
- La FCC estime que l’extension de l’usage sans licence entre 5,925 et 7,125 GHz est liée au développement du Wi-Fi 6E, des services basés sur le Wi-Fi 7 et de l’Internet des objets
Conditions de protection contre les interférences et usages visés
- Les appareils VLP fonctionnent sous des conditions destinées à protéger les services sous licence existants dans la même bande
- Les conditions d’exploitation sont les suivantes
- aucune restriction sur le lieu d’exploitation
- aucune obligation de contrôle par un système AFC (Automated Frequency Coordination)
- obligation d’utiliser des protocoles fondés sur la contention pour réduire le risque d’interférences
- obligation de mettre en œuvre un contrôle de la puissance d’émission
- interdiction d’exploitation en tant qu’élément d’une infrastructure extérieure fixe
- Ces appareils conviennent aux usages nécessitant, à courte distance, une très faible puissance et une vitesse de connexion élevée
- Les domaines d’application attendus sont les suivants
- réalité augmentée et réalité virtuelle
- connectivité embarquée dans les véhicules
- appareils wearables
- monitoring médical
- hotspots mobiles de courte portée
- positionnement et navigation de haute précision
- automatisation
- Cette mesure a été approuvée le 11 décembre 2024 dans le cadre du Third Report and Order (FCC 24-125) et est traitée comme une annonce informelle jusqu’à la publication du texte intégral de l’ordonnance par la Commission
1 commentaires
Avis sur Hacker News
C’est une excellente évolution, et j’aimerais que l’Australie suive le mouvement
L’ACMA, le régulateur australien des télécommunications, autorise déjà les appareils Wi‑Fi 6E à fonctionner dans la partie basse de la bande 6 GHz (5925–6425 MHz) au titre de la Low Interference Potential Devices (LIPD) Class Licence. Cela inclut les appareils d’intérieur à faible puissance (LPI) et les appareils à très faible puissance (VLP)
La partie haute de la bande 6 GHz (6425–7125 MHz) est encore en cours d’évaluation, et une consultation publique a été ouverte en juin 2024 sur des usages comme les RLAN et le haut débit sans fil étendu. La partie basse de la bande 6 GHz peut donc être utilisée par des appareils sans licence, tandis que la partie haute est toujours à l’étude
Il existe un tableau complet d’attribution des fréquences aux États-Unis. Il date de 2016, mais je ne trouve pas vraiment de version plus récente : https://www.ntia.gov/sites/default/files/publications/januar...
Je me demande si cela va servir de diversion par rapport aux changements proposés dans la bande 900 MHz
Autre hypothèse : le principal cas d’usage sera probablement lié à l’UWB : https://en.m.wikipedia.org/wiki/Ultra-wideband
En pratique, cela ressemble surtout à de la localisation de proximité
Les plus paranoïaques pensent que la FCC cherche à limiter les communications longue portée en poussant tout le matériel sans licence vers les bandes au-delà du GHz, mais je ne vais pas jusque-là. En revanche, je pense qu’il existe une pression d’intérêts commerciaux sur les fréquences UHF et VHF
Je suis aussi d’accord pour dire qu’une bonne partie des usages de la bande 6 GHz seront liés à l’UWB. Les gens vont sans doute exploiter les ADC/DAC multi-GSPS proposés par Xilinx RFSOC et Analog Devices. J’ai lu une proposition d’« extendeur vidéo HD » UWB : l’idée était de connecter un écran 4K à une source via UWB au lieu d’un câble, et cette décision de la FCC rend cela beaucoup plus réaliste
C’est utile quand on a besoin d’une proximité ou d’une direction vérifiable, par exemple pour des usages de sécurité. Une voiture pourrait ainsi ne se déverrouiller que si le téléphone se trouve à environ 2 m, et pas via un dispositif d’homme du milieu/amplificateur situé à 1 km
Je ne sais pas si c’est déjà utilisé, mais on me l’a présenté comme l’un des avantages
C’est une insulte à la raison. L’idée serait de sacrifier un gros morceau de fréquences amateur, ainsi que LoRaWAN, Z-Wave et EZPass, pour permettre à des organisations nationales d’avoir des implémentations PNT déjà prêtes à tomber en panne. Alors que la demande en PNT vient surtout d’organisations opérant à l’étranger, où personne ne se soucie de ce que dit la FCC
Le communiqué de presse ne précise pas ce qui relève de la très faible puissance. La définition se trouve dans https://docs.fcc.gov/public/attachments/DOC-397315A1.pdf
Ces appareils n’ont pas besoin de fonctionner sous le contrôle d’un point d’accès
À la page 98, un « Geofenced Very Low Power Access Point » est défini comme un point d’accès fonctionnant dans la bande 5,925–7,125 GHz, avec une antenne intégrée, et utilisant un système de géorepérage pour déterminer les canaux disponibles à son emplacement
La Commission estime que les appareils portés sur le corps représenteront l’essentiel de l’usage des appareils VLP, et que ces appareils fourniront de grandes quantités de données en temps réel
Les organisations favorables à l’autorisation de l’exploitation des appareils VLP envisagent des périphériques portables (smartphones, lunettes, montres, écouteurs), la réalité augmentée/virtuelle, les réseaux personnels, ainsi que des applications embarquées dans les véhicules (écrans de tableau de bord, etc.)
On s’attendait aussi à des communications entre véhicules
En novembre 2024, la FCC a finalisé les règles pour la bande 5,850–5,925 GHz, en y incluant aussi la technologie Cellular Vehicle-to-Everything (C‑V2X), considérée comme le successeur du DSRC
Des fréquences étaient attribuées au V2V depuis 1999, mais il est surprenant que le V2V+V2I ait été absorbé par le C‑V2X. D’un côté, c’est compréhensible puisque la 5G est adaptée à ce genre d’usage, mais désormais un gatekeeper fournira le service et prélèvera sa part. Du V2V pur aurait pu être utilisé gratuitement
Il est étonnant qu’en 2024, on ne puisse toujours pas envoyer à l’ordinateur de ma voiture l’information que la voiture devant vient de freiner et que la mienne doit s’y préparer. L’AEB est bien, mais l’attitude actuelle ressemble à « ma voiture joue au cuirassé ». On collecte toutes les données et on prend toutes les décisions uniquement dans sa propre voiture, en ne tenant pas compte des autres véhicules, ou en les ignorant
À mon avis, le V2V présentait probablement trop de failles de sécurité pour être largement adopté. Si l’on peut usurper des événements de freinage sur autoroute, ce serait très dangereux
Si vous voulez communiquer avec les véhicules autour de vous, passez une licence radioamateur et réglez un talkie-walkie portable sur 146,52 MHz, la fréquence nationale d’appel simplex. Plus il y a de gens à l’écoute de 146,52, mieux c’est. Cette fréquence est ce qui se rapproche le plus d’un canal national « SOS ! » parmi toutes les fréquences radioamateur. Si vous avez une urgence dans une zone sans couverture mobile et que vous avez un HT, il arrive souvent que quelqu’un écoute sur 146,52 et puisse appeler à l’aide pour vous. Une autre fréquence d’appel courante est 446,000 MHz, mais la bande des 2 m porte mieux en terrain boisé, et il y a probablement plus de gens à l’écoute de « 52 » que de 446,000. En cas d’urgence, cela vaut tout de même la peine d’essayer les deux
Les limites d’EIRP semblent excessivement conservatrices et restreignent l’utilité des antennes à réseau phasé
Si la limite portait sur la puissance rayonnée totale, même un routeur Wi‑Fi de 1 W pourrait, avec un nombre raisonnable d’éléments d’antenne, atteindre une portée comparable à celle d’un émetteur-récepteur de l’ordre du kW, tout en émettant la même puissance totale en interférences. Mais comme la limite porte sur l’EIRP, les réseaux phasés sont eux aussi plafonnés à la même portée, ce qui supprime l’intérêt d’utiliser un réseau phasé plutôt qu’une antenne unique
Je me demande s’il existe une bonne raison d’utiliser l’EIRP que j’aurais manquée. Pour les terminaux de communication satellite, je comprends qu’ils puissent avoir une EIRP élevée puisqu’ils pointent tous vers le ciel, mais dans les autres bandes, la FCC semble limiter l’EIRP parce qu’elle ne peut pas garantir que les faisceaux ne se croiseront pas. Pourtant, si le système est spatialement sélectif, cela devrait être meilleur pour tout le monde
Une limite d’EIRP limite donc les interférences reçues par les récepteurs qui se trouvent dans la direction d’émission. Du point de vue de ces récepteurs, la puissance totale que l’émetteur envoie dans toutes les directions n’a absolument aucune importance
L’EIRP minimise la réglementation. C’est un compromis correct par rapport à l’obligation d’avoir une licence d’opérateur et d’installation
Dans la plupart des cas, même avec la même limite d’EIRP qu’une antenne unique, deux antennes ou plus permettent d’extraire davantage de capacité du canal
Je me demande si cela encouragera des réseaux maillés fondés sur le handoff portés par des innovateurs. Ce serait lent et avec peu de bande passante, mais sous une forme très démocratique
Je ne sais pas à quel point on a vu ce genre de cas quand les espaces blancs des bandes TV ont été ouverts aux usages sans licence : https://www.fcc.gov/general/white-space
À mon avis, l’obstacle pourrait être la nécessité ou non d’un matériel dédié. Dans une bande aussi large que les 6 GHz, beaucoup de matériel de plateforme généraliste, c’est-à-dire non dédié, devrait être développé et disponible, et des innovateurs centrés sur le logiciel pourraient se lancer dans des applications de longue traîne, y compris les réseaux maillés
Vu la fragilité des signaux à cette fréquence, je me demande à quel point ce sera utile
Je veux dire qu’ils sont facilement bloqués, diffractés, et posent divers problèmes
Plutôt que de se battre pour couvrir toute une maison avec un seul point d’accès qui crie le plus fort possible, on peut placer dans plusieurs pièces des points d’accès plus petits et moins puissants. Grâce à une bonne pénétration dans l’air et à une fréquence élevée, on peut établir des liens multigigabit sans interférences ni concurrence
Je me demande si cela augmente le nombre de canaux Wi‑Fi 6E en 6 GHz aux États-Unis, ou s’il faut une procédure supplémentaire
Le comité IEEE pourrait ajouter de nouveaux canaux à 802.11bn, mais la ratification est attendue vers 2028 et le nom commercial devrait être Wi‑Fi 8. Cela dit, cela paraît peu probable. En effet, 802.11ax (Wi‑Fi 6/Wi‑Fi 6E) et 802.11be (Wi‑Fi 7) se concentrent surtout sur la réduction des interférences entre différents réseaux via des mécanismes de réduction des collisions comme le BSS coloring ou le Flexible Channel Utilization, plutôt que sur l’extension de la bande passante
En 6 GHz, il existe trois modes de fonctionnement. Le VLP est désormais possible sur l’ensemble des 1200 MHz (5925–7125 MHz), alors qu’il était auparavant limité à 850 MHz. L’ultra-basse puissance correspond à 25 mW (14 dBm), avec une PSD de -5 dBm/MHz, et est possible en intérieur comme en extérieur. On peut penser à des usages de proximité comme smartphone-ordinateur portable, smartphone-écouteurs/AR·VR
Le LPI est déjà autorisé sur l’ensemble des 1200 MHz. Le mode basse puissance en intérieur correspond à 1 W (30 dBm), avec une PSD de 5 dBm/MHz, les clients étant 6 dB plus bas, et il est réservé à l’intérieur. Les routeurs domestiques entrent dans cette catégorie
Le SP est autorisé sur 850 MHz et, à ma connaissance, aucune extension n’est prévue. La puissance standard correspond à 4 W (36 dBm), avec une PSD de 23 dBm/MHz, les clients étant 6 dB plus bas, et il est possible en intérieur comme en extérieur. Il nécessite une coordination automatique des fréquences (AFC) : l’appareil envoie sa position au cloud, qui lui indique les canaux disponibles. On peut penser à des routeurs d’entreprise ou haute puissance, ou à des liaisons point à point extérieures (WISP)
Cette réglementation ne concerne donc que le VLP, avec pour effet notamment d’augmenter le nombre de canaux 320 MHz. Il n’y a aucun changement pour l’usage Wi‑Fi le plus courant, routeur-ordinateur portable/PC
Peux-tu expliquer ce qui devient possible maintenant alors que ça ne l’était pas auparavant ?
En 6 GHz, il existe trois modes de fonctionnement. Le VLP est désormais possible sur l’ensemble des 1200 MHz (5925–7125 MHz), alors qu’il était auparavant limité à 850 MHz. L’ultra-basse puissance correspond à 25 mW (14 dBm), avec une PSD de -5 dBm/MHz, et est possible en intérieur comme en extérieur. On peut penser à des usages de proximité comme smartphone-ordinateur portable, smartphone-écouteurs/AR·VR
Le LPI est déjà autorisé sur l’ensemble des 1200 MHz. Le mode basse puissance en intérieur correspond à 1 W (30 dBm), avec une PSD de 5 dBm/MHz, les clients étant 6 dB plus bas, et il est réservé à l’intérieur. Les routeurs domestiques entrent dans cette catégorie
Le SP est autorisé sur 850 MHz et, à ma connaissance, aucune extension n’est prévue. La puissance standard correspond à 4 W (36 dBm), avec une PSD de 23 dBm/MHz, les clients étant 6 dB plus bas, et il est possible en intérieur comme en extérieur. Il nécessite une coordination automatique des fréquences (AFC) : l’appareil envoie sa position au cloud, qui lui indique les canaux disponibles. On peut penser à des routeurs d’entreprise ou haute puissance, ou à des liaisons point à point extérieures (WISP)
Cette réglementation ne concerne que le VLP et augmente notamment le nombre de canaux 320 MHz. Il n’y a aucun changement pour l’usage Wi‑Fi le plus courant, routeur-ordinateur portable/PC. En revanche, elle permet une meilleure disponibilité des canaux, une latence plus faible et un débit plus élevé pour les applications mobiles dans les zones très denses