1 points par GN⁺ 2025-05-19 | 1 commentaires | Partager sur WhatsApp
  • Le gouvernement français a officiellement soutenu les principes open source de l’ONU, une première mondiale pour un gouvernement
  • Cette décision a été annoncée principalement par les ministères français liés au numérique
  • Des questions se posent sur le fait de savoir si cela débouchera sur des mesures concrètes, ou s’il ne s’agit que d’une simple déclaration d’intention
  • Dans le même temps, le ministère français de l’Éducation a tout de même conclu un contrat pour l’adoption de solutions Microsoft
  • Le débat se poursuit sur la mise en œuvre effective de cette politique et sur sa portée contraignante

Soutien officiel du gouvernement français aux principes open source de l’ONU

  • La France devient le premier gouvernement au monde à soutenir officiellement les principes open source de l’ONU
  • Plusieurs agences gouvernementales et ministères concernés ont partagé cette annonce sur les réseaux sociaux afin d’encourager la transformation numérique et la diffusion des logiciels open source dans le secteur public

Le débat entre mise en œuvre réelle et déclaration symbolique

  • Un débat a émergé sur la question de savoir si cette annonce politique restera symbolique ou si elle donnera lieu à des règles ayant une force juridique contraignante
  • L’attention se porte sur le fait de savoir si cet engagement officiel du gouvernement en faveur de l’open source se traduira par une application administrative et juridique

Adoption de solutions Microsoft par le ministère de l’Éducation

  • Selon une position officielle publiée le 14 mars 2025, le ministère de l’Éducation nationale et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ont renouvelé un contrat visant à déployer des solutions Microsoft auprès des administrations centrales et des établissements universitaires
  • Cette décision va à l’encontre de la volonté affichée en matière de politique open source et suggère que l’adoption de logiciels open source reste limitée sur le terrain

Orientation future de la politique et défis à relever

  • Après ce soutien officiel aux principes open source, des mesures supplémentaires et des ajustements de politique publique sont nécessaires pour les appliquer concrètement au secteur public
  • La mise en place de dispositifs juridiques contraignants et la multiplication de cas d’application concrets constituent les principaux défis à venir

Questions associées et lien de référence

  • Question officielle à l’Assemblée nationale française : Voir ici
  • Certains citoyens et acteurs concernés soulignent la nécessité d’assurer une capacité d’exécution réelle, au-delà d’une simple déclaration

1 commentaires

 
GN⁺ 2025-05-19
Avis Hacker News
  • J’ai l’impression que c’est surtout un geste de façade, et que la réalité est différente. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement français dit soutenir l’open source. En pratique, l’essentiel des fonds publics va à des logiciels propriétaires, et l’open source reste l’exception. Il y a deux mois, le gouvernement français a signé avec Microsoft un contrat « open bar » pour le ministère de l’Éducation nationale. Montant : 152 millions d’euros, et ce n’est pas de l’open source. Quelques jours plus tard, un grand établissement public (Polytechnique) a aussi annoncé une migration vers MS Office 365, y compris pour le système de messagerie. Cela va à l’encontre de plusieurs lois et directives officielles, même s’il s’agit d’une école non militaire

    • Je pense que la situation est un peu plus complexe. En général, quand des services choisissent l’open source, cela fait moins de bruit. Si le CNLL peut critiquer Polytechnique, c’est justement parce qu’il existe des directives claires. Sans ces directives, la situation serait à mon avis bien pire. Et sur la question de « l’essentiel des fonds publics », il faut aussi noter que les contrats open source ne se chiffrent généralement pas en dizaines de milliards : une grande partie des dépenses passe par le recrutement en interne, avec seulement une partie confiée à des prestataires externes

    • C’est à suivre, mais vu les résultats concrets du passé, il est difficile d’être optimiste

    • Je pense quand même que c’est un premier pas dans la bonne direction. Ce mouvement est apparu dans le contexte des États-Unis et des droits de douane de Trump. Dans les administrations de mon pays aussi, on parle de plus en plus de sortir de la dépendance aux géants américains du logiciel. Un service a récemment quitté AWS pour Hetzner, ce qui a aussi permis d’économiser du budget. J’ai aussi entendu parler d’échanges sur la création d’une suite bureautique européenne

  • Je pense que lorsque l’État développe des logiciels publics, l’open source devrait être l’option par défaut. C’est le seul moyen d’instaurer la confiance. À long terme, j’ai l’impression que l’open source et les logiciels gouvernementaux fermés pourraient devenir un critère de distinction entre régimes autoritaires et démocraties

    • La formule « distinction entre régimes autoritaires et démocraties » m’a d’abord paru exagérée, mais en y réfléchissant, je pense que c’est plutôt vrai. Toute l’infrastructure liée au vote, au recensement, aux impôts, au reporting et à la conformité dépend désormais des logiciels, donc une transparence totale de l’État devient indispensable

    • J’ai la conviction que des technologies libres et ouvertes sont le socle de sociétés libres et ouvertes

  • J’aimerais voir davantage de fonds publics investis dans l’open source. Même si cet argent allait vers des services privés de CI dans le cloud, ce serait déjà très utile. Beaucoup de projets peinent à équilibrer les ressources de CI disponibles et le nombre de configurations de build/test à maintenir

  • Par comparaison avec les principes open source des États-Unis, je trouve intéressant qu’aux États-Unis, les choses finissent en principe dans le domaine public

  • J’aimerais voir l’open source se diffuser davantage dans le monde, afin que les gens trouvent des moyens de sortir de Windows, MacOS, iOS, Android, des bases de données, etc. Je pense que les entreprises technologiques américaines gagnent des milliards avec ces produits relativement faciles à remplacer

    • Si vous voulez le faire, faites-le vous-même
  • Cela ne me surprend pas. Depuis mes échanges avec ETAlab en 2017, j’ai l’impression que le gouvernement français a une vision très progressiste de l’open source. Ils suivaient plus vite que quiconque les évolutions récentes de la civic tech, comme les projets g0v.tw ou vTaiwan

  • La vraie question est de savoir si cette mesure restera purement symbolique ou si l’État va réellement modifier ses politiques d’achat et ses exigences envers les fournisseurs. Par exemple, ce serait plus impressionnant si tous les fournisseurs devaient proposer par défaut des interfaces ouvertes ou contribuer au financement de la maintenance d’infrastructures open source. Sinon, j’ai l’impression que cela risque de rester au niveau de la déclaration d’intention

    • Je pense que cela prendra du temps, mais je veux souligner qu’il existe déjà de nombreux cas d’application concrets. Libre office est utilisé sur plus de 500 000 ordinateurs de l’administration. En tant que chercheur, j’ai souvent reçu des documents et feuilles de calcul Libre de doctorants français avec qui je collaborais

    • J’y vois plutôt des principes directeurs pour les logiciels publics. Par exemple, cela concernerait les applications utilisées par les citoyens pour leur déclaration d’impôts, le renouvellement de leur carte d’identité, etc.

  • Je me demande si ce mouvement s’applique aussi aux LLM (grands modèles de langage). Et si c’est le cas, je me demande comment l’open source y serait défini. J’aimerais notamment voir le gouvernement français rejeter le faux « Open » de Meta

    • Sur https://www.comparia.beta.gouv.fr/modeles, où plusieurs modèles sont comparés, les différentes licences de Llama ne sont pas présentées à tort comme « open source ». Et pour information, code.gouv.fr figure dans la liste de https://opensource.org/ai/endorsements

    • Ce sont simplement ces huit lignes directrices, rien de plus. Ce n’est pas très concret, et l’intention compte plus que la définition. Ce n’est pas une politique, mais une déclaration d’objectif

    • Je ne considère pas les données comme du « code source ». Qu’il s’agisse d’un livre, d’une bande-son ou d’une vidéo, pour moi ce n’est pas concerné. Le cœur de l’open source, ce sont le code d’entraînement et le logiciel d’exécution. Les données entraînées et vectorisées doivent-elles aussi être libres ? Peut-être. Mais je ne pense pas que cette initiative de l’ONU aille jusque-là

  • Je me demande quand la France aura une structure comparable à la Sovereign Tech Agency, ou au moins un financement de ce type

  • Je pense que la France a une réputation sous-estimée dans ce domaine. En tant que citoyen français, je suis impressionné de voir à quel point les démarches administratives en ligne sont devenues simples, et à quel point un outil comme France Connect permet de se connecter partout

    • J’ai toutefois rencontré de gros désagréments pour distribuer en France une application iOS avec chiffrement. La procédure administrative était si compliquée que j’ai fini par retirer l’application de l’App Store français, et à dire aux gens qui s’en plaignaient de demander à leur député de faire changer la loi. On en vient à plaisanter : « Excusez-moi, monsieur, vous avez une licence pour faire ces mathématiques ? »

    • Je me demande s’il existe en France des emplois publics pour les développeurs logiciels, ou si tout passe par des postes au sein d’organismes publics, ce qui reste du secteur public mais avec un statut un peu différent)