9 points par GN⁺ 2025-06-13 | 9 commentaires | Partager sur WhatsApp
  • Le ministère danois du Numérique est en train de faire migrer progressivement l’ensemble de ses employés de Windows et Office 365 vers Linux et LibreOffice, respectivement
  • Cette mesure s’inscrit dans la stratégie du Danemark visant à renforcer sa souveraineté numérique et à réduire sa dépendance envers un fournisseur unique
  • Des collectivités locales majeures comme Copenhague et Aarhus connaissent elles aussi une évolution similaire
  • La ministre a mis l’accent sur la coopération autour de l’open source et la diversification des fournisseurs, en précisant qu’un retour temporaire en arrière resterait possible en cas de difficulté lors de la transition
  • Certains incidents ainsi que l’évolution de la politique américaine ont particulièrement mis en avant les inquiétudes et la vigilance liées à la dépendance envers les entreprises IT américaines

Aperçu

  • Le ministère danois du Numérique a annoncé la procédure visant à cesser complètement, dans un avenir proche, l’usage des produits Microsoft, avec un remplacement total de son infrastructure de travail de Windows vers Linux et de Office 365 vers LibreOffice
  • Cette décision a été officiellement révélée par la ministre du Numérique, Caroline Stage, dans une interview accordée à un grand quotidien, et elle s’étend rapidement après que les plus grandes collectivités locales du Danemark ont elles aussi signalé il y a quelques semaines une orientation similaire
  • Environ la moitié des employés travailleront dans le nouvel environnement dès cet été, et l’ensemble du ministère devrait s’être complètement détaché de Microsoft d’ici l’automne.

Souveraineté numérique et réduction de la dépendance aux fournisseurs

  • Ce changement de politique du ministère du Numérique s’inscrit dans la stratégie du Royaume du Danemark visant à renforcer sa “souveraineté numérique”, avec pour objectif de reprendre le contrôle des données nationales et de l’infrastructure IT des mains de fournisseurs étrangers vers le pays lui-même
  • L’opposition danoise continue elle aussi de réclamer une baisse de la dépendance envers les entreprises IT américaines, ce qui laisse entrevoir un consensus politique croissant sur ce sujet
  • La municipalité de Copenhague a récemment décidé d’examiner son usage des logiciels Microsoft, tandis qu’à Aarhus, deuxième plus grande ville du pays, un remplacement partiel des services Microsoft est déjà en cours
  • La ministre du Numérique Stage a appelé l’ensemble des collectivités locales du pays à unir leurs efforts en faveur de l’open source, de la coopération et de la diversification des fournisseurs

Processus de transition et approche adoptée

  • En cas de problèmes imprévus ou de difficultés lors du déploiement, le ministère prévoit une approche flexible permettant de revenir temporairement à l’ancien système ou de chercher d’autres solutions
  • La ministre a affirmé sa détermination en déclarant que « si l’on n’agit pas, on ne s’approche jamais de l’objectif », et jusqu’à présent, la majorité des employés réagissent positivement à cette politique de transition
  • En raison de la nature même du ministère, dont la transformation numérique constitue une mission centrale, il est attendu que l’intérêt pour le nouvel environnement et l’envie de relever le défi soient élevés
  • Il a été souligné que ce changement ne vise pas simplement Microsoft, mais qu’il met plus largement l’accent sur la réduction de la concentration des fournisseurs

Contexte et facteurs supplémentaires

  • Parmi les éléments de contexte de cette tendance figure aussi la question de la confiance envers les entreprises IT étrangères, mise en lumière par certains incidents, notamment le blocage de comptes e-mail Microsoft de la Cour pénale internationale
  • Alors que les tensions diplomatiques se sont récemment accrues, notamment après que le président des États-Unis a officialisé son intention d’acquérir le Groenland, les appels à réduire la dépendance envers les entreprises américaines se renforcent particulièrement au Danemark

Conclusion

  • La politique de sortie de Microsoft et d’adoption de l’open source du ministère danois du Numérique constitue une transition visant à renforcer la souveraineté numérique, la diversification des fournisseurs et la transparence du pays
  • Cette transition pourrait également devenir un cas de référence important pour les débats sur l’adoption de l’open source dans d’autres pays et institutions publiques

9 commentaires

 
quack337 2025-06-14

Si le Danemark veut affronter Trump, qui dit vouloir s’emparer du Groenland,
il doit d’abord cesser immédiatement de stocker les documents gouvernementaux dans le cloud de Microsoft Office 365.
Cela deviendra très inconfortable, mais cela semble être une décision inévitable.

 
dec207 2025-06-14

Le gouvernement précédent avait déjà tenté quelque chose de similaire en Corée aussi... mais au final, entre plusieurs environnements conservateurs et le fait que l'open source non plus n'est pas vraiment gratuit, cela n'a pas pu aller plus loin. Cela dit, le fait d'avoir proposé une alternative au monopole avait une grande importance.

 
chickendreamtree 2025-06-13

Chez nous aussi, il y a deux projets, HamoniKR (grand public) et Gooroom (version durcie pour la sécurité), et j’aimerais qu’ils connaissent un peu plus de succès.

 
ilotoki0804 2025-06-13

Trump ouvre l’ère du desktop Linux, mdr

 
carnoxen 2025-06-13

J’ai surtout essayé d’utiliser LibreOffice, mais la praticité était moins bonne que celle de Microsoft Office, donc il m’est déjà arrivé de revenir en arrière... J’aimerais vraiment que, au moins sur le plan de l’ergonomie, ce soit au niveau de Microsoft Office...

 
kandk 2025-06-13

On aurait même plutôt dû le faire il y a longtemps... (chez nous aussi, la situation est grave)
Maintenant que l’IA s’est aussi greffée au cloud, cela pourrait devenir une décision qui nous ramène à l’âge primitif.
(Un peu comme dire : n’écrivez plus d’e-mails, envoyez du courrier postal à la place...)
Comme le dit l’avis ci-dessous, il faudrait investir davantage dans l’open source, mais reste à voir si le gouvernement sera vraiment capable de prendre une telle décision..

 
click 2025-06-13

Autrefois, on utilisait beaucoup de logiciels pour Windows, mais aujourd’hui la plupart des usages passent par des applications web, donc je pense que la situation est différente.

 
rtyu1120 2025-06-13

Du point de vue de l’OS, oui, mais contrairement aux données qui étaient effectivement stockées sous forme de fichiers locaux, les outils web les enregistrent dans le cloud, donc je me demande s’il n’y a pas un risque de verrouillage chez un autre fournisseur. Dans le même ordre d’idées, je pense que le fait d’avoir adopté LibreOffice est encore plus central.

 
GN⁺ 2025-06-13
Commentaires sur Hacker News
  • Un point souvent souligné dans le secteur IT danois est que le vrai sujet n’est pas tant de remplacer Office ou Windows, mais plutôt de savoir comment gérer toute l’infrastructure autour.
    On se demande si les machines Linux vont s’authentifier via Azure Active Directory, si elles n’utiliseront que l’AD local, ou si le service IT va devoir exploiter un service séparé en parallèle.
    Il semble peu probable qu’il y ait une sortie complète d’Exchange Server ; on peut s’attendre à ce que la moitié des effectifs y reste encore.
    Je me demande aussi quelle stratégie de remplacement est prévue s’ils utilisaient Intune.
    J’imagine que beaucoup d’employés utiliseront encore des programmes Windows via le webmail ou un bureau à distance.
    La situation ne semble pas accompagnée d’assez de temps ni de budget pour investir dans l’infrastructure, lever les obstacles et former les utilisateurs.
    Au final, j’ai peur que cela se termine par un échec, avec des employés qui se plaindront d’une baisse de productivité et d’un environnement de travail inconfortable.
    Le même type de changement est en cours en parallèle dans plusieurs écoles danoises, où il est prévu que Linux et LibreOffice remplacent les Chromebook.
    Le coût sera de 2,25 millions d’euros par an pendant les deux premières années, puis des économies de 4 à 5 millions d’euros sont attendues.
    Mais il n’y a apparemment pas de plan pour l’authentification, l’e-mail, le partage de fichiers ni le provisioning.
    Cela revient aussi à pousser les élèves hors d’un environnement protégé comme Google Workspace vers l’écosystème Google/Gmail grand public, où le risque de data mining est plus élevé.
    Je crains qu’en l’absence de planification suffisante, tout cela finisse mal.
    Et j’imagine déjà le scénario classique : le président américain interviendra plus tard pour calmer le jeu, puis dans deux ans tout le monde aura oublié l’affaire.

    • Je travaille actuellement dans une grande institution publique en Norvège.
      La moitié de l’équipe utilise Linux, et la seule vraie contrainte est qu’il faut utiliser Edge pour le SSO.
      (Firefox fonctionne aussi, il faut juste se connecter manuellement comme en 2008.)
      À part ça, j’ai le sentiment que côté Linux tout tourne bien plus fluidement que pour nos collègues sous Windows.

    • J’aimerais que tous les employés puissent contribuer au succès de ce type de projet de transition à partir de leur expérience.
      J’espère que la migration vers Linux et la sortie de Micro$oft deviendront une priorité dans toute l’Europe.

    • J’ai eu une expérience similaire.
      Notre projet a lui aussi migré d’Office 365 vers Google Workspace, et beaucoup de PC Windows ont été remplacés par des Chromebook.
      Plus d’un an après, de nombreux utilisateurs continuent malgré tout à utiliser Excel, et il a fallu davantage de virtualisation d’applications.
      La principale difficulté, c’est l’acceptation du changement et l’adaptation des utilisateurs.
      La migration a aussi révélé beaucoup de processus bricolés par les utilisateurs eux-mêmes, dont nous n’avions pas connaissance, ce qui a rendu la transition plus difficile parce qu’ils ne fonctionnaient plus comme avant.
      La grande majorité des utilisateurs a été formée, s’est adaptée comme il fallait, et s’en sort bien.
      Il y a toujours une minorité qui n’arrive pas à s’adapter, ou ne veut tout simplement pas le faire.

    • Entra (AAD, l’ancien nom d’Azure Active Directory) peut en pratique être remplacé par presque n’importe quel fournisseur OAuth.
      Il existe aussi une option on-premise avec shibboleth.
      L’Active Directory traditionnel est plus difficile à remplacer, mais l’IdP d’OpenShift dispose d’un mode serveur AD qui permet déjà beaucoup de choses.
      Certaines fonctions comme les GPO ou l’imposition de Windows Update n’ont de toute façon plus vraiment de sens sous Linux.
      Pour Exchange Server, l’écosystème Linux propose déjà une multitude d’alternatives MTA (Exim + caldav, ProtonMail, etc.).
      Même si de grands groupes ont peut-être ajouté leurs propres « extensions » au-dessus de bases open source, on ne rate en réalité pas grand-chose en dehors du marketing.

    • C’est une question qui revient souvent chaque fois que l’adoption de Linux progresse dans les entreprises.
      Je me demande s’il n’existe pas sous Linux des outils permettant de gérer facilement un grand nombre de machines, comme les GPO de Windows.
      Ce serait bien d’avoir un outil simple à configurer et exploiter, sans devoir dépendre en permanence de scripts.
      Et si cela existe, je me demande pourquoi ce n’est pas davantage utilisé.
      Je sais qu’on peut gérer jusqu’à un certain point des postes Linux via les GPO de Windows AD, mais cela laisse une dépendance au domaine Microsoft.
      J’ai l’impression que le moment est idéal pour voir émerger une startup combinant open source et support entreprise payant sur ce sujet.

  • LibreOffice est correct, mais son incapacité à permettre à plusieurs utilisateurs d’éditer simultanément un même document, comme avec MS Office ou Google Workspace, est un vrai point faible.
    La transition Windows→Linux et MS Office→LibreOffice n’est qu’un problème de surface.
    Il faut surtout réfléchir à des alternatives à Entra (authentification/autorisations), Intune (gestion des terminaux), OneDrive (partage de fichiers) et Exchange Online (e-mail/calendrier).
    La Russie, la Chine et l’Inde investissent déjà massivement dans des solutions fondées sur Yandex, Alibaba et Zoho.
    L’Europe doit elle aussi accélérer pour faire émerger de bonnes alternatives.
    Comme il y a quand même quelques progrès sur la collaboration temps réel autour de LibreOffice, je partage ces liens.
    Zeta Office
    Article de The Register (février 2025)

    • Un manque de fonctionnalités ne peut pas être une raison pour qu’un gouvernement adopte un logiciel propriétaire.
      Je pense qu’un gouvernement comme celui du Danemark a largement les moyens de faire en sorte que LibreOffice prenne en charge l’édition collaborative en temps réel.

    • Je me demande si la fonction d’édition simultanée est vraiment si importante que ça.
      Surtout dans le secteur public, où des employés plus âgés ont souvent surtout travaillé avec d’anciennes versions hors ligne de traitements de texte.

    • Le fork Collabora Office, basé sur LibreOffice (avec un peu de code propriétaire), intègre déjà l’édition simultanée à plusieurs.
      Si l’on veut de la collaboration en temps réel, c’est une alternative possible.

    • Concernant le remplacement d’Entra, d’Intune, du partage de fichiers, d’Exchange Online, etc.
      On n’est pas obligé de tout changer d’un coup, même quand on a trouvé ce qui convient aux besoins.
      Quand une organisation cherche à se détacher de Microsoft, il y a aussi toutes sortes de problèmes imprévus au-delà du simple remplacement technique : lobbying, résistance interne, formations à grande échelle, etc.
      À mon avis, il n’existe pas vraiment de manuel réaliste de degooglify/demicrosoftify à l’échelle d’un État.

  • Le ministère fédéral autrichien de la Justice utilise déjà LibreOffice depuis plusieurs années.
    Le centre fédéral de calcul autrichien développe lui-même des extensions adaptées aux besoins de chaque métier.
    Je trouve cette tendance très positive.
    J’attends avec amusement le moment où la direction de Microsoft reviendra à Munich pour recommencer son lobbying.

    • Rien qu’avec le coût des licences Microsoft, il serait possible de financer énormément de développement autour d’alternatives FOSS pour des milliers de postes de travail.
      Et dans l’open source, les frais de structure ne sont pas si élevés.
      Certains domaines demandent encore beaucoup d’efforts, mais la plupart des aspects liés au confort d’usage, aux bugs ou à l’automatisation peuvent être améliorés assez facilement.
      D’après mon expérience, le retour sur investissement n’est pas mauvais.
  • Ce n’est pas mentionné dans l’article, mais cette transition ne concerne que le « ministère » lui-même, soit environ 80 personnes.
    Les grands organismes rattachés comme Digitaliseringsstyrelsen ou Danmarks Statistik ne sont donc pas concernés, alors que ce sont eux qui auraient le plus d’impact.
    À l’inverse, des grandes municipalités comme Aarhus ou Copenhague (environ 80 000 employés) ont elles aussi des projets similaires, et c’est cela qui me semble être le changement le plus important.

  • Je me demande pourquoi ce type de remplacement de suite bureautique au niveau d’un gouvernement n’a pas eu lieu plus tôt.
    Vu le montant des licences, il suffirait d’investir ne serait-ce qu’une partie de cette somme dans l’open source pour améliorer fortement la qualité des logiciels.
    Si plusieurs pays lançaient cela en même temps, on pourrait voir émerger de grands outils bureautiques ou de design sans dépendance à une multinationale.
    Même chose pour les logiciels de CAO.
    J’ai récemment retenté freecad pour la première fois depuis longtemps, et en essayant de dessiner un simple cube, le logiciel a planté immédiatement ; j’ai ensuite découvert, un peu abasourdi, qu’il n’y avait pas de contrainte de point médian.

    • La contrainte de point central que vous cherchez est remplacée par une symmetry constraint qui ressemble à <>.
      Le conseil est simplement de mieux chercher : la fonction existe.

    • Je suis sceptique face à l’idée selon laquelle « si on injecte beaucoup d’argent, l’open source s’améliorera vite ».
      J’adore l’open source, mais pour rivaliser avec de grands projets fermés, il faut une direction claire et des objectifs précis.
      Le développement en mode comité atteint vite ses limites.

    • Pour un État, il est plus judicieux d’investir dans sa propre infrastructure que d’acheter des licences.
      Si un pays dépend de grandes solutions logicielles fournies par des entreprises étrangères, des facteurs géopolitiques, des brevets ou des restrictions technologiques pourraient un jour bloquer l’usage du logiciel ou empêcher les mises à jour.
      C’est peut-être un scénario extrême, mais de la même façon qu’un pays construit tout de même des centres de commandement militaires, il me semble logique d’assurer aussi son autonomie sur ce type d’infrastructure de base.
      Et comme il existe déjà des alternatives open source pour presque toutes les fonctions essentielles, un simple investissement public permettrait déjà de les améliorer directement.
      D’autres pays pourraient ensuite suivre, créant un effet de synergie.

  • Les entreprises et organismes publics danois sont profondément enracinés dans l’écosystème MS.
    D’après mes souvenirs d’il y a quelques années, rien que le coût des licences devait être énorme.
    On est en 2025, et je me demande pourquoi on n’utilise pas des suites bureautiques web open source moins chères, voire gratuites.
    Je n’ai même pas MS Office sur mon ordinateur portable personnel.
    Quand les documents sont complexes, j’utilise LibreOffice ; quand ils sont simples, Google Docs suffit.

    • Il faut vraiment essayer OnlyOffice.
      C’est open source et multiplateforme.
      Il lit très bien la plupart des fichiers bureautiques, et j’ai été moins souvent déçu par sa compatibilité docx que par celle de LibreOffice.

    • Moi non plus, je n’ai pas installé MS Office sur mon MacBook professionnel.
      L’entreprise le recommandait simplement, et le seul cas où j’en ai vraiment eu besoin, c’était une fois pour un modèle Word particulièrement ésotérique.
      Le reste du temps, MS Office en ligne ou Pages/Numbers suffisent largement.
      Et même quand je dois utiliser Teams, je passe par le navigateur.
      Curieusement, ce sont plutôt mes collègues qui galèrent davantage en ouvrant des fichiers csv dans Excel à cause des problèmes de locale (virgule décimale).
      En évitant Excel, lire des fichiers csv devient au contraire bien plus simple.
      Bien sûr, dans les métiers qui reposent fortement sur le travail collaboratif ou sur des fonctions spécifiques de Word ou d’Excel, la difficulté est plus grande, mais d’après mon expérience il est tout à fait possible de collaborer sans problème sans MS Office.

    • À un moment donné, MS atteindra selon moi au Danemark un point de bascule à partir duquel l’entreprise disparaîtra progressivement du paysage.
      Avis précédent lié au sujet
      Le Danemark a toujours fonctionné comme ça, selon cette opinion.
      Je ne pense pas qu’un OS soit fondamentalement très supérieur à un autre entre MS, Linux ou Mac ; j’ai plutôt l’impression qu’ils sont tous devenus des commodités.
      En revanche, les raccourcis globaux et mécanismes d’abréviation de MS sont plus difficiles à reproduire sur d’autres OS, ce qui peut aussi être un inconvénient de sécurité en soi.
      Pour ma part, j’ai autrefois piloté un projet national de normalisation des données au sein du département IT et télécom du gouvernement danois.
      Le dépôt d’échange de données était lui aussi alloué par le siège de Microsoft, mais la qualité du produit était mauvaise, au point que les échanges se sont envenimés lors d’une réunion avec des dirigeants de MS.
      Même les producteurs principaux n’étaient pas satisfaits.
      Par la suite, des cadres supérieurs de MS ont rencontré le Premier ministre et il s’est dit des choses du genre « le Danemark a besoin de MS, mais MS n’a pas besoin du Danemark ».
      C’est pourquoi, à titre personnel, je trouve assez jubilatoire l’idée de sortir de cette dépendance.

    • Je suis convaincu que les données de l’État ne devraient pas être stockées ni traitées en ligne, cloud compris.
      Il faut impérativement privilégier des environnements hors ligne.

  • LibreOffice est vraiment jugé médiocre.
    Même si l’on déteste Word, trouver un véritable remplaçant semble presque impossible.
    OnlyOffice mérite bien plus de reconnaissance.
    À mes yeux, c’est pratiquement la seule vraie alternative à Word.

    • Comme quelqu’un qui n’a jamais utilisé Word, je me demande quelles sont les fonctionnalités qu’on ne peut faire qu’avec Word et qu’aucune alternative ne permet de remplacer.
      Pour les documents légers, j’utilise des langages de type Markdown ; pour les documents lourds, TeX ou un balisage léger converti en PDF.
      Je demande sincèrement ce qui m’échappe.

    • Je ne vois pas en quoi LibreOffice serait mauvais ; je n’ai jamais ressenti de gêne particulière à l’usage.
      Je n’utilise pas souvent de traitement de texte, mais lorsque je l’ai fait brièvement par le passé, je n’ai rencontré absolument aucun problème.

    • Tout ce dont j’ai besoin est possible dans LibreOffice.
      La plupart des gens n’utilisent de toute façon qu’une toute petite partie des fonctions de chaque application.

    • J’ai vraiment essayé de m’investir dans LibreOffice, mais je n’y arrive tout simplement pas…
      En revanche, je recommande franchement OnlyOffice comme très bonne alternative.

  • Il faudrait faire savoir à l’équipe juridique danoise que Tritium fonctionne aussi très bien sous Linux.
    Au-delà des considérations politiques, il est frappant de voir à quel point MS est solidement installé dans tant de secteurs.
    Avec Copilot + OpenAI + Azure, l’expansion de MS s’intensifie encore.
    Si ce scénario se réalise, l’influence de Microsoft pourrait encore croître dans les prochaines années.
    Je trouve positif que le Danemark essaie malgré tout de lancer ce type de changement.

  • Je pense que les projets open source devraient recevoir davantage de financements publics.
    Beaucoup de gens ont déjà un intérêt naturel pour le développement logiciel, et avec des moyens financiers, les progrès pourraient être bien plus importants.
    Bien sûr, si l’État pousse l’open source de façon trop directive, on risque aussi de produire du « vaporware piloté par l’État ».
    Du point de vue de la motivation, une pression trop extérieure peut aussi n’aboutir qu’à des résultats à moitié satisfaisants.
    C’est pourquoi, à mon avis, des mécanismes d’incitation douce par le financement seraient plus productifs que la contrainte.

  • L’ensemble du plan de transition est prévu sur moins de six mois.
    Selon Google Traduction : « Held og lykke » (bonne chance).
    J’ai aussi l’impression que certains de ces plans de migration très rapides servent en réalité surtout de levier de négociation face à Microsoft.