- Plus de la moitié des coûts des startups hardware aux États-Unis proviennent du fardeau causé par les goulets d’étranglement réglementaires
- Des entreprises climate tech comme Charm Industrial et Revoy attendent elles aussi des années à cause des retards d’autorisation, en consommant leur capital
- Cela entraîne des conséquences négatives comme le retard de commercialisation des technologies innovantes, la hausse des coûts pour les consommateurs et la poursuite de la pollution de l’air
- L’objectif de la réglementation est la sécurité et la protection de l’environnement, mais des règles excessives et floues entravent au contraire l’amélioration environnementale
- Si un assouplissement réglementaire intervenait, il existerait un fort potentiel de diffusion rapide de nouvelles technologies propres et d’innovations industrielles
Startups hardware et poids de la réglementation
- Les startups fondées sur le hardware consomment énormément de temps et de capital à cause des procédures d’autorisation et du manque de clarté réglementaire
- Pendant l’attente des validations réglementaires, les coûts salariaux et de maintenance des équipements continuent de s’accumuler
- Au final, cela se traduit par des retards de lancement produit et une hausse des coûts
- Cette structure provoque une hausse des prix pour les consommateurs, une baisse des investissements dans l’industrie manufacturière nationale et un ralentissement de l’innovation technologique
- L’incertitude réglementaire réduit les chances de survie des startups et affaiblit la compétitivité de l’ensemble du secteur
Le cas de Charm Industrial
- Charm Industrial développe des technologies d’élimination du carbone et fournit des services à Google, Microsoft, JPMorgan, entre autres
- Le CO₂ capté à partir de résidus agricoles et forestiers est transformé en liquide contenant du carbone puis injecté dans des puits de pétrole abandonnés, ce qui permet de séquestrer durablement le carbone atmosphérique
- Ce processus a aussi des effets bénéfiques annexes, comme la réduction du combustible des incendies de forêt, la dépollution de puits orphelins et la baisse des PM2.5 et des NOₓ
- L’entreprise a besoin de centaines de millions de dollars de capital pour atteindre le seuil de rentabilité, dont plus de la moitié est dépensée en coûts réglementaires non productifs
- Les activités de Charm contribuent à l’amélioration de l’environnement, mais la complexité et la lenteur des procédures d’autorisation freinent son expansion
Le cas de Revoy
- Revoy mise sur le transport de fret longue distance électrique avec pour objectif de réduire les coûts de transport
- Malgré le caractère propre de la technologie, l’activité est retardée par l’absence de voie d’autorisation clairement définie
- La position de base des autorités de régulation étant le « refus d’autorisation », l’adoption de nouvelles technologies prend des années
Le paradoxe de la réglementation et son coût social
- La réglementation vise à l’origine la protection des personnes et de l’environnement, mais la sur-réglementation et des critères flous finissent par nuire à cet objectif
- Les retards réglementaires provoquent une augmentation de plusieurs millions de livres d’émissions de PM2.5, de NOₓ et de CO₂, aggravant la qualité de l’air
- À eux seuls, les cas de ces deux entreprises engendrent déjà des coûts sociaux de plusieurs centaines de millions de dollars
- En cas d’assouplissement réglementaire, on peut espérer simultanément une amélioration environnementale et un renforcement de la compétitivité industrielle
Conclusion : d’une « société qui bloque » à une « société qui construit »
- Les États-Unis sont aujourd’hui devenus une société qui bloque tout, et c’est l’un des plus grands freins à l’innovation industrielle
- La simplification réglementaire et l’établissement de procédures claires sont des conditions clés pour le développement de nouvelles technologies
- L’assouplissement réglementaire n’est pas seulement une réduction des coûts, mais un point de bascule structurel capable d’améliorer l’environnement, l’économie et la qualité de vie
- Des milliers de startups hardware disparaissent à cause de ces barrières réglementaires, et les libérer est une urgence
1 commentaires
Réactions sur Hacker News
Le problème n’est pas un excès de régulation, mais une mauvaise régulation
Une bonne régulation résout réellement des problèmes, une mauvaise ne fait qu’ajouter des frictions
Par exemple, l’interdiction des frais d’itinérance dans l’UE a poussé les opérateurs à les supprimer à l’avance, et les règles d’indemnisation aérienne ont aussi conduit les compagnies à réduire les retards
À l’inverse, les bannières de cookies n’ont laissé qu’une conformité de façade tout en agaçant des centaines de millions de personnes
En particulier dans des domaines comme le stockage du carbone, où il existe des risques irréversibles, la prudence est nécessaire
Le vrai problème, plus que ces cas particuliers, est la manière dont de petites contraintes qui s’accumulent finissent par se diffuser dans toute la société
Si le processus d’autorisation ne se limitait pas à un “oui/non”, mais évoluait vers une logique de “planifions cela ensemble”, la situation serait bien meilleure
Cela dit, une régulation excessive peut freiner l’innovation, donc il faut désigner précisément quelles règles sont déraisonnables
À l’inverse, lorsque la supervision est déléguée aux entreprises, comme à la FAA, cela mène à une absence de contrôle
Au final, la régulation est le dernier recours d’une société civilisée pour contraindre les grandes entreprises à assumer leur responsabilité sociale
C’est ainsi qu’on se retrouve avec une multiplication de textes au nom séduisant mais sans réelle substance
Les discours du type “faites-nous simplement confiance” ne sont pas convaincants
Sans régulation, on peut douter que les entreprises auraient procédé d’elles-mêmes aux vérifications de sécurité
La régulation est inefficace par nature, mais c’est aussi précisément pour cela qu’elle existe
Ce type de régulation retarde au contraire l’adoption des camions électriques, ce qui accroît le coût social
En particulier, des technologies comme l’injection souterraine comportent des risques irréversibles et exigent donc une vérification rigoureuse
Les autorités doivent reconnaître qu’inaction ne signifie pas absence de coût
La régulation n’est pas un abus de pouvoir, mais une ligne de défense nécessaire
La pollution environnementale, le coût des soins et la crise du logement aux États-Unis sont les conséquences d’un manque de régulation
En revanche, les règles qui ne correspondent plus aux évolutions technologiques ou qui produisent des effets inégalitaires doivent être révisées rapidement
Et le manque de personnel dans les agences de régulation crée lui aussi des goulets d’étranglement
Les règles doivent être simples et claires
Le projet Chat Control de l’UE en est un exemple
Certaines règles vont jusqu’à bloquer les énergies renouvelables au nom de l’environnement
Il existe aussi des limites structurelles liées à la volonté des gouvernements de préserver leur pouvoir
La manière de définir les frontières du système est essentielle
Si l’on ignore les coûts externes du système dans des sujets comme les VE ou le captage du carbone, on aboutit à de mauvaises conclusions
La régulation sert précisément à contrôler ces externalités
Je pense qu’il faut alléger la régulation pour les entreprises qui essaient de sauver l’environnement
Les retards de décision de l’État bloquent l’innovation
Une adoption large des VE est bénéfique pour l’ensemble de la société, donc si la régulation est excessive, elle doit être réexaminée
Il est difficile de faire confiance à une entreprise qui ne dit pas clairement que les combustibles fossiles sont le principal moteur du changement climatique
Ce type de discours finit par rejoindre une rhétorique hostile à la régulation environnementale
La vraie solution est de cesser d’utiliser des combustibles fossiles
Les investisseurs concernés restent encore liés à l’industrie pétrolière
Blog de Charm Industrial, Informations sur les investissements d’Exor
Il y a plusieurs niveaux : bonnes et mauvaises règles, différence entre le droit et son application, intentions cachées, etc.
Au fond, c’est tout un spectre d’efficacité qu’il faut discuter
Dans les villes africaines, ce sont les réglementations de construction qui provoquent une pénurie de logements
À l’inverse, dans les zones rurales sans régulation, les maisons se construisent rapidement
En période de crise, un allègement des règles est nécessaire
En supprimant les bidonvilles, on a aussi supprimé la dernière option de logement des plus pauvres
Au final, il ne reste que des logements haut de gamme, tandis que le logement public avance lentement
Cas des Cabrini–Green Homes
On insiste sur les avantages tout en dissimulant les inconvénients, ce qui nourrit avec le temps la défiance
La Californie tente de corriger cela par des réformes progressives
Séisme en Turquie et corruption
Aux États-Unis, le plus gros problème n’est pas la régulation elle-même, mais le sous-financement des agences
Des responsables politiques conservateurs ont délibérément adopté une stratégie visant à neutraliser ces institutions
Dans ces conditions, il est difficile d’attendre une régulation efficace
Le modèle économique de cette entreprise repose sur l’arbitrage réglementaire (regulatory arbitrage)
Injecter du CO₂ dans le sol n’est pas une activité commerciale en soi, mais un moyen d’obtenir des crédits réglementaires
Expliquer un système complexe avec un modèle simplifié tout en demandant qu’on fasse confiance est risqué
C’est un peu comme si l’on appelait la vente de navires de guerre un “arbitrage militaire”
Toute personne ayant déjà fait l’expérience concrète de la complexité réglementaire comprend facilement pourquoi la bureaucratie devient un obstacle
Vu le risque de pollution aux métaux lourds, il est normal que ce type de régulation soit strict
Sans elle, il y aurait eu bien davantage de pires résultats
Le cœur du sujet n’est pas la quantité de régulation, mais sa qualité et ses mécanismes d’amélioration
La vraie question n’est pas simplement “plus ou moins de régulation”, mais comment la faire évoluer vers de meilleures règles
Une technologie qui injecte du CO₂ dans le sous-sol ne doit pas être autorisée automatiquement : elle exige des recherches et des vérifications suffisantes
La régulation est un outil grossier qu’on utilise quand la recherche fait défaut, mais pour l’instant c’est le seul garde-fou disponible
Se contenter de dire “la surrégulation, c’est mauvais” n’apporte absolument aucune solution