- La mémoire flash non volatile des SSD conserve les données même sans alimentation, mais en cas de stockage prolongé, une corruption des données due à la perte de charge peut survenir
- Les SSD grand public à base de NAND QLC et TLC ne peuvent conserver les données en toute sécurité qu’environ 1 à 3 ans sans alimentation
- La NAND MLC et SLC peut tenir jusqu’à 5 à 10 ans, mais la plupart des utilisateurs utilisent des NAND d’entrée de gamme
- Dans un usage PC quotidien, cela pose rarement un gros problème, mais utiliser un SSD pour du stockage longue durée (cold storage) est risqué
- Pour la stabilité des données, le principe de sauvegarde 3-2-1 et l’usage de plusieurs supports de stockage sont indispensables
La non-permanence des données sur SSD
- Les SSD stockent les données via l’état de charge des cellules flash NAND, qui reste conservé pendant un certain temps même sans alimentation
- Contrairement aux disques durs, qui utilisent des plateaux magnétiques, les SSD représentent les 0 et les 1 par des variations de tension dans des transistors
- La NAND QLC conserve les données environ 1 an, la NAND TLC 3 ans, la MLC 5 ans et la SLC 10 ans sans alimentation
- Comme la plupart des SSD grand public utilisent de la NAND TLC ou QLC, laisser un SSD plus d’un an sans alimentation présente un risque pour l’intégrité des données
- Sans alimentation, la tension des cellules NAND se dissipe, ce qui peut entraîner des données manquantes ou rendre le disque totalement inutilisable
- Pour cette raison, les SSD sont mal adaptés au stockage longue durée, en particulier pour les créateurs et les chercheurs
Peu d’impact pour la majorité des utilisateurs
- Les situations où l’on stocke des données longtemps sans alimentation concernent surtout certains profils comme les entreprises, les professionnels et les entrepreneurs solo
- Les utilisateurs classiques emploient les SSD comme stockage interne de PC, avec des périodes sans alimentation qui dépassent rarement quelques semaines ou quelques mois
- La plupart des pertes de données sont dues non pas à la perte de tension, mais à des surtensions électriques ou à des disques défectueux
- La température et la qualité de la NAND influencent la vitesse de perte de charge
- Même sous tension, les SSD finissent par s’user à cause de la limite d’endurance en écriture (cycles P/E), mais la plupart des utilisateurs les remplacent avant cela
L’importance des sauvegardes
- La sauvegarde est la réponse la plus simple aux limites des supports de stockage
- Règle de sauvegarde 3-2-1 : conserver 3 copies des données sur 2 types de supports, dont 1 hors site
- Exemple : combinaison ordinateur principal + NAS + stockage cloud
- Les sauvegardes protègent les données contre tous les risques : coupure d’alimentation, fin de vie du support, panne imprévue, etc.
- Pas seulement pour les SSD : les HDD aussi sont risqués si l’on ne possède qu’une seule copie, et la redondance est essentielle
Pourquoi il ne faut pas utiliser un SSD pour l’archivage longue durée
- Un SSD ne pose pas de problème en tant que support de stockage principal, mais il existe un risque de perte de données en cas de stockage prolongé sans alimentation
- Cette perte de données peut survenir en 1 à 3 ans seulement
- Si un archivage longue durée est nécessaire, mieux vaut utiliser des supports alternatifs comme les HDD, les bandes magnétiques ou les M-Disc
- La mise en place d’un système de sauvegarde est la condition essentielle pour préserver ses données
2 commentaires
Avis Hacker News
La rétention des données d’un SSD est inversement proportionnelle au nombre de cycles programme/effacement, et elle diminue exponentiellement quand la température augmente
C’est pourquoi les spécifications sont souvent formulées comme « rétention de X heures à Z degrés après Y cycles »
Les fabricants ajustent parfois ces chiffres pour faire paraître les valeurs de DWPD/TBW plus élevées
En pratique, seule la capacité a augmenté, tandis que l’endurance et la rétention se sont dégradées de plusieurs dizaines de fois
Autrefois, le SLC avait pour standard 10 ans de rétention après 100 000 cycles, alors qu’aujourd’hui le QLC tombe à quelques mois après moins de 1 000 cycles
Le QLC est une astuce qui consiste à stocker 4 fois plus de données dans la même cellule, donc la dégradation est inévitable
Vers 2035, le matériel de 2010 fonctionnera probablement encore très bien, mais les produits de 2020 risquent d’être difficiles à juger fiables
Je me demande comment un SSD rafraîchit (refresh) réellement ses données
Est-ce que cela se fait automatiquement à la mise sous tension, périodiquement, ou faut-il lire certains blocs ?
Si on le met dans un boîtier externe et qu’on le connecte juste brièvement une fois par mois, est-ce suffisant,
et qu’en est-il de l’espace inutilisé ? Les méthodes pratiques de gestion restent floues
Le rafraîchissement se fait automatiquement en arrière-plan quand le SSD est sous tension
Cela peut légèrement ralentir les performances
L’espace inutilisé est en général stocké dans une zone SLC, donc relativement plus sûr
Faire un fsck environ une fois par mois devrait suffire. En revanche, je ne recommande pas ça pour des sauvegardes à froid
Le contrôleur SSD les corrige avec des codes de correction d’erreurs complexes comme le LDPC
Au final, la vraie question est « quand les données vont-elles disparaître ? », et c’est là que le système de récupération est réellement mis à l’épreuve
Cet article semble probablement être une réinterprétation de la norme de rétention JEDEC
Selon cette norme, un SSD Enterprise doit conserver les données 3 mois hors tension,
tandis qu’un SSD Client doit les conserver 1 an
En contrepartie, l’Enterprise part du principe d’une utilisation 24 h/24, alors que le Client se base sur 8 heures par jour
Au fond, tout dépend du compromis que l’utilisateur choisit
La mesure se fait après avoir atteint le TBW, ou bien en appliquant un stress partiel avec des techniques d’accélération
Les chiffres réels sont donc moins extrêmes que ce que l’article laisse entendre
Je doute que l’article de XDA s’appuie sur une source de données réellement fiable
XDA publie souvent des titres accrocheurs sur des sujets traités superficiellement,
et cet article-ci cite seulement un autre article de XDA, sans source primaire
Les phrases du genre « inutile de trop s’inquiéter » ne m’inspirent pas confiance non plus
Aucun matériel ne permet une conservation éternelle, mais cela ressemble à du clickbait
Je me demande comment maintenir un SSD simplement alimenté électriquement
J’aimerais garder en vie un SSD de sauvegarde longtemps, et je me demande s’il vaut mieux le laisser branché dans un serveur
ou utiliser un appareil qui ne fournit que l’alimentation
J’ai ressorti un HDD vieux de 17 ans, et il reste lisible
Il faut simplement le stocker dans un sachet antistatique et dans un environnement sec
En revanche, on ne sait pas si le contrôleur effectuera ses opérations internes de maintenance avec la seule alimentation
On pourrait peut-être le déduire via l’augmentation du temps de mise sous tension dans les valeurs SMART
XDA n’est pas une source particulièrement fiable,
mais je pense qu’il est temps de demander directement leur position aux fabricants de SSD
Dans le cas d’un SSD allumé mais contenant beaucoup de fichiers presque jamais lus,
je me demande si le contrôleur effectue automatiquement le rafraîchissement
ou s’il faut lire périodiquement tous les fichiers
Mais il n’y a aucun moyen de vérifier si c’est vraiment le cas
Je me demande si on pourrait détecter ce travail interne via des variations de consommation électrique
dd if=/dev/disk of=/dev/nullJe me demande quelle procédure il faut suivre pour « recharger » un SSD resté éteint pendant plusieurs mois
Est-ce qu’il suffit de le brancher, de le laisser allumé quelques heures,
ou faut-il exécuter quelque chose comme une commande TRIM ?
Il serait intéressant de mener ce type de test sur le long terme pour mesurer le temps de rafraîchissement,
mais au moment où les résultats sortiraient, de nouveaux contrôleurs seraient déjà arrivés
Il ne faut pas faire confiance uniquement au matériel : il faut vérifier l’intégrité avec des sauvegardes multiples
Il n’existe quasiment pas de support flash grand public vraiment conçu pour la rétention longue durée des données
Ce serait bien de ressortir une carte SD vieille de 25 ans et d’y retrouver encore ses données,
mais le marché actuel n’offre pratiquement rien dans ce domaine
Idée de produit : une boîte de cold storage alimentée
un appareil avec plusieurs SSD M.2, qui les lit automatiquement à intervalles réguliers puis coupe leur alimentation
avec un voyant vert en cas de succès, et idéalement un fonctionnement sur batterie aussi
C'est pénible. Utilisez simplement le cloud.