1 points par GN⁺ 2026-01-17 | 1 commentaires | Partager sur WhatsApp
  • Le gouvernement canadien reprend les importations de véhicules électriques chinois dans le cadre d’un « partenariat stratégique » avec la Chine et abaisse les droits de douane de 100 % à 6,1 %
  • Cette mesure marque une rupture avec l’orientation protectionniste des États-Unis et devrait permettre l’entrée sur le marché canadien de véhicules électriques à bas prix, comme la BYD Seagull
  • Selon l’accord, 49 000 véhicules électriques chinois par an pourront être importés à droits réduits, et le gouvernement estime que plus de la moitié seront des VE grand public à moins de 35 000 dollars
  • En contrepartie, la Chine réduira les droits de douane sur les graines de canola canadiennes de 85 % à 15 % et lèvera les restrictions sur les importations de homard et de crabe
  • Cet accord pourrait modifier l’équilibre concurrentiel du marché nord-américain des véhicules électriques et la structure de la chaîne d’approvisionnement

La nouvelle politique commerciale du Canada vis-à-vis de la Chine

  • Le Premier ministre canadien Mark Carney a annoncé un « partenariat stratégique » avec la Chine et déclaré l’ouverture de la frontière aux véhicules électriques chinois
    • Cette décision est considérée comme un tournant majeur de la politique commerciale nord-américaine
    • Contrairement à la ligne dure et protectionniste des États-Unis, le Canada a choisi de reprendre les importations de VE chinois
  • Grâce à cet accord, 49 000 véhicules électriques chinois par an pourront être importés au Canada avec un droit de douane de 6,1 %
    • Selon le bureau du Premier ministre, cela représente moins de 3 % du marché canadien des voitures neuves
    • Le gouvernement prévoit que, dans les cinq ans, plus de la moitié seront des véhicules électriques d’entrée de gamme à moins de 35 000 dollars

Avantages commerciaux réciproques et coopération industrielle

  • La Chine réduira les droits de douane sur les graines de canola canadiennes d’environ 85 % à 15 %
    • Elle lèvera également les restrictions sur les importations de homard et de crabe
  • Le texte de l’accord comprend une clause sur l’extension des coentreprises d’entreprises chinoises au Canada
    • Le gouvernement canadien compte s’en servir pour accélérer la mise en place d’une chaîne d’approvisionnement nationale pour les véhicules électriques

L’analyse d’Electrek

  • Electrek estime que cette mesure pourrait changer la dynamique du marché nord-américain des véhicules électriques
    • Le protectionnisme protège à court terme l’industrie automobile existante, mais il entraîne aussi des préjudices pour les consommateurs et un frein à l’innovation
  • Les véhicules électriques chinois sont jugés à la fois compétitifs sur le plan des prix et de la qualité, et les exclure serait désavantageux à la fois pour les consommateurs et pour l’industrie

Désaccord politique avec les États-Unis

  • Les États-Unis cherchent à bloquer les VE chinois via la stratégie « Fortress North America »
    • La décision du Canada marque un décalage avec la politique industrielle américaine
    • Electrek y voit un choix du Canada en faveur de moyens de transport écologiques abordables et d’une hausse des exportations agricoles
  • Après les tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada, le Canada est considéré comme ayant choisi sa propre voie

Perspectives et réaction du marché

  • Selon les lecteurs d’Electrek, le quota de 49 000 unités pourrait être épuisé en quelques mois
    • Des annonces d’investissements de production au Canada par des entreprises chinoises comme BYD sont attendues
  • Cette évolution pourrait conduire à une expansion de la production locale des entreprises chinoises et à un élargissement de l’écosystème EV au Canada
  • Electrek prévoit de continuer à couvrir les nouvelles sorties et mises à jour concernant les véhicules électriques chinois

1 commentaires

 
GN⁺ 2026-01-17
Réactions sur Hacker News
  • Un média satirique canadien a publié un article intitulé « le Canada a choisi le mal légal plutôt que le mal chaotique » (The Beaverton)
    C’est une référence au système d’alignement (Alignment) de D&D, et sur /r/canada, quelqu’un aurait commenté : « je préférerais quand même travailler sous Lex Luthor plutôt que sous le Joker »

    • Le gouvernement chinois voit le monde à travers un prisme d’intérêt personnel hobbesien, mais avec une approche financière moderne. Autrement dit, il veut l’argent, mais préfère agir dans le cadre légal. À l’inverse, les États-Unis sont devenus revanchards et imprévisibles, allant jusqu’à évoquer une invasion du Canada
    • Comparée aux États-Unis actuels, la Chine apparaît comme l’élève modèle qui harcèle parfois ses voisins
    • La Chine n’a pas largué de bombes à l’étranger depuis plus de 40 ans. À l’inverse, les États-Unis ont tué un million de personnes en Irak. Le récit selon lequel « la Chine est maléfique » ressemble davantage à une théorie du complot politique
    • Attention : le premier lien mène à un site qui intercepte le bouton retour
    • En tant qu’Américain, j’espère désormais que les autres pays réussiront. Le Canada a bien agi, et j’espère aussi que l’UE renforcera son commerce avec la Chine. Les États-Unis devraient s’isoler et disparaître d’eux-mêmes. J’aimerais que des figures comme Trump, Musk et Bezos tombent dans l’oubli
  • Des articles ont indiqué que le Canada avait accepté d’importer 49 000 véhicules électriques chinois par an avec un droit de douane de 6,1 % (Electricautonomy.ca)
    Cela représente environ un quart des ventes totales de VE au Canada

    • Le quota initial est de 49 000 unités, avec une hausse prévue à 70 000 d’ici cinq ans
    • À l’échelle d’un pays de 42 millions d’habitants, ce n’est pas un bouleversement majeur
    • On peut se demander comment les hybrides rechargeables sont classés comme “zéro émission”
    • Les BEV chinois sont bien moins chers et beaucoup plus compétitifs, ce qui devrait accélérer fortement les ventes de VE
  • Il est frappant que Carney ait déclaré que « les relations avec la Chine sont désormais plus prévisibles qu’avec les États-Unis ». Même en n’aimant pas les voitures, je me réjouis de voir apparaître des options automobiles bon marché

    • Qui voudrait encore aujourd’hui être un partenaire commercial des États-Unis ? Quand la politique change tous les trois mois et que la monnaie comme le système juridique vacillent, bâtir une chaîne d’approvisionnement de long terme avec ce pays devient risqué. Que le Canada se tourne vers la Chine est un signal fort
    • Le marché canadien du VE pourrait croître pour les déplacements régionaux. Dans une ville comme Toronto, pour ceux qui ne roulent pas plus de 80 km, c’est un environnement parfait pour le VE. Et cela pourrait en plus réduire les énormes SUV américains
    • La déclaration de Carney répondait à une question directe d’un journaliste. Dans son contexte, c’était moins une provocation qu’une évaluation prudente
    • Mais cette décision pourrait avoir un impact négatif sur l’industrie automobile et l’emploi au Canada. Même un moins bon accord avec les États-Unis aurait été préférable
  • Le gouvernement américain a géré cette affaire de manière désastreuse. Il a poussé son allié le plus proche dans les bras d’un rival et, au final, a renforcé les exportations chinoises ainsi que la compétitivité de ses universités. Le slogan « rendre sa grandeur à l’Amérique » sonne ironiquement

    • L’argument du déséquilibre import-export est exagéré. Les États-Unis ont prospéré pendant 50 ans avec une économie centrée sur les importations. Si on inclut le commerce des services, l’argent qui entre aux États-Unis est bien supérieur
    • Pour rappel, c’est l’administration Biden qui a décidé en 2024 d’imposer des droits de douane de 100 % sur les VE chinois
  • Cet accord offre au Canada, pourtant proche des États-Unis, la première occasion pour les consommateurs américains de voir directement des voitures chinoises. La concurrence étant si féroce en Chine, cela pourrait même déboucher sur des véhicules de meilleure qualité. Plus de 100 marques y vendent actuellement des véhicules électriques

    • Il faut que les constructeurs américains encaissent un choc pour évoluer
    • Quand les gens constateront le niveau de fabrication chinois, ils demanderont davantage d’importations ou pousseront à une production locale
    • Grâce aux données de plus de 50 000 utilisateurs, les entreprises chinoises vont apprendre très vite
    • Il est déjà possible d’acheter un véhicule BYD au Mexique et de l’importer aux États-Unis (vidéo YouTube). La même chose pourrait se produire au Canada
    • Mais les États-Unis pourraient aussi interdire les voitures chinoises au nom de questions de surveillance et de sécurité. BYD pourrait devenir le prochain DJI
  • À mon avis, la Chine a déjà pris le contrôle de l’avenir des marchés du VE et de l’énergie. Par son échelle, son efficacité et son niveau technologique, elle est devenue très difficile à rattraper. Si l’on veut mener une guerre économique, il vaudrait mieux la livrer sur d’autres terrains

  • Voilà ce que produit l’abandon des alliances et du soft power. En 2026, les États-Unis perdront cette influence et sentiront les limites de leur économie

    • C’est pire que de simplement abandonner : c’est une attitude de menace
    • Cette situation est le résultat d’une oligarchie corrompue
  • BYD a reçu en 2024 un soutien représentant 30 % de ses revenus de la part du gouvernement chinois. Mais la comparaison est difficile, car la plupart des pays subventionnent leur industrie

    • Les entreprises de Musk ont reçu des milliards de dollars de subventions en 2023-2024 (document du Congrès américain)
    • Aux États-Unis aussi, il est courant que les grands projets bénéficient d’allégements fiscaux accordés par les collectivités locales. En Europe, cela serait considéré comme une aide illégale
  • Il sera intéressant de voir si des zones d’interdiction de circulation apparaîtront pour les véhicules BYD. Par exemple, au Royaume-Uni, les VE chinois sont interdits sur les sites militaires

    • Il pourrait y avoir de plus en plus de “zones interdites à la conduite”. On voit déjà dans l’industrie des drones que les produits DJI sont interdits pour des raisons de sécurité
  • Le chiffre de 49 000 unités ne représente qu’une partie des ventes totales de véhicules au Canada en 2024 (environ 1,9 million)

    • Mais les véhicules BYD pourraient se vendre de façon explosive. Si leur popularité grimpe, le gouvernement n’aura d’autre choix que d’assouplir le quota d’importation, ce qui porterait un coup sévère à l’industrie automobile américaine
    • Cela reste malgré tout une part significative, soit 25 % de l’ensemble des ventes de VE