7 points par GN⁺ 2026-01-21 | Aucun commentaire pour le moment. | Partager sur WhatsApp
  • Lors d’un examen du cours de stratégie open source, une méthode d’évaluation non traditionnelle a été mise en place afin d’encourager les étudiants à apprendre par eux-mêmes, avec accès libre à Internet et à toutes les ressources
  • Les étudiants devaient choisir à l’avance s’ils utiliseraient ou non un chatbot ; en cas d’utilisation, ils étaient tenus d’indiquer les sources, les prompts et l’analyse des erreurs
  • Sur 60 étudiants, 57 n’ont pas utilisé de chatbot, et leurs résultats ont globalement montré une tendance plus favorable au groupe sans usage
  • Les étudiants semblaient réticents à utiliser des chatbots en raison de leur peur d’être accusés de triche et de leur perception des critères d’évaluation du professeur
  • Le professeur s’appuie sur un fichier de « flux de conscience » (stream of consciousness) pour suivre le raisonnement des étudiants, et insiste davantage sur l’importance de renforcer leur pensée propre que sur l’usage des chatbots

Modalités de l’examen

  • L’examen reposait sur des règles ouvertes : toutes les ressources et Internet autorisés, aucune limite de temps, discussions entre étudiants autorisées, possibilité de proposer soi-même des questions, etc.
    • Les étudiants pouvaient aussi choisir librement leur tenue d’examen, des habits traditionnels aux costumes humoristiques
  • Cette approche visait à faire de l’examen un prolongement de l’apprentissage et à réduire la pression

Système de choix concernant l’usage des chatbots

  • Chaque étudiant devait indiquer explicitement avant l’examen s’il utiliserait un chatbot
    • Option A : pas de chatbot ; toute utilisation est considérée comme de la triche
    • Option B : chatbot autorisé, mais chaque usage exige de fournir les sources, les prompts et une analyse des erreurs
  • Les erreurs du chatbot étaient sanctionnées plus sévèrement que les erreurs humaines ; l’utilisateur devait donc assumer la responsabilité du résultat

Choix des étudiants et répartition des notes

  • Sur 60 étudiants, 57 n’ont pas utilisé de chatbot
    • Groupe préférence personnelle : privilégie l’apprentissage autonome, notes de 15 à 19
    • Groupe non-utilisateur : n’aime pas interagir avec des chatbots, moyenne de 13
    • Groupe pragmatique : juge le chatbot inutile dans ce type d’examen, notes de 12 à 16
    • Groupe gros utilisateurs : la dépendance au chatbot crée de la confusion, avec pour la plupart des notes de 8 à 11
  • Parmi les 3 étudiants ayant choisi d’utiliser un chatbot :
    • 1 a simplement oublié de l’utiliser
    • 1 s’en est servi au minimum pour vérifier des concepts
    • 1 a compliqué les choses avec une configuration LLM complexe, au point de moins bien comprendre (poser une question à un LLM, puis demander à un autre LLM de vérifier)
      • En discutant sans chatbot, il montrait pourtant une compréhension suffisante ; c’est la sortie du chatbot qui l’a au contraire empêché de mieux comprendre. Le chatbot lui a donc été nuisible

Perception générationnelle de la triche

  • La plupart des étudiants ne font pas confiance aux chatbots ou craignent d’être soupçonnés de triche
  • Certains redoutent même que les réponses générées automatiquement par Google soient perçues comme de la triche
  • Le système universitaire actuel prévoit des sanctions sévères en cas de triche, pouvant aller jusqu’à 3 ans d’interdiction d’accès à l’université
  • Le professeur se dit surpris, par rapport aux générations précédentes, de voir des étudiants réticents même à collaborer avant un examen

Expérimentation du fichier de « flux de conscience »

  • Il a été demandé aux étudiants de consigner leurs pensées en temps réel pendant l’examen
    • Modifications et suppressions interdites, copie interdite, seules les URL autorisées
    • Utilisation de chatbot interdite, seuls leurs propres raisonnements devaient être notés
  • 55 étudiants sur 60 l’ont remis, dont 24 avec succès via git-send-email
  • Ces traces permettent de suivre le stress et le cheminement intellectuel des étudiants
    • Certains ont indiqué qu’en écrivant, leur compréhension du problème devenait plus claire et que leur anxiété diminuait
    • Le professeur s’en sert pour repérer des étudiants qui comprennent réellement mais s’expriment mal

Conclusion et philosophie éducative

  • Le professeur prévoit de reconduire cette approche l’année suivante
  • Pour les chatbots, c’est avant tout la capacité à les utiliser comme outil qui compte ; si on les maîtrise bien, ils ne sont pas forcément nécessaires
  • Le vrai problème n’est pas la technologie, mais la destruction des infrastructures par l’ancienne génération et l’inefficacité des systèmes
    • L’introduction d’Outlook a dégradé l’expérience email, au point que les étudiants surnomment leur messagerie « le dossier spam du président »
    • Beaucoup d’étudiants ne connaissent même pas la différence entre Git et GitHub, conséquence d’un environnement dépendant de Microsoft
  • Le professeur transmet à ses étudiants le message suivant : « Apprenez plus vite et plus profondément que ma génération », en insistant sur le progrès intergénérationnel dans l’apprentissage et la transmission de l’esprit critique

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