7 points par GN⁺ 2026-02-18 | Aucun commentaire pour le moment. | Partager sur WhatsApp
  • Au début de sa vie professionnelle, l’auteur passait 30 minutes à peaufiner la grammaire et le ton de ses e-mails à son supérieur, mais recevait souvent en retour des réponses immédiates, impolies, pleines de fautes et à la grammaire désastreuse
  • Dans les e-mails divulgués après la publication des documents liés à Epstein, on remarque aussi la grammaire lamentable de personnalités connues
  • Des phrases courtes et brusques, avec des fautes de frappe, une mise en forme étrange et des traces comme « sent from iPhone », donnent l’impression que faire des efforts est inutile
  • Le phénomène selon lequel plus une personne est puissante, moins elle a besoin de faire attention à sa grammaire relève d’un « privilège grammatical », une structure inégalitaire où le statut social libère même des formes linguistiques

Premières expériences d’e-mails au travail

  • Dans son premier emploi, l’auteur faisait de son mieux pour repasser le correcteur orthographique, vérifier la grammaire et maintenir un ton professionnel avant d’envoyer un e-mail à son supérieur
    • Après plus de 30 minutes de révision, il recevait pourtant des réponses courtes mêlant abréviations et fautes, comme « K let circle back nxt week bout it. thnks »
    • Ces e-mails accompagnés de la signature « Sent from my iPhone » montraient l’écart linguistique entre les personnes de pouvoir et les débutants
  • Dans un autre travail, les supérieurs avaient tendance à utiliser beaucoup d’emojis (😂)
    • L’auteur envoyait des e-mails en phrases formelles et impeccables, tandis que ses supérieurs répondaient surtout par phrases courtes et emojis
    • Cela lui paraissait étrange à l’époque, mais avec le temps il a compris que les critères de l’expression “professionnelle” sont relatifs

Les problèmes de grammaire dans les e-mails de célébrités

  • Lors de la récente publication des documents Epstein, des e-mails d’Elon Musk, Bill Gates, Richard Branson et d’autres ont été rendus publics
    • Au-delà de leur contenu sensationnaliste, c’est surtout le niveau de chaos grammatical qui a surpris
    • Les e-mails étaient courts, abrupts, et truffés de fautes de frappe ainsi que de formats non conventionnels
    • On y retrouvait les mêmes caractéristiques que dans les e-mails de supérieurs : ton bref et sec, nombreuses fautes, format étrange, mauvaise grammaire et mentions comme « sent from iPhone »
  • Le même phénomène était déjà apparu dans les e-mails révélés lors du piratage de Sony Pictures en 2014
    • À l’époque, les e-mails des dirigeants étaient remplis de phrases imprécises et peu professionnelles
    • L’auteur a eu le sentiment que s’il avait lui-même envoyé ce genre d’e-mails, il aurait probablement été licencié, ce qui révélait une inégalité dans la liberté linguistique

Le concept de « privilège grammatical »

  • L’auteur souligne que le mot « privilège », souvent utilisé à propos de l’argent, du pouvoir ou de la race, existe aussi en matière de grammaire
  • Les personnes de pouvoir n’ont pas besoin de maintenir une perfection grammaticale, car leur compétence et leur statut sont déjà reconnus
    • À l’inverse, les employés subalternes ou débutants subissent la pression de devoir prouver leur professionnalisme par la grammaire et le ton
  • Il qualifie cette différence de « privilège grammatical », en insistant sur le fait que l’usage de la langue lui-même reflète une structure hiérarchique
  • Plus largement, le fait que la précision grammaticale cesse d’être pertinente face au pouvoir montre que la langue est un autre indicateur de la hiérarchie sociale

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