1 points par GN⁺ 16 시간 전 | 1 commentaires | Partager sur WhatsApp
  • Lors d’un grand incendie de forêt dans le sud-ouest de la France, un pyrocumulonimbus s’est formé pour la première fois dans le pays, plaçant les services d’incendie dans une situation extrêmement dangereuse, difficile à combattre directement
  • L’air chaud au niveau du sol s’élève rapidement et rencontre l’air froid en altitude ; le nuage ainsi formé peut aggraver l’incendie avec ses propres vents et éclairs
  • Contrairement à un feu de forêt classique, les vents et les fronts de feu changent sans cesse et plusieurs lignes d’incendie se forment, rendant la trajectoire de propagation difficile à prévoir ; les pompiers le classent comme un incendie convectif
  • Pour le maîtriser, il faudrait soit de fortes pluies pendant trois jours, soit orienter les flammes vers un endroit où elles s’éteindraient d’elles-mêmes, comme la mer ; pour l’instant, seules des opérations défensives limitées, visant ses points faibles, sont possibles
  • Les pompiers privilégient le repli stratégique et la sécurité des personnes tout en poursuivant la défense des infrastructures critiques et le sauvetage des animaux, mais le risque d’incendie dans d’autres régions empêche de mobiliser tous les pompiers du pays sur un seul site

Un système météo propre créé par le pyrocumulonimbus

  • Un pyrocumulonimbus est un nuage de feu qui se forme lorsque l’air près du sol est chauffé par une éruption volcanique ou un grand incendie de forêt et s’élève rapidement
    • En se refroidissant, l’air ascendant forme un nuage turbulent
    • La NASA le décrit comme « un dragon cracheur de feu dans les nuages »
    • Jusqu’ici, il avait surtout été observé en Australie et en Amérique du Nord, où les feux de forêt sont fréquents ; c’est une première en France
  • Les températures extrêmes au sol au cœur de l’incendie créent une puissante colonne thermique, et cette chaleur rencontre l’air froid en altitude pour former un nuage de fumée dépourvu d’humidité
    • Le nuage peut créer son propre système météorologique et provoquer l’ignition spontanée d’objets sur sa trajectoire
    • Les éclairs générés à l’intérieur frappent les foyers au sol et alimentent davantage l’incendie, tout en produisant un grondement sourd

Des conditions d’intervention qui rendent l’attaque directe difficile

  • Cet incendie est un feu convectif qui génère ses propres vents ; contrairement à un feu de forêt classique qui se propage en forme de cône, la direction du vent change continuellement
    • Les flammes se propagent dans toutes les directions et forment plusieurs fronts de feu
    • La ligne de feu se déplace sans cesse, ce qui rend impossible de savoir dans quelle direction il va se propager et d’intervenir directement
  • Les pompiers ont choisi une approche comparable au combat de David contre Goliath : n’attaquer que de manière limitée lorsque des faiblesses apparaissent dans les flammes
    • Il ne pourra être maîtrisé qu’avec de fortes pluies pendant trois jours ou en orientant les flammes vers un lieu où elles s’éteindront d’elles-mêmes, comme la mer
  • Le terrain a atteint un état d’impossibilité opérationnelle, obligeant à reconnaître une force naturelle incontrôlable et à se replier stratégiquement
    • L’accent est mis sur la défense plutôt que sur l’attaque, et il faut déplacer tout le monde vers des lieux sûrs, comme en situation de guerre sous bombardement continu
    • Des actions ciblées se poursuivent, notamment la défense des infrastructures critiques et le sauvetage des animaux
    • Des renforts de relève sont en attente, mais le risque d’incendie existe partout dans le pays, ce qui empêche de concentrer tous les pompiers sur le site

1 commentaires

 
Commentaires Hacker News
  • Selon le grand quotidien français Le Monde, ce n’est pas la première fois que ce type de nuage est observé en France.
    Le chercheur explique que des nuages atteignant une telle taille et une telle altitude au-dessus d’un incendie de forêt sont extrêmement rares ; lors de l’incendie de Pedrógão au Portugal en 2017, qui avait fait environ 60 morts, deux orages de feu s’étaient produits, alors que cette fois il y en a déjà eu 8 à 10. Des phénomènes similaires avaient aussi été observés lors des incendies de Fontainebleau, de Ribaute et de Générac, mais celui-ci est sans précédent par son intensité et sa fréquence.
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/27/le-pyrocum...

  • Les Landes et le Médoc sont d’immenses forêts de pins artificielles, créées au XIXe siècle sous Napoléon III pour drainer et mettre en valeur des marécages. La résine et l’accumulation d’aiguilles de pin les rendent très inflammables, et comme il s’agit d’une plaine couverte en continu d’une seule essence, il y a peu de barrières naturelles pour freiner la progression des feux.

    • La principale cause des incendies de forêt est le réchauffement climatique. Avant les feux, il y avait eu trois vagues de chaleur sévères, et la forêt de Fontainebleau au nord, sans pins, ainsi que des forêts près de Madrid ont aussi brûlé.
      Voir cela comme un problème local isolé peut être rassurant, mais il faut reconnaître que la cause centrale est le réchauffement climatique. L’article suivant traite des conditions dans lesquelles la résistance au feu des forêts de pins varie.
      https://www.sudouest.fr/faits-divers/incendies/incendies-en-...
    • Il est peut-être temps de restaurer cette région en zone humide.
  • En ce moment, Bordeaux donne presque l’impression d’une situation apocalyptique. Je suis parti hier : 200 000 personnes ont été évacuées, des centaines de maisons ont été détruites, et les flammes se sont approchées à environ 16 km des limites de la ville.

    • Des employés ferroviaires du nord de l’Ontario voient un feu de forêt juste devant eux, mais restent aussi calmes que s’ils regardaient un mignon petit animal sur la voie. À leur place, j’aurais paniqué.
      https://www.cbc.ca/news/canada/thunder-bay/train-cab-wildfir...
      Si le premier lien n’est pas accessible hors du Canada, on peut le voir sur https://www.youtube.com/watch?v=bwc16INKNq0 ou https://www.youtube.com/shorts/qAerRqQQHAM.
    • Je suis aussi parti hier. Il y avait tellement de fumée que la ville ressemblait à une journée d’hiver brumeuse, avec une forte odeur de feu de camp, mais l’ambiance était étonnamment calme.
      Je me demande si mon vol retour au départ de Bordeaux dans quelques jours décollera vraiment. Les environs de l’aéroport ont été évacués, mais l’aéroport lui-même fonctionne encore ; sur place, c’est vraiment une scène de fin du monde.
      https://static.actu.fr/uploads/2026/07/aeroport-bordeaux-fum...
    • Le nord de Bordeaux a aussi été touché. De jeudi à samedi, des brandons ont mis le feu à plusieurs petits champs et bois en Charente et en Charente-Maritime.
      La fumée dense a modifié le climat local et même fait dérailler les prévisions de vent, tout en faisant baisser la température de 2 à 3 °C à 150 km de là. J’avais prévu de faire du wingfoil tout le samedi après-midi, mais il n’y a pas eu un souffle de vent avant 18 ou 19 h.
    • Je me demande quelles sources consulter pour continuer à suivre cette situation.
  • En météorologie, nimbus signifie qu’un nuage est chargé de pluie, et comme les nuages de feu ne donnent pas de pluie, l’article devrait parler de pyrocumulus, et non de pyrocumulonimbus

    • Cumulonimbus s’est désormais détaché de son sens étymologique pour désigner un phénomène physique produisant une convection profonde, des nuages élevés, une forme d’enclume, des éclairs, etc. Comme la convection qui forme les cumulonimbus existe aussi dans les pyrocumulonimbus, le terme n’est pas erroné
    • Pyrocumulonimbus semble être la forme la plus extrême du pyrocumulus et, par coïncidence, il a aussi été observé cette semaine dans l’État de Washington, à l’autre bout du monde
      https://en.wikipedia.org/wiki/Cumulonimbus_flammagenitus
      https://en.wikipedia.org/wiki/Flammagenitus_cloud
      https://www.seattletimes.com/seattle-news/climate-lab/little...
    • Les feux de forêt créent leur propre système météorologique. Lorsque l’humidité des arbres en combustion monte avec la fumée et se refroidit dans la haute atmosphère, il peut pleuvoir, et des éclairs peuvent se produire, déclenchant de nouveaux incendies
    • Pyrocumulonimbus étant une appellation reconnue dans le monde académique, l’article n’est pas fautif : https://en.wikipedia.org/wiki/Cumulonimbus_flammagenitus
    • Vers 6 min 30 de la conférence de presse, il est indiqué que ce terme a été utilisé en collaboration avec les météorologues de Météo-France. Le contenu technique commençant à 3 min 34, il est difficile d’y voir un terme journalistique imprécis
      https://www.dailymotion.com/video/xas3lw2
  • Le même phénomène s’est produit lors de l’incendie Little Giant, dans l’État de Washington, et les photos de l’article sont impressionnantes. Il y a quelques jours, un nuage de feu s’est aussi formé derrière le Rainier ; vu depuis la ferme, on aurait dit que le volcan crachait de la fumée et était sur le point d’entrer en éruption
    https://www.seattletimes.com/seattle-news/climate-lab/little...

  • Ce phénomène apparaît aussi pendant la saison des feux de brousse en Australie, et le système météorologique ainsi formé peut renverser même un camion de pompiers de 10 tonnes
    https://www.theguardian.com/australia-news/2019/dec/31/volun...

  • Si une forêt comme celle-ci a été créée avec des crédits carbone, je me demande si ces crédits deviennent caducs lorsque la forêt brûle

    • Au contraire, on pourrait même replanter des arbres sur le même terrain et revendre des crédits. C’est un mécanisme similaire à celui des agriculteurs qui répètent qu’ils comptent abattre des milliers d’arbres chaque année, mais qu’ils ne le feront pas si on les paie
    • Supposer que l’achat de crédits de compensation carbone entraîne réellement quelque chose est déjà une hypothèse audacieuse
    • J’ai lu plusieurs articles à ce sujet, et c’est effectivement un problème. Même si une forêt nouvellement plantée brûle, les crédits restent permanents
    • Il est aussi difficile d’imaginer comment fonctionneraient des crédits non permanents. Si l’on achète une option de compensation carbone pour un vol afin de planter des arbres et qu’ils brûlent dans un incendie dix ans plus tard, on ne sait pas clairement ce qu’il faudrait faire
    • Comme une quantité massive de CO₂ est en train d’être émise du fait de l’incompétence manifeste des autorités, il faudrait plutôt compter cela comme des crédits d’émission négatifs
  • Si la crise climatique s’aggrave encore, presque tout le monde finira probablement par convenir qu’il vaut la peine de prendre le risque de la géo-ingénierie sous une forme ou une autre

    • La seule raison pour laquelle cela pourrait ne pas arriver serait le risque de responsabilité juridique lié aux effets secondaires. Si, un an après le début d’injections de soufre, l’Inde connaît une mauvaise récolte, même si cela se serait produit de toute façon, il deviendra plausible d’accuser ceux qui ont mis en œuvre la géo-ingénierie, et la recherche de boucs émissaires autour du climat pourrait devenir extrême
    • On pourrait commencer par la dispersion d’aérosols de soufre dans l’atmosphère : https://en.wikipedia.org/wiki/Stratospheric_aerosol_injectio...
      Je me demande aussi dans quelle mesure la réglementation de 2020 sur le fioul de soute des navires a influé sur la situation actuelle
    • Les propositions de géo-ingénierie ont la même racine que le climatoscepticisme, en ce qu’elles procèdent de l’impulsion de ne pas tenir les contributeurs à la crise climatique pour responsables