1 points par GN⁺ 2024-04-16 | 1 commentaires | Partager sur WhatsApp

Un tribunal juge qu’il est possible d’enregistrer un appel téléphonique avec des forces de l’ordre sans le consentement de l’autre partie

  • Ce jugement récent, impliquant un citoyen qui accusait le bureau du shérif du comté de Citrus de manquement à ses fonctions, ouvre une nouvelle voie de contrôle citoyen sur l’action des forces de l’ordre.

Résumé des allégations du plaignant Michael Leroy Waite

  • Depuis 2018, Waite est en conflit avec le bureau du shérif du comté de Citrus au sujet de l’accès à sa propriété.
  • Il affirme que le shérif est arrivé en aéroglisseur avec des subordonnés armés de fusils, a pulvérisé un herbicide dans un canal appartenant à Waite et a endommagé des panneaux d’interdiction d’intrusion sur une propriété privée.
  • En janvier 2021, Waite a appelé le 911 pour signaler une intrusion illégale du shérif et a demandé l’enregistrement de l’appel à des fins de plainte.
  • Le sergent Edward Blair a rappelé Waite, et Waite a enregistré les 3 minutes de conversation sans en informer Blair.
  • Waite a envoyé l’enregistrement par e-mail au bureau du shérif pour demander une enquête interne, mais il a été inculpé un mois plus tard pour écoute illégale.

Résumé de la décision de la cour d’appel

  • La cour a annulé les 5 condamnations de Waite pour écoute illégale et a ordonné l’abandon des poursuites sur ce chef d’accusation.
  • Elle a estimé que les policiers n’ont pas d’attente raisonnable en matière de vie privée lorsqu’ils exercent leurs fonctions officielles.
  • Elle a jugé l’enregistrement de Waite autorisé, car la conversation portait sur des affaires publiques, les policiers étaient en service et utilisaient un téléphone professionnel.
  • En revanche, Waite a été reconnu coupable d’agression contre des agents des forces de l’ordre et de résistance violente.

L’avis de GN⁺

  • Cette décision devrait renforcer la capacité des citoyens à surveiller et contester les manquements ou comportements illégaux de la police. Elle pourrait aider à freiner les abus d’autorité.
  • Il reste toutefois à débattre de la possibilité d’étendre cette décision à l’enregistrement d’appels d’autres agents publics, ainsi que de son impact éventuel sur le droit à la vie privée des policiers.
  • À mesure que la surveillance citoyenne se renforce, des efforts parallèles pour améliorer la confiance envers la police et le dialogue avec les citoyens seront également nécessaires. Une défiance unilatérale envers la police n’est pas souhaitable.
  • En Floride, le contrôle citoyen de la police s’est récemment affaibli ; on peut espérer que cette décision contribuera à rétablir un certain équilibre. La réforme de la police et la garantie du droit à l’information des citoyens doivent aller de pair.

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GN⁺ 2024-04-16
Avis Hacker News

En résumé, voici les points principaux :

  • Un tribunal de Floride a jugé qu’il est légal d’enregistrer sans consentement une conversation avec un policier dans l’exercice de ses fonctions. Cela signifie qu’un policier en service n’a pas d’attente légitime en matière de vie privée.
  • Le gouverneur de Floride, DeSantis, a signé deux nouvelles lois liées à la police :
    • Elles rendent illégal le fait de s’approcher ou de rester à moins de 25 pieds d’un policier après avoir reçu un avertissement. Il reste possible de filmer, mais il faut se tenir à plus de 25 pieds.
    • Elles prévoient que les membres des commissions de contrôle citoyen soient nommés par le chef de la police et qu’au moins un policier à la retraite y siège.
  • La première loi pourrait être inconstitutionnelle, car il peut être nécessaire de se trouver à moins de 25 pieds pour un enregistrement légal, par exemple lorsqu’il y a du vent et que l’on entend mal. Il semble probable que les tribunaux interprètent l’« intention » d’une manière favorable à la police.
  • La deuxième loi semble viser à affaiblir les commissions de contrôle citoyen.
  • On se demande si cette décision fera jurisprudence dans les États où l’enregistrement d’une conversation sans le consentement des deux parties est interdit. Les entreprises enregistrent déjà des appels avec la simple mention « cet appel peut être enregistré » sans vérifier l’accord explicite des deux parties.
  • Puisque le gouvernement peut enregistrer des citoyens sans mandat, il semblerait équitable que les citoyens puissent eux aussi enregistrer les policiers. D’autant plus que les tribunaux ont souvent tendance à accorder davantage de crédit à la parole des policiers qu’à celle des citoyens.
  • En Suède, il est légal pour une partie à la conversation de l’enregistrer, mais illégal pour un tiers de l’enregistrer en secret. Cela semble être une règle de bon sens.
  • Un citoyen a enregistré son appel avec un policier et l’a signalé par e-mail à la police, avant d’être lui-même poursuivi pour écoute illégale.
  • Autoriser l’enregistrement avec le seul consentement d’une seule partie contredit la définition même du consentement. Le consentement est un concept qui suppose l’accord de l’ensemble des parties concernées, ou au moins de leur majorité.