1 points par GN⁺ 2024-04-17 | 1 commentaires | Partager sur WhatsApp
  • NPR a infligé une suspension de 5 jours sans solde à son rédacteur en chef senior Uri Berliner après qu’il a publiquement critiqué la crédibilité éditoriale de l’organisation via une tribune externe et des apparitions médiatiques
  • Le motif disciplinaire direct est le non-respect de la procédure d’approbation préalable requise pour les activités menées auprès de médias externes, NPR considérant cela comme un « avertissement final » et l’informant qu’une nouvelle infraction pourrait entraîner son licenciement
  • Les critiques de Berliner ont alimenté le reproche selon lequel NPR pencherait vers une vision progressiste rigide sur des sujets comme les droits des personnes trans, la guerre Israel-Hamas et la couverture du COVID
  • En interne, la contestation s’est amplifiée autour de la sélection des exemples, de l’absence de consultation des journalistes concernés et de l’atteinte à la confiance dans des discussions non publiques ; certains journalistes ont affirmé qu’il était devenu difficile de travailler avec lui
  • La direction de NPR a annoncé des réunions mensuelles de revue de la couverture, mais l’affaire dépasse désormais le seul débat sur l’impartialité pour toucher à la confiance dans la rédaction et au leadership de l’organisation

Suspension et motif direct

  • NPR a infligé une suspension de 5 jours sans solde au rédacteur senior Uri Berliner
    • La suspension a commencé le vendredi de la semaine précédente
    • Berliner avait publiquement critiqué NPR, affirmant que son traitement de l’actualité selon une vision progressiste rigide lui avait fait « perdre la confiance de l’Amérique »
  • Le cœur de la sanction porte sur le non-respect de la procédure d’approbation nécessaire avant toute intervention dans un média externe
    • Les journalistes de NPR doivent obtenir une approbation préalable avant toute activité extérieure auprès d’un autre média
    • La lettre disciplinaire a été qualifiée d’« avertissement final », avec notification qu’une nouvelle violation de la politique pourrait conduire à un licenciement
  • Berliner, qui est adhérent du syndicat de la rédaction de NPR et paie ses cotisations, a indiqué qu’il ne ferait pas appel de cette sanction

Tribune dans The Free Press et apparitions externes

  • Berliner a publié une tribune sur le site d’actualité en ligne The Free Press
    • The Free Press est présenté comme un média devenu un espace pour des journalistes estimant que les grands médias sont excessivement progressistes
    • Berliner est aussi intervenu dans le podcast de Bari Weiss, Honestly
  • La sanction officielle de NPR ne vise pas son passage sur Chris Cuomo NewsNation
    • NPR avait approuvé cette intervention
    • Le directeur de la communication de NPR avait indiqué à Berliner de se concentrer sur sa propre expérience et de ne pas partager d’informations exclusives
  • La lettre disciplinaire ne cite pas non plus directement ses propos au The New York Times
    • Berliner a déclaré qu’il n’avait pas demandé d’autorisation avant de parler au Times
  • NPR a reproché à Berliner d’avoir révélé des données démographiques sur l’audience qu’elle considère comme confidentielles
    • Berliner a rétorqué qu’il s’agissait « essentiellement de documents marketing »

Contenu des critiques de Berliner

  • Berliner estime que les mêmes problèmes se répètent dans la couverture de NPR
    • Il cite comme exemples les droits des personnes trans, la guerre Israel-Hamas et la couverture du COVID
    • Il affirme que d’autres organisations de presse ont des problèmes similaires, mais que NPR, en tant qu’institution fondée sur une mission, a une responsabilité accrue en matière d’impartialité
  • Il dit voir NPR comme un « bien de confiance national »
    • Il estime que NPR compte d’excellents journalistes
    • Selon lui, si les journalistes mettaient leurs opinions de côté pour se concentrer sur le journalisme, l’organisation serait plus intéressante et plus fidèle à ses auditeurs
  • Berliner affirme avoir tenté à plusieurs reprises de faire remonter ses inquiétudes éditoriales auprès des responsables de l’information de NPR et de l’ancien CEO

Polémique autour de la CEO Katherine Maher

  • Des critiques conservatrices ont mis en cause les publications sur les réseaux sociaux de la nouvelle CEO de NPR, Katherine Maher, avant son arrivée dans l’entreprise
    • Parmi les exemples cités figure un tweet de 2020 dans lequel elle qualifiait Trump de raciste
    • Sont également évoqués des messages de la même année semblant minimiser les émeutes survenues pendant les manifestations pour la justice sociale
    • Maher est devenue CEO de NPR le mois dernier, et il s’agit de son premier poste dans une organisation de presse
  • Dans une déclaration, Maher a souligné l’intégrité des journalistes de NPR et l’indépendance de sa couverture
    • Elle a déclaré qu’aux États-Unis, chacun a le droit à la liberté d’expression en tant que citoyen privé
    • Elle a affirmé que le travail de NPR et son engagement comme CEO reposaient sur le service public, l’indépendance éditoriale et la mission de servir l’ensemble du public américain
    • Elle a ajouté que NPR n’était affilié à aucun parti politique et n’avait pas d’intérêts commerciaux
  • NPR a précisé que sa CEO ne participait pas aux décisions éditoriales
  • Berliner a dit s’interroger sur le fait qu’elle soit la meilleure personne pour diriger l’organisation en raison de ses anciens messages sur les réseaux sociaux
    • Selon lui, NPR a besoin d’un dirigeant fédérateur, plus inclusif envers davantage de personnes et porteur d’une vision plus large de l’Amérique

Réactions internes dans la rédaction et question de confiance

  • La tribune et les prises de parole publiques de Berliner ont suscité une forte colère et une grande déception en interne chez NPR
    • Des collègues estiment qu’il n’a retenu que les exemples servant son argumentation
    • Ils lui reprochent également de ne pas avoir sollicité l’avis des journalistes ayant participé aux couvertures qu’il citait
  • L’animatrice de Morning Edition, Michel Martin, a déclaré que certains collègues partageaient aussi les inquiétudes de Berliner
    • Ils craignent qu’une couverture présentée à travers un prisme idéologique ou idéaliste finisse par éloigner les auditeurs
    • Elle estime toutefois que la solution doit passer par la formation et le mentorat, et non par une dénonciation publique des collègues
  • Plusieurs journalistes de NPR ont déclaré qu’ils ne souhaitaient plus travailler avec Berliner, estimant que la confiance selon laquelle il préserverait la confidentialité des discussions internes avait disparu
  • La correspondante politique de NPR Danielle Kurtzleben a critiqué le fait que la rédaction fonctionne sur la confiance et qu’il devient difficile de travailler si l’on va attaquer ses collègues dans d’autres médias
  • Berliner a rétorqué que sa tribune et ses déclarations ultérieures ne constituaient pas une trahison d’observations privées ou de débats sur la couverture

Tensions autour de la stratégie de diversité

  • Certains collègues de NPR ont contesté l’évaluation de Berliner selon laquelle NPR, tout en se concentrant sur la diversification de ses effectifs, ne se serait pas engagée au même niveau pour la diversité des points de vue
  • L’ancien CEO John Lansing avait qualifié la quête de diversité des effectifs de NPR de « North Star », d’impératif moral et de stratégie business centrale
  • Berliner estime dans sa tribune que cette stratégie a échoué
    • Il s’appuie sur la baisse de l’audience radio de NPR
    • Il juge notamment que NPR a eu du mal à attirer davantage d’auditeurs noirs et latino-américains
  • Berliner a écrit que, pendant la majeure partie de sa carrière dans l’entreprise, la culture y était ouverte et curieuse, mais qu’elle avait changé ces dernières années
  • La journaliste d’investigation de NPR Chiara Eisner a rétorqué que les minorités ne pensent pas toutes de la même manière et ne couvrent pas toutes l’actualité de la même façon

Réunions mensuelles de revue de la couverture

  • La directrice de l’information de NPR, Edith Chapin, a informé la rédaction que l’Executive Editor Eva Rodriguez dirigerait chaque mois une réunion de revue de la couverture
  • Ces réunions examineront si la couverture de NPR reflète suffisamment la diversité des États-Unis
    • Cela inclut la diversité raciale, ethnique, religieuse, économique, politique et géographique
    • Elles vérifieront aussi si les auditeurs et lecteurs peuvent s’y reconnaître eux-mêmes et reconnaître leur communauté
    • Elles évalueront également si la couverture aide à mieux comprendre des voisins avec lesquels on a peu ou pas de points communs
  • Berliner a salué cette annonce, tout en disant réserver son jugement tant qu’il n’aurait pas vu comment ces réunions se déroulent concrètement
  • Chapin a indiqué que ces sessions étaient discutées depuis que l’ancien CEO Lansing avait regroupé les divisions information et programmes sous sa direction intérimaire
  • Chapin a estimé que le moment était venu de les mettre en œuvre et que NPR avait besoin de davantage de débat sain

1 commentaires

 
GN⁺ 2024-04-17
Avis sur Hacker News
  • En tant que personne ayant écouté NPR toute sa vie, j’ai récemment dû arrêter à cause d’une lassitude idéologique, et je partage l’inquiétude selon laquelle elle « présente l’information à travers un prisme idéologique et idéaliste, ce qui aliène les auditeurs »

    • En tant que personne plutôt de centre droit, j’écoutais beaucoup NPR autrefois parce qu’elle m’apportait souvent de nouveaux points de vue, mais aujourd’hui elle répète sans cesse le même point de vue, si bien que je finis généralement par éteindre
    • Avant même la publication de cet essai, des amis progressistes disaient eux aussi avoir cessé d’écouter NPR, estimant qu’elle penchait davantage vers le militantisme que vers le journalisme d’information
    • « Lassitude » est exactement le bon terme. À intervalles réguliers, un thème de l’air du temps progressiste apparaît ; la plupart du temps il n’a pas de valeur journalistique, et même lorsqu’il en a, on a l’impression qu’on y plaque inutilement un récit et qu’on cherche à provoquer une réaction émotionnelle
    • J’aimerais moins de 1A et davantage d’émissions comme Reveal ou Snap Judgement. 1A me semble être un exemple typique de contenu autrefois intéressant, qui informait les auditeurs au moyen de voix marginalisées, et qui s’est transformé en média de l’indignation débité d’une voix posée
      Les grandes émissions nationales comme Morning Edition ou All Things Considered me semblent toujours aussi correctes qu’il y a dix ans. Cela dit, le reportage semble refléter l’idée qu’un des pôles politiques mérite moins de temps d’antenne que l’autre
    • Malgré tout, j’écoute encore NPR parce que, contrairement à d’autres médias qui relèvent presque du pur divertissement, cela reste du journalisme. Mais David Broncochio devrait partir, et le degré avec lequel on pousse activement les sujets LGBTQ et les divisions raciales est excessif
      Au bout du compte, les gens de NPR sont concernés et compatissants, mais semblent ne recruter que des personnes qui leur ressemblent, ce qui rend difficile de leur faire confiance sur de nombreux sujets. Les questions économiques et scientifiques me paraissent particulièrement mauvaises
  • NPR n’est pas une seule gigantesque organisation médiatique. D’après mon expérience, les stations NPR locales sont l’une des meilleures sources d’informations locales intéressantes et pertinentes, tandis que la plupart des journaux télévisés et radios locaux ressemblent à des chroniques criminelles gonflées pour mettre les gens en colère
    Pour ce qui est de la rédaction nationale de NPR, comme le dit l’article, je pense que cette affaire pourrait déclencher des changements positifs. Aucun média ne sera perçu par tout le monde comme exempt de biais, et très rares sont les médias qui prennent ne serait-ce que des mesures pour réduire ces biais
    Le fait que les rédacteurs disent vouloir examiner les reportages de plus près pour en retirer les inclinaisons problématiques fixe un standard plus élevé que celui de presque tous les médias
    Imaginer un journaliste dans n’importe quelle rédaction du pays se lever et s’indigner en disant « il y a des biais dans nos reportages » me fait rire. La réaction générale serait probablement : « oui, évidemment »

    • Comme on l’a vu dans des scandales similaires au NYT et au WSJ, je pense que le milieu journalistique tend à étendre et renforcer une monoculture autoritaire antilibérale, plutôt qu’à accepter les retours, et à éliminer les voix dissidentes
      Il suffit de regarder James Bennet du NYT, licencié après avoir publié une tribune d’un sénateur américain en exercice, ou Kevin D. Williamson de The Athletic
    • NPR reçoit des fonds publics. Elle devrait donc être impartiale et objective
  • Si les chiffres de baisse d’audience rendus publics par Berliner sont exacts, c’est au niveau des stations locales que l’impact se fera le plus sentir. Quand l’audience baisse, les collectes de fonds en souffrent et les coupes deviennent inévitables
    Par exemple, Boston compte deux stations NPR, WGBH et WBUR, et toutes deux sont en difficulté. Cet article traite de la baisse de l’écoute en direct et de la résistance à la transition numérique, mais ne mentionne absolument pas les problèmes soulevés par Berliner
    https://www.boston.com/news/the-boston-globe/2024/04/11/two-...

    • Tous les médias d’information et de diffusion perdent rapidement leur public. Rien ne prouve qu’il existe une corrélation entre l’orientation éditoriale de NPR et ce résultat
      Par exemple https://www.theatlantic.com/politics/archive/2024/04/conserv...
    • KUOW à Seattle semble aussi en difficulté. Les messages de sponsors sont devenus de plus en plus gênants, et la semaine dernière j’ai entendu un long message de parrainage de Christian Science
      On dirait qu’ils raclent de plus en plus les fonds de tiroir, et le nombre de messages de sponsors semble aussi augmenter
    • Si l’on ne regarde que l’audience radio, le public appartient à 100 % aux stations locales. NPR ne possède aucune fréquence radio
      Par sa structure, une station locale dispose d’un contrôle éditorial total sur sa programmation tant qu’elle respecte les principes de mission de NPR, et elle obtient en échange l’accès au réseau de contenus produits par NPR et ses affiliés locaux
      Les grands affiliés de Boston produisent beaucoup de contenus locaux ou les revendent au réseau national, mais les plus petits diffusent généralement des contenus NPR. Les budgets et les opérations de revenus sont eux aussi gérés séparément
    • Quand c’est possible, j’écoute encore en direct via l’app, mais beaucoup d’émissions sont aussi disponibles au format podcast
      Avec autant d’alternatives pour le même contenu, la concurrence doit être difficile
    • Je me demande si c’est vraiment un problème de business model. D’après ce que je comprends, le financement de NPR vient surtout du sponsoring d’entreprise, et non des auditeurs ou du gouvernement
      Si c’est vrai, l’incitation à maintenir des affiliés locaux diminue, et la consolidation semble inévitable
  • La perte d’objectivité journalistique au cours des quelque dix dernières années est déjà un sujet dont on a trop parlé
    Cela dit, j’ai l’impression qu’on a passé un point de bascule dans le bon sens. Je n’ai pas écouté NPR depuis des années, mais le Times s’est amélioré ces dernières années
    C’est aussi l’un des thèmes du nouveau film d’Alex Garland, Civil War. Voir son entretien avec le Times : https://archive.is/pzs1a
    Sa théorie est que la presse devrait contenir la polarisation en diffusant des faits objectifs, des faits qui ne s’insèrent pas parfaitement dans la vision du monde d’un camp ou de l’autre, et que l’échec de ce processus a aggravé la polarisation

    • L’objectivité journalistique a été créée, pour l’essentiel, par une presse anti-Roosevelt. Avant cela, les journaux étaient ouvertement partisans
      Roosevelt était tellement dominant que le camp républicain a senti qu’il fallait changer les règles du jeu
      À noter que la guerre de Sécession a commencé à cause d’une attaque absurdement stupide contre Fort Sumter. Si la Caroline du Sud n’avait pas attaqué le fort, les États-Unis se seraient scindés en deux ou trois pays, et tout le monde l’aurait accepté
    • L’objectivité journalistique n’est pas réelle et n’a jamais existé
      Il vaut bien mieux que les médias reconnaissent leurs biais plausibles et laissent les lecteurs juger par eux-mêmes. Cet idéal se développe davantage avec le journalisme citoyen, où des gens ordinaires font eux-mêmes du journalisme
      On en vient à espérer l’apparition d’un système permettant au public de converger vers la « vérité »
      Ceux qui parlent de cet idéal d’« objectivisme » sont ivres d’une croyance vaine. Et, étrangement, cette objectivité converge toujours vers le statu quo. Serait-ce parce que le statu quo est la vérité ? C’est peu probable
    • The Guardian aussi semble récemment moins polémique et moins chargé d’une propagande provocatrice
  • J’ai grandi en écoutant NPR, qui était toujours allumée. Le week-end, j’écoutais Car Talk avec mon père, ainsi que des choses comme Prairie Home. Depuis mon adolescence, j’ai enregistré NPR dans toutes les voitures que j’ai eues ; je l’écoutais aussi avec ma femme et nous avons donné pendant des années
    Mais vers 2019, il est devenu de plus en plus difficile de rester accroché aux émissions
    Aujourd’hui, presque tous les reportages me donnent l’impression d’être une sorte de faux journalisme relationnel, imprégné d’une indignation molle. J’ai envie d’écouter, mais un article sur deux parle de victimisation et d’oppression, c’est trop

    • Chaque fois que je mets NPR, je mesure le temps jusqu’à ce que la race soit évoquée. C’est le temps qu’il faut pour que la race devienne un sujet de discussion, et en général c’est moins de 15 minutes
    • Un critère utile pour mesurer la qualité de l’actualité consiste à se demander : « Est-ce que j’en sais davantage sur ce qui se passe maintenant, ou davantage sur ce qui met les gens en colère ? »
      Moi aussi, j’ai été auditeur et donateur toute ma vie, mais pendant la pandémie j’ai vu que NPR, comme d’autres médias, jouait au jeu de l’indignation pour marquer des points sur les réseaux sociaux, et j’ai arrêté les deux
    • Car Talk et Prairie Home ne sont pas des programmes NPR. Ce sont simplement des émissions que les stations locales affiliées à NPR achètent pour les diffuser
      Si vous pensez que votre affiliée locale ne programme pas assez ce type d’émissions, il faut le lui dire. Beaucoup d’affiliées locales disposent d’une grande latitude dans leur programmation
      Plus de détails : https://www.npr.org/about-npr/178640915/npr-stations-and-pub...
    • Il y a des années, NPR était assez variée et, quand j’étais enfant le week-end ou plus tard quand je travaillais en usine, c’était un bon moyen de nourrir ma curiosité
      Il me vient soudain à l’esprit que HN aujourd’hui en est, au fond, le substitut. Même quand le sujet lié ne m’intéresse pas du tout, je trouve souvent des commentaires ou des discussions qui élargissent ma perspective de manière significative et positive
    • Dès qu’on passe à des thèmes comme les victimes, la race ou l’oppression, leurs objectifs annuels de performance me viennent immédiatement en tête
      Quelque chose du genre : « 25 % des articles doivent mettre en avant des voix noires »
      Ça paraît tellement forcé
  • Le NYT non plus n’a pas suspendu Bari Weiss parce qu’elle avait formulé des critiques similaires à son encontre
    Honnêtement, je n’ai jamais compris l’attrait de NPR. Je consomme de l’actualité en continu depuis l’école primaire, et j’ai même fait en sorte que la bibliothèque de mon école primaire s’abonne à l’hebdomadaire The Economist
    J’aime PBS, mais NPR m’a toujours davantage semblé être du commentaire culturel que du vrai reportage en profondeur. Le NYT donne parfois cette impression aussi, mais j’estime que son bilan compense largement

    • Je n’écoute pas directement NPR, mais RadioLab et This American Life sont généralement plutôt bons à mon avis. Je ne sais pas si ce sont des produits de NPR dans son ensemble ou des productions de stations affiliées, mais comme ce sont des médias que j’aime écouter, je comprends dans une certaine mesure pourquoi les gens l’écoutent
      Malgré tout, PBS est globalement meilleur. Frontline est, à mon avis, d’une qualité très constante
    • Les programmes d’information de NPR étaient assez bons autrefois. Dans les années 2000 et avant, et peut-être jusqu’au début des années 2010
      Aujourd’hui, le meilleur moment, c’est quand la station locale syndique les infos de la BBC. C’est vraiment bien meilleur, et cela montre clairement à quel point NPR s’est dégradé
      On the Media reste bon, les émissions sur les marchés sont correctes, et j’aime bien Wait, Wait. C’est toute la liste des programmes que je peux encore écouter avec plaisir
  • L’article qui lui a valu d’être sanctionné est ici : https://www.thefp.com/p/npr-editor-how-npr-lost-americas-tru...

    • Ce n’est pas mon goût, mais à en juger par ce passage, il est très possible qu’il ait mis le doigt sur quelque chose de juste. Parfois, dire la vérité est ce qu’il y a de plus impardonnable
      En 2011, le public de NPR penchait légèrement à gauche, mais ressemblait encore dans une certaine mesure à l’ensemble des États-Unis. 26 % des auditeurs se disaient conservateurs, 23 % centristes et 37 % progressistes
      En 2023, le tableau avait complètement changé. Seuls 11 % se disaient très ou plutôt conservateurs, 21 % centristes, et 67 % des auditeurs se disaient très ou plutôt progressistes. NPR n’a pas seulement perdu les conservateurs, mais aussi les centristes et les progressistes traditionnels
      Au sein de NPR, il n’y a plus d’esprit ouvert, et l’organisation n’a désormais plus, comme on pouvait s’y attendre, un public qui reflète l’Amérique
  • NPR est bien ce même NPR qui a vendu sa liste d’abonnés au Parti démocrate. Aux États-Unis, l’État ne devrait pas financer la parole, surtout la parole partisane
    Comme la plupart des autres médias, NPR n’est plus un média libéral au sens où il défend les droits individuels, la liberté économique, la vérité observable et les institutions publiques
    Il s’est plutôt rapproché de l’agenda du camp Liberal, qui limite les propos opposés aux groupes protégés, se méfie du marché libre, met en avant une vérité relative et sape les institutions publiques

    • Y a-t-il une source pour dire qu’ils ont « vendu leur liste d’abonnés au Parti démocrate » ? C’est une accusation assez lourde, qui peut vite basculer dans la désinformation
    • Le Parti démocrate est une organisation privée, pas le gouvernement
  • Ce fil de commentaires est presque entièrement rempli de gens qui pensent que le NPR actuel est devenu pire qu’avant. Il y a quelques exceptions concernant l’actualité locale
    Du coup, je me demande si la direction de l’info de NPR pense faire du bon travail. Existe-t-il vraiment un public qui considère, dans l’absolu, que NPR fait du bon travail ?
    Il est facile de dire que c’est mieux que Newsmax ou d’autres médias, mais cela ne revient pas à dire que NPR est bon en soi

    • Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de public qui estime que NPR fait du bon travail. Mais les raisons divergent beaucoup
      D’un côté, il y a une large part de centristes perplexes, de plus en plus agacés de se faire sermonner sur leur « privilège » chaque fois qu’ils veulent lire les nouvelles. Ils voient aussi tout être ramené de façon très forcée et artificielle à quelques slogans minoritaires
      De l’autre, il y a les vrais progressistes qui prennent sincèrement au sérieux le discours sur le privilège, etc. Mais ils sont généralement anti-establishment, et il est assez justifié de voir les médias d’information traditionnels, NPR compris, comme faisant partie de l’establishment
      Pour ce public, tout cela ressemble à une flatterie grossière et vide de sens destinée à obtenir de l’attention et de l’argent. S’il veut une information authentique conforme à son point de vue, il a beaucoup plus de chances de la trouver dans des podcasts, des blogs, etc.
      Résultat, personne n’est satisfait
    • La première chose qui m’est venue à l’esprit, comme analogie utile, c’est l’affaire Google Gemini. Comment Google a-t-il pu le lancer dans cet état ? Comment n’ont-ils pas vu le problème ? Comment la direction a-t-elle pu penser que c’était une bonne idée ?
      Dans les deux cas, je pense qu’on trouverait beaucoup de réponses similaires
    • À la question de savoir si la direction de l’info de NPR pense faire du bon travail, et s’il existe un public qui considère que NPR fait objectivement du bon travail, la réponse est « oui » dans les deux cas
      À mesure que les médias sont devenus de plus en plus partisans, ceux qui restent, participent et paient sont eux aussi devenus de plus en plus partisans. Ils considèrent que le média fait très bien son travail, et les dirigeants ne reçoivent plus de retours que dans la chambre d’écho de leurs soutiens les plus fervents
    • Le NPR national semble mêler capture par les donateurs et manque de pertinence
      Les affiliés NPR locaux produisent du contenu pertinent localement, mais le NPR national n’a pas vraiment de facteur différenciant
      Il devient donc beaucoup plus dépendant des donateurs, et ces donateurs ont clairement choisi un camp. Ce n’est pas non plus la première source vers laquelle on se tourne pour les breaking news. Un élu du Congrès ne va pas vouloir passer une ou deux heures en interview chez NPR alors qu’il peut être interviewé par plusieurs médias d’actualité bien plus visibles à l’échelle nationale
      À cause de cela, NPR semble pris dans un cercle vicieux où il doit satisfaire donateurs et auditeurs, mais au prix d’un affaiblissement des perspectives à long terme du produit
      En plus, les podcasts constituent une grande partie de l’offre groupée nationale de NPR, alors que l’industrie du podcast est désormais très démocratisée et commoditisée
    • À mon avis, Berliner a tout simplement complètement tort, et son jugement repose sur une logique assez douteuse
      Il a fortement déformé plusieurs articles clés, et a sélectionné des morceaux d’articles où des invités disaient des choses qui ne lui plaisaient pas
  • J’ai écouté NPR pendant 30 ans, et j’ai une réaction similaire à celle de beaucoup de gens ici. Pour la première fois, je me surprends à éteindre la radio au réveil
    Le fait que Berliner ait enfreint des règles ou des usages en lançant une bombe via un autre média semble avoir été une ultime tentative de créer une percée et de faire entendre sa voix. Au moins sur ce point, il attire l’attention, et j’espère que cela mènera maintenant à un changement
    Les exemples qu’il donnait dans son article de FP étaient tous très politiques, et portaient sur le fait de ne pas avoir couvert « l’autre camp »
    Franchement, je n’ai pas envie d’entendre ce genre de merde le matin. Je ne veux pas plus d’une couverture de « l’autre camp » que je ne veux d’une couverture de « mon camp ». On peut trouver ça partout
    Si j’écoute NPR, c’est parce que je veux du bon journalisme, pas un formalisme consistant à cocher la case des deux camps. J’espère que cette affaire ramènera la couverture dans cette direction. Avec une nouvelle CEO, il y a peut-être une chance