Y Combinator et le pouvoir dans la Silicon Valley
(commoncog.com)-
Le 10 septembre 2010, Antonio Garcia-Martinez, fondateur d’AdGrok, a reçu un appel de Rodger Cole dans l’appartement de son cofondateur Argyris Zymnis à San Francisco. Rodger Cole était avocat plaidant chez Fenwick & West, l’un des principaux cabinets d’avocats de la Silicon Valley. Cole leur a annoncé qu’ils étaient poursuivis en justice par leur ancien employeur, Adchemy. Ce n’était pas une surprise. Lorsque Garcia-Martinez et ses cofondateurs Argyris et Matthew McEachen ont quitté Adchemy pour lancer une nouvelle entreprise, le CEO d’Adchemy, Murthy Nukala, n’avait pas bien accueilli leur départ.
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AdGrok était alors une petite startup qui venait de sortir de l’accélérateur de startups de Y Combinator et de participer au "Demo Day". Le procès compliquait la levée de fonds externe d’AdGrok. Adchemy avait désigné personnellement les cofondateurs d’AdGrok dans la plainte, ce qui signifiait qu’en cas de défaite, ils auraient été personnellement responsables.
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Au moment du procès, Adchemy avait levé environ 60 millions de dollars, tandis qu’AdGrok peinait à financer ses opérations. Ils ont convaincu les avocats de Fenwick de les défendre en échange d’actions. Le légendaire avocat de la Silicon Valley Ted Wang a accepté un prêt de 250 000 dollars.
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Fenwick s’est immédiatement mis au travail, et Rodger Cole a réfuté les allégations d’Adchemy tout en proposant de fournir du code audité par un tiers. Mais AdGrok ne pouvait pas supporter un conflit judiciaire de longue durée. Exploiter les faiblesses d’Adchemy était la clé pour sortir du procès.
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Adchemy avait deux faiblesses : ses investisseurs et ses partenaires commerciaux potentiels. Adchemy était en train de négocier un accord majeur avec Microsoft. AdGrok a exploité cette faiblesse pour pousser Adchemy à reculer.
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Paul Graham de Y Combinator a exercé une pression sur les investisseurs d’Adchemy, tandis que Sam Altman a contacté l’équipe business development de Microsoft pour l’avertir qu’Adchemy risquait de poser problème si l’entreprise se retrouvait empêtrée dans un procès.
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Finalement, Adchemy a retiré sa plainte, et AdGrok l’a emporté. Mais cette affaire a gravement endommagé AdGrok, et l’entreprise a été vendue à Twitter en 2011. Adchemy a été vendue à Walmart Labs en 2014, et de nombreux employés comme investisseurs ont subi des pertes. Murthy Nukala a reçu une indemnité de départ d’un montant important.
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Cette affaire illustre le pouvoir dans la Silicon Valley et le rôle qu’y joue Y Combinator.
1 commentaires
Avis Hacker News
Au début des années 2010, la bulle tech, l’IPO de Google et plusieurs acquisitions de startups ont conduit d’anciens fondateurs fortunés à se reconvertir en investisseurs. Ils ont monté de petits fonds, ce qui leur a permis d’investir des montants plus importants dans des startups en phase initiale
À propos de l’affaire où Adchemy a personnellement nommé en justice les cofondateurs d’AdGrok, il est expliqué à quel point être impliqué personnellement dans une procédure est stressant. C’est le type de problème qui peut survenir quand des lois floues sont instrumentalisées
Y Combinator (YC) a parfois blacklisté des investisseurs ayant eu des problèmes avec des sociétés de son portefeuille. YC a la capacité de peser en faveur des entreprises qu’il souhaite soutenir
Gagner un procès est presque impossible, et le mieux qu’on puisse faire est de survivre
Le récit sur l’attitude fermée de YC était marquant. Dans le business, il existe la menace qu’en refusant certaines exigences, on ne puisse plus travailler dans la Silicon Valley
Certains se demandent si cette dynamique de pouvoir de YC existe encore aujourd’hui
L’écosystème open source aurait besoin de quelque chose comme du « wasta ». Des solutions d’IA automatisent des services en utilisant des outils créés par des développeurs open source. Il arrive que de grandes entreprises attaquent des mainteneurs par des menaces juridiques