L’insoutenable joie d’être assis seul dans un café
(candost.blog)- Le fait de s’asseoir seul dans un café est, par nature, une expérience qui va à l’encontre de la vocation d’un lieu conçu pour rassembler des gens
- Pour trouver du repos et du calme loin du quotidien, l’auteur passe ses vacances à promener son chien sans téléphone et à ralentir le temps
- Quand il reste assis dans un café sans appareil électronique, les pensées parasites et les stimulations extérieures s’effacent, laissant ses idées circuler librement
- Au fil des visites répétées, il observe les expressions et les inquiétudes des gens, ainsi que les gestes du personnel, et développe une nouvelle perception des autres comme de lui-même
- Le fait d’être seul révèle une liberté et un lien puissants, bien que redoutés, qu’il finit par prolonger à travers l’écriture
Le paradoxe du café en solitaire
- Un café est à l’origine un espace où les gens se retrouvent, et s’y asseoir seul est un acte qui contredit cette finalité
- La plupart des tables ont plusieurs chaises, et les personnes seules y sont rares
- Celles qui sont seules sont généralement absorbées par leur ordinateur portable, travaillant chacune dans son propre monde
- L’auteur choisit de s’éloigner du quotidien en s’offrant des vacances à ne rien faire
- Contrairement à ses amis partis à l’étranger, il opte pour des vacances près de chez lui (staycation)
- En faisant de longues promenades avec son chien, il éprouve la sensation que le temps ralentit
Marcher sans appareil électronique et le sentiment de liberté
- À partir du deuxième jour, il commence à partir se promener en laissant son téléphone à la maison
- Au début, il est anxieux, mais au bout de 30 minutes toute inquiétude disparaît et il ressent une forme de liberté
- Ce n’est pas le fait que « quelqu’un ne puisse pas me joindre », mais plutôt que « moi, je ne puisse joindre personne » qui lui procure ce sentiment de libération
- Chaque fois que la curiosité le pousse à fouiller sa poche, l’absence de téléphone le fait sourire
L’immersion silencieuse au café
- Entré par hasard dans un café du quartier, il commande un double americano et s’assoit
- Servi dans une tasse en céramique plutôt que dans un gobelet en carton, le café cesse d’avoir pour but le « réveil » et devient un plaisir
- Son chien est sous la table, et lui reste simplement assis, sans aucun appareil électronique
- Sans téléphone, sans écouteurs, sans ordinateur portable, il s’abandonne au bruit du café et aux conversations
- Ses pensées vagabondent vers ses erreurs et ses échecs passés, et il comprend qu’il doit se concentrer sur maintenant et sur la suite
Les visites répétées et l’évolution du regard
- Le lendemain, au même café et à la même place, il observe les expressions et les regards des gens
- Les inquiétudes apparaissent dans les yeux, et il sent que les yeux sont un passage vers l’esprit
- Il essaie d’éviter les regards, mais finit par croiser les yeux des autres, et se découvre en train d’essayer de comprendre leur anxiété
- Un autre jour, il observe les mouvements du personnel et leurs relations avec les clients
- Il examine avec attention la circulation des tasses, la manière de parler qui permet de reconnaître les habitués, et d’autres détails
- Il se demande s’il sera perçu comme un habitué ou comme « cet étrange type qui vient avec son chien »
La force de la solitude et la découverte du lien
- Un jour, un autre employé est de service, mais il répète la même commande
- Cette expérience lui fait prendre conscience qu’il ne peut pas contrôler les pensées ni les sentiments des autres
- Quelle que soit la manière dont ses amis, sa famille ou les employés le perçoivent, il fait face à une solitude et une impuissance impossibles à changer
- Pourtant, le fait de s’asseoir seul dans un café révèle une présence puissante, même si elle inspire la crainte
- Les gens s’interrogent en le voyant, et se disent qu’ils aimeraient peut-être essayer eux aussi
- En découvrant en face de lui une autre personne seule, il ressent une forme de solidarité dans la solitude
Le prolongement du calme par l’écriture
- Lors de la visite suivante, il essaie l’écriture comme forme de « distraction » délibérée
- Il choisit d’écrire à la main, au stylo et sur papier, plutôt qu’au clavier
- La lenteur du stylo et la douleur dans la main deviennent des signaux qui ralentissent le rythme de la pensée
- Qu’il écrive quelques lignes ou mille, il comprend que l’acte même d’écrire suffit
3 commentaires
Cela me rappelle une expérience similaire pendant une permission lorsque j’étais militaire.
C’était à l’époque de la PSP, et je me souviens encore du goût du café de Dunkin que j’avais bu en uniforme.
C’est étrange. À l’ère de l’hyperconnexion, la contemplation est devenue un luxe plus que jamais insoutenable.
Avis sur Hacker News
Je trouve que les commentaires ici sont trop négatifs. Ce n’est que le partage joyeux de quelqu’un qui a découvert quelque chose de nouveau
J’avais lu autrefois un défi consistant à « rester assis bien droit sur une chaise pendant 30 minutes sans rien faire », et cela a complètement changé ma perception de ma distraction.
Je pense que ce texte est du même genre : il capture la curiosité et la joie de quelqu’un. Chacun a ses propres moments de prise de conscience ; qu’y a-t-il de mal à cela ? Ça m’a fait sourire en le lisant. C’était un bon texte
Désormais, les seules personnes qui peuvent flâner dans un café sont déjà celles qui ont une certaine aisance financière. C’est un phénomène comparable aux CEO qui partent en retraite de yoga ou à Burning Man pour « retrouver l’essence de la vie »
Je ne comprends pas trop pourquoi le fait d’être seul dans un café ferait bizarre (est-ce une question de culture américaine ?). Je trouve que le texte est vraiment bien écrit. Parfois, il faut apprendre à être seul avec ses pensées, sans appareil électronique. C’est bon pour la santé mentale
L’important, c’est de laisser son téléphone et ses appareils à la maison. Avant, tout le monde faisait comme ça
Moi aussi, j’aimerais sortir sans téléphone, mais le monde est déjà devenu un environnement pensé pour le smartphone
J’ai l’impression de tirer davantage de valeur de ce genre de temps calme que de la méditation. J’organise surtout mes pensées quand j’écris
Si on lit un livre, les gens vous regardent bizarrement. C’est pareil pour les transports en commun, souvent perçus comme un « espace de pauvres », donc comme quelque chose de peu valorisant
À l’époque où Coffee People, à Portland, n’avait qu’un seul établissement, j’y passais tous les jours avant d’aller travailler. Il n’y avait ni internet ni téléphone portable.
Ils mettaient du rock bien lourd dès le matin, mais je leur avais donné un CD de musique classique, et ils le passaient parfois.
Plus tard, voir les employés imiter les paroles de cette musique m’a fait rire. C’était une belle époque
Il faut comprendre que la génération actuelle est née dans une ère de l’immédiateté. On prend une photo et on la voit aussitôt ; on peut écouter de la musique en quelques secondes.
À force de s’habituer à cette vitesse, le simple fait de « s’arrêter » finit par paraître nouveau.
Pendant un voyage en Europe, je me suis assis dans un café à boire un café et simplement observer, et cela m’a vraiment semblé inédit.
En prenant des photos avec un appareil argentique, j’ai redécouvert le plaisir de l’attente.
Cet article de blog m’a touché. Ça me donne envie, moi aussi, d’aller au café avec seulement un carnet et sans téléphone
À l’époque de l’analogique, l’attente et la réflexion étaient naturelles, alors qu’aujourd’hui une nouvelle génération réapprend à « s’arrêter »
En ce moment, les cafés et les restaurants à la mode mettent une musique à un niveau de concert.
Une fois, je suis resté environ 90 minutes dans un café et mes oreilles bourdonnaient ensuite. La fois suivante, j’ai donc apporté un casque à réduction de bruit.
Heureusement, j’ai récemment trouvé un petit café calme où j’ai pu savourer un latte en paix
Tant qu’on évite les environs des écoles, ça va. J’espère que cette atmosphère continuera à se maintenir
Je viens d’Inde. À une époque où j’avais très peu d’argent et des journées difficiles, je me souviens avoir bu un chai à 2 roupies au bord de la route en regardant les passants.
Vingt ans plus tard, le simple fait de repenser à cette scène me rend encore heureux. Les joies de la vie arrivent dans des moments inattendus
Mon expérience est différente. Beaucoup de gens vont seuls au café pour lire, travailler ou étudier.
L’agencement des sièges est lui aussi pensé dans cette optique. Cela dépend peut-être des régions.
L’auteur semble probablement venir du Delaware, ce qui diffère de la culture des cafés de la côte Est ou de l’Europe
Aujourd’hui, les seuls moments où je reste sans stimulation, c’est quand je conduis ou quand je marche.
Ma mère avait raison : tout est de la faute du téléphone
Aller seul au café peut être angoissant, mais après quelques fois on se rend compte qu’il ne se passe rien, et ça devient plus facile
Avant, il n’y avait pas internet, donc on était naturellement exposé à des situations inconnues,
alors qu’aujourd’hui on consulte Google Maps, Yelp et même le menu avant d’y aller, ce qui fait disparaître ce type d’expérience
Après avoir passé toute la journée avec du monde, il est parfois même plus confortable de prendre son repas seul
Quand je promène mon chien, j’ai l’impression que le temps ralentit.
Moi, je marche pour faire de l’exercice et partager un moment, mais mon chien explore le monde avec son odorat.
Même le même chemin est différent à chaque fois. Après une promenade silencieuse ensemble, nous sommes tous les deux satisfaits.
Mais le plus heureux des deux, c’est clairement mon chien