- Plus on accumule d’informations, plus la part de bruit inutile grandit par rapport au signal pertinent, ce qui finit par réduire notre capacité à comprendre la situation : c’est le phénomène de goulot d’étranglement du bruit
- En s’appuyant sur le livre Antifragile de Nassim Taleb, l’idée est que les données deviennent toxiques à mesure qu’elles s’accumulent et que plus la fréquence d’observation augmente, plus le ratio bruit/signal grimpe rapidement
- Le signal est lent et durable, tandis que le bruit est constant et aléatoire ; plus on observe souvent, moins le signal change, alors que le bruit s’accumule massivement
- Différence du ratio signal/bruit selon le rythme d’observation — annuel 50:50, quotidien 5:95, horaire 0.5:99.5
- L’essentiel n’est pas de tout savoir, mais d’en savoir suffisamment puis d’agir immédiatement ; il faut convertir la dopamine de la collecte d’information en dopamine de l’action
Pourquoi plus d’information n’est pas la réponse
- Citation de Derek Sivers : "Si plus d’information était la réponse, nous serions tous des milliardaires avec des abdos parfaits"
- La dopamine tirée de la collecte d’information est une drogue dangereuse
L’avertissement de Nassim Taleb — la toxicité des données
- Dans son livre Antifragile publié en 2012, il critique vivement la tendance humaine à vouloir collecter toujours plus d’informations sur tout
- Grâce à l’hyperconnexion, les données sont devenues abondantes, mais plus on s’y plonge, plus la part de corrélations fallacieuses (spuriousness) augmente
- Les données sont toxiques non seulement en grande quantité, mais aussi en quantité modérée ; plus on les consulte souvent, plus on accumule de bruit de manière disproportionnée par rapport aux signaux utiles
- Résultat : le ratio bruit/signal (noise to signal ratio) augmente
Distinguer signal et bruit
- Signal : information ou donnée significative et pertinente que l’on cherche à détecter
- Bruit : interférence indésirable, aléatoire ou non pertinente qui masque cette information
- L’idée centrale est que plus on augmente la fréquence d’observation (autrement dit plus on consomme de données), plus la part relative du bruit croît de façon spectaculaire
- Le signal est continu et évolue lentement, alors que le bruit est constant et aléatoire ; même si l’on observe plus souvent, le signal bouge à peine et seul le bruit est davantage capté
Ratio signal/bruit selon la fréquence d’observation
- Observation annuelle : signal 50 % / bruit 50 %
- Observation quotidienne : signal 5 % / bruit 95 %
- Observation horaire : signal 0.5 % / bruit 99.5 %
Le goulot d’étranglement du bruit (Noise Bottleneck)
- Plus on obtient de données, moins on comprend ce qui se passe
- On pense en savoir plus, alors qu’en réalité on en sait moins
- C’est un problème particulièrement grave à l’ère des réseaux sociaux, où le bruit se déguise en signal et afflue 24 h/24
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Exemples de goulot d’étranglement du bruit
- Une personne qui regarde les infos 10 heures par jour mais comprend en réalité moins bien le monde
- Une personne qui suit 50 variables pour prendre ses décisions d’investissement mais obtient un rendement inférieur à celui d’un simple fonds indiciel
- Une personne qui suit minutieusement 800 nœuds dans son système de productivité personnelle sans jamais rien terminer
Deux applications proches
- Le goulot d’étranglement du bruit s’applique bien au-delà de la simple consommation de données ou de la collecte d’informations
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1. Application aux créateurs (Creator Application)
- Un outil de vérification du niveau de signal (signal bar) consistant à se demander, entre une personne qui a consommé 20 % de mon contenu et une autre qui en a consommé 80 %, laquelle finit réellement par mieux comprendre
- Les leaders dans la famille, l’entreprise ou la communauté sont eux aussi des transmetteurs d’idées ; ils doivent donc se demander si ceux qui les suivent gagnent ou perdent à consommer davantage de leurs idées
- Nous sommes tous créateurs, d’une manière ou d’une autre
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2. Application au travail (Work Application)
- Vérifier son focus avec la question : "Si je ne travaillais que 50 % du temps actuel, combien gagnerais-je par rapport à aujourd’hui ?"
- La plupart des gens deviendraient alors extrêmement productifs sur ce laps de temps, découvriraient des gains d’efficacité et se concentreraient sur le petit nombre de tâches qui produisent vraiment des résultats
- On peut donc travailler davantage tout en étant en réalité dans un état de goulot d’étranglement du bruit, donc moins productif
- Il faut se concentrer sur le petit nombre de tâches vraiment importantes et améliorer leur exécution avec les outils dont on dispose
Conclusion — en savoir assez et passer à l’action
- Le goulot d’étranglement du bruit est un piège dans lequel tout le monde peut tomber : l’information et les données augmentent, mais l’impact diminue
- L’objectif n’est pas de tout savoir, mais d’en savoir suffisamment (enough) pour agir
- C’est lorsque l’on cesse de chercher toujours plus d’informations et que l’on agit avec les informations que l’on possède déjà que toute la vie peut changer
- Il faut tirer sa dopamine non de la collecte d’information, mais de l’action
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